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✦ mrsoandso Mon frère, moi, et ma passion interdite XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Mon frère, moi, et ma passion interdite — Chapitre 4 · Réminiscences en boîte de nuit

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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mrsoandso
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Mon frère, moi, et ma passion interdite

Chapitre 4 · Réminiscences en boîte de nuit

NOTE AU LECTEUR : Suite aux recommandations des correcteurs du site, la suite de cette fiction ne sera plus narrée au passé, mais au présent. Le contraste avec les chapitres précédents est donc normal.
~ Point de vue : Castiel ~
J'applique mon parfum de manière hésitante, toujours rongé par l'incertitude dans laquelle la proposition de mon frère m'a plongé. Aller en boîte de nuit ne me ressemble vraiment pas, mais en même temps... je suis suffisamment désespéré pour me masturber dans ses sous-vêtements, ce qui est honteux. Assurément, un secret que j'emporterai dans ma tombe. Alors peut-être que je n'ai pas suffisamment pensé à m'amuser depuis ma rupture avec Callahan. Je n'ai pas cherché à me sentir désirable, à désirer, ce qui m'a presque poussé à coucher en public avec le premier beau gosse venu. En parlant de lui d'ailleurs, je n'ai pas dit à Isai que je comptais me rendre en boîte de nuit... Je veux avoir l'air d'être un garçon sérieux à ses yeux, et je crains que cette escapade exceptionnelle ne vienne entacher la vision qu'il a de moi. J'espère tout simplement ne pas le croiser là-bas.
Une main toque à ma porte, m'arrachant à mes pensées.
— Oui ?
Alors la porte s'ouvre, et j'aperçois mon frère. Il porte une chemisette légère en lin, blanche, avec un écusson flamand rose brodé à la poitrine et dont les quatre premiers boutons ne sont pas enfilés, laissant une vue de choix sur ses pectoraux développés. Il a fait rentrer sa chemise à l'intérieur d'un pantalon en flanelle brun clair qui aurait sans doute été très élégant s'il n'avait pas été aussi moulant et ne dessinait pas tant ses fesses et sa... bosse. Une montre brune est à son poignet gauche, et une chaîne en argent autour de son cou. Enfin, il porte des mocassins marron d'une grande simplicité, mais qui me semblent être de bon goût.
— Stylé, beau gosse !
commente-t-il avec un sourire en m'apercevant. Je portais juste une chemise blanche avec de fines rayures bleues, et dont j'avais retroussé les manches, ma montre connectée, un pantalon de ville noir, une ceinture et des derbies brunes. Je n'ai déboutonné que le premier bouton de ma chemise, et mon pantalon a une coupe droite, quoique fuselée au niveau des mollets.
— T-toi aussi... même si c'est très provocateur, dis-je, mes yeux se concentrant sur la forme au niveau de la braguette de mon frère.
— Il faut bien un appât pour pêcher, répond-il en me faisant un clin d'œil qui, pour une raison que je n'explique pas, me fait rougir.
Cette confiance en lui, ce sourire charmeur, ces yeux pétillants... Toute son attitude, en somme, rehausse la beauté de mon frère, qui me semble, à cet instant précis, ne plus être mon jumeau, mais plutôt une sorte de météore peut-être, une étoile d'un éclat trop différent du mien.
Gabriel est beau. Ces simples mots disent à la fois tout et rien. Je pourrais m'étendre en descriptions, commenter la manière dont il coiffe ses cheveux bruns, narrer les aventures qu'on vit dans ses yeux bleus, pourquoi pas écrire des blasons sur la rondeur de ses fesses, sur la largeur de ses cuisses, sur sa cambrure, mais pourrais-je seulement lui rendre justice ? Il est beau, et le reste doit être laissé à l'imagination.
C'est à ce moment que Théo apparaît derrière lui, des cheveux noirs flottant sur ses épaules, habillé de manière aussi ostentatoire que mon frère, sinon pour son short, révélant des quadriceps extrêmement musclés et des jambes délicieusement poilues.
— T'as mis où le parfum, Gab' ?
demande-t-il à mon frère. La réponse de celui-ci ne se fit pas attendre : il saisit la bouteille de parfum sur ma commode, en asperge quelques jets sur le cou épais de son ami, avant d'y déposer un baiser. Ses lèvres frémissent contre le cou de Théo, et ses dents semblent s'appliquer à en mordiller la peau.
Je porte le même parfum, dévore-moi, Gabriel. Cette pensée me surprend et je choisis de l'oublier aussitôt. En revanche, ce que je ne peux pas ignorer, c'est la bosse croissante dans mon pantalon. Alors, pour mettre un terme à un suçon aux conséquences possiblement désastreuses, je tousse. En poussant un rire joyeux, Gabriel éloigne ses lèvres du cou de son ami.
— Tu trouves pas ça bizarre de faire un suçon à un mec juste après lui avoir appliqué le parfum de ton frère ? demandé-je.
— Franchement, Cast', quel mec n'a jamais été excité par l'odeur de son frère ? réplique-t-il, avec un sourire taquin, narquois même, qui en dit plus que ce que mon cerveau veut bien admettre. Le rouge aux joues et secouant la tête, je me contente de fouiller dans ma pochette de voyage pour récupérer ma carte d'identité.
— En vrai, il sent grave bon, c'est quoi le parfum ? demande Théo.
— Scandal, de Jean-Paul Gaultier, répond Gabriel en m'arrachant les mots de la bouche. Je le regarde avec des yeux ébahis.
— T-tu connais mon parfum ?
— Évidemment, c'est celui que papa et maman t'ont offert pour tes dix-huit ans. Tu l'as jamais changé.
— Je plaide coupable, admets-je en souriant, je ne suis pas très aventureux à ce niveau-là.
— Oh, pas besoin de changer une équipe qui gagne ! ajoute mon frère jumeau, avant de pousser un rire jovial et mélodieux. Je me surprends à m'attendrir en le voyant, alors que je sors ma carte d'identité de mon portefeuille.
*
* *
Après que le vigile a fait semblant de consulter nos cartes d'identité, Gabriel, Théo et moi pouvons enfin entrer dans ce club. Il faut dire que le lieu déjoue mes attentes. J'ignore ce à quoi une boîte de nuit gay pouvait bien ressembler dans mon esprit, mais quoique ce fût, cet endroit n'y ressemble pas le moins du monde. Les murs sont couverts d'une sorte de tapisserie matelassée rouge, aussi douce que du velours. Au sol, un parquet brun foncé, paraissant presque violet sous la lumière tamisée du club. Un bar, derrière lequel sont fièrement exposées des bouteilles luxueuses de nectar bien vieilli – sans doute pour tenter les plus riches des clients. Enfin, sur une estrade, une piste de danse, avec un DJ, sur laquelle se déhanchent déjà quelques hommes.
Théo pointe le bar du doigt. C'est vrai qu'il a promis de m'inviter, pour faire pardonner sa remarque déplacée de la veille. Je ne lui en veux pas vraiment, et de toute manière, je ne suis pas du genre à boire souvent. Un verre une fois de temps en temps, lors d'événements importants ou de fêtes. Mais jamais plus d'un ou deux verres : je bois si rarement que je tiens catastrophiquement l'alcool.
— Des shots ! réclame Gabriel d'une voix joyeuse, à laquelle Théo répond par un gloussement rauque avant de passer commande au barman.
— Des shots ? m'indigné-je. Gabriel, je crois qu'il est de notoriété publique qu'il m'en faut peu pour être... euh...
— Bourré, chargé, torché, éméché, complètement pété ?
— Pompette, rectifié-je.
— Et je sais bien, mais justement, cher Castiti : on est là pour péter un coup !
— ... Castiti ? Sérieusement ?
— Ne t'en fais pas, assure Théo, j'ai aussi commandé un peu de nourriture pour que ça passe mieux, et tu bois les quantités que tu veux, on te forcera pas à en boire plus.
— C'est très... attentionné. Merci Théo, réponds-je gracieusement, touché par cette attention.
Assez rapidement, un plateau de douze verres à shot de fire bomb et un autre de chips tortilla avec du guacamole nous sont servis. Sans crier gare, Gabriel saisit un verre de shot et le boit d'une traite. Il laisse alors échapper de sa bouche un souffle alcoolisé, avant de taper sa poitrine.
— Je me sens vivant, bordel !
Théo rit et le rejoint assez rapidement, prenant un verre de shot à son tour. Quant à moi, je regarde les dix verres restants. Leurs reflets, que la lumière fait danser sur leur ménisque, me narguent. Ils m'invitent à une soirée sans souci, sans prise de tête, une soirée où je peux me laisser aller porter par le vent de mes désirs. Vivre une soirée, en somme, comme on en passait quelquefois avec Callahan...
~ FLASHBACK : Gabriel ~
Callahan est assis sur son fauteuil, habillé d'un peignoir mal noué, révélant des cuisses rondes et musclées, sans pour autant être très épaisses, des pectoraux bien dessinés et un début d'abdominaux habillant harmonieusement son ventre. Le noir de ses yeux contraste avec les éclats lumineux qui y brûlent, tel un brasier de désir.
Quant à moi, je me tiens devant lui, vêtu d'un modeste boxer blanc, qui laisse déjà deviner la taille du paquet qu'il renfermait. Mon petit ami se lèche la lèvre inférieure, avant de saisir le verre de vin rouge entamé qu'il a négligemment laissé traîner sur sa table de lecture, avant de le verser sur son buste, colorant sa peau pâle d'un léger film violacé.
— Viens mon cœur, tu as soif, ordonne-t-il.
Alors je m'approche et me penche vers lui, mes lèvres se posant tout naturellement à l'endroit où il a versé le breuvage. Je les presse contre ses pectoraux afin de pouvoir aspirer ce que les coups de langue que je donne ne me permettent pas de récupérer. Son odeur, mélangée à celle du vin, me monte au nez, exacerbant mon ivresse.
Je me mets ensuite à genoux et laisse mes lèvres descendre le long de son torse. Mes mains écartent du passage de ma bouche gourmande le satin d'un peignoir qui ne demande qu'à être défait, froissé et jeté au sol. Mon corps frémit à chaque goutte de vin que ma langue récupère, goûtant par le même geste et le poison et la sueur de Callahan. J'explore avec curiosité les reliefs de son torse et, bien que je les aie déjà parcourus par le passé, je les redécouvre avec plaisir.
Naturellement, ma langue finit par atteindre le pubis de Callahan et je sens son pénis se cogner contre ma joue. Mille frissons de plaisir m'animent alors et ma bouche gobe son pénis férocement. Un gémissement de plaisir échappe à mon amant, qui passe immédiatement sa main dans mes cheveux bruns, les tirant pour diriger mes mouvements.
Je sens son membre contre mes parois buccales, qu'il frotte, irrite, alors que son gland se cogne contre mon palais et que ma langue s'enroule autour de sa longueur rigide. Callahan pousse d'autres gémissements avant d'appuyer sur ma tête à l'aide de ses deux mains. Je sens alors sa bite tout au fond de ma gorge, elle me suffoque, et je hoquète, luttant contre mon corps pour ne pas vomir (l'alcool que je venais d'ingérer contribuant sans doute à ma nausée). Des larmes viennent brouiller mes yeux, et tout est flou autour de moi. La chambre dans laquelle nous nous trouvons semble disparaître, se cacher derrière un camaïeu qui ne souligne que les sensations que me procure le pénis de mon petit ami.
Il faut le dire, il y a une bizarrerie certaine dans les rapports sexuels – ou dans les miens, en tout cas. Pousser son corps à ses limites, marcher en funambule sur le fil de la douleur, effleurer les situations gênantes que tout cela peut provoquer... Pourquoi tout cela est-il aussi grisant ? Excitant même ? Est-ce moi qui suis un dégénéré ? Ou bien est-ce normal ?
— Putain de merde !
s'écrie Callahan avant de jouir, ajoutant son sperme gluant aux choses obstruant ma gorge. Elixir encore plus intoxicant que le vin rouge qu'il m'a fait lécher. Sa semence est chaude, épaisse, les mouvements frénétiques de ma pomme d'Adam y forment des bulles.
Enfin, Callahan retire un pénis couvert de salive de ma gorge, me permettant de prendre de grandes respirations. Mon corps tremble encore, alors que les palpitations de mon cœur s'intensifient, prêtes à percer ma poitrine.
Mon petit ami se lève alors du fauteuil et me fait signe d'y prendre place.
— À quatre pattes, précise-t-il.
Je m'exécute aussitôt, essayant de faire au mieux pour ne pas coller mon visage contre le dossier du fauteuil. Callahan s'agenouille alors derrière moi et verse le fond de vin qu'il lui reste le long de la raie de mes fesses, afin de parfumer mon anus, contre lequel il pose ensuite ses lèvres. Il y donne ensuite des coups de langue, s'enivrant à la fois avec le vin et mon corps. Quant à moi, je frémis, alors que je sens sa langue titiller l'entrée de mon anus, parfois s'y glisser légèrement, mais sans y aller franchement.
C'est une des qualités de Callahan : cet homme sait faire languir, vous faire attendre, laisser le désir vous traverser de part en part avant de...
— Ah !
gémis-je en sentant la langue de Callahan pénétrer mon anus et sa main droite saisir mon pénis durci qu'il masturbe avec vigueur. Elle y tournoie, en agite les muqueuses avec une intensité qui manque de me faire tomber par terre. Mes bras s'enroulent autour de la chaise, tandis que je multiplie les gémissements de plaisir.
La main de Callahan est moite de sueur, mais toutefois suffisamment sèche pour que le contact avec mon pénis induise une légère douleur, en particulier sous le gland. Une douleur que mon esprit malade chérit, qui me fait gémir plus fort, tirer la langue alors que je halète, telle une...
— Bonne chienne, commente Callahan d'une voix étouffée, toujours affairé à son anulingus.
— A-ah oui, putain, oui, je suis ta chienne ! rétorqué-je sans dignité, noyé sous les flots de mon désir.
Callahan poursuit alors son entreprise, sa main libre frappant mon cul, me poussant à me cambrer davantage et à enterrer mon visage contre le dossier de son fauteuil. Mon petit ami recule alors et commente, d'une voix amusée : « Eh bien, je pourrais te faire jouir juste comme ça. Mais ce ne serait pas bien amusant, n'est-ce pas ? »
Sur ces mots, il saisit son pénis encore lubrifié par son sperme et sa salive, et l'enfonce sans crier gare dans mon cul, ce qui me fait pousser un cri de plaisir.
— Callahan, putain !
— Je vais te niquer, sale chienne.
Alors, avec toute la violence dont il est capable, Callahan m'assène des coups de reins terribles, cognant à chaque fois le gland de son pénis contre ma prostate. Ses mains saisissent mes hanches, et le rythme effréné de ses mouvements de va-et-vient agite mon corps violemment : je hurle de plaisir contre le dossier du fauteuil, je sens mes orteils s'écarter. Callahan aussi pousse des gémissements rauques à chaque coup de reins. Il me fait sien, il me transforme en son objet, et cette pensée ajoute à mon excitation croissante.
Il claque à nouveau ma fesse, la faisant progressivement rougir, alors qu'il pousse des grognements de satisfaction.
— Quelle bonne pute...
dit-il avant de cracher sur mon dos, contribuant encore davantage à mon humiliation sexuelle.
— Callahan, j-je... je vais...
Ces mots suffisent à animer mon amant, qui accélère encore le rythme auquel il me pénètre. Ses ongles s'enfoncent sur mes hanches qui tiennent, comme si à tout moment, à aller si vite, son pénis risquait de quitter mes parois. Mes mains griffent le dossier de son fauteuil, ma sueur colle son peignoir en satin contre moi, et dans un cri de plaisir, j'éjacule, mes jets épais tachant le velours du fauteuil.
Je n'ai toutefois pas le temps de reprendre mon souffle, puisque Callahan continue à pilonner ma prostate. Mon corps est aussi secoué qu'une feuille au vent, à la merci de mon amant, qui finit assez rapidement à jouir dans mon anus.
Il y enfonce alors aussitôt deux doigts pour récupérer sa propre semence. Cela fait frissonner tout mon corps de plaisir, comme s'il était parcouru par un courant électrique. Quand Callahan retire ses doigts, il m'intime : « Retourne-toi. » Je m'exécute alors, et aussitôt, il enfonce ses doigts dans ma bouche. « Bois », ordonne-t-il.
Ma langue se glisse alors entre ses doigts, les lèche pour en récupérer le sperme avant qu'il ne coule. Callahan enfonce ses doigts dans ma bouche, un rictus au visage, alors que je le contemple avec désir et amour.
*
**
Ma relation avec Callahan était particulière. C'était un homme profondément intelligent, et pourtant éminemment sensuel. J'ignore s'il m'a vraiment aimé, mais c'est ce qui était certain, c'est que nous partagions une sensualité certaine. Il m'a fait découvrir ce qu'était le plaisir, et j'étais convaincu que rien au monde ne pourrait m'éloigner de lui...
Mais Callahan m'a trompé. C'est bête, dit comme ça. Ça arrive à plein de monde. Des couples s'en remettent. Mais mon cœur a été brisé au moment où c'est arrivé. J'ai tout rejeté : les moments d'ivresse avec Callahan, notre intimité, ma découverte initiatique du plaisir, je n'ai rien voulu conserver de ce que nous partagions. Je n'étais pas sûr de vouloir faire ma thèse en France ; mais au moment où nous avons rompu, j'ai su que je devais fuir les États-Unis, ne plus jamais y revenir, tout abandonner et recommencer à zéro.
J'ai passé des mois à me réprimer sexuellement et émotionnellement. La répression m'a tué, ruiné, déprimé, et même complètement détruit. J'en suis arrivé à un stade où voir mon frère m'anime de désir, où je roule des pelles au premier mec rencontré à la salle d'escalade, et pour quoi ? Pour tenter d'alléger un poids qui pèse sur mes épaules, qui me fait courber le dos, qui m'écrase petit à petit sous le souvenir de Callahan.
Ce n'est que maintenant que je me rends compte de ce que j'ai perdu pour lui. Ma vie sexuelle de jeune adulte ? Ma possibilité de faire des rencontres ? De trouver l'amour véritable ? J'ai tout sacrifié à cette divinité mesquine et volage, sur l'autel de son infidélité.
Mon regard se pose alors sur les verres de shot qu'ont commandés Théo et Gabriel. Certains sont déjà consommés – visiblement, mon frère n'a pas attendu que je sorte de mes pensées pour commencer les festivités. Ce n'était que des verres de shot, mais pour moi, j'avais plus que cela sous les yeux : c'était la possibilité de tourner la page, d'entamer un nouveau chapitre de ma vie, peut-être aux côtés d'Isai, d'accepter de vivre pour moi, de faire ma sexualité mienne, et de m'enivrer à ma manière.
Alors, je saisis un des verres de shot et le bois cul sec, sous le regard confus, mais rapidement joueur de mon frère, qui me tape le dos avec fierté.
— Voilà, ça c'est mon Castiti !
je lui réponds avec un rire joyeux. J'ignore ce que me réserve le reste de cette soirée. Mais je me sens vivant, bordel.
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