Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Misette est morte — Chapitre 2 · Surprise de ma belle-soeur
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Misette est morte
Chapitre 2 · Surprise de ma belle-soeur
C'est le soleil jouant par les interstices des jalousies qui met un terme à ma nuit. Ce corps qui dort paisiblement contre moi, bien sûr qu'il ne peut s'agir en aucun cas de celui de mon mari. Mais la nudité et la proximité de celui-ci font couler en moi une lave que je ne maitrise pas. Et le rayon de soleil qui joue dans la toison sombre qui orne la poitrine masculine m'attire sans raison particulière. Mes doigts viennent caresser cette fourrure drue et faire des bouclettes dans les poils. Ça réveille l'homme endormi immanquablement, et dans la semi-pénombre, la petite chose entre ses jambes se met à gonfler. Aucune autre action de ma part que celle de frisotter la pelisse brune. Avec un petit grognement, le jeune homme se retourne.
Il me plante là avec mon envie naissante, mais j'insiste. Et je me colle à lui, chatte en chaleur qui lance son bras à l'assaut de la forteresse. Mais n'ayant plus accès au poitrail et à sa moquette, ma patte glisse plus bas, vers le sexe qui garde une certaine dureté. Et lorsqu'au creux de ma main je loge la hampe, mon poignet imprime un simple mouvement d'avant en arrière. Cette fois, la queue est rigide et le son régulier de la respiration de Marc se fait plus saccadé. Signe qu'il fait seulement semblant de dormir ? Pour m'en rendre compte, je lâche l'objet et me remets dans la posture : « à l'hôtel du cul tourné ».
Il ne lui faut guère plus de quelques secondes pour prendre la même position que celle que je viens de quitter. Et il se frotte délicatement à moi, sans faire usage de ses pattes. Non, seul son bassin ondule et met en contact sa bite avec mes fesses. J'adore ce petit moment de tendresse, mais j'avoue que j'en espère beaucoup plus. Et la tige chaude se presse dans la raie de mes fesses. Oh ! Il ne cherche aucunement à me posséder de cette manière, non. Il se contente de faire coulisser sa verge dans l'étroit couloir qui marque la différence entre une fesse et sa jumelle. La douceur de ce contact est affolante. Il n'en faut pas plus pour que je suinte d'envie.
Dans ma nuque, de petits bisous sonores dus aux lippes que Marc promène lentement sur cette peau tendre et je fonds littéralement. Puis les coups de reins se font moins patients, une main se faufile entre mes deux cuisses, simplement pour soulever celle qui se trouve sur sa sœur. Cette fois, le gland vient désormais buter contre mes grandes lèvres, les longe sur toute leur longueur à plusieurs reprises, juste avant d'une seule poussée, investir ma chatte. Je pousse un cri rauque, plus de surprise que de douleur. Mon souffle court, je le laisse me pénétrer jusqu'au fond du vagin. Là, il marque une pause, avant de revenir en arrière avec une lenteur désespérante qui m'arrache un gémissement de bien-être.
Bon sang ! Il y a si longtemps que je n'ai pas connu ce genre d'extase. Et toutes les sensations d'un coït somptueux remontent à la surface de mon cerveau embrumé. Mes ongles raclent le drap sur lequel je gis. Marc ne se préoccupe pas simplement de son plaisir, non ! Il m'entraine dans un cercle vicieux qui me rend dépendante de ce jeu auquel nous nous livrons. Et quand il me pousse sur le côté, roulant sur moi, je le sens peser de tout son poids sur mon corps. À aucun moment, il n'est sorti de la grotte qu'il lime en douceur. Par pur réflexe, ou pour lui faciliter la tâche, je serre mes jambes l'une contre l'autre. Et il se redresse légèrement, pour me labourer avec une force inouïe.
Je jouis comme une folle dans cette position qui resserre les parois de mon vagin contre le sexe qui s'y love. Et sans doute que lui aussi y trouve un réel plaisir puisqu'en quelques minutes, il est sur le point d'exploser. Ses grognements sourds s'accentuent et je devine que le paroxysme de notre accouplement n'est pas très éloigné. Mais là où je me trompe, c'est qu'il maitrise parfaitement ses manœuvres. Et il cesse de remuer une fraction de seconde avant d'éjaculer. Diable de jeune homme qui baise comme un homme chevronné ! Dire que Michel... aussi pratiquait cette forme de torture. Le neveu tient donc bien plus de lui que je ne peux l'imaginer ? Les soubresauts de mon ventre déferlent en contractant la gaine de ma chatte.
Il m'embrasse dans le cou de nouveau et lentement, avec une sorte de supplice contrôlé, il remonte vers la sortie de ma chatte, avant de replonger en un éclair en butée au fond de mon vagin. Ça m'arrache un vrai cri qui résonne dans la pièce et il reprend une allure de croisière qui m'amène sur le point de défaillir. Des ondes incroyables me parcourent l'ensemble du corps, j'ai une chair de poule incommensurable et lui continue sa petite affaire sans coup férir. Je ne suis plus qu'un pantin entre ses mains et je lui laisse le champ libre. Mes râles fusent à chaque aller et retour de son sexe dans le mien. Et... je suis totalement à sa merci. Il navigue en terrain conquis, m'emportant dans des spasmes que plus rien ne peut arrêter.
Sur un nuage ! Trente-six chandelles, c'est bien de cela qu'il s'agit. Je suis incapable de résister à la spirale de folie qui me surprend avec une montée très nette d'un orgasme qui vient de si loin. Je suis comme rejetée hors de mon enveloppe corporelle, il me semble que je flotte dans ce petit matin alors que tout mon être est tétanisé par une jouissance que plus aucun muscle ne contrôle. Et... c'est si bon que mes hurlements crèvent le plafond de cette chambre d'ami où nous faisons l'amour Marc et moi, comme si c'était une chose naturelle. Je ne sais pas s'il s'est arraché de moi ou s'il laisse mourir sa queue lentement. Je n'ai pas perçu le vide de la sortie brutale de son sexe avant qu'il libère sa semence. Non !
Mais... je suis allée si profondément dans l'extase qu'il manque quelques minutes à ma vie désormais. C'est couché contre lui, que je refais surface alors que cette fois la chambre est inondée par un soleil printanier accueillant. Je sursaute et réagis d'un coup en songeant que... Martine doit venir me rendre visite ce matin. Pas question qu'elle nous découvre, son gamin et moi dans cette fâcheuse posture. Alors... je me lève précipitamment. Marc a un sourire aussi éblouissant que l'astre du jour qui nous lèche la peau.
— Eh bien, tantine ? Tu as vu le diable ou quoi ?
— Tu as presque raison, c'est quasiment ça ! Tes parents vont débarquer, je n'ai nul besoin qu'ils nous trouvent dans une telle situation.
— Merde ! C'est pourtant vrai...
— Notre nuit de folies m'a fait oublier ce petit détail.
— C'est Martine que tu appelles « détail » ? Un détail entre cinquante-cinq et soixante kilos... c'est pas sérieux ça !
— Bof ! Tu sais, elle est de plus en plus souvent dans son monde, c'est surement pour cela que papa se sent mieux à son bureau.
— Ah ? Ça va donc si mal que ça, dans leur couple ?
— Mal ? Je ne dirais pas que ça va mal, il n'y a plus rien. Le départ de tonton Michel a mis un rude coup... à la belle harmonie qui régnait entre vous tous. Le ciment de la famille, c'était bel et bien Michel.
— Ah ? Il faut dire que je n'ai guère envie de partager mon chagrin avec quiconque et que nous ne sommes plus aussi soudés, mais...
— Même papy Henry a le moral en berne... et maman ressasse sans cesse que son père dépérit depuis... deux ans.
— Et ton avis à toi ? Tu en as un, n'est-ce pas ? Tu vois ça comment, toi qui as la chance d'être encore jeune ?
— Je ne me prononce pas. Mais il est certain que le décès aussi brutal de ton mari n'a pas arrangé une situation compliquée dans le couple de mes parents... quant à mamie Marine, elle ne montre que rarement ses sentiments et je ne saurais pas te répondre. Mais pour papa et maman... un jour, ils devront crever l'abcès et parler, sinon... j'ai peur que mon père aille voir ailleurs.
— C'en est à ce point ? Tu es sûr ?
— Oh ! Parfois, je me demande s'il n'a pas franchi le cap de la maitresse... j'ai vu qu'il cachait ses chemises... en prenant mille précautions pour que maman ne remarque pas les traces suspectes sur les cols de certaines.
—... ! Tu es observateur dis-moi ! Je vais prendre une douche. Et... il est bien évident que ce qui est arrivé cette nuit ne doit pas se savoir. Peut-être même que ça n'a jamais eu lieu... suis-je claire ?
— Oui. Tu peux compter sur moi ma tantine... mais j'en avais bougrement envie. Toi aussi ne le nie pas !
— Je n'aurais pas dû, c'est tout ce que j'ai à en dire. C'était une erreur et nous allons nous efforcer de vivre avec cette tache indélébile dans nos existences. Promets-moi de ne pas me tourmenter de nouveau.
— Claude !
— Marc, promets-le-moi !
— Je... je ne peux pas faire ça... c'est impossible !
— Quoi ?
— Je ne veux pas promettre des trucs que je me sais incapable de respecter... j'ai besoin de toi et je suis absolument persuadé que de ton côté...
— Arrête Marc ! Nous avons fait un faux pas et même si celui-ci m'a forcément été salutaire, il ne doit en aucun cas devenir une règle. Une erreur est toujours possible, mais la renouveler serait... mal venu. Allez... je file parce que Martine ne va pas tarder à pointer le bout de son nez...
— Tu as presque raison, c'est quasiment ça ! Tes parents vont débarquer, je n'ai nul besoin qu'ils nous trouvent dans une telle situation.
— Merde ! C'est pourtant vrai...
— Notre nuit de folies m'a fait oublier ce petit détail.
— C'est Martine que tu appelles « détail » ? Un détail entre cinquante-cinq et soixante kilos... c'est pas sérieux ça !
— Bof ! Tu sais, elle est de plus en plus souvent dans son monde, c'est surement pour cela que papa se sent mieux à son bureau.
— Ah ? Ça va donc si mal que ça, dans leur couple ?
— Mal ? Je ne dirais pas que ça va mal, il n'y a plus rien. Le départ de tonton Michel a mis un rude coup... à la belle harmonie qui régnait entre vous tous. Le ciment de la famille, c'était bel et bien Michel.
— Ah ? Il faut dire que je n'ai guère envie de partager mon chagrin avec quiconque et que nous ne sommes plus aussi soudés, mais...
— Même papy Henry a le moral en berne... et maman ressasse sans cesse que son père dépérit depuis... deux ans.
— Et ton avis à toi ? Tu en as un, n'est-ce pas ? Tu vois ça comment, toi qui as la chance d'être encore jeune ?
— Je ne me prononce pas. Mais il est certain que le décès aussi brutal de ton mari n'a pas arrangé une situation compliquée dans le couple de mes parents... quant à mamie Marine, elle ne montre que rarement ses sentiments et je ne saurais pas te répondre. Mais pour papa et maman... un jour, ils devront crever l'abcès et parler, sinon... j'ai peur que mon père aille voir ailleurs.
— C'en est à ce point ? Tu es sûr ?
— Oh ! Parfois, je me demande s'il n'a pas franchi le cap de la maitresse... j'ai vu qu'il cachait ses chemises... en prenant mille précautions pour que maman ne remarque pas les traces suspectes sur les cols de certaines.
—... ! Tu es observateur dis-moi ! Je vais prendre une douche. Et... il est bien évident que ce qui est arrivé cette nuit ne doit pas se savoir. Peut-être même que ça n'a jamais eu lieu... suis-je claire ?
— Oui. Tu peux compter sur moi ma tantine... mais j'en avais bougrement envie. Toi aussi ne le nie pas !
— Je n'aurais pas dû, c'est tout ce que j'ai à en dire. C'était une erreur et nous allons nous efforcer de vivre avec cette tache indélébile dans nos existences. Promets-moi de ne pas me tourmenter de nouveau.
— Claude !
— Marc, promets-le-moi !
— Je... je ne peux pas faire ça... c'est impossible !
— Quoi ?
— Je ne veux pas promettre des trucs que je me sais incapable de respecter... j'ai besoin de toi et je suis absolument persuadé que de ton côté...
— Arrête Marc ! Nous avons fait un faux pas et même si celui-ci m'a forcément été salutaire, il ne doit en aucun cas devenir une règle. Une erreur est toujours possible, mais la renouveler serait... mal venu. Allez... je file parce que Martine ne va pas tarder à pointer le bout de son nez...
Je plante là, le garçon, qui ne sourit plus. Il y a dans ses yeux qui me fixent, une détresse que je ne veux pas lire. Et je regagne ma chambre, puis me faufile dans ma salle de bain... celle-là même, où hier... Marc m'a tenté. Je prends grand soin de fermer la fenêtre et de verrouiller la porte. Mes ablutions ne parviennent pas à dissiper le sentiment de malaise qui me gagne en songeant avec effroi que j'ai surement fait la plus grosse connerie de ma vie, en couchant avec le neveu de Michel. Et c'est le moteur de la voiture de mon beau-frère qui me tire de ma rêverie. Fort heureusement, je suis habillée, et le reflet dans le miroir au-dessus du lavabo ne montre aucun cerne sous mes yeux... malgré les jeux nocturnes.
— xXx —
Gilles est le premier à passer la porte d'entrée. Il reste égal à lui-même, quelques rides peut-être en plus, et les signes avant-coureurs d'une neige annoncée sur ses tempes, oui ! Il est toujours cet homme un peu effacé dans l'ombre de sa Martine. Il me salue par un smack sur les joues en me pressant sur son cœur. Vingt ans déjà qu'il fait route en compagnie de celle qui le suit de peu, Martine ! Elle aussi avance vers moi avec une mine souriante. Tout dans sa démarche me rappelle un temps heureux. Et notre embrassade est plus prolongée que la précédente avec Gilles. J'ai l'impression que je me colle à un morceau de celui qui me manque. Il y a dans cette sœur de Michel tellement de ce qu'il était.
— Ah ! Claude... tu te fais si rare. Alors tu connais l'adage... « si la montagne ne vient pas à toi, va à la montagne ! » J'ai eu envie de passer une journée ici. Tu sais combien j'ai aimé votre nid !
— Je suis heureuse de vous revoir, tous les deux... c'est vrai que cet endroit est chargé en souvenirs. J'ai du mal d'en sortir. Vous voulez un café...
— Pas pour moi, Claude ! J'embrasse Marc et je file pour mon cabinet... je prépare actuellement un procès d'assises et j'ai une montagne de boulot.
— Oh... Gilles... tu es sûr que tu ne veux rien boire ?
— Oui...
— Marc est encore couché. Il a dormi dans la chambre d'ami... au fond du couloir. Tu connais la maison !
— Merci, Claude ! Je te laisse donc Martine, elle rentrera ce soir avec notre fils. Je suppose que vous avez des tas de choses à vous raconter... Tu sais... ta belle-sœur a bougrement raison, nous aimerions te voir plus souvent.
— Je sais bien... mais je me remets à peine de...
— Tu vas bien. C'est là l'essentiel, n'est-ce pas ? Bon, je vais dire bonjour à Marc...
— Je suis heureuse de vous revoir, tous les deux... c'est vrai que cet endroit est chargé en souvenirs. J'ai du mal d'en sortir. Vous voulez un café...
— Pas pour moi, Claude ! J'embrasse Marc et je file pour mon cabinet... je prépare actuellement un procès d'assises et j'ai une montagne de boulot.
— Oh... Gilles... tu es sûr que tu ne veux rien boire ?
— Oui...
— Marc est encore couché. Il a dormi dans la chambre d'ami... au fond du couloir. Tu connais la maison !
— Merci, Claude ! Je te laisse donc Martine, elle rentrera ce soir avec notre fils. Je suppose que vous avez des tas de choses à vous raconter... Tu sais... ta belle-sœur a bougrement raison, nous aimerions te voir plus souvent.
— Je sais bien... mais je me remets à peine de...
— Tu vas bien. C'est là l'essentiel, n'est-ce pas ? Bon, je vais dire bonjour à Marc...
Je suis là, face à Martine qui me dévisage sans complexe. Il y a dans cette femme une bonhommie qui la rend belle. Et les années paraissent glisser sur elle sans laisser de vraies traces indélébiles visibles. Mais sans doute qu'à l'intérieur, elle est comme moi. Marquée pour ce qui nous reste à vivre. J'ai toujours eu beaucoup d'affinités avec cette brune, côtoyée tout au long de ma vie de mariage.
— Moi aussi Claude, ça me fait très plaisir de passer un moment chez toi.
Il y a dans ce « chez-toi » comme un trémolo qui se justifie surement par l'absence de ce frère disparu. Et j'ai d'un coup, la sensation qu'elle me dévisage trop, qu'elle devine peut-être ce qui cette nuit... non ! Comment pourrait-elle lire sur ma bouille mon « erreur nocturne » ? Nous sommes à un pas l'une de l'autre. Elle se reprend très rapidement et mon soupir passe inaperçu. Sciemment, je le sens, elle change de sujet.
— Marc t'a donné un coup de main pour le jardin ?
— Oui ! Je ne sais pas bécher... c'est plutôt un travail d'homme.
— C'est devenu un homme et... je ne sais pas si tu ressens la même chose, mais j'ai le sentiment d'avoir mon frère avec vingt ans de moins, sous les yeux à longueur de temps, dès qu'il est à la maison.
—... ! Il y a, je le reconnais, une certaine ressemblance. Et il est fort, souriant, c'est un bonheur d'avoir ton fils chez moi.
— Je m'attends à voir un jour ou l'autre débarquer une gamine de son âge à son bras.
— Ah ! C'est un aspect de la vie que je n'aurai jamais la chance de savourer...
— N'aie pas de regrets, ma belle. Je ne sais pas comment je vais aborder le problème le jour venu. Je serai peut-être jalouse de celle qui va me voler mon petit. Je l'ai couvé, élevé, j'ai soigné ses bobos d'enfant, ses rhumes. Il est devenu ce qu'il est, un peu grâce à nous tous.
— À nous tous ?
— Oui... Michel et toi avez aussi contribué à faire de lui ce qu'il est aujourd'hui.
— Tu es bien sérieuse ce matin, Martine... tu as des soucis ?
— Nous en parlerons plus tard... laissons partir Gilles. Il n'a pas besoin d'entendre ce que j'ai sur le cœur.
— Mais... de toute façon, ce sont vos affaires, je n'ai pas vraiment de conseils à donner à quiconque. Tu vois, je vis un peu en dehors du temps depuis... et j'ai perdu le fil de tout ce qui m'entoure.
— Tu restes cependant ma meilleure amie, et la femme de mon frère pour toujours. Ça n'a pas de prix.
— Oui ! Je ne sais pas bécher... c'est plutôt un travail d'homme.
— C'est devenu un homme et... je ne sais pas si tu ressens la même chose, mais j'ai le sentiment d'avoir mon frère avec vingt ans de moins, sous les yeux à longueur de temps, dès qu'il est à la maison.
—... ! Il y a, je le reconnais, une certaine ressemblance. Et il est fort, souriant, c'est un bonheur d'avoir ton fils chez moi.
— Je m'attends à voir un jour ou l'autre débarquer une gamine de son âge à son bras.
— Ah ! C'est un aspect de la vie que je n'aurai jamais la chance de savourer...
— N'aie pas de regrets, ma belle. Je ne sais pas comment je vais aborder le problème le jour venu. Je serai peut-être jalouse de celle qui va me voler mon petit. Je l'ai couvé, élevé, j'ai soigné ses bobos d'enfant, ses rhumes. Il est devenu ce qu'il est, un peu grâce à nous tous.
— À nous tous ?
— Oui... Michel et toi avez aussi contribué à faire de lui ce qu'il est aujourd'hui.
— Tu es bien sérieuse ce matin, Martine... tu as des soucis ?
— Nous en parlerons plus tard... laissons partir Gilles. Il n'a pas besoin d'entendre ce que j'ai sur le cœur.
— Mais... de toute façon, ce sont vos affaires, je n'ai pas vraiment de conseils à donner à quiconque. Tu vois, je vis un peu en dehors du temps depuis... et j'ai perdu le fil de tout ce qui m'entoure.
— Tu restes cependant ma meilleure amie, et la femme de mon frère pour toujours. Ça n'a pas de prix.
Nous sommes interrompues dans notre conversation par les pas feutrés de Gilles qui revient vers la cuisine où nous sommes toutes deux attablées. Elle se tait, sa main sur la mienne, pour me faire passer quel message ? Geste amical pour me redire combien elle se veut proche de moi ? En tout cas, son mari est souriant.
— Bon les filles... je vous abandonne. Marc se lève. Bonne journée à toutes les deux... et à ce soir, ma chérie.
— Oui... cours vite à ton cabinet... tes dossiers sont plus intéressants que...
— Oui... cours vite à ton cabinet... tes dossiers sont plus intéressants que...
Lui ne réplique pas ! Il se contente de me faire une nouvelle bistouille en guise d'au revoir. Il embrasse furtivement son épouse qui se crispe sous mes yeux à l'approche des lèvres qui quémandent un bisou. Un certain malaise, celui dont Marc m'a touché deux mots hier ? Il y a donc un froid entre lui et elle ? Je sens les doigts féminins qui serrent plus fortement ma patte et l'homme sort de la maison. Quelques instants plus tard, la voiture s'éloigne et Martine respire d'une autre manière, plus librement. Je ne suis pas dupe.
— Tu... une promenade autour du lac Martine, ça te dirait ? Il y a si longtemps que nous n'avons pas marché ensemble, non ?
— Oui... et comme ça, je te raconterai...
— Mmm ! Je ne suis pas douée pour les secrets... Martine.
— Bientôt, ça n'aura plus rien de secret, ma belle !
— Oui... et comme ça, je te raconterai...
— Mmm ! Je ne suis pas douée pour les secrets... Martine.
— Bientôt, ça n'aura plus rien de secret, ma belle !
Au fond de moi, je ne sais que répondre à cela. L'arrivée dans notre champ de vision d'un Marc rayonnant me stoppe dans un hypothétique commentaire que je m'apprêtais à lui lancer.
— Bonjour, maman, bonjour tante Claude !
— Ah Marc, mon chéri... ta tante et moi allons faire le tour du lac... tu vas bien trouver de quoi t'occuper la matinée, n'est-ce pas ?
— Oui... oui bien entendu.
— Tu as bonne mine, Marc. Le bon air d'ici te met en forme, on dirait !
— Je ne peux pas en dire autant de ta bouille, maman. Tu t'es encore pris la tête avec papa ? Quand donc allez-vous vous prendre en main ? On dirait deux gosses qui se chamaillent. Si ça ne va plus dans votre couple, pourquoi restez-vous ensemble !
— Marc ! Ne te mêle pas des affaires de tes parents... allons. Et toi Martine... tu veux que je te prête une paire de bonnes chaussures ! Tu ne vas pas faire le tour du lac en talons !
— Mmmm ! Tu as raison. Au lieu de grogner mon chéri... tu ferais mieux de me serrer fort contre toi, de m'embrasser !
— Ah Marc, mon chéri... ta tante et moi allons faire le tour du lac... tu vas bien trouver de quoi t'occuper la matinée, n'est-ce pas ?
— Oui... oui bien entendu.
— Tu as bonne mine, Marc. Le bon air d'ici te met en forme, on dirait !
— Je ne peux pas en dire autant de ta bouille, maman. Tu t'es encore pris la tête avec papa ? Quand donc allez-vous vous prendre en main ? On dirait deux gosses qui se chamaillent. Si ça ne va plus dans votre couple, pourquoi restez-vous ensemble !
— Marc ! Ne te mêle pas des affaires de tes parents... allons. Et toi Martine... tu veux que je te prête une paire de bonnes chaussures ! Tu ne vas pas faire le tour du lac en talons !
— Mmmm ! Tu as raison. Au lieu de grogner mon chéri... tu ferais mieux de me serrer fort contre toi, de m'embrasser !
Il s'exécute, mais alors que sa mère cale sa frimousse dans le creux de son épaule, lui me regarde. Elle ne peut pas voir évidemment ses yeux qui croisent les miens. Et ce que me racontent ceux-ci me perturbe. Je dois détourner la caboche pour ne pas me sentir coupable de je ne sais quel crime. En est-ce un d'avoir cédé à ce besoin de caresses ? Suis-je blâmable de m'être laissée aller à prendre un infini plaisir avec Marc ? Enfin, Martine se détache de la poitrine qui la rassure. Et je sers un café à ce jeune homme qui... me jette des regards éperdus. Son insistance risque fort d'être remarquée par sa mère.
Vieux jean et baskets, un accoutrement pour une longue promenade sous un ciel clément. Je ne suis pas vraiment fâchée de fuir, oui, fuir littéralement les regards trop insistants du fils de mon accompagnatrice. En jupe et chemisier plutôt classe, ses chaussures jurent sacrément avec le reste de sa tenue vestimentaire. Nombreux sont donc les gens qui la lorgnent bizarrement sur le premier tiers de notre parcours. Et comme le sentier mène aux abords du village, nous ne dialoguons pas d'un sujet particulier. Arrive enfin le moment où nous sommes plus esseulées. Beaucoup de personnes ne continuent pas sur la partie de rive boisée et plus escarpée. Là, alors que le chemin devient plus raide et s'éloigne quelque peu de l'eau, Martine me pose la main sur le bras.
Elle me désigne une grosse pierre plate du menton.
— Je n'ai pas comme toi l'habitude de ce genre de balade, Claude. Il est possible de souffler un peu ?
— Tu veux faire une pause ?
— Oui... m'assoir quelques minutes ! J'ai à te parler !
— Ah ! Alors, viens par-là !
— Tu veux faire une pause ?
— Oui... m'assoir quelques minutes ! J'ai à te parler !
— Ah ! Alors, viens par-là !
Elle pose ses fesses sur le rocher et je fais de même. Je ne bouscule rien, me contentant d'attendre. Et elle reprend son souffle avant de lentement mettre en mots ce qu'elle veut me raconter.
— Marc t'a sans doute dit qu'entre son père et moi... c'est un peu tendu !
—... Non ! Il ne s'est pas montré très bavard, et encore moins sur un tel sujet. Mais j'ai compris ce matin dans votre échange, le ton employé n'avait rien d'amical.
— Je dois t'avouer que c'est moi qui déconne.
— Hein ? Tu quoi ? J'ai mal entendu là ?
— Non ! Je... comment te dire ça ? Tu es une femme et tu peux tout à fait saisir ce que je vais te raconter.
— Si tu le dis, Martine ! Mais je ne suis pas certaine d'être une bonne oreille pour ce que tu sous-entends.
— Oh ! Ça nous arrive à toutes, un jour ou l'autre. Marc est venu un week-end avec un de ses amis, un garçon de son âge. Trop beau, trop... attirant.
— Quoi ? Ne me dis pas que tu as craqué pour un copain de ton fils !
— Ben... c'est pourtant le cas. Et j'en suis raide dingue.
— Tu... non ! Tu n'as pas trompé Gilles avec un jeune de l'âge de ton gamin, tout de même ?
— Malheureusement. Et hélas, j'en suis tombée éperdument amoureuse. Je sais, c'est débile, con, enfin bête à pleurer. Ce jeune homme, Alban, il me manque tellement.
— Tu es folle ? Tu n'es pas sérieuse là ? Un coup d'un soir, passe encore, mais t'amouracher d'un type qui a vingt ans de moins que toi ? Tu... et qu'est-ce que tu fais de Gilles dans tout cela ?
— Je sais bien ! C'est ta réaction qui est normale. Mais où est la « normalité » dans le fait de tomber en amour de X ou Y ? Et je suis démunie, perdue. Tiraillée d'un côté entre le mal que je vais faire à ma famille et mon besoin de vivre autre chose. Cet amour, comment t'expliquer qu'il est plus fort que tout, que moi, que lui, que ma petite vie de bourgeoise tranquille dans ses pantoufles. Je ne sais pas quoi faire et je n'ai pas, plus envie de faire semblant. Tu comprends ?
— Pourquoi me racontes-tu cela, à moi, Martine ? Je ne peux t'être d'aucun secours ! J'ai déjà bien de la peine à me dépatouiller de ma situation compliquée... je ne veux pas te juger, et ma parole ne compte pas. Je ne saurais pas te conseiller utilement.
— Je ne cherche pas de conseils... j'ai juste besoin d'extérioriser ce qui me bouffe de l'intérieur. Alban... c'est mon soleil, c'est un retour en arrière, un parfum de mes jeunes années. Je sais bien que ça ne peut mener nulle part. Mais je dois aller au bout de cette histoire, et... je me prépare à faire du mal à tous ceux que j'aime. Parce que pour Gilles, je l'aime bien, et ça ne me suffit plus, tu sais ! Aimer bien, ce n'est plus aimer tout court. Et puis... il y a Marc. Je ne sais pas ce qu'il va penser de moi.
— Il est au courant pour toi et son... pote ?
— Non ! Je ne pense pas qu'Alban lui ait dit quoi que ce soit.
— Mais... j'ai du mal de suivre là ! Tu... pardon d'être aussi crue, mais tu as déjà concrétisé avec ce type ?
— Claude ! Tu me demandes si j'ai baisé avec Alban ? La réponse est oui ! Et dès le premier soir où... il est venu à la maison.
— Gilles ne s'est rendu compte de rien ? Tu es certaine de cela ? Parce qu'il est tout de même assez perspicace et ce genre de truc... on ne se rend pas toujours compte combien ça peut nous changer ! Dis-moi franchement... qu'attends-tu vraiment de moi, car je suppose que si tu m'en touches deux mots, tu as forcément un motif pour le faire.
— Je... tu vas me prendre pour une folle, mais j'aimerais trouver un endroit... comment te dire ? Un coin isolé où retrouver mon jeune amant.
— Mais... il ne vient pas chez toi ?
— Je ne veux plus tromper Gilles sous son toit, et encore moins le quitter. Il s'agit sans doute simplement d'une passade, et tout rentrera dans l'ordre vraisemblablement lorsqu'Alban se sera lassé de moi. Je ne suis pas dupe ! Un jour, comme Marc d'ailleurs, il va rencontrer une plus belle, une plus jeune et je ne serai plus qu'un beau souvenir.
— En quoi suis-je impliquée dans ton affaire ? Je ne pige pas tout à fait.
— Ben... j'ai pensé que peut-être... de temps en temps, je pourrais rencontrer Alban... ici au bord de ce lac !
— Hein ? Mais je ne peux pas faire ça à Gilles. Je...
— Oh ! Rassure-toi ! Je l'ai mis au courant de cette relation et ce qui lui importe, pour l'instant c'est que nous évitions le pire. Une séparation qu'il ne souhaite pas. Et... il est d'accord pour que je vive jusqu'au bout cette aventure. Il ne veut pas me perdre. Du reste, je dois t'avouer que de mon côté, je ne tiens pas à divorcer. Je veux seulement aller au bout de mon rêve.
— C'est dément ! Je dois réfléchir, avant de...
— Je comprends. Mais j'avais besoin de parler, de sortir tout ceci de ma tête, de mon cœur également. Je sais que tu es une femme intelligente et que tu vas peser le pour et le contre. J'ai tellement besoin de vivre ce qui peut l'être.
— Mmm !
—... Non ! Il ne s'est pas montré très bavard, et encore moins sur un tel sujet. Mais j'ai compris ce matin dans votre échange, le ton employé n'avait rien d'amical.
— Je dois t'avouer que c'est moi qui déconne.
— Hein ? Tu quoi ? J'ai mal entendu là ?
— Non ! Je... comment te dire ça ? Tu es une femme et tu peux tout à fait saisir ce que je vais te raconter.
— Si tu le dis, Martine ! Mais je ne suis pas certaine d'être une bonne oreille pour ce que tu sous-entends.
— Oh ! Ça nous arrive à toutes, un jour ou l'autre. Marc est venu un week-end avec un de ses amis, un garçon de son âge. Trop beau, trop... attirant.
— Quoi ? Ne me dis pas que tu as craqué pour un copain de ton fils !
— Ben... c'est pourtant le cas. Et j'en suis raide dingue.
— Tu... non ! Tu n'as pas trompé Gilles avec un jeune de l'âge de ton gamin, tout de même ?
— Malheureusement. Et hélas, j'en suis tombée éperdument amoureuse. Je sais, c'est débile, con, enfin bête à pleurer. Ce jeune homme, Alban, il me manque tellement.
— Tu es folle ? Tu n'es pas sérieuse là ? Un coup d'un soir, passe encore, mais t'amouracher d'un type qui a vingt ans de moins que toi ? Tu... et qu'est-ce que tu fais de Gilles dans tout cela ?
— Je sais bien ! C'est ta réaction qui est normale. Mais où est la « normalité » dans le fait de tomber en amour de X ou Y ? Et je suis démunie, perdue. Tiraillée d'un côté entre le mal que je vais faire à ma famille et mon besoin de vivre autre chose. Cet amour, comment t'expliquer qu'il est plus fort que tout, que moi, que lui, que ma petite vie de bourgeoise tranquille dans ses pantoufles. Je ne sais pas quoi faire et je n'ai pas, plus envie de faire semblant. Tu comprends ?
— Pourquoi me racontes-tu cela, à moi, Martine ? Je ne peux t'être d'aucun secours ! J'ai déjà bien de la peine à me dépatouiller de ma situation compliquée... je ne veux pas te juger, et ma parole ne compte pas. Je ne saurais pas te conseiller utilement.
— Je ne cherche pas de conseils... j'ai juste besoin d'extérioriser ce qui me bouffe de l'intérieur. Alban... c'est mon soleil, c'est un retour en arrière, un parfum de mes jeunes années. Je sais bien que ça ne peut mener nulle part. Mais je dois aller au bout de cette histoire, et... je me prépare à faire du mal à tous ceux que j'aime. Parce que pour Gilles, je l'aime bien, et ça ne me suffit plus, tu sais ! Aimer bien, ce n'est plus aimer tout court. Et puis... il y a Marc. Je ne sais pas ce qu'il va penser de moi.
— Il est au courant pour toi et son... pote ?
— Non ! Je ne pense pas qu'Alban lui ait dit quoi que ce soit.
— Mais... j'ai du mal de suivre là ! Tu... pardon d'être aussi crue, mais tu as déjà concrétisé avec ce type ?
— Claude ! Tu me demandes si j'ai baisé avec Alban ? La réponse est oui ! Et dès le premier soir où... il est venu à la maison.
— Gilles ne s'est rendu compte de rien ? Tu es certaine de cela ? Parce qu'il est tout de même assez perspicace et ce genre de truc... on ne se rend pas toujours compte combien ça peut nous changer ! Dis-moi franchement... qu'attends-tu vraiment de moi, car je suppose que si tu m'en touches deux mots, tu as forcément un motif pour le faire.
— Je... tu vas me prendre pour une folle, mais j'aimerais trouver un endroit... comment te dire ? Un coin isolé où retrouver mon jeune amant.
— Mais... il ne vient pas chez toi ?
— Je ne veux plus tromper Gilles sous son toit, et encore moins le quitter. Il s'agit sans doute simplement d'une passade, et tout rentrera dans l'ordre vraisemblablement lorsqu'Alban se sera lassé de moi. Je ne suis pas dupe ! Un jour, comme Marc d'ailleurs, il va rencontrer une plus belle, une plus jeune et je ne serai plus qu'un beau souvenir.
— En quoi suis-je impliquée dans ton affaire ? Je ne pige pas tout à fait.
— Ben... j'ai pensé que peut-être... de temps en temps, je pourrais rencontrer Alban... ici au bord de ce lac !
— Hein ? Mais je ne peux pas faire ça à Gilles. Je...
— Oh ! Rassure-toi ! Je l'ai mis au courant de cette relation et ce qui lui importe, pour l'instant c'est que nous évitions le pire. Une séparation qu'il ne souhaite pas. Et... il est d'accord pour que je vive jusqu'au bout cette aventure. Il ne veut pas me perdre. Du reste, je dois t'avouer que de mon côté, je ne tiens pas à divorcer. Je veux seulement aller au bout de mon rêve.
— C'est dément ! Je dois réfléchir, avant de...
— Je comprends. Mais j'avais besoin de parler, de sortir tout ceci de ma tête, de mon cœur également. Je sais que tu es une femme intelligente et que tu vas peser le pour et le contre. J'ai tellement besoin de vivre ce qui peut l'être.
— Mmm !
Elle se redresse et chacune dans nos pensées, nous continuons notre virée matinale. La promenade qui habituellement dure environ une heure trente en marchant à une allure normale s'est considérablement rallongée. Et les deux derniers kilomètres sont simplement rythmés par le bruit de nos pas et de notre respiration. Je suis dans ma bulle et réalise que quelque part, je n'ai pas à lui jeter la pierre. Qu'ai-je fait de mieux que Martine ? La nuit dernière n'est-elle pas la preuve que nous sommes toutes faillibles et que personne n'est à l'abri de ce genre de problème. Là où elle a parfaitement raison, cette belle-sœur tiraillée entre ses sentiments pour un jeune homme et ceux qu'elle garde pour son mari... c'est bien dans le fait que nous ne pouvons pas prévoir quand ça peut nous tomber sur le râble.
— xXx —
Un gout amer dans la bouche, je vois quitter mon nid le fils et sa mère. Il est évident que dès notre retour à la maison, plus rien n'a transpiré des aveux de Martine. Et la journée s'est déroulée dans des conditions assez troubles. J'ai été à diverses reprises tentée de révéler moi aussi mon secret à ma belle-sœur, je n'y ai renoncé qu'en dernier ressort pour ne pas voir ses foudres s'abattre sur moi. Le bisou d'au revoir de Marc, donné intentionnellement trop près de mes lèvres, je me demande un long moment si elle n'a rien deviné. Il faut dire que l'attitude du garçon a de quoi la faire se poser des questions. Et c'est le vide, le silence de ma maison qui me serrent le cœur soudain. Pour un peu, je prierais le ciel pour qu'il me ramène... Marc.
Et c'est là que ma chatte Misette me fait défaut. Son absence ce soir me rend triste et morose. Et ma main caresse le canapé, place qu'elle occupait si souvent. Si le velours y est doux, il ronronne forcément moins que ma pauvre Misette. Je n'ai pas le courage de regarder la télévision et encore moins celui d'aller me coucher. Je rumine donc dans l'obscurité qui envahit tout peu à peu dans la pièce. Et dans un sursaut, je me dis que prendre l'air sur la pelouse ne peut que me faire oublier toute la crasse de ce monde qui m'entoure. Quand je dis « crasse », il est certain que j'englobe dans ce mot, mes propres imbécilités.
Et mes pas me portent là où tout a recommencé, à savoir sur le ponton, au bord du lac. Tout au fond, je devine les lumières dansantes sur l'eau. Le casino, le Grand Hotel s'illuminent et j'imagine que ça bouge, que la vie continue. Que se passe-t-il dans ma tête ? Pourquoi est-ce que d'un coup je me surprends à songer que j'ai besoin de voir des gens, de revivre en quelque sorte ? Et c'est forcément au milieu de la foule que la solitude est la moins remarquable. C'est donc avec cette idée lancinante dans le crâne que je passe des vêtements plus appropriés à une sortie nocturne. Et... je n'en démords plus, je veux aller me colleter à la réalité, je dois faire ce pas vers les autres. Le casino n'est-il pas un endroit parfait pour cela ?
Il n'y a pas de place dans mes pensées pour le sexe, non ! Il s'agit juste de bouger, de regarder les vivants et de me mêler à ceux-ci. Illusions fortes de croire que je peux leur ressembler ? Il y a de cela dans ma démarche et... c'est sous un ciel étoilé que je roule vers les néons dont les halos m'attirent tel un papillon de nuit. Dix petites minutes où je suis obnubilée par l'obsession de croiser du monde. Toujours dans le même état d'esprit, je me range sagement sur le parking du haut lieu du jeu où je pense pouvoir me terrer mieux que dans ma propre demeure. Mes talons claquent sur le bitume qui mène à l'entrée. Là, un type en costume me demande ma pièce d'identité et fébrilement, je fouille dans mon sac à la recherche du sésame.
Un sas et je suis dans la salle. Peu de machines de libres et les sons de celles-ci mêlés aux flashs lumineux, tout me donne le tournis. Un long zinc, au fond de la salle absolument désert et c'est vers ce bar que je me dirige. Le serveur, jeune et souriant dans son costume neutre arbore un nœud papillon lie de vin sur une chemise blanche impeccable. Il a l'air heureux de voir ma frimousse. Il vient donc à ma rencontre.
— Bonsoir, madame ! Je vous sers un verre ?
— Euh... je ne sais pas trop.
— Je vous conseille notre cocktail maison...
— Il n'est pas trop alcoolisé ? Je conduis et...
— Juste un soupçon de Shochu... et les dames en raffolent.
— Shochu ?
— Oui... la boisson s'appelle : « Shochu Highball ». Un spiritueux japonais très doux, enfin... goutez-le, et voyez si ça vous convient !
— Bien alors... allons-y pour votre Shochu... machin chose !
— Euh... je ne sais pas trop.
— Je vous conseille notre cocktail maison...
— Il n'est pas trop alcoolisé ? Je conduis et...
— Juste un soupçon de Shochu... et les dames en raffolent.
— Shochu ?
— Oui... la boisson s'appelle : « Shochu Highball ». Un spiritueux japonais très doux, enfin... goutez-le, et voyez si ça vous convient !
— Bien alors... allons-y pour votre Shochu... machin chose !
Il a une risette engageante et me prépare mon verre. Je ne remarque pas de suite la présence d'un consommateur qui vient de s'installer à quelques tabourets de celui où je suis assise. Un homme qui visiblement est plus âgé que le serveur ou moi. Il ne fait pas attention à moi, mais parle à voix basse au garçon qui secoue son schaker. De toute façon, je ne suis pas là pour écouter les conversations, pas pour jouer non plus. Et le pingouin revient poser devant moi le drink, alors que j'entrouvre mon portemonnaie pour régler immédiatement ma boisson.
— Ne cherchez rien, madame... c'est déjà payé par le patron !
— Le patron ? Comment ça, payé par le patron ?
— Ce monsieur-là... c'est le patron du casino.
—... ?
— Le patron ? Comment ça, payé par le patron ?
— Ce monsieur-là... c'est le patron du casino.
—... ?
Je me dévisse le cou pour jeter un coup d'œil vers le type qui lui aussi lève un verre ambré dans ma direction. Puis il quitte son siège et s'avance vers ma place. Il lève de nouveau son godet dans l'intention de trinquer. Finalement, ce gars n'est peut-être pas aussi vieux qu'il le parait. Il est vêtu plutôt « sport » ! Pantalon de toile et chemise en lin, pas de cravate. J'ai du mal de l'imaginer en boss de cet endroit.
— Bonsoir madame ! J'ai l'impression que nous nous sommes déjà croisés, je me trompe ?
— Sans aucun doute. Je ne suis pas une véritable joueuse et n'ai guère mis les pieds dans cet établissement plus de deux fois dans ma vie... et c'est déjà assez ancien. C'était avec mon mari.
— Ah ! Vous avez donc un mari joueur ? Vous êtes une accompagnatrice sans doute !
— Pas du tout ! Il était avocat...
— Était, dites-vous ? Divorcée ou séparée alors ?
— Non plus ! Veuve depuis plus de deux années.
— Désolé pour vous et toutes mes condoléances... mais pourquoi venir prendre un verre dans un tel endroit si vous ne jouez pas ?
— Je n'en sais rien... j'avais ce soir besoin de n'être pas complètement isolée et seule.
— Je vois ! Vous cherchez le bruit plus que la compagnie, c'est bien cela ?
— Quelque part oui, vous visez juste...
— À vous alors !
— Sans aucun doute. Je ne suis pas une véritable joueuse et n'ai guère mis les pieds dans cet établissement plus de deux fois dans ma vie... et c'est déjà assez ancien. C'était avec mon mari.
— Ah ! Vous avez donc un mari joueur ? Vous êtes une accompagnatrice sans doute !
— Pas du tout ! Il était avocat...
— Était, dites-vous ? Divorcée ou séparée alors ?
— Non plus ! Veuve depuis plus de deux années.
— Désolé pour vous et toutes mes condoléances... mais pourquoi venir prendre un verre dans un tel endroit si vous ne jouez pas ?
— Je n'en sais rien... j'avais ce soir besoin de n'être pas complètement isolée et seule.
— Je vois ! Vous cherchez le bruit plus que la compagnie, c'est bien cela ?
— Quelque part oui, vous visez juste...
— À vous alors !
Nos deux verres s'entrechoquent et il me sourit. Pourquoi est-ce que j'imagine que ce gaillard me drague ? Pourtant, il n'a rien d'un mec en goguette ou d'un type en mal de femme. De plus, dans son attitude, aucun quiproquo, il s'agit seulement d'une idée qui germe dans mon cerveau. Sans raison du reste, puisque le bonhomme se contente de boire à petites gorgées ce qui ressemble à du Scotch. Je trempe mes babines dans la mixture que je juge au premier abord savoureuses. Et lui là, ce type se contente de me regarder. Sa voix chante soudain dans mes oreilles pour un compliment un peu désuet.
— Vous êtes très belle, madame. Je persiste à dire que nous nous sommes déjà vus quelque part. Ça va me revenir... vous disiez que votre mari était avocat ? C'est peut-être dans une soirée où vous étiez invités tous les deux que nous nous sommes rencontrés ?
— Je n'en garde alors aucun souvenir, monsieur...
— Oh... pas de monsieur, s'il vous plait... je me prénomme Denis, belle dame !
— Ah ! C'est vous, si j'ai bien compris le patron de cet endroit ?
— Patron... un bien grand mot. Le directeur est plus dans la réalité de mon emploi. Mais... vous avez bien aussi un petit nom ?
— Claude... oui, c'est Claude.
— Et vous résidez dans les environs, Claude ?
— De l'autre côté du lac, oui. Et j'ai vu de la lumière depuis ma terrasse... trop de solitude, trop d'ennui aussi... alors !
— C'est gentil d'être venue me rendre visite. En face, vous dites ?
— Oui...
— Vous me montrez ?
— Pardon ?
— Nous pouvons sortir sur la terrasse, ici aussi, et vous pourriez me faire voir votre maison !
— Pourquoi pas ?
— Je n'en garde alors aucun souvenir, monsieur...
— Oh... pas de monsieur, s'il vous plait... je me prénomme Denis, belle dame !
— Ah ! C'est vous, si j'ai bien compris le patron de cet endroit ?
— Patron... un bien grand mot. Le directeur est plus dans la réalité de mon emploi. Mais... vous avez bien aussi un petit nom ?
— Claude... oui, c'est Claude.
— Et vous résidez dans les environs, Claude ?
— De l'autre côté du lac, oui. Et j'ai vu de la lumière depuis ma terrasse... trop de solitude, trop d'ennui aussi... alors !
— C'est gentil d'être venue me rendre visite. En face, vous dites ?
— Oui...
— Vous me montrez ?
— Pardon ?
— Nous pouvons sortir sur la terrasse, ici aussi, et vous pourriez me faire voir votre maison !
— Pourquoi pas ?
Dingue de suivre cet étranger et cependant c'est exactement ce que je fais, sous le regard amusé du serveur qui saisit que son boss m'emballe pour de bon. Et l'air frais de la nuit me revigore assez pour être lucide. Ce type, mine de rien, sans faire de bruit, me fait du gringue. Un rentre-dedans discret, mais efficace. Et l'avancée derrière le bar, ou des tables sont vides surplombe les eaux sombres du lac. Nous sommes désormais appuyés contre une rambarde en inox, un garde-fou qui interdit une chute dans la flotte toujours possible. Et ce Denis qui d'un signe du menton parait m'interroger. Je me prête volontiers à son désir de savoir.
— Ma maison est juste en face... on en devine encore les contours du toit...
— Là-bas ? Vous voulez dire... mais... c'est la maison de Michel... il était aussi mon avocat. Vous êtes sa compagne ? Je suis doublement désolé de ce qui lui est arrivé. J'avais donc bien senti que nous nous connaissions. C'est dans une soirée où vous étiez présente que je vous ai aperçue...
— Peut-être ! Mais votre visage ne me dit vraiment rien, j'en suis navrée.
— Vous avez une belle demeure. Mon Dieu, ça fait déjà plus de deux années ! Comme le temps nous emporte dans son tourbillon implacable.
—... ? Mon mari travaillait aussi pour vous donc ?
— Oui... et je n'ai eu qu'à m'en féliciter. Cet homme avait un réel talent... pour toute chose, apparemment...
— Là-bas ? Vous voulez dire... mais... c'est la maison de Michel... il était aussi mon avocat. Vous êtes sa compagne ? Je suis doublement désolé de ce qui lui est arrivé. J'avais donc bien senti que nous nous connaissions. C'est dans une soirée où vous étiez présente que je vous ai aperçue...
— Peut-être ! Mais votre visage ne me dit vraiment rien, j'en suis navrée.
— Vous avez une belle demeure. Mon Dieu, ça fait déjà plus de deux années ! Comme le temps nous emporte dans son tourbillon implacable.
—... ? Mon mari travaillait aussi pour vous donc ?
— Oui... et je n'ai eu qu'à m'en féliciter. Cet homme avait un réel talent... pour toute chose, apparemment...
Il vient de lancer cette phrase avec une sorte de regret dans le ton. Que veut-il dire ? Je n'en sais rien... Il est là qui se cramponne à la balustrade et je frissonne. Qu'est-ce qui m'arrive ? Il ne fait pas froid au point de grelotter et pourtant, tous les poils de ma peau se hérissent dans une chair de poule généralisée. Je me rends compte à contre coup, que sa main qui sert la barre métallique horizontale frôle dangereusement la mienne. Et c'est comme un coup d'électricité dans tout mon corps. Est-ce que c'est cela qui me provoque un tel émoi ? Bon sang ! Après le neveu de mon mari, me voici qui tressaille au contact de la patte de ce bonhomme ?
Mon cerveau devient-il fou ? Est-ce les effets pervers de ce cocktail que je viens d'ingurgiter ? Tout mon être se trouve en transe sans que je sois en mesure de faire la part des choses. Ce Denis... il n'a rien d'un Adonis ou d'un dragueur impénitent d'ailleurs. Alors ? Qu'est-ce qui provoque en moi un tel chambardement ? Le fait d'avoir refait l'amour depuis tout ce temps sans contact physique a donc déclenché une réaction en chaine chez moi ? C'est impensable et cependant, je dois me rendre à l'évidence, je m'échauffe juste à un simple frôlement d'une paluche mâle ! Le directeur du casino l'a très vite deviné ? Et les mots qui sortent de sa gorge sont là pour me conforter dans cette idée.
— Je vous offre un autre verre ?
— Oh non merci... je dois rentrer et... conduire après avoir trop bu, ne serait pas raisonnable.
— Mais... je peux vous raccompagner si vous le désirez
— Vous aussi auriez trop bu... dans ce cas !
— Je ne parlais pas de faire le voyage par la route... mon bateau est là !
— Votre bateau ?
— Oui ! Je crois me souvenir que Michel aussi avait de quoi amarrer sa barque... alors le problème est résolu.
— Et ma voiture ? Vous y pensez à ma voiture ?
— Je me ferais un plaisir de venir vous chercher demain pour la récupérer... à vous de voir. Une promenade de nuit sur le lac, ça peut être très sympa... qu'en dites-vous ?
— Euh...
— Oh non merci... je dois rentrer et... conduire après avoir trop bu, ne serait pas raisonnable.
— Mais... je peux vous raccompagner si vous le désirez
— Vous aussi auriez trop bu... dans ce cas !
— Je ne parlais pas de faire le voyage par la route... mon bateau est là !
— Votre bateau ?
— Oui ! Je crois me souvenir que Michel aussi avait de quoi amarrer sa barque... alors le problème est résolu.
— Et ma voiture ? Vous y pensez à ma voiture ?
— Je me ferais un plaisir de venir vous chercher demain pour la récupérer... à vous de voir. Une promenade de nuit sur le lac, ça peut être très sympa... qu'en dites-vous ?
— Euh...
À suivre...
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Et l’intrigue de même !