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✦ El'Macho Le Cycle de Gorka XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Le Cycle de Gorka — Chapitre 4 · Livre 2e (chap.10-12)

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Le Cycle de Gorka

Chapitre 4 · Livre 2e (chap.10-12)

Le Cycle de Gorka
Livre 2e (chap.10-12)
(Lecture ~35min)
Chapitre 10
Le monde s'éteignait.
Peu à peu, presque imperceptiblement d'abord, la vie s'était mise à reculer comme une marée trop longtemps retenue. Les herbes ne brillaient plus de rosée au matin : leurs lames pendaient, ternes et fatiguées, comme si elles ne buvaient plus la lumière. Les sources jadis bondissantes s'épaississaient de silence, et l'eau claire s'y alourdissait d'un goût de métal. Dans les ramures, les fées ne chantaient plus : leurs voix, plus fines que le fil d'argent, s'étaient tues, et leurs ailes transparentes demeuraient closes contre leurs poitrines fragiles. Tout semblait attendre, comme retenu dans une suspension douloureuse.
Gorka, la jeune Urk, ressentait ce déclin jusque dans son propre sang. La magie, qui avait toujours coulé autour d'elle comme une rivière invisible, se tarissait. Elle luttait chaque jour pour retrouver ces frissons, ces murmures qui liaient la chair des vivants au souffle des astres. Mais rien. Le fil se rompait.
Et le Druide, son maître, son protecteur, son guide depuis l'enfance, ployait encore plus sous ce fardeau car il était en partie fait de magie.
Il avait été l'homme le plus vigoureux qu'elle eût connu : large d'épaules, ferme comme le tronc des vieux chênes. Sa barbe était jadis épaisse et sombre, sa voix portait comme l'orage, et ses mains guérissaient les bêtes comme elles bénissaient les rivières. Or, depuis quelques lunes, son corps se rétractait comme une peau séchée au soleil. Sa chair se creusait, ses veines saillaient, ses mains tremblaient. Ses yeux seulement demeuraient intacts : deux éclats de ciel clair, encore doux, encore lumineux.
Il ne se plaignait jamais. Il avançait simplement, appuyé sur son bâton, et chaque soir il s'asseyait auprès d'elle comme s'il contemplait le monde pour la dernière fois.
Un soir, lorsque le soleil s'éteignit derrière les collines, il l'appela d'une voix faible.
— Approche, Gorka.
Elle vint s'agenouiller près de lui. Elle vit alors la pâleur de sa peau, la maigreur de ses joues, et sentit une angoisse sourde mordre son ventre. Elle voulut parler, mais il leva une main tremblante, comme pour retenir son flot de larmes.
— Tout a sa fin, dit-il doucement. Même la magie, même moi. Mais écoute bien, enfant du destin : ce qui ne s'éteint point, ce qui demeure au-delà du temps et de l'oubli, c'est l'amour. L'amour que j'ai porté, que je porte encore, pour toi.
Ses paroles frappèrent Gorka au cœur comme une épée d'argent.
Elle voulut le retenir, le serrer de toutes ses forces, l'empêcher de glisser. Elle aurait voulu lui donner sa jeunesse, son souffle, son corps brûlant. Mais déjà son haleine faiblissait, se dissipant comme une brume au lever du soleil.
La mort, lorsqu'elle vint, fut paisible.
Pas un râle, pas une crispation. Le Druide s'étendit simplement, ses traits se détendirent, et il sembla s'endormir. Puis, sous les yeux écarquillés de Gorka, sa chair se défit. Son corps se fondit en poussière légère, ses vêtements en filaments, et là où il reposait, en un instant, la terre s'embrasa d'une floraison soudaine.
Des fleurs naquirent, innombrables, se déployant comme un souffle qui aurait percé la croûte du monde : des Bilule,petite roses pâles, celles-là mêmes qu'il cueillait jadis pour elle lors de leurs rituels intimes. En une poignée de battements de cœur, la clairière tout entière se couvrit d'un tapis tendre, vibrant de parfum.
Gorka chancela, ses mains pressées contre sa bouche, incapable de crier. Des larmes ruisselaient sur ses joues sombres. Son maître, son sauveur, son amant, n'était plus. Et pourtant, il était là, partout : dans la couleur des corolles, dans le parfum sucré qui emplissait l'air, dans la caresse des pétales contre ses doigts.
Elle tomba à genoux, puis à terre, comme brisée. Ses paumes plongèrent dans la prairie fleurie. Chaque Bilule semblait une bouche, chaque tige un frisson. Elle sentit la tiédeur du sol, comme une respiration lente et profonde, et une pensée la traversa : c'était lui. Il n'avait pas disparu. Il s'était offert à la terre pour devenir cette multitude tendre.
Alors, guidée par une douleur qu'elle ne pouvait contenir, Gorka se dénuda. Ses habits glissèrent de ses épaules, ses seins frémirent dans l'air tiède du soir. Elle s'allongea nue sur le lit de fleurs, cherchant dans leur douceur l'étreinte absente.
Les corolles se pliaient sous sa peau, s'écrasaient contre son ventre, s'accrochaient à ses cuisses. Leur parfum l'enivrait. Elle ferma les yeux et, dans ce contact charnel et sacré, elle appela le souvenir des mains du Druide, de son souffle chaud sur son cou, de ses baisers sur ses lèvres. Ses cuisses s'ouvrirent, et les Bilule s'y glissèrent comme des caresses timides.
Elle gémit doucement, non de plaisir seul mais d'une douleur immense. Chaque mouvement de son bassin, chaque frisson de ses seins était une prière, une offrande. Elle l'appelait, elle l'invoquait. Et dans son gémissement, il lui sembla entendre un écho : un murmure porté par les fleurs, comme si l'esprit du Druide se lovait encore en elle.
Son corps vibra longtemps dans cette union étrange, jusqu'à ce que ses larmes se mêlent à la rosée des Bilule. Puis, épuisée, elle resta allongée, les bras écartés, couverte de pollen et de sueur, bercée par les parfums.
Le monde se vidait de sa magie, Gorka le savait, l'avait senti comme on sent la marée se retirer, laissant derrière elle des terres nues et vulnérables. Elle n'avait pas immédiatement compris ce que cela signifierait pour l'homme qui l'avait sauvée d'elle-même, pas plus qu'elle n'avait deviné ce que cette absence provoquerait dans le cœur des hommes et des bêtes, dans les forêts et les rivières.
Désormais, elle était là, couchée dans les souvenirs du Druide, comme une pierre gravée dans la mémoire d'un sanctuaire effondré. Elle se savait vestige, témoin fragile d'un monde qui se mourait. Pourtant, dans le silence, elle pressentait qu'un autre monde s'avançait déjà, timide, à travers les fissures de l'ancien. Un monde sans magie peut-être, mais non sans promesses, un monde où la mémoire et l'amour seraient les dernières étincelles à éclairer la nuit.
Car désormais, chaque année, à cette date, la clairière se couvrirait de Bilule. Et Gorka, nue dans les fleurs, viendrait encore s'y coucher, pour renaître de ses larmes et de son désir.
Chapitre 11
La forêt ne chantait plus.
Les futaies, jadis pleines de murmures, s'étaient changées en murailles grises, et les troncs s'élevaient comme des spectres figés. Les oiseaux eux-mêmes semblaient avoir déserté, ne laissant qu'un silence pesant, troué parfois par le cri lointain d'un corbeau ou d'une autre créature isolée.
Gorka errait seule, pieds nus, le corps couvert de poussière. Depuis la mort du Druide, elle avançait sans but, comme une ombre égarée. La magie avait fui le monde, l'équilibre des forces avaient brusquement changé et les hommes, privés de son souffle, s'étaient retournés les uns contre les autres. Les hameaux brûlaient, les routes se teintaient de sang, et dans chaque bois rôdaient des bandes affamées, avides d'or et de chair.
Elle savait le danger. Mais une part d'elle n'en avait cure. Elle n'était plus qu'un corps qui marche, un cœur qui bat. Ses pas la menèrent sur un sentier déchiré par les sabots, et bientôt, elle entendit le cliquetis des armes.
Ils apparurent à la lisière : une troupe de soldats en maraude, armures cabossées, visages durcis par la poussière et la faim. Leurs yeux brillèrent lorsqu'ils la virent. Une femme seule, sans défense, une proie.
Elle tenta faiblement de fuir, mais déjà ils l'encerclaient. L'un d'eux, riant d'une voix rauque, la saisit par les cheveux, la jetant à terre. Elle sentit la pointe d'une botte contre ses côtes, un poids sur ses poignets. Des voix s'élevaient, pleines de désir brutal.
— Tiens-la.
— La sauvageonne est à nous !
— Non… au capitaine d'abord.
Mais la horde était trop nombreuse, trop avide. Avant même que l'ordre ne vienne, plusieurs se jetèrent sur elle. Ils arrachèrent sa tunique de laine comme on déchire une toile. Sa poitrine nue jaillit dans l'air froid, ses cuisses se débattirent, mais ses forces s'évanouirent vite.
Alors elle comprit. Résister n'était que souffrir davantage. Survivre demandait de l'audace. Sa vie de prostituée lui revint en un éclair, comme une lame qui s'enfonce sans prévenir. Elle se fit plus joueuse, presque provocante.
— Allons, messieurs… il y en aura pour tout le monde, souffla-t-elle d'une voix basse et rauque.
Elle saisit quelques membres dressés devant elle et les lécha un à un, comme on savoure des fruits défendus. Sa langue effleurait, traînait, caressait, et son attitude fit reculer un instant la brutalité de la foule. Les soldats cessèrent de la cogner, hypnotisés par sa soumission transformée en art. Mais Gorka voyait clair : il était évident qu'elle devrait les satisfaire tous, sans exception.
Qu'importe. Elle en avait vu d'autres. Et, malgré l'humiliation, il y avait dans ce déferlement de virilité quelque chose d'étrangement grisant. Se retrouver au centre de toutes les attentions, entourée de ces sexes offerts à sa bouche, à sa gorge, à son corps… Elle sentait son sang battre plus fort, son ventre se contracter, et, contre toute attente, son intimité s'humidifier comme autrefois.
Le passé n'était jamais mort. Elle n'avait plus voulu être cette femme, mais à présent le monde avait changé, et pour survivre, elle devait redevenir l'ombre de ce qu'elle avait été. Non, cela ne lui faisait pas peur. Elle en jouissait même un peu, à sa manière tordue.
Assez vite, ses gestes experts calmèrent une grande partie des soldats. Sa bouche, ses mains, ses gémissements feints mais convaincants apaisaient les plus impatients. Elle put alors se concentrer sur les officiers, et là, son masque se raffermit : il fallait séduire, ensorceler, manipuler. Pour s'assurer une protection, il fallait viser haut. Et à ce jeu, elle était reine. Elle avait autrefois joué dans la cour des puissants, et ces hommes, rompus à la guerre des lames mais pas à celle des corps, furent faciles à dompter.
Lorsque le capitaine apparut enfin, les autres s'écartèrent d'eux-mêmes.
Il était immense, large d'épaules, la barbe striée de cicatrices. Ses yeux gris ne souriaient pas. Ils la fixaient avec une intensité glaciale, un mélange de convoitise brute et de fascination trouble. Son pas lourd résonna sur les dalles, et d'un simple geste de la main, il écarta les soldats comme on chasse des chiens.
Gorka sut alors que le véritable combat commençait.
— Elle est à moi ! hurla le capitaine d'une voix si puissante qu'elle fit trembler les arbres environnants.
Il saisit Gorka par la taille et la redressa brutalement sur ses jambes. Son regard de guerrier était d'une intensité troublante : cet homme avait vu la mort, la guerre, la souffrance, et tout son corps respirait la domination.
— Tu es une Urk… une esclave. Tu vas donc me servir !
Sans plus attendre, il défit sa ceinture et libéra son membre. Un monstre de chair, énorme, épais comme un bras, lourd et palpitant de veines. La troupe éclata de rires et de cris obscènes en voyant Gorka, encerclée par la meute d'hommes, confrontée à cette masse virile.
Elle ne recula pas. Au contraire, elle s'approcha et, d'un geste expert, saisit la hampe brûlante. Elle savait y faire. Dans son ancienne vie, elle avait déjà affronté les sexes des Graks, ces colosses qui aimaient exhiber leurs attributs. Ses lèvres s'écartèrent, sa gorge s'ouvrit, et elle engloutit le membre jusqu'au plus profond, étouffant volontairement ses gémissements dans un bruit humide qui électrisa la foule.
Le capitaine écarquilla un instant les yeux : jamais il n'avait vu une femme avaler sa bite aussi profondément.
Alors, dans un mouvement félin, Gorka grimpa contre lui, s'accrocha à ses épaules et s'empala sur la verge monstrueuse qui la déchira d'un seul coup. Son cri résonna comme un chant sauvage, mêlé de douleur et de plaisir. Elle s'arqua, ses griffes plantées dans la chair du guerrier, et lui souffla à l'oreille, haletante :
— Faites de moi ce que vous voulez…
Ces mots le rendirent fou. Le capitaine la prit avec une rudesse délicieuse, la retournant, la jetant au sol, la soulevant comme une proie. Il la pilonna devant tous ses hommes, cognant sans relâche dans son sanctuaire et son jardin secrets, chaque coup de reins claquant comme un coup de hache.
La troupe hurlait autour d'eux, galvanisée par le spectacle. Gorka, emportée dans la frénésie, ouvrit sa bouche aux guerriers qui se pressaient, accueillant goulûment leurs jets brûlants pendant que le capitaine continuait de la transpercer sans pitié. Elle se gorgeait de sperme et de violence, sa gorge et son ventre se tordant d'une jouissance obscène.
Le capitaine semblait vouloir dominer le monde à travers elle. Pour impressionner ses hommes, il ne la lâcha pas une seule seconde. Une heure entière, il la culbuta avec une endurance bestiale, ses coups de reins de plus en plus violents, jusqu'à ce que son sexe, déjà monstrueux, enfle encore. Gorka sentit son ventre se déformer sous la pression, son corps pris comme une outre.
Puis l'explosion survint : un flot brûlant jaillit en elle, si puissant qu'elle crut éclater. Son corps trembla, inondé d'une chaleur libératrice, presque douce après la brutalité. Elle s'affaissa, haletante, le ventre gonflé par l'excès de semence.
Le capitaine, le torse couvert de sueur, leva la main et déclara d'une voix implacable :
— Cette catin est à moi. Interdiction d'y toucher sans mon autorisation !
Chapitre 12 – L'ascension et la chute
Le capitaine tint sa promesse : Gorka ne fut plus offerte aux autres sans son accord. Elle marchait désormais derrière lui, tenue par une corde, mais nourrie, lavée, préservée de la meute. Dans ses yeux brillait une fierté muette : il possédait ce que les autres désiraient, et il ne manquait pas de le montrer.
Dès que l'envie le prenait, il faisait arrêter la troupe et prenait la petite Urk au bord de la route, sans retenue, la plaquant contre un arbre ou l'écrasant dans l'herbe encore humide de rosée. Quand sa fougue était rassasiée, il permettait parfois à quelques guerriers choisis de partager cette offrande.
Et Gorka, loin de s'en offusquer, recevait ces élans comme des marques d'hommage. Elle savait calmer les hommes après la fureur des batailles, étancher leur soif, adoucir leur rage. Elle connaissait les gestes, les regards, les soupirs qui apaisaient. Et lorsqu'elle offrait son corps, ce n'était pas seulement de la chair : c'était un art, une maîtrise née de l'expérience. Grâce à elle, les guerriers devenaient moins brutaux, plus dociles, comme domptés par un savoir-faire que peu de femmes possédaient.
Un soir, après une escarmouche violente, un soldat osa cependant demander davantage. Le visage couvert de poussière et de sang séché, il s'avança et dit au capitaine :
— Le bon Hubert s'est battu comme un démon. Il mérite aussi sa récompense… une demoiselle !
Les rires fusèrent, mais cessèrent aussitôt lorsque les hommes revinrent en menant un puissant destrier noir. L'animal, massif, piaffait et reniflait, comme impatient. Gorka leva des yeux ronds, partagée entre surprise et un amusement cruel. Elle sourit à demi : là aussi, elle en avait vu d'autres.
Le silence gagna la troupe. Tous attendaient, suspendus au moindre de ses gestes. Alors, lentement, Gorka s'approcha du cheval. Elle posa une main apaisante sur son encolure, chuchotant quelques mots rauques qui calmèrent la bête. Le destrier soufflait fort, ses muscles tremblaient d'impatience. Sous les yeux avides des guerriers, l'Urk guida la scène, sans peur.
Le sexe du cheval, long, monstrueux, surgit avec une vigueur brutale. L'animal, nerveux, frappait du sabot. Gorka, elle, ne trembla pas. Elle se plaça, l'offrant, et tout son corps vibra lorsque la bête s'imposa en elle. Le choc fut terrible, brutal, mais ses cris se mêlèrent à des gémissements de plaisir, résonnant comme une incantation sauvage.
L'assemblée retenait son souffle. Les guerriers, d'abord ricanants, restèrent pétrifiés devant le spectacle. Ils ne virent plus une captive, mais une prêtresse de luxure, une sorcière capable de dompter hommes et bêtes par le sexe. La jouissance de Gorka fut dévastatrice : ses tremblements secouèrent tout son être, ses cris rauques montèrent jusqu'au ciel. La vigueur du destrier éveilla en elle des souvenirs enfouis, des plaisirs interdits, réveillant la part la plus animale de son être.
Lorsqu'enfin la bête se calma, Gorka s'effondra dans la poussière, haletante, son corps luisant de sueur. Elle riait entre deux respirations, un rire rauque, presque mauvais. Les guerriers éclatèrent alors en acclamations, galvanisés, mais aussi apaisés. Car ce qu'ils venaient de voir dépassait l'entendement : c'était une offrande, un sacrifice charnel, une magie à laquelle ils croyaient tous un peu.
Ce soir-là, aucun ne chercha querelle. Tous étaient repus d'images, de fantasmes, de désirs. Et le capitaine, fier, savait que Gorka, par son art, avait su dompter non seulement leurs corps, mais leurs cœurs de guerriers ivres de sang.
Après de longues marches harassantes et d'innombrables escarmouches, la troupe finit par rejoindre un vaste campement. Les bannières, alourdies de poussière et de soleil, claquaient faiblement dans l'air brûlant. Au centre s'élevait une grande tente de toile rouge et noire, décorée de peaux de loup dont les crocs semblaient toujours gronder. Tout autour, des guerriers patibulaires montaient la garde, silhouettes menaçantes qui semblaient forgées dans le fer et la guerre.
C'était là le domaine du général.
Le capitaine y conduisit Gorka.
Le général apparut comme une vision contrastée dans cet enfer de sueur et de sang : un homme d'âge mûr, large d'épaules, vêtu d'un cuir noir clouté d'argent qui brillait au soleil. Une cicatrice barrait son visage, loin d'enlaidir ses traits : elle y ajoutait une noblesse farouche. Ses yeux verts, étincelants d'une avidité contenue, rappelaient ceux des prédateurs patients, ceux qui n'ont pas besoin de se hâter pour tuer.
Lorsqu'il vit Gorka, il ne dit rien d'abord. Le silence se fit, pesant. Il la laissa s'avancer pieds nus sur le tapis grossier qui recouvrait le sol. La corde glissait encore le long de ses poignets délicats, comme pour rappeler à tous sa condition de butin.
Il y eut un instant suspendu. Puis, lentement, un sourire fendit le visage du général.
— Qui est-elle ? demanda-t-il d'une voix grave, résonnant comme un ordre.
— Un butin, répondit le capitaine en bombant le torse. Une sauvageonne prise en forêt. Belle, docile… intacte d'esprit, mais pas de corps.
Un rictus goguenard s'étira sur ses lèvres lorsqu'il prononça ces derniers mots, comme pour se vanter d'avoir goûté avant les autres.
Le général s'approcha alors, lourd et majestueux, comme un fauve s'avance vers sa proie. Ses doigts rugueux, brûlants et puissants, relevèrent doucement le menton de Gorka. Elle leva les yeux vers lui, son regard croisant ses prunelles vertes.
Et dans ce contact muet, déjà quelque chose passa : une étincelle, une chaleur fauve, une tension chargée de mille promesses inavouées. Le campement semblait avoir disparu, avalé par cette rencontre. Le monde entier s'était rétréci à cet échange de regards — l'un, souverain et dominateur, l'autre, fier et indompté malgré les liens.
Le soir même, le général fit venir Gorka dans sa tente.
Il ne la força point avec la brutalité coutumière des autres. Non, lui s'assit d'abord, d'un geste assuré, et l'attira doucement sur ses genoux. Ses mains, larges et calleuses, se posèrent sur ses épaules comme on flatte une arme précieuse, avec respect et fermeté mêlés. Sa barbe râpeuse effleura la nuque de la jeune femme, et son souffle chaud fit courir un frisson le long de son échine.
Lorsqu'il la prit, ce fut sans hâte, sans rudesse. Comme un maître sûr de lui qui s'empare de sa favorite, confiant dans son pouvoir et dans son art. Gorka se laissa faire, souple et attentive, devinant chacun de ses désirs avant même qu'il ne les exprime. Elle respirait son odeur, se perdait dans ses gestes, répondait à sa fougue par une docilité calculée. Elle se disait que, même si elle avait voulu lui résister, elle n'en aurait pas eu la force : cet homme portait en lui une autorité qui allait bien au-delà des chaînes.
Son endurance semblait sans fin, et ses jeux amoureux, habiles, raffinés, n'avaient rien à envier à ceux des cours princières que Gorka avait autrefois fréquentées. À mesure que la nuit avançait, elle sentit son cœur chavirer. Non, elle n'était pas amoureuse — son cœur appartenait au Druide, et cela jusqu'à son dernier souffle. Mais cet homme réveillait en elle un désir véritable, profond, venu de l'intime de son être de femme. Rien à voir avec ces simples élans d'excitation que tant d'autres rencontres avaient déclenchés. Ici, il y avait quelque chose de plus grand, de plus dangereux.
Dès lors, elle devint sienne.
On la vit bientôt marcher entre les tentes, drapée dans des étoffes plus fines que celles des femmes du camp, parée de colliers grossiers mais éclatants. Les soldats, jaloux, s'inclinaient sur son passage. Elle vivait désormais dans un luxe relatif : viandes grillées, vin fort, lit de peaux épaisses. Mais partout autour d'elle, les armes étincelaient, les hallebardes bruissaient, les cris d'entraînement et les appels aux armes rappelaient la fragilité de cette faveur. Son existence n'était pas celle d'une femme libre, mais d'une captive honorée, un joyau enfermé dans une cage d'acier.
Pourtant, Gorka savait tirer profit de chaque instant. Elle observait tout, écoutait les conversations, retenait les alliances et les querelles, apprenait les hiérarchies comme on lit une carte de guerre. Elle devinait les désirs des hommes comme on sent la chaleur d'un feu avant qu'il ne brûle. Peu à peu, une vérité s'imposait à elle : son corps n'était pas une faiblesse, mais une arme subtile, plus tranchante parfois que les épées qu'ils maniaient.
Puis vint la bataille.
À l'aube, le camp s'agita comme une fourmilière frappée d'un bâton. Le bruit des armes que l'on aiguisait se mêlait aux hennissements des chevaux, aux ordres criés d'une voix rauque. Le général, cuirasse étincelante, arma ses hommes d'un geste sûr. Les bannières se levèrent dans l'air frais du matin, claquant comme des éclairs rouges et noirs au-dessus de la troupe. Leurs pas s'accordaient, lourds, martelant la terre humide, en direction du baron ennemi — un seigneur réputé pour sa cruauté, et dont on murmurait qu'il sacrifiait ses prisonniers aux flammes.
Gorka resta à l'arrière, comme toutes les femmes du camp. On les avait regroupées à l'ombre des tentes. Favorites, concubines, captives et épouses, toutes vêtues de soies criardes qui semblaient dérisoires face au grondement de la guerre. Elles chuchotaient entre elles, inquiètes, tandis que le bruit lointain des trompes et le roulement des tambours annonçaient la marche vers la mort. Gorka, elle, se tenait droite, observant le ciel gris, comme si elle pouvait y lire l'issue du combat.
Le soir, la défaite s'abattit comme une hache.
Le camp se remplit de gémissements et de hurlements. Les survivants furent ramenés, entravés, couverts de sang et de boue. Le général lui-même avait été capturé, ses mains liées derrière son dos, ses traits fiers défigurés par la fatigue et les coups. Autour de lui, ses hommes n'étaient plus que des ombres brisées.
Le baron victorieux fit son entrée sur un destrier massif. C'était un colosse d'un seul bras, mais dont la force semblait redoubler de cette absence. Son visage cruel s'éclairait d'un rictus qui glaça jusqu'aux plus braves. Il donna un ordre bref : qu'on dresse un bûcher. La flamme s'éleva, éclairant les visages des vaincus d'une lumière rouge et impitoyable.
Alors, devant les yeux impuissants du général, on fit amener les femmes.
Ce fut un carnage.
Les soldats du baron se jetèrent sur elles comme une meute affamée. Les étoffes criardes furent arrachées, les chairs exposées, les corps livrés en pâture. Les rires gras se mêlaient aux cris de terreur et de douleur. Une par une, les femmes furent jetées au sol, violées, brisées, jusqu'à ce que leurs corps inertes ne soient plus que des tas de chair abandonnés dans la poussière. L'air empestait la sueur, le sang et la semence.
Le général hurlait, se débattait contre ses chaînes jusqu'à s'en briser les poignets, mais rien n'arrêtait la barbarie.
Et Gorka, au milieu d'elles, sentit le même sort s'abattre sur elle.
Ils la prirent tour à tour. Ses cuisses furent écartées par des mains brutales, son ventre écrasé sous le poids des corps, ses entrailles violées par des assauts incessants. Sa peau fut meurtrie de coups, ses lèvres marquées de morsures. Son corps devint une proie, un champ de bataille où la cruauté se déversait.
Mais elle, contrairement aux autres, ne cria pas.
Elle serra les dents, ferma les yeux, et laissa passer la douleur comme on laisse passer une vague. Elle accueillait chaque pénétration, chaque brutalité, non pas comme une victime, mais comme une forge. Elle absorbait les coups, les avalait au plus profond d'elle, les transformait en pierre, en acier. Sa chair tremblait, mais son âme se durcissait.
Autour d'elle, les femmes tombaient une à une, étouffées dans leurs propres cris, vidées de leur vie. Leurs cadavres s'amoncelaient, éteints, brisés. Gorka, elle, restait debout. Vacillante, ensanglantée, mais encore vivante. Ses yeux brûlaient, deux braises dans la nuit. Son souffle haletait, rauque mais régulier, comme celui d'une bête blessée qui refuse de mourir.
Le baron la vit.
Il descendit lentement de son destrier. Le silence se fit autour de lui, pesant, presque sacré. Ses pas résonnaient sur la terre souillée lorsqu'il s'approcha d'elle. Gorka, nue, couverte de sang et de la jouissance de ses bourreaux, le fixa sans détourner les yeux. Elle était un spectre, une apparition terrible et sublime à la fois.
Le baron s'arrêta devant elle. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire glacé.
— Celle-là… épargnez-la.
Les soldats reculèrent, surpris, presque frustrés.
Ses yeux sombres s'accrochèrent aux siens, et il tendit une main pour caresser sa joue. Son geste n'avait rien de tendre : c'était celui d'un chasseur qui touche un animal rare qu'il vient de capturer.
— Cette femme est à moi désormais.
Le général hurla encore, mais ses cris se perdaient dans le vacarme.
Gorka, elle, comprit.
Un nouveau maître venait de la lier. Mais en même temps, une vérité s'imposait à elle : plus les chaînes se refermaient, plus elle se forgeait. Elle n'était pas seulement captive. Elle devenait autre chose, plus dure, plus dangereuse.
Dans la boue et le sang, elle s'élevait.
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Pucelle promise aux Dieux au temps des Incas.
Chapitre 2
Par mlkjhg39
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