Un pote journaliste m'a conté cette histoire vraie qui a défrayé sa chronique il y a quelques années. Jugez plutôt :
Une jeune femme d’une trentaine d’années (le journaliste la prénomme Carole) est embauchée pour une période d’essai de trente jours par une société d’assurance en ligne dans la banlieue parisienne.
Chaque courtier travaille dans un petit box équipé d’un ordinateur de bureau comme de l’indispensable téléphone. Les journées s’écoulent au rythme des relances et des nouveaux services à proposer aux assurés.
Intégration réussie au bout d’un mois. Carole a pris ses marques, donne satisfaction à ses employeurs, elle s’offre même le luxe d’entamer une liaison avec une collègue qui travaille deux box plus loin.
Nos amoureuses profitent de chaque instant, vont et viennent d’un poste à l’autre sous divers prétextes pour échanger mots doux et baisers langoureux.
Convocation dans le bureau du chef de service trente jours plus tard. Carole s’y rend l’esprit léger, certaine de mériter son CDI. Un travail fixe ajouté à l’amour permet d’envisager l’avenir avec sérénité.
Or on lui annonce que « la Maison » a décidé de se passer de ses services à cause d’un comportement indécent.
Objection, mise en garde appuyée contre la loi sur la discrimination basée sur l’orientation sexuelle (2003), rien n’y fait. On ne la renvoie pas car elle est lesbienne, seulement parce qu’on ne peut tolérer deux employées s’embrassant et se pelotant sur le lieu de travail.
Qui les a trahies ? Les amoureuses faisaient pourtant attention, personne ne devait connaître leur histoire.
L’heure n’est plus aux questions cependant, Carole abandonne son rêve de stabilité la mort dans l’âme.
Sa maîtresse pique une crise le soir même. Non elle n’a rien dit à personne. Oui ses sentiments restent inchangés. Non elle ne comprend pas. Et encore oui la lumière sera faite sur cette sombre affaire.
Au fait ! Pourquoi le chef ne l’a pas convoquée aussi ? Les baisers se font à deux.
L’enquête commence le lendemain puis traine en longueur toute la semaine. Le week-end de réflexion n’engendre aucun « Euréka ». Alors Carole décide de chercher un autre boulot. Il lui reste l’amour, c’est déjà bien.
Les évènements se précipitent le mardi suivant. Un cri horrifié jaillit du box (celui libéré par Carole) dans lequel une nouvelle entame sa période d’essai. Les collègues se précipitent et découvrent…
Une mini caméra dissimulée sous la table braque son œil indiscret en direction de l’entrejambe de l’opératrice.
L’enquête officielle est rondement menée cette fois. On trouve des films gravés sur l’ordinateur du chef de service.
Le voyeur avait donc vu deux paires de jambes entremêlées et entendu des promesses d’avenir. Il considérait les opératrices comme « ses » femmes, alors la présence d’une lesbienne au sein de son service représentait une concurrence et un danger potentiel dans son esprit détraqué.
La décision du Siège tombe une semaine plus tard. L’indélicat est viré, Carole réembauchée avec excuses. Légère, si légère, déception le jour de son retour : sa compagne a été mutée à l’étage supérieur.
Tout est bien qui finit presque bien.
Outch ! çà me rappelle une anecdote de 20 ans, mon oncle et sa copine qui s'étaient rencontrés à la Redoute et étaient tombés amoureux, or interdiction de relation sous peine d'etre licencié sur le champ. Seul cas autorisé, un couple marié.
Du coup après seulement 3 mois et pour garder leur boulot, ils ont fait un mariage blanc, au final, ils sont restés mariés 20 ans et ont eu une fille ;-)
Lioubov
11 avril 2012 à 10:32
Il est exact que l'on ne peut licencier une personne en prétextant son orientation sexuelle ; quant à la motivation concernant la "non-embauche", elle est bien justifiée par le comportement qualifié "d'indécent".
Par contre, tout moyen de surveillance - a fortiori par des caméras vidéo - doit être porté à la connaissance du personnel exposé à cette surveillance ; premier point à prendre en compte. Deuxième point : l'emplacement de la (des) caméra(s) est bien curieux... La direction de l'entreprise a donc agi correctement en licenciant ce personnage indélicat et en réintégrant Carole.
Conclusion à tirer : il est dangereux de mêler activités professionnelles et sentimentalo-sexuelles (sauf dans l'Antiquité grecque où, chez les militaires de Sparte, l'homosexualité était encouragée afin de renforcer l'esprit de groupe).
lipstick
11 avril 2012 à 10:52
Dans la Grèce antique l'homosexualité masculine était acceptée voir encouragée, l'homosexualité féminine étant tout juste tolérée.
De l'Antiquité à l'histoire de nos jours narrée ci-dessus, la phallocaratie reste une pièce maitresse des rapports humains. C'est un constat accablant qui me vient à l'esprit.
Par chance, je ne trouve pas sur Xstory de machisme environnant, pour celà sans doute que je m'y plais.
Je peux comprendre (non accepter) qu'une liaison hors mariage puisse déranger dans le cadre du travail. Encore faut-il dans ce cas légaliser le mariage gay :)
Je ne peux pas m'empêcher de militer moi. Pffff !
Lioubov
11 avril 2012 à 11:10
Espérons que la société s'améliorera et que les mêmes droits seront reconnus à tous les individus, sans considération de sexe ou d'orientation sexuelle...
Quant à légaliser le mariage gay, c'est - à mon avis - accorder beaucoup d'importance à la position rétrograde de l'Eglise, qui n'a pas à s'immiscer dans le fonctionnement d'une société qui se veut laïque, comme la nôtre (voir la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat), même si cette loi est trop souvent détournée (statut particulier de Concordat de l'Alsace-Moselle, financement public des écoles privées confessionnelles...) Par contre, la position de l'Etat a quand même bien progressé en instaurant le PACS, qui présente - à peu de choses près - les mêmes avantages que le mariage.
XStory
11 avril 2012 à 11:41
A l'inverse dans mon ancienne boite de service en informatique, tout le monde savait que le patron se tapait la drh et le directeur commercial sa secrétaire, et pour le repas de noël, on les voyait tous avec leur petite famille l'air de rien... tout le monde disait rien par peur que çà leur retombe dessus. Et lors des soirées d'heure sup, on savait tous qu'ils partiraient en dernier....
Le comble c'est que ce même patron avait oser critiquer une stagiaire de flirter avec un autre....
Nouvelle
11 avril 2012 à 11:58
Oui! on connait ça partout ! Les toubibs qui couchent avec les infirmières ou les internes (e) et qui font du vent, parce qu'une infirmière couche avec une interne ! L'homosexualité est mal vue !
Je sais ce que c'est, les problèmes dans les services, c'est pour ça qu'il faut être plus que discette ! Surtout sur son lieu de travail, si on veut avoir une aventure, avec une collègue de travail !
lipstick
11 avril 2012 à 12:09
J'abonde dans votre sens à tous trois, avec un bémol en ce qui concerne le mariage.
C'est vrai que le PACS nous accorde les même avantages financiers. Sauf qu'il n'y a pas que le fric dans la vie. Qu'en est-il de la parentalité quand on se pacse avec une mère de famille ?
Et nous accorder le droit au mariage permettrait de supprimer l'homosexualité en tant que minorité (notre souhait). C'est à ce prix que le combat égalitaire peut s'amorcer, tout comme le combat éducatif qui permettrait d'enrayer les actes homophobes.
Comment expliquer à un enfant qu'il n'y a pas de différence entre l'amour hétéro et l'amour gay si les couples n'ont pas les mêmes droits ?
Vaste sujet.
XStory
11 avril 2012 à 12:27
Le pacs ne donne pas les memes droits en cas de décés non plus.
Vous aurez beau etre pacsés et avoir fait un testament, le "veuf" du couple n'aura pas les memes avantages que s'il avait été marié, c'est en çà que je trouve le pacs actuel anormal.
Le mariage civil devrait avoir vocation à identifier un couple comme une personne morale (comme quand on créé un société à 2), c'est un contrat, l'interdire à un couple gay ou lesbienne sous raison qu'ils ne peuvent avoir d'enfant, c'est aussi débile qu'interdire le mariage à un couple stérile ou trop vieux.
J'ai une amie qui a fait sa these sur l'homoparentalité, sa thèse a d'ailleurs été reprise dans de nombreuses émissions et journaux télévisés, d'après son travail, actuellement seul le mariage empeche un couple homosexuel d'adopter un enfant en France, le mariage est donc le symbole du conservatisme, le jour où celui ci change, tout se débloquera par la suite, or sur cette "suite", il n'y a que trop de peu de recul selon les autorités, ce qui est faux selon son étude, car l'homoparentalité a toujours existé depuis des siècles, elle cite des écrivains et inventeurs célèbres dont les parents s'étaient séparés de corps pour vivre avec une personne du meme sexe.
Bref... c'était quoi le sujet déjà ? ;-)
Nouvelle
11 avril 2012 à 12:35
L'église, on s'en fiche un peu, le mariage civil devrait être reconnu. Par contre, je ne suis pas pour l'adoption. Qu’une lesbienne ou un couple de lesbiennes par un quelconque moyen (insémination ou naturellement) ait des enfants, les leurs, accouchés et mis au monde d'accord mais l'adoption, non pas d'accord ! Je suis contre l’adoption pour les couples homosexuels, femmes ou hommes ! S’ils veulent des enfants, ils n’ont qu’à en faire ! Avoir des enfants, c’est l’aboutissement d’un couple hétéro pas homosexuel !
Quant à la responsabilité des enfants issus d'un mariage hétéro précédent et parachutés dans un couple lesbien, c'est la mère seule qui en a la responsabilité, la concubine n'est pas concernée. Elle peut s’occuper de leur éducation, comme un homme peut s’occuper des enfants de sa compagne, qu’elle a eu d’un précédent mariage mais il n’en aura jamais la responsabilité ! Juste morale, pas civile !
XStory
11 avril 2012 à 12:52
Quant à la responsabilité des enfants issus d'un mariage hétéro précédent et parachutés dans un couple lesbien, c'est la mère seule qui en a la responsabilité, la concubine n'est pas concernée. Elle peut s’occuper de leur éducation, comme un homme peut s’occuper des enfants de sa compagne, qu’elle a eu d’un précédent mariage mais il n’en aura jamais la responsabilité ! Juste morale, pas civile !
Enfait j'en parle en connaissance de cause, car mon beau pere m'ayant éduqué toute mon adolescence, j'ai décidé à l'age adulte d'en faire mon pere adoptif, on appelle çà une adoption simple. Or si ma mère avait vécue avec une femme, j'aurais eu la meme démarche, mais pas les memes droits... c'est étonnant.
Discussion passionnée et intéressante. Personnellement, je viens de trouver un emploi uniquement parce que je suis lesbienne et pas trop moche. Discrimination sexuelle? Délit de belle gueule?
Hallucinant ?! à moins que la patronne soit tombée amoureuse de toi ;-)
lipstick
11 avril 2012 à 13:20
opaline tu as raison, discussion intéressante puisqu'elle se fait dans les règles de la courtoisie. Celà change avec certains sites soit-disant bien-pensant.
Cependant, comme je suis levée depuis 3h ce matin pour écrire, je vous demande de m'autoriser une petite sieste (même pas coquine) :)
voici pour méditer en mon absence :
Un article du PACS a retenu mon attention, et soulève une question.
Après l'article 506 du code civil, il est inséré un article 506-1 ainsi rédigé :
Les majeurs placés sous tutelle ne peuvent conclure un Pacte Civil de Solidarité.
Lorsque au cours d'un Pacte Civil de Solidarité l'un des partenaires est placé sous tutelle, le tuteur autorisé par le conseil de famille ou, à défaut, le juge des tutelles peut mettre fin au Pacte selon les modalités prévues au premier ou au deuxième alinéa de l'article 515-7.
Lorsque au cours d’un mariage un des époux est placé sous tutelle, le tuteur autorisé peut mettre fin à l’union de ces personnes ? Un doute m’assaille. Si une bonne âme de passage dans le coin pouvait me répondre, car mes recherches sur le web sont restées infructueuses.
A bien y réfléchir, cet Article 506-1 me paraît dangereux. Si certaines familles étaient tentées d’en abuser…
Nouvelle
11 avril 2012 à 14:10
Mais Xstory qu'un adulte ait envie de se faire adopter c'est une chose, y obliger un enfant en est une autre !
Lioubov
11 avril 2012 à 14:13
Dans ton cas, Opaline, il s'agit de discrimination positive, qui est à condamner au même titre que la discrimination négative puisqu'elle contredit l'un des piliers de notre République : l'Egalité.
Mais il est possible qu'en Allemagne, ces principes s'appliquent avec moins de rigueur qu'en France.
XStory
11 avril 2012 à 14:24
Mais Xstory qu'un adulte ait envie de se faire adopter c'est une chose, y obliger un enfant en est une autre !
Oui c'est sur, mais meme l'adoption d'un adulte n'est pas autorisée, c'est ce que je voulais dire.
Concernant l'adoption d'un enfant, je me fais l'avocat du diable, mais je suis assez d'accord avec toi sur le fait de définir un accueil équilibré pour un enfant.
La difficulté est de savoir si pour un enfant, il vaut mieux etre avec 2 homosexuel(le)s en bonne situation qu'une femme seule de 50 ans mégaloman au plus haut point (madonna par exemple), et encore c'est pas la pire, j'ai un pote d'amerique du sud qui s'est fait adopté à 3 ans (mere de sang violée par un bandit).
Sauf que sa mère est depressive, son pere s'est barré avec une jeunette et ils n'ont plus un sous.
C'est un sujet bien trop complexe de toute manière pour etre capable d'en aborder tous les aspects... on se rejoint tous sur un point primordial, le bonheur de l'enfant doit être prioritaire à celui des parents adoptifs.
Pour en revenir à l'histoire de base, y aurait il eu une différence si c'était une histoire entre un mec et une femme ? au vu de l'aspect macho et dominateur du patron, je pense que cela aurait été la meme chose non ?
Nouvelle
11 avril 2012 à 22:16
les contes des milles et une nuit quoi !
Ripley
15 avril 2012 à 15:12
Sa ferait une belle histoire.....:)
lipstick
15 avril 2012 à 20:04
Je suis partante pour écrire une histoire (pas seulement un texte mis un ligne ici) à plusieurs. J'attends des idées et des volontaires. Un mail ne coûte rien.
Une jeune femme d’une trentaine d’années (le journaliste la prénomme Carole) est embauchée pour une période d’essai de trente jours par une société d’assurance en ligne dans la banlieue parisienne.
Chaque courtier travaille dans un petit box équipé d’un ordinateur de bureau comme de l’indispensable téléphone. Les journées s’écoulent au rythme des relances et des nouveaux services à proposer aux assurés.
Intégration réussie au bout d’un mois. Carole a pris ses marques, donne satisfaction à ses employeurs, elle s’offre même le luxe d’entamer une liaison avec une collègue qui travaille deux box plus loin.
Nos amoureuses profitent de chaque instant, vont et viennent d’un poste à l’autre sous divers prétextes pour échanger mots doux et baisers langoureux.
Convocation dans le bureau du chef de service trente jours plus tard. Carole s’y rend l’esprit léger, certaine de mériter son CDI. Un travail fixe ajouté à l’amour permet d’envisager l’avenir avec sérénité.
Or on lui annonce que « la Maison » a décidé de se passer de ses services à cause d’un comportement indécent.
Objection, mise en garde appuyée contre la loi sur la discrimination basée sur l’orientation sexuelle (2003), rien n’y fait. On ne la renvoie pas car elle est lesbienne, seulement parce qu’on ne peut tolérer deux employées s’embrassant et se pelotant sur le lieu de travail.
Qui les a trahies ? Les amoureuses faisaient pourtant attention, personne ne devait connaître leur histoire.
L’heure n’est plus aux questions cependant, Carole abandonne son rêve de stabilité la mort dans l’âme.
Sa maîtresse pique une crise le soir même. Non elle n’a rien dit à personne. Oui ses sentiments restent inchangés. Non elle ne comprend pas. Et encore oui la lumière sera faite sur cette sombre affaire.
Au fait ! Pourquoi le chef ne l’a pas convoquée aussi ? Les baisers se font à deux.
L’enquête commence le lendemain puis traine en longueur toute la semaine. Le week-end de réflexion n’engendre aucun « Euréka ». Alors Carole décide de chercher un autre boulot. Il lui reste l’amour, c’est déjà bien.
Les évènements se précipitent le mardi suivant. Un cri horrifié jaillit du box (celui libéré par Carole) dans lequel une nouvelle entame sa période d’essai. Les collègues se précipitent et découvrent…
Une mini caméra dissimulée sous la table braque son œil indiscret en direction de l’entrejambe de l’opératrice.
L’enquête officielle est rondement menée cette fois. On trouve des films gravés sur l’ordinateur du chef de service.
Le voyeur avait donc vu deux paires de jambes entremêlées et entendu des promesses d’avenir. Il considérait les opératrices comme « ses » femmes, alors la présence d’une lesbienne au sein de son service représentait une concurrence et un danger potentiel dans son esprit détraqué.
La décision du Siège tombe une semaine plus tard. L’indélicat est viré, Carole réembauchée avec excuses. Légère, si légère, déception le jour de son retour : sa compagne a été mutée à l’étage supérieur.
Tout est bien qui finit presque bien.