Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Clémence — Chapitre 1 · Vacances de printemps
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Clémence
Chapitre 1 · Vacances de printemps
Introduction : c'est une première pour moi, je ne connais pas vraiment les standards et règles d'écriture, alors soyez indulgent(e)s, mais honnêtes. Bonne lecture à vous.
**********
Clémence tenait le téléphone contre son oreille, le plastique tiède contre sa joue. La voix de Marie, à l'autre bout du fil, était une force de la nature, un courant d'air qui balayait toute hésitation.
— ... Alors, qu'est-ce que tu en dis ? insista Marie. Les parents sont en vacances autour du monde avec leur camping-car, la maison est vide. Juste nous quatre, toi, moi, Aurore et Pauline qui a déjà dit oui. On a besoin de ça, Clémence. Un vrai break. Sans les enfants, sans... Jean.
Clémence jeta un coup d'œil par la fenêtre de la cuisine. Jean était dans le jardin, en train de tenter de débroussailler une vieille haie avec une nonchalance sans pareille. Ses mouvements étaient maladroits, ses épaules un peu affaissées sous le t-shirt simple qu'il portait. Elle sentit une pointe de cette lassitude familière, un mélange d'agacement et de pitié qui s'était installé au fil des années et était devenu son quotidien.
— Je ne sais pas, Marie... Les enfants, la maison...
Ce n'étaient que des paroles, des excuses vides. La vérité, c'était qu'elle n'avait aucune envie de passer plusieurs jours à écouter ses sœurs parler de leurs vies, de leurs amours, de tout ce qui, dans sa propre existence, semblait terne et délavé. Surtout avec Marie, dont la franchise était parfois déroutante.
— Oh, arrête tes chichis ! coupa Marie. Manon et Geoffrey peuvent être gardés par ton petit mari.
Ce surnom condescendant fit tiquer Clémence. C'était injuste, d'une certaine manière. Jean était un bon père, un homme attentionné. Mais... il n'était pas un vraiment homme. Pas aux yeux de Marie, et pas toujours aux siens non plus.
— Il n'est pas mon "petit mari", marmonna-t-elle, sans véritable conviction.
— Peu importe. Il s'en sortira bien. De toute façon, une semaine sans toi, ça lui fera du bien. Peut-être qu'il retrouvera un peu de... comment dire... de mordant.
— Peu importe. Il s'en sortira bien. De toute façon, une semaine sans toi, ça lui fera du bien. Peut-être qu'il retrouvera un peu de... comment dire... de mordant.
Le rire de Marie était cruel. Clémence ferma les yeux une seconde. C'était une idée. Une mauvaise idée, probablement. Une idée qui allait la confronter à tout ce qu'elle fuyait. Mais aussi... peut-être une chance. Une chance de sortir de cette ornière. Pas pour Jean. Pour elle.
Un silence s'installa. Dans le jardin, Jean avait abandonné sa haie et regardait le ciel, les mains sur les hanches, comme s'il cherchait une réponse qui ne viendrait jamais. Un vague désir, flou et indéfinissable, naquit dans le bas-ventre de Clémence. Ce n'était pas du désir pour Jean. C'était le désir de quelque chose d'autre...
Un silence s'installa. Dans le jardin, Jean avait abandonné sa haie et regardait le ciel, les mains sur les hanches, comme s'il cherchait une réponse qui ne viendrait jamais. Un vague désir, flou et indéfinissable, naquit dans le bas-ventre de Clémence. Ce n'était pas du désir pour Jean. C'était le désir de quelque chose d'autre...
— D'accord, dit-elle enfin, sa voix surprenante par sa fermeté. On y va.
À l'autre bout du fil, Marie eut un petit rire triomphant. Excellente décision. Je préviens les autres. Vendredi soir, je passe te chercher.
La communication fut coupée. Clémence reposa le téléphone sur le plan de travail, le cœur battant un peu plus vite que d'habitude. Elle regarda de nouveau par la fenêtre. Il n'avait rien entendu, mais il savait. Il savait toujours. Il sentait les changements d'humeur, les courants invisibles qui traversaient leur maison. Il s'était retourné et lui faisait maintenant face, une attente presque animale dans les yeux, comme un chien qui attend un ordre, n'importe lequel, pourvu qu'il vienne de sa maîtresse.
Clémence sentit le pouvoir, familier et amer, monter en elle. Ce pouvoir qui à la fois la rassurait et l'écœurait. Elle lui fit un simple signe de la main, un geste sec qui signifiait à la fois "continue" et "tu ne m'intéresses pas". Il se détourna, docilement, et reprit son activité du jour.
Elle allait partir. Laisser tout ça derrière elle. Une semaine. Juste une semaine. En descendant dans la cave pour chercher une bouteille de vin pour le dîner, elle se surprit à sourire. Un vrai sourire. Le premier qu'elle s'accordait depuis des mois, peut-être des années. Un sourire qui contenait la promesse d'une tempête.
Elle allait partir. Laisser tout ça derrière elle. Une semaine. Juste une semaine. En descendant dans la cave pour chercher une bouteille de vin pour le dîner, elle se surprit à sourire. Un vrai sourire. Le premier qu'elle s'accordait depuis des mois, peut-être des années. Un sourire qui contenait la promesse d'une tempête.
La semaine qui suivit fut pour Clémence une étrange succession d'automatismes. Elle géra les enfants, prépara les repas, fit les lessives, mais son esprit était ailleurs. Elle regardait Jean avec une espèce de curiosité nouvelle, comme un entomologiste étudierait une espèce familière sous un éclairage inédit. La façon dont il la regardait, avec cette dévotion naturelle qui provoquait en lui une excitation sourde et répréhensible. Elle testait, sans même s'en rendre compte. Un ordre plus sec, un regard plus glacial. Et chaque fois, il réagissait en se ratatinant un peu plus, en avançant ses épaules, en baissant les yeux. C'était une danse subtile qu'ils menaient depuis des années, mais pour la première fois, Clémence en était pleinement consciente. Elle n'était plus seulement une participante passive, elle en était la chorégraphe.
Clémence est une femme plutôt timide, réservée et généreuse. À 35 ans, elle incarne une maturité voluptueuse. Ses 1,64 mètre sont portés avec une assurance tranquille, ses 60 kilos répartis en courbes douces et féminines qui rappellent les vallées verdoyantes de sa Champagne natale.
Sa chevelure est une cascade de boucles sombres, un tapis de soie indisciplinée qui s'arrête juste à ses épaules, encadrant un visage aux traits doux. Ses yeux, d'un gris profond, reflètent une lumière intérieure, un mélange de patience et de frustrations contenues.
Sa poitrine, une opulente offrande de 95D, porte la marque de la gravité avec une noblesse certaine, ses seins pleins et lourds dessinant une silhouette que le temps et la maternité ont sculptée avec générosité. Sous sa taille souple, ses hanches s'évasent.
Sa chevelure est une cascade de boucles sombres, un tapis de soie indisciplinée qui s'arrête juste à ses épaules, encadrant un visage aux traits doux. Ses yeux, d'un gris profond, reflètent une lumière intérieure, un mélange de patience et de frustrations contenues.
Sa poitrine, une opulente offrande de 95D, porte la marque de la gravité avec une noblesse certaine, ses seins pleins et lourds dessinant une silhouette que le temps et la maternité ont sculptée avec générosité. Sous sa taille souple, ses hanches s'évasent.
Le vendredi soir, la sonnette retentit. Les cris joyeux des enfants accueillirent Marie, dont la voix tonitruante résonna dans l'entrée bien avant qu'elle n'apparaisse.
— Alors, où est ma petite sœur ? Prête pour le grand voyage ?
Marie était là, resplendissante, enveloppée dans un parfum de fleur d'oranger et de décision. Elle jeta un coup d'œil circulaire dans la cuisine, son regard balayant Jean, qui s'était figé en essuyant un plat, comme un coupable pris sur le fait. Son sourire s'élargit, une étincelle malicieuse dans le regard.
Marie, l'aînée de 40 ans, occupe et commande l'espace avant même de prononcer un mot. Elle est une sculpture taillée dans le marbre et le feu, une femme dont l'énergie est visible au premier regard. Ses 1,72 mètre pour 60 kilos, font qu'elle est grande, mais elle se dresse avec une fierté qui la fait paraître sûre d'elle.
Son visage est un tableau de caractères forts : des yeux bleus, vifs et perçants comme des saphirs, capables de passer en une seconde de la douceur à une intensité glaciale. Sa bouche est souvent dessinée d'un rouge audacieux, un trait de défi permanent. Ses cheveux, d'un brun profond, sont une chute de soie raide qui encadre son visage, un cadre sombre pour sa lumineuse intensité.
Son corps athlétique et sa poitrine, plus petite que sa jeune sœur reste néanmoins très affirmée. Elle porte les marques de sa vie avec une sorte de noblesse, lourde et naturelle. Ses hanches sont fines, ancrant sa silhouette au sol, lui donnant une démarche assurée et gracieuse.
Son visage est un tableau de caractères forts : des yeux bleus, vifs et perçants comme des saphirs, capables de passer en une seconde de la douceur à une intensité glaciale. Sa bouche est souvent dessinée d'un rouge audacieux, un trait de défi permanent. Ses cheveux, d'un brun profond, sont une chute de soie raide qui encadre son visage, un cadre sombre pour sa lumineuse intensité.
Son corps athlétique et sa poitrine, plus petite que sa jeune sœur reste néanmoins très affirmée. Elle porte les marques de sa vie avec une sorte de noblesse, lourde et naturelle. Ses hanches sont fines, ancrant sa silhouette au sol, lui donnant une démarche assurée et gracieuse.
— Salut... dit-elle simplement.
Clémence sentit son mari se raidir à côté d'elle. Elle ne se tourna pas vers lui. Elle se concentra sur sa valise, posée près de la porte. Elle prit sa veste.
— N'oublie pas de faire les devoirs de Geoffrey, et Manon, le cours de gym demain matin à dix heures, dit-elle à Jean, sa voix plate, neutre, comme si elle s'adressait à une baby-sitter engagée pour la semaine.
— Bien sûr, mon Amour. Ne t'inquiète de rien, répondit-il, le regard déjà fuyant. Il fit un pas vers elle, peut-être pour l'embrasser, comme par habitude, une habitude sociale. Mais Clémence pivota déjà pour suivre sa sœur vers la voiture. Le baiser tomba dans le vide, une promesse non tenue. Jean resta sur le pas de la porte, une silhouette découpée dans la lumière de l'entrée, observant Marie prenant Clémence par l'épaule pour aller jusqu'à leur voiture. Il sentit une bouffée de chaleur au creux de son bassin, la familiarité humiliante de son désir qui s'éveillait face à cette démonstration de force.
— Bien sûr, mon Amour. Ne t'inquiète de rien, répondit-il, le regard déjà fuyant. Il fit un pas vers elle, peut-être pour l'embrasser, comme par habitude, une habitude sociale. Mais Clémence pivota déjà pour suivre sa sœur vers la voiture. Le baiser tomba dans le vide, une promesse non tenue. Jean resta sur le pas de la porte, une silhouette découpée dans la lumière de l'entrée, observant Marie prenant Clémence par l'épaule pour aller jusqu'à leur voiture. Il sentit une bouffée de chaleur au creux de son bassin, la familiarité humiliante de son désir qui s'éveillait face à cette démonstration de force.
Dans la voiture, Pauline et Aurore les attendaient. Des « Oh la la, ma p'tite sœur ! », des bises échangées, un brouhaha de parfums et d'excitation. La route fut une bulle de féminité, une cacophonie de rires, de confidences et de musique pop. Pauline étant aussi la grande sœur de Clémence, et la petite de Marie. Aurore quant à elle est la compagne de Marie depuis sept ans maintenant.
Pauline, à 38 ans, est une version plus lumineuse et peut-être plus accessible de ses sœurs. Si Clémence est la terre et Marie le feu, Pauline est l'or liquide du soleil. Blonde, elle mesure 1,70 mètre et avec Marie une silhouette fine, mais la sienne est d'une nature différente, plus aérienne.
Son visage est doux, avec les mêmes yeux bleus que Marie, mais chez elle, ils sont comme un ciel d'été après la pluie, clairs et accueillants. Ses cheveux, raides et blonds, tombent en une nappe lisse sur ses épaules, captant la lumière et lui donnant une aura presque angélique.
Son corps est une harmonie de courbes douces. Sa poitrine, semblable en taille à celle de Marie, est néanmoins différente dans sa forme, portée avec une forme de légèreté. Elle est féminine sans être ostentatoire, une beauté qui se révèle progressivement, comme une fleur qui s'ouvre au soleil.
Son visage est doux, avec les mêmes yeux bleus que Marie, mais chez elle, ils sont comme un ciel d'été après la pluie, clairs et accueillants. Ses cheveux, raides et blonds, tombent en une nappe lisse sur ses épaules, captant la lumière et lui donnant une aura presque angélique.
Son corps est une harmonie de courbes douces. Sa poitrine, semblable en taille à celle de Marie, est néanmoins différente dans sa forme, portée avec une forme de légèreté. Elle est féminine sans être ostentatoire, une beauté qui se révèle progressivement, comme une fleur qui s'ouvre au soleil.
Aurore est une douce opposée à l'intensité de sa femme. Elle est une présence chaleureuse, une enveloppe de confort et de tendresse dans l'univers Marie. Petite, avec une silhouette généreuse et des formes douces, elle est comme une statue de cire blonde, prête à fondre sous une chaleur aimante.
Son visage est rond et souriant, avec des yeux malicieux qui pétillent d'une intelligence calme. Ses cheveux, d'un blond clair, sont souvent retenus en une queue-de-cheval lâche, des mèches s'échappant pour caresser ses joues.
Son corps est une invitation à la tendresse. Enveloppée dans ses formes, elle porte sa générosité avec une sorte d'innocence sensuelle. Ses seins, sa peau douce, ses cuisses larges sont des terres d'accueil, des promesses de confort et de chaleur.
Son visage est rond et souriant, avec des yeux malicieux qui pétillent d'une intelligence calme. Ses cheveux, d'un blond clair, sont souvent retenus en une queue-de-cheval lâche, des mèches s'échappant pour caresser ses joues.
Son corps est une invitation à la tendresse. Enveloppée dans ses formes, elle porte sa générosité avec une sorte d'innocence sensuelle. Ses seins, sa peau douce, ses cuisses larges sont des terres d'accueil, des promesses de confort et de chaleur.
Clémence laissa le flot l'emporter, ne participant que peu, observant. Pauline, avec sa grâce blonde un peu fade, ses soupirs sur son dernier rendez-vous raté. Aurore, discrète et attentive, le regard souvent posé sur Marie avec une tendresse silencieuse. Et Marie, au volant, conduisant comme elle vivait, avec une assurance agressive, menant la danse, le centre de gravité incontesté de leur petit monde.
La maison de campagne apparut enfin au détour d'un chemin de terre, éclairé par les pleins phares. Une vieille ferme en pierre, massive et endormie. Le vent soufflait dans les peupliers, un murmure qui semblait venir d'un autre temps.
La maison de campagne apparut enfin au détour d'un chemin de terre, éclairé par les pleins phares. Une vieille ferme en pierre, massive et endormie. Le vent soufflait dans les peupliers, un murmure qui semblait venir d'un autre temps.
— Ici, la terre des possibles, lança Marie en coupant le contact. Le silence qui suivit fut soudain, profond, presque religieux. Les quatre femmes sortirent de la voiture, respirant l'air frais et vif. Aucune lumière ne perçait la nuit, à part les étoiles, incroyablement nombreuses et brillantes.
À l'intérieur, l'odeur de pierre froide et de bois cédait la place à celle des souvenirs d'enfance. Marie alluma une grande lampe sur pied qui projeta des ombres dansantes sur les murs épais.
À peine arrivées, Marie décida de servir un verra à tout le monde. Pauline et Aurore s'assirent dans les vieux fauteuils en cuir du salon.
— Alors, la Clémence, commença Pauline, sa voix un peu mièvre, comment ça va, pour de vrai ? Tu as l'air fatiguée.
Clémence sentit Marie lui jeter un regard perçant. Le verre dans sa main se refroidissait. Elle but une gorgée de vin qui fit frémir ses papilles.
— Oh, vous savez... dit-elle d'une voix vague. Les enfants, le travail... la routine.
— Et Jean ? insista Pauline, sans méchanceté apparente, juste avec une curiosité de sœur qui ne connaissait pas les codes. Il va bien ?
— Jean... c'est Jean, répondit Clémence, une phrase qui disait tout et rien à la fois.
— Et Jean ? insista Pauline, sans méchanceté apparente, juste avec une curiosité de sœur qui ne connaissait pas les codes. Il va bien ?
— Jean... c'est Jean, répondit Clémence, une phrase qui disait tout et rien à la fois.
Elle sentit le regard de Marie se poser sur elle, un regard qui était une question, un défi. Marie savait. Bien sûr qu'elle savait. Il y avait eu des conversations, des soirées où le vin et la fatigue avaient fait tomber les masques. Des confidences arrachées, des silences lourds de sens. Marie n'avait jamais jugé, elle avait seulement écouté, avec cette intensité qui forçait à se dévoiler.
Marie se leva, s'approcha du vieux buffet en chêne et en sortit une autre bouteille.
— Laissons les petits maris tranquilles pour ce soir, dit-elle, sa voix coupant court à toute tentative de plongée plus profonde. On est là pour se changer les idées.
Le vin coula de nouveau. La conversation dériva, s'allégea. Elles parlèrent de leur jeunesse, de ces garçons idiots, de cette prof de maths complètement à la masse. Des rires éclatèrent, libérateurs. Aurore, assise aux pieds de Marie sur le tapis usé, raconta une anecdote sur leur premier voyage ensemble, et Marie lui passa la main dans les cheveux avec une tendresse qui adoucit instantanément ses traits. Pauline se plaignit de son célibat. Clémence écoutait, un sourire accroché aux lèvres, se sentant à la fois incluse et distante. Elle était une actrice dans une pièce dont elle avait oublié le début.
— Allez, les mémés ! lança Marie en se levant brusquement. Elle brancha son téléphone sur une petite enceinte portable. Un rythme pop entraînant, un peu démodé, emplit la grande pièce. On n'est pas en veillée funéraire. On danse !
Sans attendre de réponse, elle commença à bouger, ses hanches oscillant avec une aisance naturelle, ses bras levés au-dessus de sa tête. C'était un spectacle, une offrande. Aurore la suivit immédiatement, plus timide, ses mouvements plus doux, ses yeux rivés sur Marie. Pauline, après un instant d'hésitation, se laissa entraîner, un rire un peu forcé lui échappant.
Tous les regards se tournèrent vers Clémence. Elle resta assise, son verre de vin à la main.
— Allez, ma petite sœur, la pressa Marie, s'approchant d'elle et lui tendant la main.
Marie tenait toujours sa main, son étreinte chaude et ferme sur la peau de Clémence.
— Viens, répéta-t-elle, plus doucement cette fois. Juste une danse.
Lentement, Clémence se laissa tirer de son fauteuil. Elle portait une simple robe noire en jersey, assez ample pour être confortable, mais qui épousait ses formes quand elle bougeait. Sous la robe, des collants fins noirs mats, et une paire de bottes légères qu'elle avait retirées en arrivant. Ses cheveux bouclés, libérés, rebondissaient sur ses épaules. Elle se sentit exposée, observée, mais aussi étrangement vivante. Le vin coulait dans ses veines, lui donnant un courage qui n'était pas vraiment le sien.
Marie ne la lâcha pas. Elle la guida au centre de la pièce, la forçant doucement à suivre le rythme. Au début, les mouvements de Clémence étaient raides, malhabiles.
Pauline, dans une robe en lin beige qui flottait autour de ses genoux, tournait sur elle-même avec une grâce remplie d'ivresse. Ses collants étaient opaques, couleur marron. Aurore, elle, portait un pull en cachemire rose pâle tombant sur une jupe en jean courte et fine. Ses collants noirs mettaient en valeur ses jambes potelées. Marie, toujours en meneuse, arborait un tailleur bleu avec des collants noirs et un chemisier. Ses pieds nus glissaient sur le parquet usé.
La musique changea, passant à sur un tempo plus lent, presque sensuel. La lumière tamisée de la lampe en laiton semblait se liquéfier, coulant sur leurs corps en mouvement. L'atmosphère se densifia, la charge électrique devint palpable.
La musique changea, passant à sur un tempo plus lent, presque sensuel. La lumière tamisée de la lampe en laiton semblait se liquéfier, coulant sur leurs corps en mouvement. L'atmosphère se densifia, la charge électrique devint palpable.
— Tu te souviens, Clem ? dit Pauline, sa voix un peu chantante. Tu te souviens de ce gala de fac ? Avec ce mec... Comment il s'appelait déjà ? Thomas, je crois. Il ne te lâchait pas.
Clémence sursauta. Thomas. Elle n'y avait pas pensé depuis des années. Un étudiant en droit, arrogant, avec des mains qui se posaient un peu trop bas dans son dos. Elle s'était sentie piégée, flattée et mal à l'aise à la fois.
— Il était bien mignon, continua Pauline, l'air rêveur. Il avait une... assurance.
Marie, qui dansait à quelques pas d'elle avec Aurore, eut un petit rire sec.
— L'assurance, c'est pas tout. Y faut savoir s'en servir.
Ses yeux rencontrèrent ceux de Clémence. Un courant passa. C'était ça. Le cœur du problème. Ou du moins, l'une de ses artères bouchées.
Aurore serra un peu plus fort la taille de Marie, cachant son visage dans son cou, mais Clémence vit ses oreilles rougir. Pauline sourit tout en dansant et dit :
— Oh, Marie, arrête. Tu vas la faire fuir.
Mais Clémence ne s'enfuyait pas. Elle était immobile, le cœur battant contre ses côtes.
— Et toi, Aurore ? demanda Clémence, sa voix à peine un murmure. Le son lui parut étranger, comme s'il venait de quelqu'un d'autre.
Aurore releva la tête, surprise.
— Moi ?
— Oui. Toi, ça... ça va bien ?
— Oui. Toi, ça... ça va bien ?
La question était directe. Elle surprit tout le monde, y compris Marie elle-même, qui la dévisagea avec une curiosité nouvelle.
Aurore hésita, ses joues encore plus rouges. Elle regarda Marie, qui lui fit un petit signe de tête encourageant.
Aurore hésita, ses joues encore plus rouges. Elle regarda Marie, qui lui fit un petit signe de tête encourageant.
— Ben... oui, souffla Aurore. Très bien. Marie... elle prend soin de moi.
— Elle prend soin de toi ? insista doucement Clémence, attirée par cette phrase, par ce qu'elle pouvait cacher.
— Elle prend soin de toi ? insista doucement Clémence, attirée par cette phrase, par ce qu'elle pouvait cacher.
Aurore ferma les yeux une seconde, comme pour trouver les mots.
— Oui. Elle... elle sait ce que je veux. Même quand je ne le sais pas moi-même. Elle... elle me lit.
Marie enlaça Aurore par derrière, son menton posé sur son épaule.
— C'est facile, dit-elle, son regard toujours fixé sur Clémence. Il suffit d'écouter. Pas juste les mots. Le corps, il parle tout le temps. Il crie même, la plupart du temps. Faut juste avoir les oreilles pour entendre.
Clémence sentit une vague de chaleur monter de ses pieds jusqu'à son visage. C'était ça. La pièce manquante du puzzle. Elle n'avait jamais écouté le corps de Jean. Pas vraiment. Elle l'avait jugé. Elle l'avait rejeté. Et il avait répondu à ce rejet en se refermant davantage, en se soumettant. C'était un cercle vicieux. Et lui, dans sa soumission, y trouvait une forme de plaisir pervers, une justification de sa propre honte.
— Il n'y a rien de mal à avoir besoin d'être guidée, dit Pauline, qui avait retrouvé un peu de sa contenance. Elle se resserra dans sa robe de lin, comme si elle cherchait du réconfort dans le tissu. Parfois, c'est... plus simple.
— Un dernier verre, décida Marie... Et on va au lit. Demain, on a une grosse journée devant nous. Profitez de notre premier jour de vacances !
— Un dernier verre, décida Marie... Et on va au lit. Demain, on a une grosse journée devant nous. Profitez de notre premier jour de vacances !
Elle alla chercher une troisième bouteille. Le rituel du service, le cliquetis des verres, tout était bon dans ce moment-là.
— Il y a eu un temps, dit soudain Pauline, sa voix étouffée par l'alcool, où je sortais avec un gars... Il était... dominateur. Pas méchant, mais... Il me disait quoi faire. Même au lit. Au début, ça m'a plu. Après... j'ai eu l'impression d'avoir perdu le contrôle. De ne plus être moi.
— C'est pas perdre le contrôle, corrigea Marie, lui tendant un verre plein. C'est en donner. Ça change tout. Et Jean, Clémence ?
— C'est pas perdre le contrôle, corrigea Marie, lui tendant un verre plein. C'est en donner. Ça change tout. Et Jean, Clémence ?
Le nom, prononcé de but en blanc, fit l'effet d'une bombe. Clémence sentit son corps se raidir. Elle buvait son verre d'une traite, le vin lui brûlant la gorge.
— Jean est... Jean, répéta-t-elle, cette fois avec une lassitude infinie.
Marie se pencha vers elle, si près que Clémence put sentir le parfum de sa peau, voir les petites rides au coin de ses yeux.
— Non. Jean est ce que tu lui permets d'être. Un homme n'est qu'un reflet du désir de la femme qui est en face de lui. S'il se soumet, c'est parce que, inconsciemment ou pas, tu l'y as poussé. C'est plus facile pour toi. Pas de prise de risque. Pas de déception. Tu le contrôles, comme tu contrôles les lessives et les devoirs des enfants.
Les mots de Marie étaient des couteaux. Précis, chirurgicaux. Ils coupaient à vif, exposant une vérité que Clémence refusait de voir depuis seize ans. Elle se sentit défaillir, non pas de tristesse, mais d'une colère froide, soudaine. Une colère contre Marie, contre Jean, mais surtout contre elle-même.
— Tu n'es qu'une bonne à tout faire frustrer, Clémence, continua Marie, sa voix presque un murmure maintenant. Une reine dans son royaume de poussière. Mais le soir, dans ta chambre, tu n'es rien. Parce que tu as peur. Tu as peur de voir ce qu'il y a derrière le mur que tu as toi-même construit.
Clémence se leva, son verre presque tombant de sa main tremblante.
— Arrête, dit-elle, sa voix étranglée. Tu ne sais rien.
Pauline et Aurore étaient devenues invisibles, réduites à des silhouettes gênées au fond du salon. Le monde s'était rétréci à ces deux femmes, l'une debout, frémissante de rage, l'autre assise, calme, triomphante.
— Je sais tout, répondit doucement Marie. Je te vois. Pour la première fois depuis des années, je te vois vraiment. Et je te dis qu'il est temps de te réveiller. Avant qu'il ne soit trop tard.
Clémence ne répondit pas. Elle pivota sur ses talons et quitta la pièce, remontant l'escalier en bois qui grinçait sous ses pas. Dans la vieille chambre d'enfant qu'elle occupait, elle ferma la porte à clef. Elle se déshabilla rapidement, la robe noire glissant sur le plancher froid. Nue, elle alla se regarder dans la grande glace poussiéreuse qui penchait contre le mur.
Elle vit une femme de 35 ans. Une femme au corps marqué par les grossesses, à la poitrine généreuse et un peu tombante, au pubis touffu. Elle vit la fatigue dans le creux de ses yeux, la frustration dans le pli de sa bouche. Mais elle vit autre chose aussi. Une étincelle. Une flamme que Marie venait de ranimer. Elle passa ses mains sur ses hanches, sentit la chaleur de sa propre peau. Pauline arrive et frappe à la porte. Elle demande à rentrer. Sa voix est douce, presque suppliante.
Elle vit une femme de 35 ans. Une femme au corps marqué par les grossesses, à la poitrine généreuse et un peu tombante, au pubis touffu. Elle vit la fatigue dans le creux de ses yeux, la frustration dans le pli de sa bouche. Mais elle vit autre chose aussi. Une étincelle. Une flamme que Marie venait de ranimer. Elle passa ses mains sur ses hanches, sentit la chaleur de sa propre peau. Pauline arrive et frappe à la porte. Elle demande à rentrer. Sa voix est douce, presque suppliante.
— Clémence ? Ça va ? Laisse-moi entrer, s'il te plaît.
Clémence hésita. Le dernier homme qu'elle avait désiré avant Jean était Thomas, ce mec du gala dont parlait Pauline. Elle se souvenait de la façon dont sa main s'était fermée sur sa nuque, l'obligeant à lever la tête. Elle se souvenait de la peur et de l'excitation mêlées. Jean ne lui avait jamais donné ça. Jamais.
Elle alla ouvrir la porte, laissant entrer sa sœur. Pauline la regarda, son visage empreint de compassion. Elle tenait une tasse de tisane à la main. Clémence avait enfilé rapidement un t-shirt et une culotte.
Elle alla ouvrir la porte, laissant entrer sa sœur. Pauline la regarda, son visage empreint de compassion. Elle tenait une tasse de tisane à la main. Clémence avait enfilé rapidement un t-shirt et une culotte.
— Marie... elle peut être cruelle, dit-elle. Elle ne pense pas toujours ce qu'elle dit. Elle veut... choquer. C'est sa façon d'aider.
Clémence accepta la tasse, la chaleur de la porcelaine réchauffant ses mains froides. Elle ne dit rien.
— Tu sais, continua Pauline, s'asseyant sur le lit, ce que j'ai dit sur mon ex... C'est pas tout à fait la vérité. J'ai pas quitté parce qu'il était trop dominateur. Je l'ai quitté parce que j'en suis devenue dépendante. Quand il n'était plus là, je ne savais plus comment décider. Quoi manger. Quelle chaussure mettre. C'est... terrifiant.
Pauline rougit. Elle baissa les yeux, fixant la tasse entre ses mains.
— C'était... intense. Il avait des... des fantasmes. Il aimait que je sois... soumise. Qu'il me donne des ordres
Clémence et Pauline s'assirent sur le lit.
— Des ordres ? demanda Clémence, sa voix curieuse.
— Oui. Rien de méchant, au début. Mettre telle robe. Pas de sous-vêtement. Après... c'est devenu plus... physique. Il voulait me fesser. Pas fort. Juste... la marque de sa main sur ma cuisse. Le bruit. La chaleur...
— Oui. Rien de méchant, au début. Mettre telle robe. Pas de sous-vêtement. Après... c'est devenu plus... physique. Il voulait me fesser. Pas fort. Juste... la marque de sa main sur ma cuisse. Le bruit. La chaleur...
Pauline se tut, visiblement embarrassée par sa propre confession.
Ça me... m'excitait. Je me sentais... coupable. Mais vivante. C'est pour ça que j'ai fui. J'avais peur de qui j'étais en train de devenir.
Clémence se sentit un frisson la parcourir. Elle imagina la main d'un homme sur sa peau, non pas la caresse timide de Jean, mais une gifle franche, possessive. L'idée était à la fois répugnante et profondément troublante. Elle sentit ses seins se raidir sous le fin tissu de sa chemise de nuit, une sensation à moitié oubliée.
— Et maintenant ? murmura-t-elle.
— Maintenant, je sors avec des mecs "normaux", dit Pauline avec un rire triste. Des mecs qui me demandent la permission. C'est rassurant. Et ennuyeux à en mourir.
— Maintenant, je sors avec des mecs "normaux", dit Pauline avec un rire triste. Des mecs qui me demandent la permission. C'est rassurant. Et ennuyeux à en mourir.
Le silence s'installa de nouveau, mais cette fois, il n'était plus lourd. Il était partagé.
— Et Jean ? dit Pauline, plus doucement encore. Il... te satisfait ?
La question, directe, crue, était posée. Il n'y avait plus d'échappatoire.
— Non, souffla Clémence, le mot lui arrachait la gorge comme un secret trop longtemps gardé. Le dire était un soulagement et une défaite. Il ne m'a jamais satisfaite.
Elle attendit le jugement, la pitié. Il n'y en eut pas.
— Je sais, dit simplement Pauline.
Clémence la regarda, surprise.
— Comment ?
— Marie me l'a dit, répondit Pauline. Pas tout. Mais assez. Elle s'inquiète pour toi.
— Marie me l'a dit, répondit Pauline. Pas tout. Mais assez. Elle s'inquiète pour toi.
L'image de Jean, dans le jardin, sa démarche maladroite, sa posture soumise, lui revint en mémoire. La honte qu'il ressentait. Et la sienne. Sa propre honte de ne jamais avoir osé aborder le sujet, de s'être résignée, de s'être inventé une asexualité de façade pour ne pas affronter la réalité.
À 38 ans, il était un homme dont la beauté ne sautait pas aux yeux, mais se révélait dans la constance.
Sa silhouette de 1,80 mètre était fine, sans être faible. Il n'avait pas la carrure d'un homme qu'on regarde sans le vouloir, mais celle d'un homme fin et sportif. Ses 70 kilos étaient répartis avec élégance, lui donnant une allure de jeune, malgré les premières lignes de patience qui marquaient le coin de ses yeux.
Sa silhouette de 1,80 mètre était fine, sans être faible. Il n'avait pas la carrure d'un homme qu'on regarde sans le vouloir, mais celle d'un homme fin et sportif. Ses 70 kilos étaient répartis avec élégance, lui donnant une allure de jeune, malgré les premières lignes de patience qui marquaient le coin de ses yeux.
Son visage était doux, avec ces yeux marron clair qui exprimaient une profonde gentillesse, une sorte d'inquiétude bienveillante pour le monde et pour Clémence. Ses cheveux, toujours coupés court, étaient d'un brun sans prétention, fidèles à sa nature. Il était, dans sa simplicité, un homme bon.
— Il est... petit, au niveau de ... son ... sa ... enfin tu vois, dit Clémence, sa voix à peine audible. Et il est... rapide. Très rapide.
Pauline regarda Clémence et elles explosèrent de rire. Elle posa sa main sur celle de sa sœur, un simple geste de solidarité.
— Et toi ? demanda Pauline. Tu as des fantasmes ?
Clémence secoua la tête.
— Je ne crois pas. Je crois que je suis... enfin tu vois ... pas branchée du tout ... sexe.
— Non, dit Pauline avec une fermeté qui surprit Clémence. Tu n'es comme ça. Tu as juste peur. Peur de décevoir. Peur de demander. Peur de voir ce que tu veux vraiment. Mon ex... il disait que toutes les femmes ont un loup en elles. Il suffit de trouver la bonne clé pour ouvrir la cage. Peut-être que la clé de Jean n'est pas la bonne.
— Non, dit Pauline avec une fermeté qui surprit Clémence. Tu n'es comme ça. Tu as juste peur. Peur de décevoir. Peur de demander. Peur de voir ce que tu veux vraiment. Mon ex... il disait que toutes les femmes ont un loup en elles. Il suffit de trouver la bonne clé pour ouvrir la cage. Peut-être que la clé de Jean n'est pas la bonne.
Clémence sentit les larmes monter. Des larmes de colère, de frustration, de libération. Elle ne les laissa pas couler.
— Mais... commença-t-elle.
— Il n'y a pas de "mais", coupa Pauline. Il y a toi. Il y a ton désir. Et il est temps que tu commences à écouter ce qu'il te dit. Même s'il te dit des choses qui te font peur.
— Il n'y a pas de "mais", coupa Pauline. Il y a toi. Il y a ton désir. Et il est temps que tu commences à écouter ce qu'il te dit. Même s'il te dit des choses qui te font peur.
Pauline se glissa sous le drap du lit et fit un signe de tête pour que Clémence s'approche.
— Viens, on peut se coucher ensemble comme quand on était petites, dit-elle. Le sourire de Pauline était tendre, sans jugement. Clémence hésita, puis céda. Elle glissa sous les couvertures à côté de sa sœur. Le contact de leur peau, la chaleur de leur corps, était réconfortant.
— Tu te souviens ? murmura Pauline dans le noir. On se racontait des secrets. On se jurait qu'on se marierait avec un prince charmant.
— Le mien n'est pas très charmant, dit Clémence, un rire lui échappant.
— Peut-être que tu ne cherches pas au bon endroit, répondit Pauline. Peut-être que ton prince charmant... c'est toi.
— Tu te souviens ? murmura Pauline dans le noir. On se racontait des secrets. On se jurait qu'on se marierait avec un prince charmant.
— Le mien n'est pas très charmant, dit Clémence, un rire lui échappant.
— Peut-être que tu ne cherches pas au bon endroit, répondit Pauline. Peut-être que ton prince charmant... c'est toi.
Clémence ne répondit pas. Elle ferma les yeux, le corps de sa sœur contre le sien. Pour la première fois depuis des années, elle ne se sentit pas seule. Elle se sentit comprise. Et pour la première fois, elle se demanda si ce que Marie avait dit n'était pas, au fond, la plus pure des vérités.
Pauline se met dans le dos de Clémence et la serre dans ses bras tout en lui parlant.
Pauline se met dans le dos de Clémence et la serre dans ses bras tout en lui parlant.
— Il faut que tu te lâches, Clémence. Pour toi. Il faut que tu trouves ce qui te plaît vraiment.
— Je ne sais pas ce qui me plaît, murmura Clémence, sa voix étouffée par l'oreiller.
— Alors, cherche, dit Pauline. Essaie. Regarde des films. Lis des livres. Parles-en. Regarde-toi dans la glace. Touche-toi. Apprends à connaître ton propre corps. Sans la peur du jugement. Sans la peur de décevoir. Juste toi.
— Je ne sais pas ce qui me plaît, murmura Clémence, sa voix étouffée par l'oreiller.
— Alors, cherche, dit Pauline. Essaie. Regarde des films. Lis des livres. Parles-en. Regarde-toi dans la glace. Touche-toi. Apprends à connaître ton propre corps. Sans la peur du jugement. Sans la peur de décevoir. Juste toi.
Les mains de Pauline se posèrent sur les hanches de Clémence. Clémence sentit un frisson la parcourir. Ce n'était pas un frisson de désir, pas encore. C'était un frisson de reconnaissance. Le frisson de la vérité.
— Regarde-moi, dit doucement Pauline.
Clémence se retourna. Dans la pénombre de la chambre, elle pouvait voir le visage de sa sœur, ses yeux brillants. Les mains de Pauline quittèrent les hanches de Clémence pour remonter lentement le long de son torse, s'arrêtant juste en dessous de ses seins.
— Tu es belle, Clémence, murmura Pauline. Ton corps est beau. Il a porté la vie. Il a du désir, même si tu l'as oublié. Il suffit de l'écouter.
Le cœur de Clémence battait si fort qu'elle avait l'impression que Pauline pouvait l'entendre. C'était étrange, intime, presque sexuel. C'était une leçon. Une leçon donnée par une sœur à une sœur.
— Je vais te montrer, dit Pauline, sa voix à peine un souffle. Ferme les yeux.
Clémence obéit. Elle sentit la main de Pauline quitter son corps. Un instant plus tard, elle entendit un son familier, un murmure mouillé et étouffé. Pauline se masturbait. À côté d'elle. Sans honte. Sans pudeur.
Clémence resta immobile, la respiration bloquée. Elle entendait le souffle de sa sœur devenir plus court, plus haletant. Elle entendait le petit bruit humide de ses doigts se déplaçant sur sa propre chair. Elle sentit la chaleur du corps de Pauline augmenter. Et elle sentit, au creux de son propre ventre, une réponse. Une chaleur qui se propageait, un picotement qui se diffusait dans ses cuisses.
— Tu vois ? souffla Pauline. C'est ça. C'est la vie. C'est le désir. Ce n'est pas sale. Ce n'est pas honteux. C'est juste... nous.
Pauline remonta sa main mouillée et la porta au nez de Clémence. L'odeur était douce, salée, légèrement acide. C'était l'odeur d'une femme excitée. C'était une odeur que Clémence ne sentait que très rarement, sur elle-même, dans le secret de la salle de bain, et toujours avec un sentiment de culpabilité.
— Respire, dit Pauline. C'est l'odeur du plaisir. C'est ton odeur aussi.
Clémence inspira profondément. L'odeur emplit ses poumons, son esprit. Et quelque chose se débloqua en elle. Une digue qui cédait. Des années de frustrations, de non-dits, de renoncements.
La main de Pauline quitta son visage et descendit, passant par-dessus le ventre de Clémence. Sa main était chaude et humide. Elle s'arrêta sur la fine couture de la culotte de Clémence, juste au-dessus de son sexe.
La main de Pauline quitta son visage et descendit, passant par-dessus le ventre de Clémence. Sa main était chaude et humide. Elle s'arrêta sur la fine couture de la culotte de Clémence, juste au-dessus de son sexe.
— Laisse-toi aller, murmura Pauline.
Clémence sentit les doigts de sa sœur appuyer doucement. Une vague de chaleur la submergea, si intense qu'elle eut envie de reculer. Mais elle ne le fit pas. Elle resta immobile, les yeux fermés, et elle sentit pour la première fois depuis des années une vraie flamme de désir s'allumer en elle.
Le contact était léger, explorateur. Les doigts de Pauline ne cherchaient pas à pénétrer, juste à réveiller. Ils dessinaient de lents cercles sur le tissu de sa culotte, et Clémence sentait chaque fibre, chaque point de pression. La chaleur devenait pression, une douleur douce qui montait. Elle sentit ses hanches se soulever d'eux-mêmes, une offrande silencieuse.
Le contact était léger, explorateur. Les doigts de Pauline ne cherchaient pas à pénétrer, juste à réveiller. Ils dessinaient de lents cercles sur le tissu de sa culotte, et Clémence sentait chaque fibre, chaque point de pression. La chaleur devenait pression, une douleur douce qui montait. Elle sentit ses hanches se soulever d'eux-mêmes, une offrande silencieuse.
— C'est ça, souffla Pauline dans son cou. Ne pense à rien. Juste à ça. À ce que tu ressens.
L'odeur de l'excitation de sa sœur flottait encore entre elles, se mêlant à la sienne qui commençait à poindre. C'était un parfum de liberté, de rébellion. Jean était dans une autre galaxie. Les enfants aussi. Il n'y avait que ce lit, ce corps, cette main qui lui apprenait à nouveau à parler.
Pauline ajusta sa position, son corps se collant davantage à Clémence. Ses genoux se glissèrent entre ceux de sa sœur, l'obligeant à écarter les jambes. La posture était indécente, abandonnée. Clémence se sentit vulnérable, puissante. Les doigts de Pauline se firent plus insistants, appuyant sur la petite protubérance de son clitoris à travers le tissu mouillé. Clémence laissa échapper un gémissement, un son qu'elle ne reconnaissait pas. Un son animal, venant du plus profond d'elle.
Pauline prit cela pour un encouragement. Elle écarta la couture de la culotte et sa main glissa à l'intérieur. La première fois que des doigts autres que les siens ou ceux maladroits de Jean touchaient sa chair depuis des années. C'était un choc. Une décharge électrique. Les doigts de Pauline étaient plus fins que les siens, plus assurés. Ils la connurent immédiatement, trouvèrent le point sensible sans hésitation.
Clémence se crispa, son corps entier se tendant comme un arc.
— Chut, murmura Pauline. Laisse-toi aller. Fais-moi confiance.
Elle se mit à la masturber avec une lenteur méthodique, presque cruelle. Chaque mouvement était calculé pour la faire monter un peu plus haut, pour la tenir au bord du précipice sans jamais la laisser tomber. Clémence perdait pied. Le monde extérieur disparaissait, remplacé par les sensations que son corps lui envoyait. La main de Pauline sur son sexe, son souffle chaud dans son cou, la pression de ses genoux entre ses cuisses. La sensation de ses poils collés par son excitation.
Elle sentit le picotement devenir une onde, qui grandissait, grandissait, emplissant son bassin, son ventre, sa poitrine. C'était un tsunami. Elle voulait le retenir, en avoir peur. C'était si puissant, si incontrôlable.
— Non... gémit-elle.
— N'aie pas peur, souffla Pauline, sa voix une ancre dans la tempête. C'est à toi. Prends-le.
— N'aie pas peur, souffla Pauline, sa voix une ancre dans la tempête. C'est à toi. Prends-le.
Elle accéléra le rythme de ses doigts, un mouvement ferme et circulaire qui fut le déclic. L'onde devint vague, et la vague la submergea. Clémence hurla, un cri de surprise et de soulagement, son corps se tordant dans un spasme intense. Son vagin se serra autour des doigts de Pauline dans des pulsations irrépressibles. Ce fut un orgasme. Un vrai. Un qui la déchira de l'intérieur et la reconstitua, différente, changée.
Quand elle revint à elle, elle était trempée de sueur, le cœur battant la chamade. Pauline avait retiré sa main, mais la gardait toujours dans ses bras, la berçant doucement.
— Tu vois ? dit doucement Pauline. Tu n'es pas cassée. Tu dormais juste.
Clémence se retourna pour faire face à sa sœur. Elle passa sa main dans les cheveux de Pauline, puis l'attira vers elle et l'embrassa. Ce n'était pas un baiser de sœur. C'était un baiser de reconnaissance. Leurs lèvres s'entrouvrirent, et Clémence sentit la saveur de sa propre excitation sur la langue de Pauline. C'était intime, et pour une fois, ce n'était pas gênant. C'était juste vrai.
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Commentaires ()
Vivement la suite
Vous n'avez nul besoin d'indulgence votre narration est super et très excitante, toute en douceur qui plus est, tout ce que j'aime.
J'ai vraiment hâte de lire la suite
Le début de l'éveil (plus que du réveil) de Clémence.