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✦ horace23 Une nouvelle soeur XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Trans & QIA+ Orientation principale dans ce chapitre

Une nouvelle soeur — Chapitre 1 · Question de genre pour Amir

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Une nouvelle soeur

Chapitre 1 · Question de genre pour Amir

Une nouvelle sœur (1)
Préambule :
Ce premier, très long chapitre, met en place ma nouvelle histoire.
C'est un fantasme, pas une histoire vraie, mais pour certains points, elle pourrait être autobiographique, surtout dans les émotions, les envies de certains des personnages.
J'ai conscience que la mise en place n'est pas vraiment le moyen de proposer des scènes très torrides, mais en y allant crescendo, j'espère susciter l'envie de découvrir mes personnages et leur évolution.
Les thèmes abordés tout au long de cette histoire (tous les chapitres) seront : la confusion de genre, les normes sexuelles, la découverte, la transition de genre, l'inceste, la transsexualité et l'homosexualité, les fantasmes, l'amour fraternel. Mais il est compliqué de choisir un thème principal. Alors pour ce premier jet, ce sera « travestis/transsexualité » pour ne pas tromper sur la marchandise dans la longueur. Et éviter de choquer des personnes qui ne voudraient absolument pas lire ce genre de contenu.
Pour certains, pressés d'en découdre avec le côté pornographique des choses, voulant sauter l'introduction et le développement des personnages, et y revenir plus tard s'ils ont aimé, ou manqué des choses, je place « XXX » quand l'histoire commence à s'échauffer...
Chapitre 1 : Question de genre pour Amir
Quand j'ai eu dix ans, mon père a quitté le domicile conjugal, contraint et forcé. Il avait pris dix ans de séchoir pour trafic de cocaïne, pincé en plein deal par des flics infiltrés. Il nous laissait, ma mère, mon plus jeune frère et moi dans une situation sociale assez désastreuse.
Et, alors qu'il aurait pu sortir pour bonne conduite juste quatre ou cinq ans plus tard, sa peine fut alourdie, dès l'année suivante, de vingt ans de plus. Mon père avait essayé de s'évader et sa tentative infructueuse avait entraîné la mort d'un jeune gardien et d'un codétenu.
À partir de là, mon père ne compta plus dans notre vie. Ma mère décida de changer de ville, de déménager dans le Sud-Ouest, sans avertir personne, de quitter cette banlieue de Marseille où mon frère et moi étions nés. Elle prit le parti de fuir les regards en biais, les menaces (mon père avait pas mal d'ennemis et de dettes), d'oublier la violence des quartiers où j'avais grandi, de nous éloigner de sa propre famille qui l'avait lâchée et reniée.
Mon petit frère, Amir, et moi, Tarek, étions considérés comme des bâtards, nés hors mariage. Nous étions aussi des métisses franco-marocains que la famille de notre mère, très catholique, ne voulait pas dans leur lignée. De l'autre côté de la famille, mes grands-parents paternels étaient morts, et mon oncle Bachir, frère aîné de mon père, était un extrémiste religieux, qui n'acceptait pas le métissage entre religions.
Ainsi, en 2008, pour mes onze ans, nous avons changé de vie. Ma mère trouva d'abord un travail de femme de ménage. Au début, elle bossait pour une boite spécialisée dans ce genre de services, mais très vite, elle comprit qu'elle pourrait mieux s'en sortir en se mettant à son propre compte. Elle avait rapidement tissé un lien qui dépassait le strict cadre professionnel avec la femme d'une famille de négociants en vin. Cette dernière s'était prise d'amitié pour ma mère et avait mis à disposition son carnet de connaissances et d'amis, tous très huppés, pour l'aider à prospecter une clientèle potentielle.
Ma mère réussit à construire un emploi du temps, chargé, mais compatible avec nos horaires de classe et, faisant un très bon travail, put en vivre raisonnablement. Elle fixait des prix en rapport avec le standing des familles qui l'employaient. Nous vivions dans une petite ville à quarante kilomètres de Bordeaux.
Nous ne manquâmes de rien, mon frère et moi. Nous étions choyés et poussés à réussir envers et contre notre début de vie.
J'étais un garçon assez rond mais extraverti, me faisant facilement des amis, assez intelligent pour vivre de mes acquis à l'école. Très tôt je sus que je voulais devenir acteur.
Mon frère, deux ans plus jeune, était le contraire de moi sur de nombreux aspects. Bien plus introverti, très mince, il était un bûcheur de première.
Alors que je prenais des cours de théâtre, que je sortais au ciné avec des potes, il restait enfermé dans notre chambre pour relire un livre de maths ou une leçon d'histoire. Mais, malgré nos différences, nous nous entendions bien l'un et l'autre. Si bien que nous partagions la même chambre, sans réels heurts, jusqu'à mon départ pour Bordeaux à l'âge de dix-huit ans.
Je voulais m'envoler, quitter la maison, essayer le plus rapidement possible de ne plus être une contrainte ou un poids pour ma mère. Je voulais qu'elle refasse sa vie, qu'elle arrête de ne penser qu'à nous.
Dans le lycée pro le plus proche de chez moi, j'avais obtenu un CAP Esthétique avec option maquillage et un bac pro en suivant. Mais loin de vouloir épiler des maillots et poser des faux ongles, ce que je voulais c'était parfaire mes connaissances en maquillage, créer des trompe-l'œil, fabriquer de fausses cicatrices, transformer mes modèles en monstres. Mon but : refaire le maquillage d'une Priscilla folle du désert, ou copier les œuvres de maquilleurs d'effets spéciaux que j'admirais en lisant le magazine Mad Movies.
 Malgré la réticence de ma mère, et les moqueries de mes potes, je m'étais dit que ce genre d'études ne seraient pas perdues. Ce diplôme et mes entraînements personnels m'ouvriraient une voix dans le cinéma, à défaut d'être acteur.
Mon diplôme en poche, je partis pour Bordeaux, non pas pour travailler dans un institut de beauté, mais pour intégrer le conservatoire de théâtre. En effet, sur les conseils d'un des clients de ma mère, qui tenait une galerie d'art, je me suis présenté au concours d'entrée. Grimé par mes soins, je pus sortir mon meilleur Sganarelle. Mon rêve de jouer devint réalité.
Je rentrais alors dans une colocation, où nous étions tous des élèves reçus au conservatoire. Nous vivions à quatre garçons dans un grand appartement, non loin des quais. Les deux années de conservatoire passèrent à vitesse grand V.
J'appris petit à petit à mieux me connaître. Je compris assez tôt que j'aimais beaucoup les femmes, et que mon embonpoint n'était pas forcément un désavantage. J'inspirais confiance. D'ailleurs, être comédien, monter sur les planches, me donnait aussi une aura, une confiance en moi que les autres pouvaient remarquer, ressentir. Je compris aussi que je n'étais pas insensible aux charmes ou au charisme de certains jeunes hommes. Le monde du spectacle étant le lieu d'une ouverture d'esprit assez marquée, très vite je découvris que nombreux étaient les têtes d'affiche qui cachaient leur homosexualité pour conserver la possibilité de jouer les vaillants jeunes premiers. J'eus quelques amourettes, sans lendemain, avec quelques représentants des deux sexes. Sachant qu'avec les mecs je n'étais jamais allé plus loin qu'une fellation reçue ou quelques masturbations mutuelles.
Pour vivre, entre les cours, les répétitions et les représentations, je proposais mes services, en tant que maquilleur, à toutes les écoles de réalisateurs de Bordeaux. Des écoles privées où des « fils de » et des « filles de » payaient cher un diplôme qui demandait de présenter un ou plusieurs courts métrages par an.
J'arrivais aussi à participer à quelques tournages comme comédien. Ainsi, à tout juste vingt ans, j'étais diplômé du conservatoire et je commençais à être connu dans le microcosme du maquillage de plateau ou de théâtre. On m'appelait souvent, bien plus pour la partie maquillage que pour un casting de cinéma ou de troupe. Mon physique de métisse franco-marocain, mes cheveux courts et crépus, et mon embonpoint qui n'avait pas faibli, ne me permettaient pas d'accéder aux rôles classiques de théâtre. Mais peu importait, je vivais une vie rêvée où je pouvais exercer ma passion.
Pendant ce temps, j'avais coupé quelque peu les ponts avec ma mère et mon frère. Revenant de moins en moins souvent à la maison, n'appelant presque pas. Ces derniers étaient venus me voir lors de mes représentations, mais j'avais assez vite compris qu'il était difficile pour eux de se sentir à l'aise dans ce monde d'apparat, de faux-semblants et, il faut le dire, d'hypocrisies jalouses entre comédiens, souvent de pseudos intellectuels pédants.
En juillet 2018, mon frère obtint haut la main son bac scientifique, et grâce à ses notes exemplaires, il obtint le droit d'entrer en première année de médecine. Au détour d'une de mes rares conversations téléphoniques avec ma mère, et voyant que c'était un problème pour Amir que de se projeter seul en faculté, je proposais qu'on prenne, lui et moi, un appartement ensemble. Je quittais ma colocation, et ayant quelques contrats en vue, je pouvais subvenir à un petit loyer, surtout si mon frère touchait, comme prévu, des bourses d'études.
Amir sembla ravi de la proposition. Je pensais qu'il devait avoir peur de se confronter à la « grande » ville, qu'il était toujours aussi introverti et que repasser du temps avec lui permettrait de resserrer nos liens.
Grâce à un client de ma mère, agent immobilier, nous trouvâmes un appartement fraîchement rénové dans un quartier du centre. Le lieu était proche de toute la vie étudiante de Bordeaux, avec deux chambres séparées par une salle de bain commune et un assez grand salon qui donnait sur une cour intérieure de l'immeuble. L'appartement était bien équipé, meublé avec style et très lumineux car nous étions au quatrième et dernier étage.
Amir ne semblait pas avoir changé ses habitudes. Toujours extrêmement travailleur, il ne comptait pas redoubler sa première année, et dès septembre s'attela à la tâche. À peine sa journée de cours terminée, il passait à la bibliothèque de médecine et rapportait toutes sortes d'ouvrages à compulser et ne sortait de sa chambre que vers vingt heures, pour mettre littéralement les pieds sous la table.
De mon côté, mes contrats me laissaient plus de temps. Je n'avais pas un temps plein à proprement parler. Mais chaque mois j'avais du travail. Je faisais même quelques remplacements pour le journal régional de France 3, agrandissant mon carnet de contacts, un peu comme ma mère avait pu le faire pour s'en sortir.
Je m'occupais de tenir l'appartement propre, de préparer (ou commander) à manger. Je faisais les courses pour nous deux, et éventuellement pour organiser un apéro avec des amis. J'évitais toute fête en semaine pour laisser Amir dans les meilleures conditions pour ses études.
Je regardais aussi beaucoup la télé, utilisant le lecteur Blu-ray de notre PS4 pour voir pas mal de films qu'un de mes anciens potes du conservatoire me passait régulièrement. Je voulais parfaire ma connaissance filmique, découvrir des choses, des acteurs, des réalisateurs. J'adorais rentrer dans un univers nouveau, étrange, surprenant.
XXX
Un vendredi après-midi de janvier, alors que je venais de lancer un film de Brian de Palma au titre de Pulsion, assez évocateur, mon frère vint s'installer à côté de moi.
— C'est quoi ?
— J'sais pas trop. Un des films préférés de Quentin. Il m'a dit que j'allais être surpris. C'est vieux.
— On dirait un porno, non ?
En effet, la scène d'ouverture montrait une femme en train de prendre une douche et de succomber doucement à l'envie de se caresser, de se faire du bien. C'était filmé en plans serrés qui alternaient entre les parties de son corps et le jet d'eau qui sortait d'un pommeau de forme très phallique, de manière assez osée. La musique très langoureuse conviendrait parfaitement à un film de cul. Puis comme dans une brume onirique, le personnage se faisait prendre, par un homme, finalement fruit de son imagination.
— C'est Brian de Palma le réalisateur, j'ai vu d'autres films de lui, il n'a pas peur de choquer, mais c'est pas un porno.
Mon frère, alors qu'il était passé récupérer un yaourt au frigo et était sur le chemin de retourner vers sa chambre, s'installa dans le canapé.
Je trouvais ça marrant qu'il puisse être obnubilé, ou simplement intrigué, par cette femme qui se caresse sous la douche, dans la vapeur et derrière la buée d'une porte de douche.
— Elle est pas mal l'actrice quand même, commentais-je, pour détendre l'atmosphère.
— Oui, elle a un très beau corps pour son âge.
En effet, on découvrit assez vite que l'actrice sous la douche était une femme d'une cinquantaine d'années, jouée par Angie Dickinson. À partir de la scène suivante, on bascula dans une sorte de mélo très stylée où on suivait l'actrice chez son psy, interprété par Michael Caine. Elle semblait prise par le démon de la cinquantaine, s'interrogeant sur sa sexualité, sur le fait de plaire encore aux hommes. Cette femme était un personnage double, à la fois mère de famille d'un geek enfermé dans sa chambre, à bidouiller des gadgets informatiques des années 80, et une femme mature, bourgeoise, qui s'interroge sur son sex-appeal.
— Mais c'est le majordome de Batman, dis-je en reconnaissant Michael Caine.
— Ah oui ?
— Oui, dans les Batman de Nolan.
— Si tu le dis.
— Me dis pas que t'as pas vu les Batman de Nolan ?
— Ben non, pourquoi ?
— Ce sont des bangers !
— Parle pour toi. Moi je suis plus séries Netflix. On regardait pas mal de séries avec maman le soir.
— Non mais je suis sûr que ces Batman, tu aimerais. Regarde, sur la table basse, ils doivent y être dans une des piles de DVD et Blu-ray que je dois rendre à Quentin. Tu peux y piocher, tu me diras ce que tu en penses.
— On verra, on verra…
Nous laissâmes défiler le film, de plus en plus intrigués par l'histoire mais surtout par la virtuosité du réalisateur, qui maniait le « split screen » et « le plan-séquence » comme personne. Quand tout à coup, le film bascula.
Dans un ascenseur, alors que depuis vingt bonnes minutes nous suivions la quinquagénaire comme étant l'héroïne, cette dernière se fit agresser et tuer à coups de lame de rasoir. A priori la coupable était une femme blonde cachée derrière de grandes lunettes noires.
Ce rebondissement transforma le film en une enquête. Une sorte de thriller, où le fils allait essayer de découvrir ce qui était arrivé à sa mère, usant d'appareils photo cachés, de gadgets d'époque pour traquer la meurtrière.
Mon frère oublia ses études et resta jusqu'au bout.
— Tu vois, un bon film, même vieux, ça vaut tous les cours d'anatomie du monde.
— Tu ne crois pas si bien dire. J'en suis à apprendre par cœur le nom de parties du corps humain. Mais surtout à savoir les replacer et redessiner certaines zones.
Le rebondissement final du film nous scotcha tous les deux. La meurtrière n'était autre que le psychologue lui-même. Victime d'un trouble de la personnalité, il revêtait des habits de femme, se grimait et devenait une sorte de vamp à perruque blonde. Dans une scène, on le découvrit aussi en tenue d'infirmière. Et Michael Caine était tout à fait convaincant.
— Oh mince, je l'avais pas vu venir ça, dis-je. Quel taré ce psychologue !
— Tu ne devrais pas dire ça, Tarek.
— C'est un tueur tout de même.
— Non, une tueuse, me reprit Amir.
— Oui, c'est sa personnalité féminine qui tue, c'est vrai.
— Tu sais, depuis tout petit, je rêve souvent que je suis une fille.
— Oh le cauchemar. Une meuf !
— Arrête de rire. Ce n'est jamais un cauchemar, ce sont même des rêves qui me font du bien.
— Tu veux dire qu'être une femme pourrait te plaire ?
— Oui je pense. À vrai dire, je pense souvent que je ne suis pas né dans le bon corps.
Ce fut un choc pour moi. Je pris cette révélation comme une marque de confiance énorme, mais aussi comme l'aveu d'un grand mal-être que je n'avais jamais décelé. Aussitôt mes pensées fusèrent. Je me remémorai nos années dans la même chambre. Je n'arrivais pas à me souvenir d'un moment où Amir était vraiment épanoui. Je pensais que réussir à l'école était pour lui un accomplissement en soi, mais ce n'était que façade. Annoncer une bonne note, son classement, les félicitations du conseil de classe, n'étaient jamais vraiment marqués par une réelle joie.
À l'inverse, me vint en mémoire son sourire quand j'essayais sur lui des maquillages, des techniques apprises sur des tutos YouTube, et que tout à coup je lui faisais une tête différente, le transformant en cadavre, en zombie, ou même en femme.
Entendre mon frère aborder quelque chose d'aussi intime était important pour moi. Je ne voulais pas gâcher cet instant.
— A notre époque, tout ça peut se changer, si c'est ce que tu veux, vraiment.
— Oui, je suis bien placé, en médecine, pour le savoir. Mais c'est compliqué. Je ne sais pas vraiment si c'est une réalité ou un fantasme.
— Le savoir devrait être une de tes priorités, dis-je finalement. Ça pourrait changer ta vie.
— Je ne sais même pas si je serais une femme lesbienne, ou une femme qui aime les hommes.
— Tu peux être les deux, là encore c'est un choix. T'as jamais eu de copine, ou de copain ?
Sur cette question, Amir se leva et s'empressa d'esquiver.
— On mange quoi ce soir ?
— Y a des restes de ratatouille dans le frigo, on pourrait les mélanger à des spaghetti.
— Va pour des spaghetti !
Et ce soir-là, on prépara le dîner ensemble. Amir se chargea de mettre la table et moi de cuire les pâtes.
Je ne voulais pas laisser mon frère sur l'idée que ce qui comptait dans la vie c'était d'être ou ne pas être gay, d'être ou ne pas être puceau.
— Tu sais frangin, moi, j'aime bien les deux.
— La ratatouille et les spaghetti ? rigola-t-il.
— Non, les femmes et parfois les mecs, idiot.
— Je savais bien que t'étais une vraie esthéticienne ! Un job de pédé !
Le ton de mon frère, la façon de lâcher ça sans en penser une seule syllabe, la honte immédiate que je pus lire sur son visage, nous firent éclater de rire en même temps. Cela détendit l'atmosphère et rendit la suite plus facile.
— Esthéticienne, comédien, maquilleur, acteur, ça c'est ma vie professionnelle, comme maman fait des ménages. Pour ma vie sexuelle, je suis plus dans l'idée de m'autoriser ce qui me plaît, au moment présent, d'expérimenter et de me faire ma propre idée.
— Mais t'as pas une préférence ?
— Je pense que je préfère les femmes. Que j'aime plus leur personnalité. Que si je devais partager ma vie avec quelqu'un, ce serait une femme.
— Voilà, t'es hétéro.
— Ça n'empêche pas que je puisse être excité par un homme, trouver un homme beau, avoir envie de partager une tension érotique avec un mec. Je n'ai pas de dégoût du corps masculin, même si j'aime pas forcément le mien, de corps. Je dirais même que c'est ce qu'on a entre les jambes qui peut me faire fantasmer. Juste cette partie bien spécifique. Je la connais bien, j'ai une bite moi-même. Et je sais quel plaisir elle peut procurer. C'est plus facile d'imaginer partager ça avec un mec plutôt qu'avec une fille.
Amir ne commenta pas. Il semblait perdu, non pas choqué par mes propos, mais dubitatif.
— Bon, je te sers ?
— Euh, oui. Mais pas trop, les glucides pour le repas du soir, c'est pas bon pour nous.
— Parle pour toi. Moi, sur les glucides, je vais ajouter du fromage râpé.
Nous allâmes nous coucher juste après le repas. À croire que nous avions besoin de digérer cette soirée, dans nos chambres respectives. Mais je commençais par une bonne douche, pensant que mon frère, lui, allait rattraper le temps perdu en ouvrant ses bouquins d'anatomie.
Dans ma chambre, j'allumais mon PC portable. Tout ça avait étrangement réveillé une envie de voir des bites en action. Je m'installai donc sur mon lit, couché de profil, en caleçon, mon ordinateur posé sur ma table de chevet, ma petite souris sans fil à côté de moi sur la couette.
Je plaçai mes oreillettes pour m'en servir de casque sans fil, et lançai un appareillage avec le Bluetooth. Mais anormalement, mes oreillettes se connectèrent ailleurs, sur le PC de la chambre de mon frère. Il m'avait emprunté mes écouteurs la veille car les siens étaient tombés en panne, aussi, naturellement l'appareillage se fit sur son PC avant le mien.
Aussitôt je compris ce que j'entendais. Un gémissement caractéristique entrecoupé d'instructions, mon frère regardait un porno, où une femme invitait ses spectateurs à se masturber avec elle.
— Vas-y, montre-moi ton gros gland, disait-elle, en anglais.
Conscient que le son venait de se couper sur le PC de mon frère, et qu'un popup devait lui indiquer ce qu'il se passait, je coupai mes écouteurs le plus vite possible.
Mais le « mal » était fait. Mon frère devait être rouge de honte. Alors que, pourtant, j'avais visiblement eu la même intention masturbatoire. Je décidai alors quelque chose qui, sans notre conversation précédente, aurait été impensable. Je me levai et allai frapper à la porte d'Amir.
— Hé, frangin ? dis-je à travers la porte. Désolé pour cette interruption involontaire de ma part.
Silence de sa part.
— Ne te préoccupe pas pour moi… J'allais moi aussi lancer un porno sur mon PC. À croire qu'on ne peut pas parler sexualité sans nous sentir chauffés à blanc.
Je n'attendais pas de réponse particulière, mais après une minute à attendre, l'oreille très proche de la porte, j'entendis, très doucement, le grésillement du haut-parleur de son PC qui reprenait vie. Je perçus clairement qu'Amir avait relancé la même vidéo.
Je repartis dans ma chambre, assez fier d'avoir dédramatisé ce moment.
En retournant dans mon lit, je me rendis compte que je bandais. Avouer mon intention de me branler à mon frère, même pour l'aider et décoincer une situation un peu honteuse, m'avait troublé, pour ne pas dire excité.
Je savais qu'Amir devait avoir empoigné son sexe. Qu'il devait, au moins en imagination, répondre aux instructions de cette femme. Je baissai mon caleçon et m'installai sur le dos, dans mon lit.
En fermant les yeux, je me souvins de ma première masturbation mutuelle. C'était avec Quentin, l'un de mes amis du conservatoire. Ce dernier m'avait proposé, au retour d'une fête, de lancer un film, en pleine nuit, alors que nos autres colocataires dormaient déjà dans leur chambre.
Le film était Ken Park, un film de Larry Clark, un réalisateur qui avait une réputation assez sulfureuse, proposant des films crus, sur la sexualité de la jeunesse américaine, mais aussi sur leurs blessures, leurs souffrances. Les jeunes héros, souvent skateurs avec boutons d'acné sur le visage, expérimentaient librement leurs fantasmes. Le film en question proposa rapidement une scène où un adolescent, commença à se masturber dans sa chambre, en passant une corde autour du cou, coincée à son loquet, pour éprouver une sensation d'étouffement, sensée accentuer son plaisir.
Le tout, filmé crûment en full frontal, sans réel érotisme, déclencha chez Quentin et chez moi, à la fois une réelle honte et une excitation difficilement maîtrisable. De fil en aiguille, aidés par l'effet de l'alcool non encore dissipé, on commença à nous caresser par-dessus notre jean, essayant au début de cacher notre émoi. Puis lorsque l'acteur éjacula, Quentin, voyant que j'en étais au même point d'excitation que lui, se déshabilla.
Par défi autant que par envie, je fis de même. Dans un premier temps, je pris conscience que je voyais le sexe tendu d'un de mes meilleurs amis. Sa bite était assez courte, mais d'une forme étrangement conique. Très large à la base, puis se réduisant rapidement pour se terminer par un petit gland tout rose. Quentin avait la particularité aussi d'être épilé, ou rasé. Sa bite semblait très dure, tendue à son maximum.
Quentin se mit à m'observer. Ma queue était bien plus longue, autour de seize ou dix-sept centimètres. Elle restait à l'horizontale quand j'étais bien excité, marquée par une légère courbure, comme un petit pont qui se terminait par un gland assez conséquent, gonflé, aux teintes brunes plus que violacées. Ce dernier, toujours apparent car j'étais circoncis, était la zone la plus sensible de mon anatomie.
Sentir le regard de Quentin sur moi me fit prendre conscience du plaisir que ça me procurait.
— Approche-toi, me dit-il.
Je me collai à lui sur le canapé.
— Je peux toucher ? demanda-t-il, toujours fixant mon sexe tendu.
— Et moi ?
Tous deux nous prîmes une position sur le canapé, de manière à pouvoir faire ressortir notre queue, la plus dressée possible, la plus accessible à la main de l'autre.
La sensation de la main de mon ami sur ma tige, alors qu'à l'écran un adolescent léchait la chatte d'une mère de famille aux seins siliconés, fut intense. J'étais parcouru de frissons. Mon gland était extrêmement sensible.
— Crache sur ta main pour me branler, je suis trop sensible, demandai-je.
Quentin décida de laisser couler un filet de salive, directement de sa bouche sur ma bite. De mon gland à mes testicules, je sentais le liquide quelque peu visqueux me recouvrir.
Moi, je crachai dans ma main et empoignai son cône turgescent, titillant du pouce son petit gland que je pouvais recouvrir de son prépuce tout en le masturbant.
— Oh putain, c'est bon, Tarek ! Joue avec ma queue, amuse-toi avec ma peau.
Effectivement, jouer à décalotter puis recouvrir son gland était agréable. Sentir aussi cette différence de circonférence entre sa base et sa tête me plaisait, ce n'était pas du tout comme quand je me branlais.
Me remémorer ce moment, cette masturbation à deux, me rappela qu'Amir, à quelques mètres, avait certainement commencé à se branler. J'essayais d'imaginer sa queue. En lien avec son physique svelte, la douceur de son visage : je pensais qu'elle devait être plus fine et plus courte que la mienne, mais bien dure. À la différence de moi, j'imaginais que sa verge pouvait se dresser à la verticale et venir toucher son ventre musclé, sans aide de sa main.
Désormais mes souvenirs d'avec Quentin se mêlaient à mon imagination. Je n'étais plus seul sur le canapé de la colocation, mais à ma gauche je branlais mon ami, nu, accompagnant de légers mouvements de hanche chacune de mes caresses. Alors qu'à ma droite, je masturbais mon frère, ou plutôt une image fantasmée d'Amir, dont le sexe sortait d'une culotte féminine en dentelle. Amir portait un soutien-gorge assorti à sa culotte, un maquillage léger, fait avec soin et accentuant la finesse de ses traits déjà si féminins.
De mon côté, j'avais la sensation d'être masturbé par leurs deux mains. Je serrai fortement mon sexe, j'essayai de reproduire ce que mon imagination projetait sur mes paupières fermées. Cette masturbation rêvée était exacerbée par la réalité d'un frère dans sa chambre, non loin, qui peut-être pensait aussi à moi en se faisant du bien.
Je pris une bouteille d'huile d'amande douce cachée dans ma table de chevet, et vaporisai le liquide sur l'entièreté de ma bite. Je voulais limiter les frottements, pour faire durer le plaisir. J'utilisais encore mes deux mains. Je poussai sur mes hanches, je contractai mes fesses, projetant mon sexe dans ce fourreau fait de mes deux mains. Comme si je pénétrais un trou, comme si je baisais réellement.
Petit à petit les frottements firent leur effet. Je sentis ma bite durcir encore. J'éprouvai un plaisir intense qui se propageait dans tout mon corps, partant essentiellement de mon gland dès que je le pressai, le frottai contre mes mains, sur mes doigts.
Je me focalisai alors sur mon plaisir grandissant, sur ce point de non-retour qui s'approchait. Je ne pensai plus à mes souvenirs, ni à Amir, juste à la sensation de ma queue, tellement dure, entrant et sortant du fourreau que je lui confectionnais avec mes mains. Et tout à coup, je ne pus plus me contenir. Mes bourses, très sensibles, se contractèrent, et j'expulsai mon orgasme. J'avais recouvert mon gland d'une de mes paumes pour éviter des jets partant dans toute la pièce ou sur ma couette. Je sentis la chaleur de ma semence venir percuter ma main, violemment, avec toute la force de ma jouissance. Tout du long, je ne pus réprimer un gémissement assez fort. Étrangement, en en prenant conscience je n'en avais pas honte.
Amir m'avait peut-être entendu. Certainement.
Et alors ? J'avais presque vingt-et-un ans et lui plus de dix-huit, il était normal, à nos âges, de relâcher la pression accumulée.
Je portai ma main, souillée du liquide épais, blanchâtre, à mon visage et, après avoir humé son odeur forte et acre, j'aspirai mon sperme chaud et l'avalai. Je recueillis aussi les quelques traits qui étaient retombés sur ma tige, sans ma toison pubienne, sur les poils de mon gros ventre pour les nettoyer avec la même méthode. J'aimais le goût fort de ma semence et la sensation que ça laissait jusqu'au fond de ma gorge.
Puis, machinalement, je sortis de ma chambre pour aller reprendre une douche.
Et c'est à ce moment précis que je tombai nez à nez avec Amir. Il avait, lui aussi, eu la même idée de douche. Il était nu, si beau, si svelte, son sexe venait tout juste de débander, encore légèrement gonflé et reposant sur de grosses bourses bien gonflées, son ventre et son torse glabres luisaient de sa transpiration, et ses poils pubiens, fournis et sombres, étaient visiblement souillés de son éjaculation. Il avait placé sa main en cuvette, au-dessous de ses couilles, pour éviter de souiller le parquet.
Je le trouvai si beau que, voyant son mouvement de recul et la frayeur qui commençait à se dessiner sur son visage, je décidai de dédramatiser la chose.
— On est synchrone. C'est rigolo, non ? Je vois que mes gémissements n'ont pas bloqué ton plaisir.
Amir s'arrêta de reculer.
— Euh non.
— Tant mieux. Tu veux passer sous la douche en premier, ou au point où on en est, on y va tous les deux en même temps ?
(À suivre)
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Photo de profil de Justine_
Justine_
8 septembre 2025 à 10:21
L'histoire se met bien en place, cela augure une belle suite!
=D
Justine
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Antoine.Daniel
Antoine.Daniel
7 septembre 2025 à 22:33
Excellente approche avec un vocabulaire très crédible. Hâte de lire la suite.
Soyez respectueux
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