Hier, ou avant-hier, j’ai écrit un article sous forme d’étude de style à propos de Muray. Depuis, j’ai eu la visite d’un personnage tout ce qu’il y a de plus fascinant, qui m’a fait l’honneur, et je dis bien « l’honneur » de marquer ma porte de son mépris ; j’aurais pu dire de son « vomi » car chez ce type d’individus, cela revient au même. Je n’ai aucune idée comment un tel homme — qui est membre du jury qui a sacré Éric Zemmour écrivain-roi des gens « incorrects », et comme si être méchant était une fierté arrachée au sommet d’une montagne inouïe de difficulté, comme si écrire méchamment n’était pas le penchant naturel de toute adolescence borgne et sans imagination — a pu débarquer sur les rivages paisibles et noirs de mon blog. Je n’ai pas, hélas, la vanité suffisante à la satisfaction de voir me venir des êtres pauvres mais réputés pour leur barbarie — dont ils sont fiers encore ! —, leurs congratulations entre eux-même, et, pompon sur la commode, le syndrome des génies incompris qui détiennent le véritable de la vérité sur la société mais contre qui un complot international de forces écrasantes s’abat pour réduire ces dangereux libérateurs de… Non mais sans blague ! Il faut très peu d'inventivité et moins de talent encore pour se figurer que le réel ne constitue pas la source infinie de la fiction, au point de se mentir afin de créer un réel digne de la fiction. Un réel dont on serait le héros, comme si l'assomption de l'existence n'était pas assez héroïque comme ça... En fait, il a la vocation sans le génie. Et la maigre consolation d'avoir fait, jadis, une khâgne. Comment s’est-il amené jusqu’à moi pour venir pisser sur mes semelles, s'étant d'abord cru assez grand pour me toucher ne serait-ce que les lacets ?
Comment sa barque a-t-elle pu l’échouer, un instant seulement je n’en doute pas, sur les rives de mes articles ? Je me le suis demandé quelques minutes, avec un certain désespoir : comment ce Stalker — qui m'a menacé de poursuite pour diffamation si je laissais ses nom prénom, à partir d'une autre adresse hotmail, comme si cela suffisait à jouer plusieurs marionettes prétendues non reliées entre elles par un seul bonhomme s'ennuyant ferme, procédé qu'on lui a déjà connu avec des comptes Facebook dans une autre histoire — s’est retrouvé à pouvoir commenter mon blog ? Je ne sais pas et, après tout, ça ne m’intéresse pas. Je ne le connaissais pas avant qu'il me prenne pour urinoir, et ne serais pas mort d'en être resté là, dans ma tranquille ignorance d'un tel homme. Ce qu’il est venu y dire, je suis tout à fait convaincu qu’il l’a dit sans avoir pris la peine de lire véritablement la moindre ligne. S’il l’avait fait, il ne m’aurait pas dit que je prends des allures de vautour en n’étant que charogne. S’il l’avait fait, il se serait rendu compte que je me contrefiche royalement d’avoir des allures de vautour et que la charogne me va tout à fait. S'il l'avait fait, il aurait soigneusement évité de venir alourdir sa longue liste d'actes stupides, de mots bêtes, de comportements grossiers, disgracieux, vulgaires, lâches et menteurs, lui ayant valu une fois au moins la condamnation au pénal à cinq-mille euro d'amende avec sursis, jonglant entre trois identités Facebook ; qui nous dit qu'il n'a pas créé sa page Wikipédia lui-même, sous un autre pseudonyme ? Il est de dix-sept ans mon aîné, et me donne l'impression que je suis le sien d'autant. Ce garçon veut se faire mousser et pour ce faire semble venir ne pas lire les futurs écrivains sur la timidité de leurs blogs. Enfin, s’il l’avait fait, il aurait été surpris de voir des idées, des formes et des énoncés auxquels son imagination ne l’aurait pas préparé, et, certainement asphyxié par un souffle largement supérieur au sien, il se serait dirigé, titubant, vers sa barque. Je sais comme il est simple de remporter la griffe du plus cruel prédateur de tout monde. Je sais comme il est aisé de frapper là où cela fait mal ; je sais tuer un homme avec mes poings, et plus je sais que c'est plus difficile qu'avec mes mots. Je sais comme toute cette prédation ne trouve de repos que dans la fuite vers un autre biotope à malmener ; au strict usage de la force, on perd tous un jour parce que nous déclinons tous selon les lois organiques. Il n'y a que la Beauté qui peut motiver, par pur égoïsme, à assurer sa survie sur plus long terme. Il n'y a que par la Beauté qu'on peut espérer de vivre dans le confort esthétique ; s'il fallait des arguments égoïstes au fanatisme de la Beauté.
Et ce n’est pas la réalité de l’aventure humaine : ce n’est que sa compensation, pour ceux qui n’emportent pas le suffrage de la Beauté, et soupirent après elle sans pouvoir l'effleurer en esprit. N’est-il pas plus simple, n’est-ce pas évident, de blesser quelqu’un ou de le vexer que de l’élever à lui-même et lui ouvrir les bras sur le monde ?
Je prends le temps d’écrire quelques lignes à son sujet parce que je prédis qu’il ne sera pas le seul de son engeance à passer ici. Je prends le temps d’écrire quelques lignes à son sujet afin que cela soit dit pour tous ses semblables. Je ne suis pas, moi, de la classe des aspirants à vos méchancetés. Je n’ai aucun appétit pour le snobisme, la violence, je ne confonds pas la liberté et la brutalité, la connaissance et le mépris. J’épanouis chacun de mes vers et chacune de mes phrases au souffle de l’amour de mon prochain. Il n’y a rien de plus important pour moi que les rituels qui rassurent, qu’il s’agisse de rassurer mes proches ou moi-même. J’aime infiniment faire les gestes de la paix et je ne vois dans le conflit que les investissements et les mouvements de la vanité. J’ai dit, dit et trois fois dit comme la polémique, le conflit ou l’humiliation étaient des plaies de l’humanité dont je voudrais me faire l’éternel médecin. J’ai dit quatre fois que je m’élevais, et que je m’élèverai toute mon existence d’écrivain contre ces arsenaux militaires qui ne font pas l’éloge de la Beauté, et ne poursuivent pas les quêtes immortelles des grands poètes. Je suis revenu sur ma décision à propos du commentaire de ce triste monsieur.
Tout d’abord, je l’avais laissé, et tout un chacun pouvait l’apercevoir à la fin de mon article sur le rire philistin comme déni de la réalité. Et puis il m’est apparu, une dizaine d’heures plus tard, que cet agresseur ne disait rien de vrai dans son estoque. Donc rien d’intéressant. Il me parlait d’un groupe Facebook où on ricanerait de mon article — j’ai cherché, je n’ai pas trouvé — à côté d’un texte ou d’une pensée de Monsieur de Villepin — j'ai cherché, je n'ai pas trouvé. Il mêlait donc à l’insulte le mensonge et tout ça à fort peu de frais. Il ne m’en fallut pas beaucoup pour imaginer, et comprendre, qu’il ne pouvait pas avoir lu mon article et posté un tel commentaire plein de bile et de rancoeur. J’ai donc archivé son commentaire — et non supprimé — qui n’était le fruit que d’une lecture en diagonale où il a vu uniquement ce qu’il a voulu. Et se justifiait donc son intervention par une volonté de faire sa publicité ; quelle tristesse, quelle pauvreté que d'aimer se vendre ainsi ! J'ai de la peine pour tous ceux qui lui ressemblent ou se déclarent des futurs Zemmour. Pourquoi préférer la vocation de méchant petit roquet à celui, majestueux et noble, au moins en tentatives, à Louis Aragon, Proust, Nietzsche ou Larbaud ? Autant d’âmes tournées vers le combat, et les petites heures.
Je crois d’une façon générale que je suis l’ennemi héréditaire de son engeance. Je crois que je combattrai toute ma vie d’écrivain, qui ne fait que commencer, des hommes comme lui. Non pas que je porterais le combat contre eux mais qu’ils enverront inlassablement leurs haines et leurs fiels se briser contre les phares inébranlables de ma pensée. J’ai lu sur ce garçon et je me suis rendu compte qu’il avait une existence misérable, toute conçue entre fantasmes et réalités pathétiques. Alors, qu’aurait fait n’importe quel homme libre jouissant de sa raison, de son intelligence et de son génie ? J’ai pardonné. J'ai d'autant plus pardonné qu'il ne me touche pas.
Il ne convient pas que je descende dans son enfer où la frustration, la vanité et l’échec de l’expérience de l’autre le brûlent à chaque seconde mille fois plus que la précédente. Je n’ai pas encore assez levé la main contre les polémiques et la voix contre leurs polémistes. Je n’ai pas rendu assez clair mon refus de perdre temps, talent et souffle à des choses petites et viles. Sans savoir qui c’était, et piqué dans ma curiosité, je lui avais envoyé un mail dont je ne suis pas peu fier. Il disait notamment « C'est pathétique, les gens qui cherchent à blesser. Je sais où je serai à votre âge, contrairement à vous. Je vous laisse à votre passion des conflits. » J’usais du bon sens du mot « pathétique », et n’y avais mis ni condescendance, ni mépris. Rien que de la compassion. Et ma compassion m’a fait écrire cet article. Parce que je suis le corps aux milles plaies, qui ne cesse jamais de saigner, qui ne cesse jamais de souffrir, mais qui vit pourtant, immortellement régénéré, au souffle gros comme celui de mille tempêtes. Je suis à la fois le corps du Julius Caesar de Joseph Mankiewicz et celui de Cassius ET celui de Brutus. Je vis heureux d’avoir la chance de mériter les insultes de gens tels que lui. Ils ne m’intéressent pas. Pas plus que m’intéressent ceux qu’ils croient leurs ennemis et dont ils ne sont que le revers, les gens festifs, les gens aux slogans tels que « Happy is new Chic », les gens dont Muray fait la chronique avec humour et la tendresse de son combat, tous ceux qui n’ont pas la générosité qu’ont ceux qu’ils blessent en se croyant exister par l’écoulement de leurs sangs. Ils sont les pendants ténébreux trop dark des kikoolol. Ce sont des kikoolol-garous.
Messieurs les méchants, je vous le dis : vous ne m’attraperez jamais. Messieurs les polémistes, je vous suis tous supérieur en puissance, en vitalité, en génie. Enfin, Messieurs les inélégants, votre violence hagarde témoigne d’un état que je déplore et vous rend incapables de comprendre ce dont je témoigne, moi. Ne remettez plus les pieds ici, je ne le permettrai pas une seconde fois, et vous ne possédez rien qui soit trop grand pour moi, et vous êtes trop fait de ce qui est trop petit pour moi.
Messieurs les kikoolol-garous, donnez moi la paix et laissez moi à l'ouvrage de ce dont vous êtes incapables ; vous aiderez déjà notre espèce, dont vous faites partie malgré vous, celle des écrivains.
Hier, ou avant-hier, j’ai écrit un article sous forme d’étude de style à propos de Muray. Depuis, j’ai eu la visite d’un personnage tout ce qu’il y a de plus fascinant, qui m’a fait l’honneur, et je dis bien « l’honneur » de marquer ma porte de son mépris ; j’aurais pu dire de son « vomi » car chez ce type d’individus, cela revient au même. Je n’ai aucune idée comment un tel homme — qui est membre du jury qui a sacré Éric Zemmour écrivain-roi des gens « incorrects », et comme si être méchant était une fierté arrachée au sommet d’une montagne inouïe de difficulté, comme si écrire méchamment n’était pas le penchant naturel de toute adolescence borgne et sans imagination — a pu débarquer sur les rivages paisibles et noirs de mon blog. Je n’ai pas, hélas, la vanité suffisante à la satisfaction de voir me venir des êtres pauvres mais réputés pour leur barbarie — dont ils sont fiers encore ! —, leurs congratulations entre eux-même, et, pompon sur la commode, le syndrome des génies incompris qui détiennent le véritable de la vérité sur la société mais contre qui un complot international de forces écrasantes s’abat pour réduire ces dangereux libérateurs de… Non mais sans blague ! Il faut très peu d'inventivité et moins de talent encore pour se figurer que le réel ne constitue pas la source infinie de la fiction, au point de se mentir afin de créer un réel digne de la fiction. Un réel dont on serait le héros, comme si l'assomption de l'existence n'était pas assez héroïque comme ça... En fait, il a la vocation sans le génie. Et la maigre consolation d'avoir fait, jadis, une khâgne. Comment s’est-il amené jusqu’à moi pour venir pisser sur mes semelles, s'étant d'abord cru assez grand pour me toucher ne serait-ce que les lacets ?
Comment sa barque a-t-elle pu l’échouer, un instant seulement je n’en doute pas, sur les rives de mes articles ? Je me le suis demandé quelques minutes, avec un certain désespoir : comment ce Stalker — qui m'a menacé de poursuite pour diffamation si je laissais ses nom prénom, à partir d'une autre adresse hotmail, comme si cela suffisait à jouer plusieurs marionettes prétendues non reliées entre elles par un seul bonhomme s'ennuyant ferme, procédé qu'on lui a déjà connu avec des comptes Facebook dans une autre histoire — s’est retrouvé à pouvoir commenter mon blog ? Je ne sais pas et, après tout, ça ne m’intéresse pas. Je ne le connaissais pas avant qu'il me prenne pour urinoir, et ne serais pas mort d'en être resté là, dans ma tranquille ignorance d'un tel homme. Ce qu’il est venu y dire, je suis tout à fait convaincu qu’il l’a dit sans avoir pris la peine de lire véritablement la moindre ligne. S’il l’avait fait, il ne m’aurait pas dit que je prends des allures de vautour en n’étant que charogne. S’il l’avait fait, il se serait rendu compte que je me contrefiche royalement d’avoir des allures de vautour et que la charogne me va tout à fait. S'il l'avait fait, il aurait soigneusement évité de venir alourdir sa longue liste d'actes stupides, de mots bêtes, de comportements grossiers, disgracieux, vulgaires, lâches et menteurs, lui ayant valu une fois au moins la condamnation au pénal à cinq-mille euro d'amende avec sursis, jonglant entre trois identités Facebook ; qui nous dit qu'il n'a pas créé sa page Wikipédia lui-même, sous un autre pseudonyme ? Il est de dix-sept ans mon aîné, et me donne l'impression que je suis le sien d'autant. Ce garçon veut se faire mousser et pour ce faire semble venir ne pas lire les futurs écrivains sur la timidité de leurs blogs. Enfin, s’il l’avait fait, il aurait été surpris de voir des idées, des formes et des énoncés auxquels son imagination ne l’aurait pas préparé, et, certainement asphyxié par un souffle largement supérieur au sien, il se serait dirigé, titubant, vers sa barque. Je sais comme il est simple de remporter la griffe du plus cruel prédateur de tout monde. Je sais comme il est aisé de frapper là où cela fait mal ; je sais tuer un homme avec mes poings, et plus je sais que c'est plus difficile qu'avec mes mots. Je sais comme toute cette prédation ne trouve de repos que dans la fuite vers un autre biotope à malmener ; au strict usage de la force, on perd tous un jour parce que nous déclinons tous selon les lois organiques. Il n'y a que la Beauté qui peut motiver, par pur égoïsme, à assurer sa survie sur plus long terme. Il n'y a que par la Beauté qu'on peut espérer de vivre dans le confort esthétique ; s'il fallait des arguments égoïstes au fanatisme de la Beauté.
Et ce n’est pas la réalité de l’aventure humaine : ce n’est que sa compensation, pour ceux qui n’emportent pas le suffrage de la Beauté, et soupirent après elle sans pouvoir l'effleurer en esprit. N’est-il pas plus simple, n’est-ce pas évident, de blesser quelqu’un ou de le vexer que de l’élever à lui-même et lui ouvrir les bras sur le monde ?
Je prends le temps d’écrire quelques lignes à son sujet parce que je prédis qu’il ne sera pas le seul de son engeance à passer ici. Je prends le temps d’écrire quelques lignes à son sujet afin que cela soit dit pour tous ses semblables. Je ne suis pas, moi, de la classe des aspirants à vos méchancetés. Je n’ai aucun appétit pour le snobisme, la violence, je ne confonds pas la liberté et la brutalité, la connaissance et le mépris. J’épanouis chacun de mes vers et chacune de mes phrases au souffle de l’amour de mon prochain. Il n’y a rien de plus important pour moi que les rituels qui rassurent, qu’il s’agisse de rassurer mes proches ou moi-même. J’aime infiniment faire les gestes de la paix et je ne vois dans le conflit que les investissements et les mouvements de la vanité. J’ai dit, dit et trois fois dit comme la polémique, le conflit ou l’humiliation étaient des plaies de l’humanité dont je voudrais me faire l’éternel médecin. J’ai dit quatre fois que je m’élevais, et que je m’élèverai toute mon existence d’écrivain contre ces arsenaux militaires qui ne font pas l’éloge de la Beauté, et ne poursuivent pas les quêtes immortelles des grands poètes. Je suis revenu sur ma décision à propos du commentaire de ce triste monsieur.
Tout d’abord, je l’avais laissé, et tout un chacun pouvait l’apercevoir à la fin de mon article sur le rire philistin comme déni de la réalité. Et puis il m’est apparu, une dizaine d’heures plus tard, que cet agresseur ne disait rien de vrai dans son estoque. Donc rien d’intéressant. Il me parlait d’un groupe Facebook où on ricanerait de mon article — j’ai cherché, je n’ai pas trouvé — à côté d’un texte ou d’une pensée de Monsieur de Villepin — j'ai cherché, je n'ai pas trouvé. Il mêlait donc à l’insulte le mensonge et tout ça à fort peu de frais. Il ne m’en fallut pas beaucoup pour imaginer, et comprendre, qu’il ne pouvait pas avoir lu mon article et posté un tel commentaire plein de bile et de rancoeur. J’ai donc archivé son commentaire — et non supprimé — qui n’était le fruit que d’une lecture en diagonale où il a vu uniquement ce qu’il a voulu. Et se justifiait donc son intervention par une volonté de faire sa publicité ; quelle tristesse, quelle pauvreté que d'aimer se vendre ainsi ! J'ai de la peine pour tous ceux qui lui ressemblent ou se déclarent des futurs Zemmour. Pourquoi préférer la vocation de méchant petit roquet à celui, majestueux et noble, au moins en tentatives, à Louis Aragon, Proust, Nietzsche ou Larbaud ? Autant d’âmes tournées vers le combat, et les petites heures.
Je crois d’une façon générale que je suis l’ennemi héréditaire de son engeance. Je crois que je combattrai toute ma vie d’écrivain, qui ne fait que commencer, des hommes comme lui. Non pas que je porterais le combat contre eux mais qu’ils enverront inlassablement leurs haines et leurs fiels se briser contre les phares inébranlables de ma pensée. J’ai lu sur ce garçon et je me suis rendu compte qu’il avait une existence misérable, toute conçue entre fantasmes et réalités pathétiques. Alors, qu’aurait fait n’importe quel homme libre jouissant de sa raison, de son intelligence et de son génie ? J’ai pardonné. J'ai d'autant plus pardonné qu'il ne me touche pas.
Il ne convient pas que je descende dans son enfer où la frustration, la vanité et l’échec de l’expérience de l’autre le brûlent à chaque seconde mille fois plus que la précédente. Je n’ai pas encore assez levé la main contre les polémiques et la voix contre leurs polémistes. Je n’ai pas rendu assez clair mon refus de perdre temps, talent et souffle à des choses petites et viles. Sans savoir qui c’était, et piqué dans ma curiosité, je lui avais envoyé un mail dont je ne suis pas peu fier. Il disait notamment « C'est pathétique, les gens qui cherchent à blesser. Je sais où je serai à votre âge, contrairement à vous. Je vous laisse à votre passion des conflits. » J’usais du bon sens du mot « pathétique », et n’y avais mis ni condescendance, ni mépris. Rien que de la compassion. Et ma compassion m’a fait écrire cet article. Parce que je suis le corps aux milles plaies, qui ne cesse jamais de saigner, qui ne cesse jamais de souffrir, mais qui vit pourtant, immortellement régénéré, au souffle gros comme celui de mille tempêtes. Je suis à la fois le corps du Julius Caesar de Joseph Mankiewicz et celui de Cassius ET celui de Brutus. Je vis heureux d’avoir la chance de mériter les insultes de gens tels que lui. Ils ne m’intéressent pas. Pas plus que m’intéressent ceux qu’ils croient leurs ennemis et dont ils ne sont que le revers, les gens festifs, les gens aux slogans tels que « Happy is new Chic », les gens dont Muray fait la chronique avec humour et la tendresse de son combat, tous ceux qui n’ont pas la générosité qu’ont ceux qu’ils blessent en se croyant exister par l’écoulement de leurs sangs. Ils sont les pendants ténébreux trop dark des kikoolol. Ce sont des kikoolol-garous.
Messieurs les méchants, je vous le dis : vous ne m’attraperez jamais. Messieurs les polémistes, je vous suis tous supérieur en puissance, en vitalité, en génie. Enfin, Messieurs les inélégants, votre violence hagarde témoigne d’un état que je déplore et vous rend incapables de comprendre ce dont je témoigne, moi. Ne remettez plus les pieds ici, je ne le permettrai pas une seconde fois, et vous ne possédez rien qui soit trop grand pour moi, et vous êtes trop fait de ce qui est trop petit pour moi.
Messieurs les kikoolol-garous, donnez moi la paix et laissez moi à l'ouvrage de ce dont vous êtes incapables ; vous aiderez déjà notre espèce, dont vous faites partie malgré vous, celle des écrivains.
Écrit fin 2012.