., étudiant : Aucun étudiant sain d’esprit ne se prostitue par plaisir.
septembre 2008, par Claudine Legardinier
T. a connu le trottoir il y a quatre ans. Puis la prostitution à domicile. Il avait 18 ans. Cette expérience a été cruciale pour lui, on peut même dire traumatisante. Il nous a contactés pour témoigner, avec hésitation d’abord, rage ensuite, envie de tout arrêter pour finir. Dire n’est pas facile. Même dans l’anonymat. T. en est l’exemple vivant et torturé. Notre échange s’est fait par courriels, T. refusant l’entretien en tête à tête. Nous en publions ci-dessous quelques extraits.
Vous dites que la prostitution étudiante est la pire des prostitutions.
Parce que généralement quand on le fait, on est très jeune. Moi j’ai subi un rejet familial. Ce rejet a tué ma confiance en moi, en les autres. Je me suis alors réfugié dans une grande naïveté, je voyais un peu la prostitution comme un tableau de Toulouse Lautrec. Seulement, la réalité est tout autre ... En fait, on est juste acculé financièrement et on ne sait plus quoi faire pour que la situation s’arrange. Il y a tout un tas de raisons qui poussent à cet extrême. Pendant longtemps, j’ai cru que j’étais un mauvais gars, autodestructeur et zonard. C’est le même principe que pour la drogue : on veut évincer la drogue de sa vie, mais on est si mal dans sa peau qu’on y pense ; on se donne tout un tas d’arguments pour ne pas en prendre mais le sentiment d’être une ruine est plus fort que le reste ; alors on prend de la drogue et on finit par se haïr de sa faiblesse.
Vous écrivez : Quand on est prostitué, on dirait qu’on n’est plus vraiment étudiant. Pourquoi ?
Le monde de la prostitution est un monde très dur, très sombre. Quand on est étudiant, c’est qu’on aime le monde universitaire, celui des livres, du savoir. Ces deux mondes sont opposés. Celui de la prostitution étant extrême, il finit par vous happer totalement et vous coupe du monde. Du coup, on se croit plus prostitué à part entière qu’étudiant. La prostitution étudiante est traumatisante parce qu’on ne peut pas se dire qu’on le fait "malgré soi". Elle est à la fois volontaire et involontaire. Aucun étudiant sain d’esprit ne se prostitue par plaisir ; quand on le fait, c’est qu’on est financièrement au pied du mur. On veut de l’argent pour payer le loyer et poursuivre ses études. Mais cela stresse tellement qu’on perd son énergie pour suivre ses cours. C’est un cercle vicieux. Puis à force on a l’impression de se "dédoubler", d’avoir deux consciences.
Qu’est-ce qui vous a poussé à la prostitution ?
Pendant longtemps je me suis demandé POURQUOI j’avais fait ça ... sans trouver de réponse crédible. Je crois qu’au début je ne me rendais pas compte de la gravité. Pour moi, c’était un moyen comme un autre pour avoir de l’argent. Je n’avais pas réellement conscience de mon corps. Ceci dit, jamais je n’aurais pu devenir dealer pour me faire du fric. Avec la prostitution, je n’engageais que moi. Moi, mon corps et ma conscience. Je ne tuais personne, pas comme avec la drogue ... Au tout début, je n’avais tout simplement pas conscience de ce que représentait cette activité. Parce que c’était occasionnel, éphémère. Cela n’a duré que trois mois. J’ai arrêté, puis j’ai repris. C’est avec cette « seconde prostitution » que ma tournure d’esprit a changé. Je n’étais plus aussi naïf, plus aussi inconscient de la gravité de cet acte. Il s’agissait plus d’une sorte ... de romantisme noir, ou d’autodestruction. J’étais persuadé que j’avais le sida, que j’allais mourir, alors je me fichais des conséquences psychologiques.
Quand on y est entré, pourquoi on continue ?
Je ne peux parler qu’à la première personne du singulier. C’est comme une sorte de drogue. Cela tue votre fierté, votre ego, votre personnalité. Cela modifie en profondeur quelque chose de très intime, je ne sais quoi exactement. On ne se voit plus que comme une catin. Il se crée un paradoxe : d’un côté on garde énormément de fierté et d’un autre on ne se sent que bon à rien ... On veut rester fier, parce qu’on n’a plus que ça pour survivre. C’est une sorte de désespoir, de hurlement silencieux. Un appel au secours, peut-être. C’est comme un palliatif affectif. On se dit qu’au moins là, on sert à quelque chose. J’étais dans un état dépressif. Avec mes clients, je me sentais exister.
Est-ce toujours pour des raisons financières ?
Non. Au début oui, ce n’était que pour des raisons financières. Mais après ... Une nuit, alors que j’avais cessé de me prostituer, quelqu’un a frappé. C’était un ancien client. J’ai dit gentiment que j’avais cessé la prostitution et il m’a regardé d’un air très mauvais, comme si je le refusais LUI. Alors... s’est produit un acte sexuel forcé. Étrangement, je ne me suis pas rebellé. Par peur. Je me suis mis en mode « prostitué » et je n’ai rien dit. Seulement après ça, j’ai connu la pire dégringolade psychologique que j’aie jamais connue. J’ai recommencé à me vendre car je n’arrivais plus à me respecter. Même si je n’étais pas seul (mon ami savait ce qui s’était passé), dans ce genre de cas on est toujours terriblement seul face à soi-même.
Vous décrivez un mélange de répulsion et de fascination ...
On se demande qui on est. Je pense que ce que je cherchais via la prostitution, d’un point de vue psychologique j’entends, était une sincérité, une honnêteté que je ne trouvais pas en temps normal. Cela peut, en quelque sorte, fasciner, mais ce qui fascine ... c’est soi-même. Parce qu’on se découvre une dualité, un extrême qu’on ne soupçonnait pas. Mais quand on finit par prendre du recul, on s’aperçoit que cela n’a rien de fascinant.
C’est juste dégradant et destructeur. Il n’y a rien de positif en définitive.
Quel rapport aviez-vous avec les hommes clients ?
Au tout début, je tombais sur des hommes qui avaient l’air très imbus d’eux-mêmes, comme s’ils estimaient que tout leur était dû. Avec eux, tu n’es pas un être humain, mais du bétail. Après, j’ai trié les clients pour éviter ceux-là. Les autres voulaient essentiellement du rêve, de l’évasion. C’était comme un jeu de rôle. Je les laissais parler, je les écoutais (ou plutôt je faisais semblant) pour leur donner l’illusion d’un bon moment. J’avais la sensation qu’ils cherchaient de la naïveté chez un prostitué, et j’arrivais à combler leurs attentes. Ce n’était pas exclusivement sexuel. Il y avait comme un rapport de maître à disciple, un rapport brutal déguisé sous le masque de douceur ...
Qui sont-ils, globalement ?
Pour certains, ils menaient une double vie. La journée Monsieur-tout-le-monde, la nuit le client qui se servait du prostitué pour rehausser son ego. Ceux-là, j’ai l’impression que l’ennui et la solitude les poussent vers les prostitués. Pour d’autres, il peut s’agir d’une conscience tardive et pas bien assumée de leur sexualité. Il y a, bien sûr, des homosexuels. Mais certains hommes, sadiques ou frustrés, viennent juste pour humilier les prostitués ; leur faire sentir une infériorité, autant en tant que prostitués qu’en tant que gays...
Certains clients vous regardent comme du bétail, en vous examinant les dents, en vous tatant les fesses
La violence ?
Elle existe ! Avant de trier mes clients, c’était plus les clients qui me choisissaient. Certains vous regardent comme du bétail en vous examinant les dents, en vous tâtant les fesses... Plus encore, certains refusent le préservatif qu’ils jugent comme un affront à leur virilité. De toute façon, n’importe quelle forme de prostitution, toute illusoire de douceur soit-elle, est une violence, faut pas se leurrer... En tout cas, certains m’ont déjà frappé. Voilà pourquoi après je les ai fuis, cherchant à en trouver d’autres plus « sains ».
Comment décririez-vous les conséquences de cette expérience ?
Elles sont à la fois morales, psychologiques, physiques et relationnelles. Physiques, d’abord : pendant des mois je me suis senti chuter. J’étais dans un fort état dépressif. Je pleurais souvent, je ne mangeais pratiquement pas, je dormais mal, je faisais beaucoup de cauchemars, je prenais de la cocaïne... Morales aussi : la perte d’estime de soi, l’inconscience vis-à-vis de son corps, la remise en question totale des critères de « valeurs » (familiales, sociales, professionnelles)... Psychologiques : la peur d’être touché, peur de faire l’amour normalement avec quelqu’un de normal (non client) ou alors une libido décuplée afin d’oublier le peu d’estime qu’on a de soi, l’impression de n’avoir aucun avenir si ce n’est dans la prostitution, la honte de sa sexualité... Et des conséquences relationnelles enfin, parce que ça m’a rendu parano. Dès que quelqu’un me regardait, je me disais : ça y est, c’est un ancien client ! D’ailleurs, ça m’est déjà arrivé de tomber sur un ancien client, pendant une soirée « normale ». Ça m’a déprimé. Je me suis soudainement remis en mode « prostitué », ça m’a gâché ma soirée en ravivant mes peurs.
Vous écriviez en 2004 : le corps n’est pas sacré, c’est juste une enveloppe. Le pensez-vous toujours ?
Non. Le corps n’est pas qu’une enveloppe. Il ne faut pas nier l’intimité, l’aspect « privé » de son corps qu’on ne montre qu’à ceux en qui on a confiance. La prostitution est souvent, à tort, considérée comme une façon de se désinhiber de ses frustrations, comme une sorte de libération sexuelle. En fait, on ne fait que subir, malgré parfois une illusion de contrôle. Ce qui n’a rien d’épanouissant.
Que rapport aviez-vous à l’argent, ce fameux « argent facile » ?
Je n’empochais pas énormément d’argent. L’idée selon laquelle la prostitution rend riche est fausse. On gagne tout au plus de quoi manger la semaine et payer à temps son loyer, mais c’est tout. On est dans une ère de facilité (intellectuelle, sexuelle, mercantile, etc), du coup on banalise l’argent « facile ». Mais se prostituer n’a rien à avoir avec le film Pretty Woman. Il est tout de même vrai que l’argent amassé permet des extras. Ceci dit, en choisissant un bon travail (du moment qu’il y en a, bien entendu), on peut gagner autant d’argent sans s’humilier. En fait, quand j’ai commencé, je me justifiais en prétextant que tout le monde fait plus ou moins la pute pour se faire des amis, avoir un travail, mais c’est faux. Certes il existe des gens sans scrupules, mais ce n’est pas une majorité.
Pourquoi est-ce si difficile de tourner la page ?
Parce que c’est un peu comme un deuil : ça prend du temps. Et surtout, c’est un vécu traumatisant. Cela a quand même changé ma vie. Pas en bien, évidemment. J’ai fait plusieurs tentatives de suicide et une crise d’épilepsie à cause de ça... Maintenant, je suis avec mon copain depuis trois ans et demi. On est sorti ensemble à un moment où j’avais cessé de me prostituer. C’est en grande partie lui qui m’a sauvé du suicide.
Quelle aide, quel secours aurait pu vous empêcher de vous prostituer à l’époque ?
Il y a quelques années, j’aurais juste souhaité pouvoir retourner vivre chez mes parents. Mes parents m’ont, plus ou moins malgré eux, "mis à la porte" et j’ai dû me débrouiller seul. Je leur en ai voulu pendant longtemps, parce que ce simple acte a gâché une partie de ma vie étudiante. Un jour je me suis décidé à parler de ce vécu à mes parents. Ils n’ont pas mal réagi, mais ils ne m’ont pas aidé non plus. Je voulais une aide. Je ne savais pas laquelle, ni de quelle manière, mais je voulais juste une aide affective, quelque chose auquel j’aurais pu me raccrocher et finalement me dire : ça, ça vaut plus que tous les clients du monde.
Pourquoi ce besoin de témoigner ?
Je pense qu’il est temps pour moi de raconter tout ça. Parce que je n’en veux plus dans ma vie, ni dans mon cœur ni dans mes pensées. Mon corps a eu en lui cette mémoire de la rue, aujourd’hui je veux le bannir, tout en acceptant le fait que j’ai eu ce vécu... Oui, je l’ai fait, mais j’ai survécu et aujourd’hui j’ai une VIE. Peut-être, aussi, que mon envie de témoigner est une façon (un peu naïve ?) de donner un peu d’espoir à ceux qui en veulent ...
Coupable ou victime ?
Quand T. nous a contactés, il doutait que son histoire soit assez « intéressante » : vous vous occupez de vraies prostituées qui ont connu la traite, nous a t-il écrit. C’est horrible et elles ont du courage d’en parler et de vouloir s’en sortir parce qu’elles risquent leur vie ! Mais moi.. ? Je n’ai été rien d’autre qu’un étudiant assez faible pour tomber là-dedans.
Ainsi T. a t-il le réflexe de dévaloriser sa propre histoire, comme s’il n’avait pas « assez souffert ».
Il nous a également affirmé ne pas « avoir été une victime », avant de se reprendre : Je n’ai jamais été victime de proxénètes. En revanche j’ai été une victime physique et psychologique de la prostitution. Une victime concrète... d’un monde concrètement très violent. Je n’ai pas été “victime” dans le sens de “pleurnicheur” mais j’ai quand même été la victime de la violence de cet univers.
Questions ? réponses ? chacun est libre du débat ! Votre ressenti ou vos coups de gueule !
Ça n'arrive qu'aux autres et là on parle d'un garçon, combien de filles vivent ça ?
On parle de la misère humaine dans les autre pays, mais celle-ci est aussi présente dans notre pays. Dans un pays comme le notre "civilisé" et tout et tout voila qui terni l'image que l'on en a et qui nous ramène à la réalité.
La précarité étudiante n'est pas juste un sujet comme ça d'actualité, c'est un fait. Faire des études devient de plus en plus difficile et coute de plus en plus (école de commerce environ 15000 euro l'année etc) autant dire que si on a pas d'aide, que l'on doit se débrouiller tout seul, aucun soutient etc le désespoirs nous gagne et le besoins d'argent nous entraine sur des terrains très dangereux.
Un cas effarent mais trop peu ignorer est le nombre de suicide chez les jeunes adultes (entre 18 et 26 ans) ou la consommation de somnifère, calmant et anti-dépresseur (j'en prends donc je sais de quoi je parle). La pression de devoir réussir, les différents facteur de pression (prêt, pression parentale, vouloir s'en sortir, ...) qui pèse sur l'étudiant, une ignorance du monde, le non respect de son corps, le manque d'estime de soi etc. Tout ceci influence et aggrave cette précarité et entraine vers une certaine "déchéance".
On peu noter une forte augmentation de nombre d'escort girl et boy, et dans les reportage on montre bien souvent l'avantage de cette pratique. Grossière erreurs, cela est de la prostitution est rare sont ceux ou celle qui le font par plaisir ou souci de simplicité.
Il est malheureux de voire comment certains se comporte (abus et violence), et voire que "les malheurs des un font le bonheur des autres".
Je souhaite de tout cœur à l'auteur un avenir plus heureux.
Merci nouvelle pour le topic
Nouvelle
15 octobre 2011 à 12:28
Certains parents, comme ceux de ce jeune homme, ne vois que leur vie. Ils ont ou n'ont pas réussi et pensent que c'est bien qu'un enfant fasse sa vie seul.
cela vient de l'éducation, ou du manque d'éducation. Peu de gens réfléchissent à la vie des autres, c'est notre société qui veut ça.
"Je suis dans mon coin, j'ai déjà du mal à vivre, du mal être parfois, alors s'il faut aussi, que je m'occupe des autres!"
D'autres parents sont trop protecteurs et déroulent un tapi rouge devant le parcours de la vie de leurs enfants. Ils n'ont pas compris qu'il faut un juste milieux.
c'est dur de détecter un mal être chez un ado ou un jeune adulte. Il faut parfois beaucoup de psychologie et un regard réaliste.
Trouver un juste milieu dans la carotte et le bâton n'est pas évidant et rester en arrière, tout en ayant un regard sur l'autre s'apprend. J'ai toujours pensée qu'il faudrait une école des parents, passage obligatoire avant de faire des enfants. avec des cours de rattrapages aux moments difficiles de la vie. Comme la puberté et le passage à l'age adulte.
ce n'est quand même pas toujours la faute des parents mais bien souvent, celle de notre société, où la sexualité et la liberté sont souvent trop présentes.
La sexualité trop jeune, et beaucoup trop de libertés, dans et en dehors du milieu familial. L'accès facile à toute une panoplie de dérivatifs du mal être. Drogues douces ou dures, les pires de toutes, l'alcool et la cigarette. On commence par une bière entre copains, on fini par une bouteille seul dans sa chambre. Un joint pris entre amis, on passe aux rails de cocaïne et à la seringue, après les pilules. Tous ça est facilité par toutes les opportunités qu'ont les jeunes et la facilité de pouvoir se le payer.
il ne faut pas croire, qu'un manque de résultats scolaire, vient toujours de la prise de drogue. C'est bien souvent l'échec qui y conduit.
Quand on parle avec une jeune ados, droguée jusqu'aux oreilles et qui se prostitue. Ce n'est pas la prostitution qui l'a conduit à la drogue, mais bien le contraire. Elle se prostitue pour payer sa drogue, pas ses études. Pour payer ses études, elle pourrait faire un petit boulot à mi-temps. A 200 Euros un moment avec un client, elle n'a pas besoin d'en faire un tous les jours pour payer ses études. C'est sur que c'est plus facile aussi, quand on est mignonne, de se prostituer, plutôt que d'aller servir dans un restaurant.
s'il n'y avait pas de clients, il n'y aurait pas de prostituées ! Le sexe et l'argent facile. Une gamine qui a eu son premier acte sexuel à douze ans, trouvera presque normal de se prostituer à dix huit pour gagner sa vie!
Hors certains contextes, la prostitution volontaire n'est pas une fatalité !
Modifié
16 janvier 2012 à 15:05
katarn
15 octobre 2011 à 15:25
Dans l'absolue comme on dit, je n'ais rien contre la prostitution.
Une personne majeur et vacciner fait ce qu'elle veut de son corps et si un mec ou une femme et capable de payer cette personne pour du sexe il fait bien ce qu'il ou elle veut de son argent.
Personnelement je ne payerais pas ce que je peut avoir gratuit mais bon c'est mon point de vue lol.
Ce qui est plus problemematique c'est le proxenetisme en fait.
J'ai connu des etudiantes qui se prostituer pour payer leurs etudes... elles etais ce qu'on peu appeler des putes de luxe cela se passer dans des grosses soirée et leur tarif etaient tres elever...
Meme ca ca ne me pose pas de blems:
Une fille ou un mec aime le sex et en profite pour se faire de l'argents.
Ce qui est plus problematique c'est que ca devient de plus en plus courant et que elles ou ils font ca ne le font pas par "plaisir" mais par "obligation" pour payer des etudes de plus en plus chere.
Pour gagner pas mal d'argent faut faire des d'heures dans un taf classique et si on fait beaucoup d'heures on neglige ses etudes.
La on se fait beaucoup d'argent en pas longtemps.
Imaginez vous vous etes une filles ou un mec plutot bien foutu vous avez bessoin d'argent et une personne vous propose 200euros pour 1heure de sex.
Beaucoup vont dire non, certain diront non mais vont quand meme l'avoir en tete et peut etre dire oui plus tard et d'autre vont accepter.
Ce qui n'est pas normal c'est que ca touche des etudiants...
Un etudiants c'est fait pour etudier et pas pour bosser. Cela devrais etre un plus et ca devient de plus en plus une obligations. Qu'on ne s'etonne pas de trouver de plus en plus de cas d'etudiant qui pirate, trafic ou carrement se prostituent.
Modifié
15 octobre 2011 à 15:41
voyageur
15 octobre 2011 à 16:45
je suis d'accord avec katarn.
La problématique du statut étudiant que tes études te demande du temps et de l'argent. Pour avoir de l'argent faut prendre du temps pour travailler. Avec des études qui coute de plus en plus chère, une société qui te demande des bagages intellectuelles pour t'en sortir et d'un autre coté des jobs payé peu par rapport au besoin. Je comprends tout à fait, une fille ou un mec bien foutu qui se prostitue (au vu du rapport temps consacré/argent gagné, certains vont gagner 200 euro en 1 heure alors qu'il me faut quasiment 15 jour pour avoir cela avec mon job étudiant.
Il y a une sorte de cercle vicieux aussi dans la déchéance et la misère qui te pousse à faire cela. Comme décrit dans l'article, après ce n'est pas par besoin qu'il se prostituait. Le mal être est un facteurs déclenchant tout comme le besoins d'argent.
Dans tout les cas, quelqu'un qui se prostitue volontairement et sans contrainte perso cela ne me pose pas de problème mais je pense que cela représente une très petite minorité. Payer pour du sexe, perso cela me pose pas de problème tant qu'il y a respect de l'autre et que cela ne profite pas à un réseau ou autre du genre.
Beaucoup utilise des voies secondaires pour s'en sortir, surtout chez les étudiants. D'un autre coté si on donnai tout se qu'il veut à un étudiant on s’exposerait à des abus aussi.
Il n'y a pas de bon ou mauvais système, juste des systèmes incomplet soumis à un nombre très important de variable.
Perso je trouve que tu a de la chance de pouvoir trouver gratuitement à tout les coups et qu'en tu le veux, mais sache que ce n'est pas le cas de tous donc à l'inverse je comprend aussi se qui accepte de payer pour du sexe (ce n'est pas encore mon cas mais dans un ou deux mois, why not)
Erex
15 janvier 2012 à 17:55
Beaucoup de femmes mariées se prostituent pour améliorer leur train de vie avec parfois l'accord de leurs maris. Je trouve ça beaucoup plus acceptable que d'entendre dire que des jeunes sont obligés d'en arriver là pour réussir leurs études. Le risque le plus sournois est qu'ils soient pris dans l'engrenage et ne puissent plus s'en sortir persuadés par l'argent facile à gagner simplement en oubliant que leur corps n'est pas une marchandise.
., étudiant : Aucun étudiant sain d’esprit ne se prostitue par plaisir.
septembre 2008, par Claudine Legardinier
T. a connu le trottoir il y a quatre ans. Puis la prostitution à domicile. Il avait 18 ans. Cette expérience a été cruciale pour lui, on peut même dire traumatisante. Il nous a contactés pour témoigner, avec hésitation d’abord, rage ensuite, envie de tout arrêter pour finir. Dire n’est pas facile. Même dans l’anonymat. T. en est l’exemple vivant et torturé. Notre échange s’est fait par courriels, T. refusant l’entretien en tête à tête. Nous en publions ci-dessous quelques extraits.
Vous dites que la prostitution étudiante est la pire des prostitutions.
Parce que généralement quand on le fait, on est très jeune. Moi j’ai subi un rejet familial. Ce rejet a tué ma confiance en moi, en les autres. Je me suis alors réfugié dans une grande naïveté, je voyais un peu la prostitution comme un tableau de Toulouse Lautrec. Seulement, la réalité est tout autre ... En fait, on est juste acculé financièrement et on ne sait plus quoi faire pour que la situation s’arrange. Il y a tout un tas de raisons qui poussent à cet extrême. Pendant longtemps, j’ai cru que j’étais un mauvais gars, autodestructeur et zonard. C’est le même principe que pour la drogue : on veut évincer la drogue de sa vie, mais on est si mal dans sa peau qu’on y pense ; on se donne tout un tas d’arguments pour ne pas en prendre mais le sentiment d’être une ruine est plus fort que le reste ; alors on prend de la drogue et on finit par se haïr de sa faiblesse.
Vous écrivez : Quand on est prostitué, on dirait qu’on n’est plus vraiment étudiant. Pourquoi ?
Le monde de la prostitution est un monde très dur, très sombre. Quand on est étudiant, c’est qu’on aime le monde universitaire, celui des livres, du savoir. Ces deux mondes sont opposés. Celui de la prostitution étant extrême, il finit par vous happer totalement et vous coupe du monde. Du coup, on se croit plus prostitué à part entière qu’étudiant. La prostitution étudiante est traumatisante parce qu’on ne peut pas se dire qu’on le fait "malgré soi". Elle est à la fois volontaire et involontaire. Aucun étudiant sain d’esprit ne se prostitue par plaisir ; quand on le fait, c’est qu’on est financièrement au pied du mur. On veut de l’argent pour payer le loyer et poursuivre ses études. Mais cela stresse tellement qu’on perd son énergie pour suivre ses cours. C’est un cercle vicieux. Puis à force on a l’impression de se "dédoubler", d’avoir deux consciences.
Qu’est-ce qui vous a poussé à la prostitution ?
Pendant longtemps je me suis demandé POURQUOI j’avais fait ça ... sans trouver de réponse crédible. Je crois qu’au début je ne me rendais pas compte de la gravité. Pour moi, c’était un moyen comme un autre pour avoir de l’argent. Je n’avais pas réellement conscience de mon corps. Ceci dit, jamais je n’aurais pu devenir dealer pour me faire du fric. Avec la prostitution, je n’engageais que moi. Moi, mon corps et ma conscience. Je ne tuais personne, pas comme avec la drogue ... Au tout début, je n’avais tout simplement pas conscience de ce que représentait cette activité. Parce que c’était occasionnel, éphémère. Cela n’a duré que trois mois. J’ai arrêté, puis j’ai repris. C’est avec cette « seconde prostitution » que ma tournure d’esprit a changé. Je n’étais plus aussi naïf, plus aussi inconscient de la gravité de cet acte. Il s’agissait plus d’une sorte ... de romantisme noir, ou d’autodestruction. J’étais persuadé que j’avais le sida, que j’allais mourir, alors je me fichais des conséquences psychologiques.
Quand on y est entré, pourquoi on continue ?
Je ne peux parler qu’à la première personne du singulier. C’est comme une sorte de drogue. Cela tue votre fierté, votre ego, votre personnalité. Cela modifie en profondeur quelque chose de très intime, je ne sais quoi exactement. On ne se voit plus que comme une catin. Il se crée un paradoxe : d’un côté on garde énormément de fierté et d’un autre on ne se sent que bon à rien ... On veut rester fier, parce qu’on n’a plus que ça pour survivre. C’est une sorte de désespoir, de hurlement silencieux. Un appel au secours, peut-être. C’est comme un palliatif affectif. On se dit qu’au moins là, on sert à quelque chose. J’étais dans un état dépressif. Avec mes clients, je me sentais exister.
Est-ce toujours pour des raisons financières ?
Non. Au début oui, ce n’était que pour des raisons financières. Mais après ... Une nuit, alors que j’avais cessé de me prostituer, quelqu’un a frappé. C’était un ancien client. J’ai dit gentiment que j’avais cessé la prostitution et il m’a regardé d’un air très mauvais, comme si je le refusais LUI. Alors... s’est produit un acte sexuel forcé. Étrangement, je ne me suis pas rebellé. Par peur. Je me suis mis en mode « prostitué » et je n’ai rien dit. Seulement après ça, j’ai connu la pire dégringolade psychologique que j’aie jamais connue. J’ai recommencé à me vendre car je n’arrivais plus à me respecter. Même si je n’étais pas seul (mon ami savait ce qui s’était passé), dans ce genre de cas on est toujours terriblement seul face à soi-même.
Vous décrivez un mélange de répulsion et de fascination ...
On se demande qui on est. Je pense que ce que je cherchais via la prostitution, d’un point de vue psychologique j’entends, était une sincérité, une honnêteté que je ne trouvais pas en temps normal. Cela peut, en quelque sorte, fasciner, mais ce qui fascine ... c’est soi-même. Parce qu’on se découvre une dualité, un extrême qu’on ne soupçonnait pas. Mais quand on finit par prendre du recul, on s’aperçoit que cela n’a rien de fascinant.
C’est juste dégradant et destructeur. Il n’y a rien de positif en définitive.
Quel rapport aviez-vous avec les hommes clients ?
Au tout début, je tombais sur des hommes qui avaient l’air très imbus d’eux-mêmes, comme s’ils estimaient que tout leur était dû. Avec eux, tu n’es pas un être humain, mais du bétail. Après, j’ai trié les clients pour éviter ceux-là. Les autres voulaient essentiellement du rêve, de l’évasion. C’était comme un jeu de rôle. Je les laissais parler, je les écoutais (ou plutôt je faisais semblant) pour leur donner l’illusion d’un bon moment. J’avais la sensation qu’ils cherchaient de la naïveté chez un prostitué, et j’arrivais à combler leurs attentes. Ce n’était pas exclusivement sexuel. Il y avait comme un rapport de maître à disciple, un rapport brutal déguisé sous le masque de douceur ...
Qui sont-ils, globalement ?
Pour certains, ils menaient une double vie. La journée Monsieur-tout-le-monde, la nuit le client qui se servait du prostitué pour rehausser son ego. Ceux-là, j’ai l’impression que l’ennui et la solitude les poussent vers les prostitués. Pour d’autres, il peut s’agir d’une conscience tardive et pas bien assumée de leur sexualité. Il y a, bien sûr, des homosexuels. Mais certains hommes, sadiques ou frustrés, viennent juste pour humilier les prostitués ; leur faire sentir une infériorité, autant en tant que prostitués qu’en tant que gays...
Certains clients vous regardent comme du bétail, en vous examinant les dents, en vous tatant les fesses
La violence ?
Elle existe ! Avant de trier mes clients, c’était plus les clients qui me choisissaient. Certains vous regardent comme du bétail en vous examinant les dents, en vous tâtant les fesses... Plus encore, certains refusent le préservatif qu’ils jugent comme un affront à leur virilité. De toute façon, n’importe quelle forme de prostitution, toute illusoire de douceur soit-elle, est une violence, faut pas se leurrer... En tout cas, certains m’ont déjà frappé. Voilà pourquoi après je les ai fuis, cherchant à en trouver d’autres plus « sains ».
Comment décririez-vous les conséquences de cette expérience ?
Elles sont à la fois morales, psychologiques, physiques et relationnelles. Physiques, d’abord : pendant des mois je me suis senti chuter. J’étais dans un fort état dépressif. Je pleurais souvent, je ne mangeais pratiquement pas, je dormais mal, je faisais beaucoup de cauchemars, je prenais de la cocaïne... Morales aussi : la perte d’estime de soi, l’inconscience vis-à-vis de son corps, la remise en question totale des critères de « valeurs » (familiales, sociales, professionnelles)... Psychologiques : la peur d’être touché, peur de faire l’amour normalement avec quelqu’un de normal (non client) ou alors une libido décuplée afin d’oublier le peu d’estime qu’on a de soi, l’impression de n’avoir aucun avenir si ce n’est dans la prostitution, la honte de sa sexualité... Et des conséquences relationnelles enfin, parce que ça m’a rendu parano. Dès que quelqu’un me regardait, je me disais : ça y est, c’est un ancien client ! D’ailleurs, ça m’est déjà arrivé de tomber sur un ancien client, pendant une soirée « normale ». Ça m’a déprimé. Je me suis soudainement remis en mode « prostitué », ça m’a gâché ma soirée en ravivant mes peurs.
Vous écriviez en 2004 : le corps n’est pas sacré, c’est juste une enveloppe. Le pensez-vous toujours ?
Non. Le corps n’est pas qu’une enveloppe. Il ne faut pas nier l’intimité, l’aspect « privé » de son corps qu’on ne montre qu’à ceux en qui on a confiance. La prostitution est souvent, à tort, considérée comme une façon de se désinhiber de ses frustrations, comme une sorte de libération sexuelle. En fait, on ne fait que subir, malgré parfois une illusion de contrôle. Ce qui n’a rien d’épanouissant.
Que rapport aviez-vous à l’argent, ce fameux « argent facile » ?
Je n’empochais pas énormément d’argent. L’idée selon laquelle la prostitution rend riche est fausse. On gagne tout au plus de quoi manger la semaine et payer à temps son loyer, mais c’est tout. On est dans une ère de facilité (intellectuelle, sexuelle, mercantile, etc), du coup on banalise l’argent « facile ». Mais se prostituer n’a rien à avoir avec le film Pretty Woman. Il est tout de même vrai que l’argent amassé permet des extras. Ceci dit, en choisissant un bon travail (du moment qu’il y en a, bien entendu), on peut gagner autant d’argent sans s’humilier. En fait, quand j’ai commencé, je me justifiais en prétextant que tout le monde fait plus ou moins la pute pour se faire des amis, avoir un travail, mais c’est faux. Certes il existe des gens sans scrupules, mais ce n’est pas une majorité.
Pourquoi est-ce si difficile de tourner la page ?
Parce que c’est un peu comme un deuil : ça prend du temps. Et surtout, c’est un vécu traumatisant. Cela a quand même changé ma vie. Pas en bien, évidemment. J’ai fait plusieurs tentatives de suicide et une crise d’épilepsie à cause de ça... Maintenant, je suis avec mon copain depuis trois ans et demi. On est sorti ensemble à un moment où j’avais cessé de me prostituer. C’est en grande partie lui qui m’a sauvé du suicide.
Quelle aide, quel secours aurait pu vous empêcher de vous prostituer à l’époque ?
Il y a quelques années, j’aurais juste souhaité pouvoir retourner vivre chez mes parents. Mes parents m’ont, plus ou moins malgré eux, "mis à la porte" et j’ai dû me débrouiller seul. Je leur en ai voulu pendant longtemps, parce que ce simple acte a gâché une partie de ma vie étudiante. Un jour je me suis décidé à parler de ce vécu à mes parents. Ils n’ont pas mal réagi, mais ils ne m’ont pas aidé non plus. Je voulais une aide. Je ne savais pas laquelle, ni de quelle manière, mais je voulais juste une aide affective, quelque chose auquel j’aurais pu me raccrocher et finalement me dire : ça, ça vaut plus que tous les clients du monde.
Pourquoi ce besoin de témoigner ?
Je pense qu’il est temps pour moi de raconter tout ça. Parce que je n’en veux plus dans ma vie, ni dans mon cœur ni dans mes pensées. Mon corps a eu en lui cette mémoire de la rue, aujourd’hui je veux le bannir, tout en acceptant le fait que j’ai eu ce vécu... Oui, je l’ai fait, mais j’ai survécu et aujourd’hui j’ai une VIE. Peut-être, aussi, que mon envie de témoigner est une façon (un peu naïve ?) de donner un peu d’espoir à ceux qui en veulent ...
Coupable ou victime ?
Quand T. nous a contactés, il doutait que son histoire soit assez « intéressante » : vous vous occupez de vraies prostituées qui ont connu la traite, nous a t-il écrit. C’est horrible et elles ont du courage d’en parler et de vouloir s’en sortir parce qu’elles risquent leur vie ! Mais moi.. ? Je n’ai été rien d’autre qu’un étudiant assez faible pour tomber là-dedans.
Ainsi T. a t-il le réflexe de dévaloriser sa propre histoire, comme s’il n’avait pas « assez souffert ».
Il nous a également affirmé ne pas « avoir été une victime », avant de se reprendre : Je n’ai jamais été victime de proxénètes. En revanche j’ai été une victime physique et psychologique de la prostitution. Une victime concrète... d’un monde concrètement très violent. Je n’ai pas été “victime” dans le sens de “pleurnicheur” mais j’ai quand même été la victime de la violence de cet univers.
Questions ? réponses ? chacun est libre du débat ! Votre ressenti ou vos coups de gueule !
Ça n'arrive qu'aux autres et là on parle d'un garçon, combien de filles vivent ça ?