Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le mort et le curé — Chapitre 1 · Une histoire inspirée de la fable de La Fontaine pour le concours des fables sexy
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le mort et le curé
Chapitre 1 · Une histoire inspirée de la fable de La Fontaine pour le concours des fables sexy
La version courte :
Le cortège funéraire sortait de l'église pour parcourir à pied les quelques rues jusqu'au cimetière, au rythme du glas qui sonnait faux. Le père Chouart grimaça. La plus petite cloche avait un souci depuis quelques temps déjà. Il eut une pensée peu amène pour le défunt : Maître Beruna avait toujours été un grippe-sou. Maintes fois, Chouart l'avait sollicité pour demander un don, un geste pour la paroisse. Une belle église, ça vous mettait en valeur tout un village ; ça profitait à tous ceux qui, comme le notaire, avaient du patrimoine !
Sauf que, ce que Beruna prisait par-dessus tout, c'était rabaisser les gens. Chouart maugréa au souvenir de toutes ces heures passées, à attendre que Maître Beruna condescende à accepter de lui parler. Il devait alors supplier, quémander … avec en face de lui ce petit sourire narquois, méprisant, qui se distinguait à peine parmi les bourrelets adipeux … Et chaque fois, il ne récoltait que des promesses de dons, non tenues bien entendu.
« MERDE ! » jura le curé. Son godillot venait d'accrocher une des innombrables racines qui zébraient le parvis.
Il se rattrapa de justesse à une poignée du cercueil. Les quatre porteurs grommelèrent : ils avaient failli tomber. Le curé maudit le défunt … Ce parvis, un autre chantier maintes fois repoussé … la mairie refusait de payer sans participation du diocèse. Le diocèse attendait des fonds paroissiaux ; et la paroisse était désargentée … une cloche fêlée, un parvis gangrené de racines … autant de choses qu'un notaire aurait pu arranger. Un notaire riche à crever, ha !
Il se rattrapa de justesse à une poignée du cercueil. Les quatre porteurs grommelèrent : ils avaient failli tomber. Le curé maudit le défunt … Ce parvis, un autre chantier maintes fois repoussé … la mairie refusait de payer sans participation du diocèse. Le diocèse attendait des fonds paroissiaux ; et la paroisse était désargentée … une cloche fêlée, un parvis gangrené de racines … autant de choses qu'un notaire aurait pu arranger. Un notaire riche à crever, ha !
Avec son pognon, il aurait pu arranger bien des choses ! Les huisseries pourrissantes, le carrelage dévasté … Parfois, il lui prenait l'envie de tout plaquer. Au diable l'église et ses emmerdes. Il n'avait plus rien à attendre de ses ouailles, ni du diocèse … il tenait encore, mais uniquement par fierté ! Quelle ironie ! C'était l'orgueil, un péché capital, qui le maintenait à son sacerdoce !
Chouart soupira, partit en rêverie … … … Qui cela intéresserait-il, au final, s'il partait avec le pactole de ces funérailles en grandes pompes ? Il réfléchissait. Le coût total des obsèques se montait à trente mille euros (il en tenait le compte pour la mairie). Il s'imagina, avec ces trente mille euros … et aussi … au logis du défunt, il était tombé sur les papiers de Beruna, ses chéquiers, ses cartes bancaires. Beruna aimait les grosses coupures, il avait sûrement un magot planqué chez lui.
La lenteur du cortège et le soleil l'accompagnaient dans sa cavale fantasmatique. Il passerait au presbytère prendre ses affaires. « Récupérer » les fonds de l'église, environ vingt mille euros … … plus rien ne l'arrêterait … le temps que tout se mette en branle, il serait déjà loin …
Et puis que risquait-il ? L'Eglise était une « Grande Muette ». Tout sauf le scandale … la douce tiédeur du soleil l'absolvait d'avance, réchauffait sa carcasse, le tissu rêche de ses habits noirs … … le froissement régulier de son pantalon contre son maigre caleçon réveillait en lui des sensations, venait caresser délicieusement ses bourses bien pleines, son gland qui grossissait à mesure que sa fantasmagorie l'amenait vers d'autres songes.
Il repensait à la belle Sabrina, sa nièce. Sortie adulte de l'adolescence comme une balle de fusil, une poitrine à faire bander un mort. Il avait eu tout le loisir de les contempler, ses loches, quand elle s'était assise sur lui comme elle le faisait étant petite. Elle avait posé son ample et magnifique popotin sur sa jambe gauche. Il avait dû ruser pour qu'elle ne sente pas poindre son érection, de moins en moins discrète, douloureuse et agréable, une belle érection de mâle en rut … comme à présent. Chouart bandait comme un âne. Il se repassait le souvenir de ce repas, de cette soirée avec Sabrina ; l'odeur de sa transpiration légèrement sucrée, du grain de son épiderme ; ses cheveux de miel quand elle se penchait contre lui, ses gros nichons secoués à chaque éclat de rire … Rita les avait rejoints pour le repas du soir. Elle était la petite amie de Sabrina … les deux gougnottes s'étaient presque galochées contre lui.
En début de repas, il avait récité le bénédicité, béni les convives, et particulièrement les deux jeunes femmes. Tous en avaient été émus aux larmes, louant son ouverture d'esprit, alors que lui, en transe, se faisait violence pour ne pas se branler sous la table … il avait juté dans son froc, s'imaginant partouzer sa nièce et sa copine, cette salope avec sa jupette ras la vulve, son top putassier où pointaient ses petits mamelons. A table, les deux lesbiennes avaient évoqué leurs projets pour l'été : s'envoler pour un voyage, elles ne savaient pas où encore. Chouart s'imaginait les accompagner avec son butin. Il séjournerait avec elles dans les chambres d'hôtel, où ils pourraient partager tous les trois une belle promiscuité canaille … le soir venu et après avoir fait la fête, elles viendraient s'agenouiller devant lui pour lui bouffer la bite, « pour rigoler », pour lui lécher le gland en toute camaraderie. Il les baiserait tour à tour, en toute amitié, pour le fun, il respectait trop leur engagement mutuel et tout ça … ce qui ne l'empêcherait pas de les faire beugler tour à tour … elles viendraient s'enfourcher en ciseau devant lui, se branlant jusqu'à lui pisser à la gueule … il les initierait au ...
Un nouveau juron fusa, venant de devant. Il s'arracha à sa rêverie pornographique. Un des porteurs s'était tordu le pied. Son genou avait pivoté bizarrement, et il tombait à présent, presque au ralenti sous sa charge. Le père Chouart n'eut pas le temps de s'inquiéter davantage : les autres porteurs ne purent retenir le cercueil déséquilibré, qui chuta violemment contre sa tempe. Il mourut sur le coup, bandant encore, écrasé par le magnifique cercueil de bois massif et de bronze, lamentablement échoué aux portes du cimetière.
La fable d'origine :
Un mort s'en allait tristement
S'emparer de son dernier gîte ;
Un Curé s'en allait gaiement
Enterrer ce mort au plus vite.
Notre défunt était en carrosse porté,
Bien et dûment empaqueté,
Et vêtu d'une robe, hélas ! qu'on nomme bière,
Robe d'hiver, robe d'été,
Que les morts ne dépouillent guère.
Le Pasteur était à côté,
Et récitait à l'ordinaire
Maintes dévotes oraisons,
Et des psaumes et des leçons,
Et des versets et des répons :
Monsieur le Mort laissez-nous faire,
On vous en donnera de toutes les façons ;
Il ne s'agit que du salaire.
Messire Jean Chouart couvait des yeux son mort,
Comme si l'on eût dû lui ravir ce trésor,
Et des regards semblait lui dire :
Monsieur le Mort, j'aurai de vous
Tant en argent et tant en cire,
Et tant en autres menus coûts.
Il fondait là dessus l'achat d'une feuillette
Du meilleur vin des environs ;
Certaine nièce assez propette,
Et sa chambrière Pâquette
Devaient avoir des cotillons.
Sur cette agréable pensée
Un heurt survient, adieu le char.
Voilà Messire Jean Chouart
Qui du choc de son mort a la tête cassée :
Le Paroissien en plomb entraîne son Pasteur ;
Notre Curé suit son Seigneur ;
Tous deux s'en vont de compagnie.
Proprement toute notre vie ;
Est le Curé Chouart qui sur son mort comptait,
Un mort s'en allait tristement
S'emparer de son dernier gîte ;
Un Curé s'en allait gaiement
Enterrer ce mort au plus vite.
Notre défunt était en carrosse porté,
Bien et dûment empaqueté,
Et vêtu d'une robe, hélas ! qu'on nomme bière,
Robe d'hiver, robe d'été,
Que les morts ne dépouillent guère.
Le Pasteur était à côté,
Et récitait à l'ordinaire
Maintes dévotes oraisons,
Et des psaumes et des leçons,
Et des versets et des répons :
Monsieur le Mort laissez-nous faire,
On vous en donnera de toutes les façons ;
Il ne s'agit que du salaire.
Messire Jean Chouart couvait des yeux son mort,
Comme si l'on eût dû lui ravir ce trésor,
Et des regards semblait lui dire :
Monsieur le Mort, j'aurai de vous
Tant en argent et tant en cire,
Et tant en autres menus coûts.
Il fondait là dessus l'achat d'une feuillette
Du meilleur vin des environs ;
Certaine nièce assez propette,
Et sa chambrière Pâquette
Devaient avoir des cotillons.
Sur cette agréable pensée
Un heurt survient, adieu le char.
Voilà Messire Jean Chouart
Qui du choc de son mort a la tête cassée :
Le Paroissien en plomb entraîne son Pasteur ;
Notre Curé suit son Seigneur ;
Tous deux s'en vont de compagnie.
Proprement toute notre vie ;
Est le Curé Chouart qui sur son mort comptait,
La version longue :
Dong … Dong … Dong … Dong … dim-Deng … Dong … Dong … Dong … Dong … dim-Deng …
Ainsi résonnait le glas, cependant que le cortège funéraire sortait de l'ombre fraîche de l'église pour « s'élancer » sur la placette du village, à pied. Trois petites rues séparaient l'église du cimetière historique.
Le père Chouart grimaça. Cela faisait quelque temps déjà que la plus petite cloche avait un souci. Cela aurait dû faire Dong … Dong … Dong … Dong … Ding-Deng …
Il eut une pensée peu amène pour le défunt. Beruna, Maître Beruna avait été le notaire attitré du village. La procession allait d'ailleurs passer devant son étude, un vaste hôtel particulier aux hautes fenêtres.
Ainsi résonnait le glas, cependant que le cortège funéraire sortait de l'ombre fraîche de l'église pour « s'élancer » sur la placette du village, à pied. Trois petites rues séparaient l'église du cimetière historique.
Le père Chouart grimaça. Cela faisait quelque temps déjà que la plus petite cloche avait un souci. Cela aurait dû faire Dong … Dong … Dong … Dong … Ding-Deng …
Il eut une pensée peu amène pour le défunt. Beruna, Maître Beruna avait été le notaire attitré du village. La procession allait d'ailleurs passer devant son étude, un vaste hôtel particulier aux hautes fenêtres.
Une pensée peu amène donc, car de son vivant Beruna avait toujours été un grippe-sou. Maintes fois, Chouart était allé le solliciter à son étude, pour demander poliment un don, un geste pour la paroisse. Une belle église, ça vous mettait en valeur tout le reste du village ; ça profitait à tous, particulièrement à ceux qui avaient du patrimoine, du bien. Et ça, du patrimoine, il en avait le Beruna ! Déjà rien que la moitié des maisons autour de la place avaient appartenu au notaire.
Sauf que voilà, ce que le notaire prisait par-dessus tout, c'était rabaisser les gens, les prendre de haut. Il adorait le voir lui, le brave curé Chouart, dans sa soutane noir corbeau, poireauter des heures comme un couillon, au milieu des belles boiseries de sa salle d'attente déserte. Il maugréa au souvenir de ces heures d'attente interminables. Et après l'avoir laissé lanterner bien correctement, Maître Beruna le faisait enfin entrer dans son bureau. Et là, tout fripé de ses heures d'attente, Chouart devait alors se plier en quatre, expliquer, plaider, supplier … quémander … avec en face de lui ce petit sourire narquois, poli et méprisant, un petit sourire doré qui puait le pognon indûment gagné, un petit sourire matois qui se distinguait à peine parmi les bourrelets du notaire adipeux … Et à chaque fois, Chouart ressortait de l'étude avec des promesses brumeuses, de vagues promesses de dons qui ne venaient jamais, bien entendu, promesses aussitôt emportées par le vent fol qui soulevait la poussière, faisait flotter sa soutane.
« MERDE ! » jura soudain le curé. Son godillot avait accroché une des innombrables racines tortueuses qui zébraient le parvis.
Il avait bien failli se casser la gueule, ne se rattrapant que de justesse à une poignée médiane du cercueil. Les quatre porteurs grommelèrent, eux aussi avaient failli lâcher leur charge. Le curé se surprit à maudire le défunt. Ça aussi, ces putains de racines, c'était un de ces chantiers maintes fois repoussé … s'agissant du parvis, la mairie refusait de mettre la main à la poche sans qu'il y ait garantie d'une participation du diocèse. Le diocèse ne voulait pas participer sans des fonds de la paroisse ; et la paroisse était désargentée suite aux travaux plus urgents de la nef … une cloche fêlée, un parvis gangrené de racines … autant de choses qu'un notaire honteusement friqué aurait pu arranger. Un notaire riche à crever, ha ha !
Il avait bien failli se casser la gueule, ne se rattrapant que de justesse à une poignée médiane du cercueil. Les quatre porteurs grommelèrent, eux aussi avaient failli lâcher leur charge. Le curé se surprit à maudire le défunt. Ça aussi, ces putains de racines, c'était un de ces chantiers maintes fois repoussé … s'agissant du parvis, la mairie refusait de mettre la main à la poche sans qu'il y ait garantie d'une participation du diocèse. Le diocèse ne voulait pas participer sans des fonds de la paroisse ; et la paroisse était désargentée suite aux travaux plus urgents de la nef … une cloche fêlée, un parvis gangrené de racines … autant de choses qu'un notaire honteusement friqué aurait pu arranger. Un notaire riche à crever, ha ha !
Ah ! c'est sûr qu'avec son pognon, il aurait pu en arranger, des choses ! La porte qui s'entêtait à pourrir alors même qu'il ne pleuvait presque plus dans la région (« des infiltrations » avait dit l'architecte des bâtiments de France), le sol de la nef qui se gondolait (« une dessication du sous-sol argilo-calcaire » avait dit le même gougnafier). Parfois, il prenait à Chouart des envies de tout plaquer. Au diable l'église et son cortège d'emmerdes. Il n'avait plus rien à attendre de ses ouailles – les plus fidèles trépassaient les unes après les autres. Plus rien à attendre du diocèse qui avait d'autres chats à fouetter … non, plus rien … ce qui le faisait encore tenir, c'était la fierté. Ah ah ! ricana-t-il intérieurement ! N'était-ce pas ironique ! C'était l'orgueil, un des sept péchés capitaux, qui le faisait tenir bon, qui le maintenait au gouvernail de son sacerdoce !
Chouart soupira, partit en rêverie … une folle rêverie … … … Qui cela intéresserait-il, vraiment, au final ? Qui s'en soucierait s'il laissait tout tomber, maintenant ? S'il partait avec le pactole ? Parce que mine de rien, la famille de Beruna avait été bien généreuse pour les funérailles. Chouart ne connaissait pas tous les ayants-droits qui marchaient derrière lui, le pas lent et la mine grave. Mais c'était comme ça que ça marchait encore, dans les campagnes : on se montrait généreux aux obsèques du défunt, manière de prouver, de justifier qu'on était le successeur légitime, qu'on avait plus de droits que les autres à la succession …
Il réfléchissait. Au total, entre la concession, le caveau, les frais d'obsèques, la cérémonie, les messes et l'absoute, y'en avait pour pas loin de trente mille euros (c'était lui qui détenait les actes et les chèques : la petite mairie n'ouvrait plus que deux jours par semaine, et le seul notaire disponible était présentement coincé entre quatre planches !).
Il était jeune, encore. Dans sa rêverie, il s'imaginait ce qu'il pourrait faire de ces trente mille euros … et puis d'abord, pourquoi se limiter à trente mille ? C'était lui, le gentil curé, qu'on avait envoyé au logis du défunt, lui choisir son dernier costume. Et là-bas, dans l'immense demeure déserte, avant d'arriver à l'immense dressing, il était tombé sur des papiers de Beruna. Plusieurs chéquiers de plusieurs banques, quasiment neufs, même pas dans un coffre. Beruna était comme ça, trop confiant, pas assez précautionneux, un orgueilleux lui aussi … Chouart se demanda … il était persuadé que Beruna avait du pognon sous son matelas, à l'ancienne. Ça collerait avec le personnage, amateur de grosses coupures, une sorte de pied-de-nez au système dont il était un rouage.
Le rythme lent du cortège l'hypnotisait, le soleil de midi réchauffait sa soutane … Chouart continua à s'évader dans sa fantaisie : il s'imaginait la folle aventure ; il cajolait, échafaudait sa cavale fantasmatique. On était dimanche, il pourrait passer au presbytère, empaqueter ses quelques affaires. Et surtout, transférer les fonds de l'église sur son compte à lui. Encore environ vingt-mille euros en fonds propres à ajouter aux trente mille des obsèques. Les mettre à son nom. Il se rendrait ensuite chez Beruna, fouillerait consciencieusement. Beruna avait sûrement du liquide … avec un peu de chance, il pourrait trouver des cartes bancaires. Il avait un souvenir limpide de Beruna, sortant sa carte Gold, payant sans sourciller une tournée générale au bar du village. A l'époque, Beruna n'était déjà plus tout jeune, il avait dû sortir un petit papier de son portefeuille, sans doute son code … Chouart visualisait parfaitement le petit portefeuille dodu, qu'il avait sagement rangé dans le carton des effets personnels du défunt, au presbytère … il se sentait des velléités criminelles … plus rien ne l'arrêterait … on était dimanche, le temps que tout se mette en branle, à ses basques, il serait déjà loin … il avait gardé des amitiés de missions au Mexique, à Madagascar, au Bénin …
Et puis que risquait-il, au fond ? L'Eglise était une autre « Grande Muette », comme l'armée. Elle craignait davantage le scandale que la damnation éternelle. OK, aujourd'hui le vent tournait, avec les scandales sexuels et pédophiles qui s'étalaient dans la presse. Mais Chouart savait qu'il y avait bien d'autres choses encore … Il avait eu écho de scandales encore à venir : des détournements de fonds, des magouilles, surtout sur le foncier … lui, la douce tiédeur du soleil l'absolvait d'avance, réchauffait sa carcasse quinquagénaire à travers le tissu rêche de ses habits noirs … …
Le pas lent, le froissement régulier du polycoton de son pantalon contre son maigre caleçon réveillaient en lui des sensations, venaient caresser délicieusement ses bourses bien pleines, son gland qui grossissait à mesure que sa fantasmagorie l'amenait vers d'autres songes. Il s'était mis à penser à Sabrina, sa nièce … la belle et douce Sabrina. La jeune femme était sortie de l'adolescence comme une balle de fusil. Lui qui ne la voyait que de loin en loin, ça lui avait fait un choc de la découvrir femme adulte. Dieu et la nature avaient été plus que généreux, la gratifiant d'une poitrine à faire bander un mort, deux seins intrépides, bien fermes, qui poussaient presque à l'horizontale. Il avait eu tout le loisir de les contempler, ses gros nibards, quand elle s'était assise sur lui à sa dernière visite, comme elle le faisait étant petite. Elle avait posé son ample et gros cul, son magnifique popotin, sur sa jambe gauche. Il avait dû ruser pour qu'elle ne sente pas poindre son érection, de moins en moins discrète, à la fois douloureuse et confortable, une érection de mâle, aguiché jusqu'au rut … la même érection que celle qui le prenait à présent. Chouart bandait comme un âne tout en accompagnant le mort à sa dernière demeure.
Sa bandaison ne risquait pas de faiblir : il se repassait le souvenir de ce repas, de cette soirée avec Sabrina et sa famille ; il se remémorait très précisément l'odeur de sa peau, ce fumet de transpiration légèrement sucrée, presque florale, du grain de son épiderme, de son duvet très fin, de son cou, de ses cheveux de miel qui le caressaient quand elle se penchait contre lui, écrasant par inadvertance un de ses gros nichons tout contre lui quand elle partait dans un éclat de rire, de l'ourlet de dentelle de son soutif qui n'arrivait pas à contenir son lourd et précieux chargement … et puis l'irréparable s'était produit, dans son froc, quand la copine de Sabrina les avait rejoints pour le repas du soir. Rita, Margarita de son vrai nom, était la petite amie de Sabrina … le couple de gougnottes s'était presque galoché devant lui, contre lui. Il en avait été tellement excité qu'il en avait crémé son calebard.
Il avait récité un bénédicité en début de repas, chose qu'il faisait rarement en famille, pour bénir tous les convives, et particulièrement les deux jeunes femmes. Rita et Sabrina, sa sœur et tous les autres convives en avaient été émus aux larmes, louant son ouverture d'esprit, alors que lui était en transe, se faisait violence pour ne pas se branler sous la table, alors même qu'il avait déjà crémé l'intérieur de son caleçon et bandait encore … s'ils avaient su qu'il venait de juter dans son froc rien qu'à l'évocation de partouzer sa nièce et sa salope de copine en chaleur, cette salope avec sa jupette à froufrou, son jupon court qui révélait presque sa vulve quand elle se penchait ou qu'elle s'asseyait, son crop top putassier, indécent, qui ne cachait rien de ses petits mamelons dressés. A table, les deux lesbiennes avaient évoqué leurs projets pour l'été : s'envoler pour un voyage, Etats-Unis ou Canada, elles ne savaient pas trop encore.
Chouart s'imaginait leur proposer de les accompagner, il « emprunterait » la belle Audi noire aux vitres fumées du notaire, qui n'en avait plus l'usage. Il les emmènerait à l'aéroport, Sabrina allongeant ses longues jambes fraîchement épilées sur le cuir des banquettes, pendant qu'à l'arrière Rita se toucherait discrètement l'entrejambe. Il séjournerait avec elles dans les chambres d'hôtel, où ils pourraient partager tous les trois une belle promiscuité canaille … le soir venu, après avoir fait la fête tous les trois, elles viendraient s'agenouiller toutes les deux devant lui pour lui bouffer la bite, « pour rigoler », pour lui lécher le gland … en toute camaraderie, il les prendrait tour à tour, juste pour le fun, il respectait trop leur engagement mutuel et tout ça … il les ferait beugler à tour de rôle dans des chambres borgnes, maculerait des draps inconnus de leur mouille … quand enfin il débanderait, elles viendraient se gouiner, se lécher, se cavaler en ciseau devant lui, se branlant leur petit clito jusqu'à se faire pisser de plaisir sur sa gueule … il les initierait au ...
Un nouveau juron fusa soudain, venant de devant : « MERDE ! » comme en écho au sien. Il lui fallut une longue seconde pour sortir de sa rêverie porno-homophobique. Une autre seconde où il se demanda bizarrement comment une racine avait pu pousser aussi loin, depuis le parvis jusqu'ici ??! Il se rendit compte qu'un des porteurs venait de se tordre le pied dans un nid-de-poule. Son genou avait pivoté bizarrement, le faisant ployer comme au ralenti sous le poids de sa charge. Le père Chouart eut à peine le temps de s'inquiéter de la chute du cercueil. Il songea brièvement qu'une troisième paire de porteurs aurait peut-être été de bon aloi. La rencontre d'une des poignées en bronze contre sa tempe mit un terme définitif à tous ses questionnements, à ses rêves de fuite éperdue et de baise triolique incestueuse, et à son existence terrestre. Chouart s'étala de tout son long, les bras en croix. Il mourut sur le coup, là, aux portes du cimetière, bandant comme un âne, écrasé par le magnifique cercueil en chêne massif et son quintal notarial, que les quatre porteurs n'avaient pu retenir, éreintés des « trois petites rues » qu'ils venaient de parcourir à pied.
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Commentaires ()
Il est plutôt bel homme cet abbé, et il lui propose de la confesser dans son bureau "ce sera plus chaleureux que dans cet austère confessionnal". Et quand il la suit dans l'es calier en colimaçon qui mène au premier étage du presbytère, elle ne peut s'empêcher de penser au regard du saint homme sans doute en train de mater la lisère de ses bas que permet d'entrevoir la fente ménagée à l'arrière de sa jupe droite...
"oh, oui, Monsieur le Curé... ramonez-moi bien lentement en entendant la confession de mes frustrations et de mes fantasmes, pour qu'enfin mon corps exulte quand votre vigueur fera se déverser votre semence tout au fond de moi..."
J'ai mis les deux versions, car j'ai eu peur d'avoir trop raccourci, avec des trucs pas très clairs. La version longue est un peu trop bavarde, me suis écouté parler.
Enfin, me suis régalé à écrire ce délire crescendo.
La version courte est clairement plus adaptée à la fable, mais la version longue nous en apprend plus sur les deux morts, du coup ;).
En tout cas, je te dis bravo. C'est super bien écrit. Le passage croustillant est très bien amené également.
Très bon boulot :) !