Le passé simple ? Qu'est-ce que qu'on en a à foutre...

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Lioubov
29 décembre 2017 à 07:38
Les validateurs de Xstory se posent souvent cette question : « Pourquoi beaucoup d’auteurs du site commettent-ils d’énormes fautes lorsqu’ils conjuguent le passé simple ? » Ils omettent (pour les verbes du premier groupe) le « i » final, et écrivent « je mangea, je bougea » au lieu de « je mangeai, je bougeai ».

J’ai enfin trouvé la réponse à la question : « Le passé simple ne s'apprend plus qu'aux troisièmes personnes du singulier et du pluriel en début de collège. »

Le passé simple serait-il un temps en voie de disparition ?

Après la perte du subjonctif (au cours des années cinquante), le passé simple est lui aussi en train de disparaître de la langue française ; la fin du passé simple, c'est la perte d'une nuance de l'esprit.

Comme le russe ou l'arabe, la plupart des langues du monde ne distinguent que trois temps : le passé, le présent, le futur. À leur différence, la temporalité des langues romanes – et notamment celle de la langue française – s'attache à situer le sujet parlant dans des situations temporelles de haute précision, comme le futur antérieur ou le plus-que-parfait, qui permettent des nuances, des analyses, d'une subtilité précieuse. Telle est la grande découverte – la grande difficulté, aussi, pour les enfants comme pour les étrangers qui apprennent notre langue – que font par exemple les Asiatiques en apprenant le français : qu'il y a DES passés différents, alors que le passé dans les langues idéogrammatiques ne se déduit que du contexte.

La Chanson de Roland, écrite en l'an mille, rapporte des faits qui ont eu lieu deux siècles auparavant : le passé simple permet de fournir, même dans un récit au présent un imparfait à l'intérieur du passé : « Alors pleurèrent cent mille chevaliers. »

Le passé simple est une pensée de la temporalité par une communauté élaborée pendant mille ans, c'est-à-dire une vision anthropologique particulière et, par extension, une question de civilisation. En ce sens, la disparition du passé simple n'est pas dissociable de la disparition des autres temps de la conjugaison, plus-que-parfait et futur antérieur à l'indicatif, et totalement au subjonctif.

L'Éducation nationale serait une des responsables de la disparition du passé simple ?

Pour des raisons politiques, l'Éducation nationale, depuis le collège unique, avec des ministres idéologues comme Jospin et Vallaud-Belkacem, ignorants militants de la langue française, y a participé. De plusieurs façons : en n'enseignant plus la langue française à travers sa littérature (mais par des articles de presse, de la littérature jeunesse, voire du rap) et en réduisant le nombre d'heures d'enseignement du français. L'association Sauver les lettres a montré qu'un enfant scolarisé aujourd'hui reçoit, rien qu'en primaire, 630 heures de français de moins qu'un enfant des années 1960.

La ministre Vallaud-Belkacem, en déclarant que « la grammaire est négociable », est assurée de casser le logiciel même de la langue française en deux générations.

À l'heure d'Internet et des intelligences artificielles, le passé simple a-t-il encore sa place ?

Le monde numérique implique la rapidité des échanges et la réduction des messages. Et la dimension virtuelle confond par principe le fait et l'hypothèse, c'est-à-dire ne distingue plus entre le fait et l'hypothèse, entre l'indicatif et le subjonctif. Cette temporalité approximative se substitue à la précision des temps de langue française évoqués, de même que l'imparfait et le passé composé écrasent les autres nuances temporelles. Cela relève d’une sorte de « réchauffement sémantique », passage d'une langue « froide », analytique et précise, à une langue « chaude », approximative et supposée plus rapide, phénomène par lequel la langue française tend à imiter l'anglais.

Le passé simple, comme l'imparfait du subjonctif, (« Lola n'avait plus qu'à goûter les beignets avant qu'on les expédiât… », Céline, Voyage au bout de la nuit) paraissent des nuances trop compliquées pour des sociétés saisies de rapidité et dépourvues de précision.

Quelles seraient les conséquences d'une disparition totale du passé simple ?

La perte du passé simple, dans l'usage comme dans l'apprentissage, coupe les générations à venir de leur histoire littéraire, en l'occurrence du plus grand trésor de littérature que constitue la littérature française ; elle oralise la langue, c'est-à-dire qu'elle prépare le français à devenir une langue comme toutes les autres, et donc moins attractive ; on apprenait la langue de Molière pour lire Rimbaud ou Proust, pas pour dire booster, checker, liker…

Plus grave encore, la perte du passé simple, après celle du subjonctif, c'est surtout pour chaque locuteur la perte d'une nuance de l'esprit, d'une précision fine, la perte de ce que l'on appelle l'heuristique : la capacité de mettre au point sa propre pensée.
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Le templier5466
29 décembre 2017 à 08:32
Bravo
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zaedor
29 décembre 2017 à 10:50
As tu fait des investigations pour affirmer tout ceci ? Non parce que c'est vrai que ma période collège remonte à plus de 10 ans mais j'ai eu une soeur bien moins âgé que moi et quand je l'aidais à apprendre son Français ils ne se limitaient pas à la 3eme personne du singulier et du pluriel ^^

Je te confirme également qu'il y a une quantité astronomique de livres ennuyeux à mourir à lire et dont on doit toujours interpréter le sens caché dont je doute encore que l'auteur en avait conscience au moment où il l'a écrit :p

Je pense que l'explication à donner n'est pas à l'école mais aux médias : déjà les enfants de notre époque (ça fait vieux con de dire ça ^^) ne jurent que par la télévision où youtube et placent en modèle des potiches sans rien dans la cervelle (nabila et compagnie) qui sont pour eux des modèles à suivre et qui parlent aussi bien Français qu'un russe qui aurait étudié notre langue 3 semaines. Alors sans dire que l'éducation n'y ai pour rien (et d'ailleurs à ce sujet j'incriminerais bien plus les professeurs que les politiciens grâce à mon expérience de toute une scolarité où sur la centaine de profs que j'ai vu défiler 99% s'en foutaient des élèves et n'étaient là que pour les vacances scolaires ainsi que les heures de boulot inférieur à 20h par semaine), je pense que, comme pour X-files, la vérité est ailleurs ;)
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Lioubov
29 décembre 2017 à 11:39
As tu fait des investigations pour affirmer tout ceci ?

Ce n’est pas moi qui tiens ces propos, mais quelqu’un de beaucoup plus qualifié : Alain Borer (poète, critique d’art, essayiste, romancier, dramaturge, écrivain-voyageur, professeur-invité à l’université de Los Angeles, spécialiste mondialement reconnu d’Arthur Rimbaud) dans un entretien paru dans Le Point le 19 décembre et intitulé La fin du passé simple, c’est la perte d’une nuance de l’esprit.
[...] sur la centaine de profs que j'ai vu défiler 99% s'en foutaient des élèves et n'étaient là que pour les vacances scolaires ainsi que les heures de boulot inférieur à 20h par semaine).

Je fais partie de la génération qui a précédé la tienne, Zaedor. Pour, ma part, je n'ai jamais connu que des instituteurs (de 1952 à 1957), puis des professeurs (à partir de 1957) qui considéraient leur métier comme un sacerdoce, en dignes héritiers des Hussards noirs de la République.

O tempora, o mores !
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yannlakeu
29 décembre 2017 à 11:52
Bel article, tellement vrai. On n'enseigne plus le passé simple, je confirme. Jugé désuet, compliqué donc élitiste... Quelques profs font de la résistance et c'est tant mieux. Quand au subjonctif, n'en parlons pas ! Il est pourtant encore très utilisé en espagnol.

Merci Lioubov pour cette belle leçon de français et pour ton amour de la langue. Bravo !
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Utilisateur supprimé
29 décembre 2017 à 11:55
Le passé simple est, à mon avis, un des temps le plus important dans la description d'une action. Associé à l'imparfait il rythme l'action, est-elle longue ou courte, et, est-elle associée à une autre ?

Notre langue est compliquée, et aussi difficile à écrire ; je me bats tous les jours avec elle pour essayer de sortir des histoires à-peu-près correctes.

Pour moi, le respect des temps est essentiel, autant que la ponctuation ; je trouve tout ceci encore plus difficile à gérer, mais je m'accroche, et pardon pour les bourdes !

Pat ;)
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antonin mordore
29 décembre 2017 à 15:42
Sic transit gloria mundi ! Ainsi passe la gloire du monde !

Tout à fait d'accord avec vous...et encore le problème du passé simple est -il encore bénin par rapport aux ravages de la syntaxe chez les nouvelles générations ...quant à l'orthographe...

J'avoue que depuis que je suis sur le site , mon orthographe a considérablement évolué...
Ne serait-il pas judicieux de faire travailler les classes du secondaire sur les textes de X-story ...pas avant la terminale évidement , sinon M. Admin va s’étrangler !

Vu les contenus, les jeunes seraient peut-être plus motivés que par les textes de Balzac ou Zola ?!
Je ne vais pas vous mettre les XD, LOL et autres :D et :) de rigueur , tout le monde aura compris le fond de ma pensée !

En tout cas très bel article de M. Loup, que j’approuve à 100%
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Utilisateur supprimé
29 décembre 2017 à 15:49
Ne serait-il pas judicieux de faire travailler les classes du secondaire sur les textes de X-story ...pas avant la terminale évidement !

Appelle Jean-Michel Blanquer tout de suite ! :lol:

Pat ;)
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pulzer
29 décembre 2017 à 17:19
Pour ceux qui ont connu, le Club des Cinq va entièrement être réédité, conjugué au présent. Alors que les bouquins de notre enfance étaient écrits au passé simple et imparfait.
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zaedor
30 décembre 2017 à 21:32
Je fais partie de la génération qui a précédé la tienne, Zaedor. Pour, ma part, je n'ai jamais connu que des instituteurs (de 1952 à 1957), puis des professeurs (à partir de 1957) qui considéraient leur métier comme un sacerdoce, en dignes héritiers des Hussards noirs de la République.

Je ne peux que t'envier sur ce point. Enseigner sans passion (voir parfois, avec dégoût) c'est le meilleur moyen d’écœurer les élèves : comment peux tu apprécier la manière qu'on t'enseigne si l'enseignant lui même n'aime pas ce qu'il fait ? ça me dépasse.

Y a des pays en scandinavie (la norvège ou la finlande je ne sais plus) dans lesquels tu peux licencier un professeur incompétent. Je me rappel d'ailleurs d'une interview du professeur le mieux noté d'une école la bas qui se demandait comment on pouvait avoir une éducation correct en France si les professeurs l'étaient a vie sans possibilité de licenciement et que lui même ne serait pas autant investi dans son travail si "ça ne comptait pas" car il estimait que les évaluations des professeurs étaient un vrai moteur pour lui afin de jauger de la qualité de son travail.
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Utilisateur supprimé
30 décembre 2017 à 21:55
La triste réalité est que nous allons vers un nivellement par le bas.
Ce qui devient difficile est supprimé, pour ne pas faire de différences, vive l'égalité dans la bêtise et l'ignorance!

Si au passage la Culture est sacrifiée certains diront juste que c'est du modernisme et qu'il faut vivre avec son temps.

Quelques autres exemples :

- dans les années 80 une copie d'histoire bourrées de fautes valait au mieux un 5/20, aujourd'hui quand je lis les copies de mon fils de 12 ans je m'étrangle et ne comprend pas que son orthographe ne soit pas sanctionné.
- en 1988 avec un bac d'enseignement général nous savions écrire dans un français correct, aujourd'hui ils doivent mettre en place des cours de soutien dans les universités pour remonter le niveau!

Et le pire est encore à venir :
savez vous que certains Etats des USA ont abandonné l'apprentissage de l'écriture pour passer au tout numérique. Or ce qui fait la différence entre pré-histoire et histoire c'est justement l'écriture.
Contrairement aux croyances modernes le stockage numérique résistera bien moins au temps qu'un papyrus ou une tablette d'argile....
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Lioubov
31 décembre 2017 à 07:59
Dans les années 50, le certificat d’études primaires comportait une dictée (de 100 à 150 mots), notée sur 10 ; le zéro était éliminatoire. Chaque faute grammaticale coûtait 2 points. Les fautes d'orthographe enlevaient 1 point, et les fautes d’accents ½ point.

D’après ce que je vois passer en phase de validation, je m’aperçois que beaucoup d’adultes d’aujourd’hui seraient incapables d’obtenir ce diplôme que les gamins passaient à l’âge de 11 ans !
Soyez respectueux
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Utilisateur supprimé
31 décembre 2017 à 09:30
Sur ce coup là, je vais me faire l'avocat du diable :

Si je parle de moi, je dirais simplement qu'écrire est devenu presque une passion ; après des années de travail technique. Ma scolarité s'est arrêtée après le BEPC en 1970, et on m'a fait embrassé une courte carrière militaire et ensuite j'ai décidé de faire une carrière technique et passionnante.

Tout ceci pour dire que je n'ai pas écrit ni beaucoup lu, par manque de temps et d'envie durant toutes ces années d'activité. Je préférais de loin préserver le bien être de ma famille en leur offrant, entre autre, un logement décent et agréable à vivre.

Maintenant j'ai du temps et j'écris, et comme beaucoup sur ce site avec difficulté. Dur de maîtriser notre langue après tant d'année ; mais avec beaucoup d'efforts j'y arrive (à peu près ).

Certains auteurs demandent aide et conseil, et j'ai été très agréablement surpris par la teneur de l'échange extrêmement intéressant entre Axe1169, Doogy et Matchess, qui change des critiques cinglantes qu'on peut parfois lire.

Après c'est à chacun de faire des efforts. Sur les conseils de Lioup je me suis acheté un BLED, sur ceux de Doogy, j'ai commande le livre de Stephen King : "Écrire : mémoire d'un métier". Le plaisir est grand lorsqu'un texte non corrigé par personne passe la validation ! C'est à ce que je veux arriver.

Maintenant pour rejoindre Lioup, il est vrai que de lire des textes écrits par des jeunes à peine sortis du lycée, et dans un français très approximatif fait peur.

En conclusion, je pense qu'il faut être tolérant envers ces adultes qui peinent à écrire à peut près correctement. Chacun est différent et tout le monde n'a pas le même bagage intellectuel et puis nous sommes sur un site de cul où chacun exprime ses fantasmes ...

Pour l'année à venir, je souhaite à tous une bonne et heureuse année, pleine de belles choses.

Bon réveillon à tous !

Pat ;)
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Robb Dusset
31 décembre 2017 à 11:28
Je tiens à dire que vos témoignages et vos positions sur le sujet sont tous très intéressants à lire : vous fîtes ce que vous pûtes, et vous m’épatâtes. Comme quoi ce site regorge de bien des surprises ! Je me permets de réagir sur les points avec lesquels je ne suis pas forcément d’accord.

Le subjonctif (imparfait) a disparu => on peut jouer sur les mots, mais à mon sens il n’a pas cessé d’exister puisqu’il est encore employé dans de nombreux ouvrages. Il est simplement rendu désuet, comme beaucoup d’autres temps/mots/expressions, et c’est aussi ce qui leur donne un cachet si particulier. En plus de son usage « normal », l’imparfait du subjonctif peut servir à illustrer un propos soutenu ou pédant par exemple. Une nuance qu’il n’aurait pas s’il était d’usage courant…

Le passé simple est en voie de disparaître => il me semble que c’est une prédiction très pessimiste et alarmiste de la situation actuelle. Ce n’est pas parce que les gens font plus de fautes sur le passé simple par rapport à l’imparfait qu’on peut en déduire un désintérêt pour ce temps. Les raisons peuvent être différentes : notamment car le passé simple est inusité à l’oral/SMS/mails contrairement à l’imparfait les gens sont donc moins habitués à l’utiliser. En outre, la conjugaison à la 1ère personne du singulier est assez piégeuse il faut bien l’avouer (cela m’arrive hélas très souvent de commettre la faute !).

On n’enseigne plus la langue française à travers la littérature => à travers mon expérience personnelle, qui remonte à plusieurs années, je ne cautionne pas cette affirmation, j’ai pour ainsi dire du mal à me souvenir de l’étude d’un texte qui ne soit pas de la littérature française. Quand bien même, il faut bien se rendre compte que les grands classiques n’ont pas été écrits pour un public de collégiens, mais pour des personnes qui vont faire la démarche personnelle de lire. Une lecture forcée, même des « meilleurs » ouvrages, est bien souvent inféconde. Dans ce sens, essayer d’intéresser les jeunes à la lecture via des textes qui les concernent n’est pas forcément une idée à jeter ; il est probablement question d’un savant dosage. L’analogie est exactement la même pour la musique : il n’y a pas de meilleur moyen d’imprimer des préjugés à vie dans l’esprit des enfants sur la musique classique qu’en leur faisant pratiquer cet instrument du diable qu’est la flûte à bec.

La société numérique tend à faire disparaître le passé simple => d’une part c’est vrai, car sur la somme de textes qui sont écrits quotidiennement, une grande majorité ne fait pas usage du passé simple (articles, messages divers, réseaux sociaux, etc.), et d’autre part c’est faux puisque l’information n’a jamais été aussi accessible (e-books, archivages décentralisés, bibliothèques numériques, Xstory, etc.).

Enfin, je rejoins la remarque d’Antonin, ce qui manque dans les salles de classe, ce n’est pas de la lecture, mais de l’écriture. C’est bien en écrivant qu’on se rend compte (ou pas !) des fautes que nous faisons, et de la qualité (ou pas !) de notre syntaxe. C’est aussi par se biais qu’on se découvre (ou pas !) un talent ou un simple intérêt pour l’écriture, la curiosité et le dépassement de soi feront le reste. L’écrit d’invention est bien trop peu mis en avant dans les programmes et dans les examens. Au lieu de ça, on nous demande de disserter sur un poème écrit entre deux prises d’opium…

Allez, bonnes fêtes à tous !
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Zeltron
31 décembre 2017 à 13:10
Une lecture forcée, même des « meilleurs » ouvrages, est bien souvent inféconde. Dans ce sens, essayer d’intéresser les jeunes à la lecture via des textes qui les concernent n’est pas forcément une idée à jeter ; il est probablement question d’un savant dosage.

C'est très vrai. Par expérience, on nous a fait étudier Au Bonheur des Dames de Zola en Troisième, dont le simple quatrième de couverture m'a découragé de lire, et son étude pendant un mois ou deux avec des extraits m'a complètement refroidi, au point qu'en Seconde, lorsqu'il a fallu étudier La Bête Humaine (avec un autre professeur), je ne voulais pas même en essayant un peu.

En revanche, en cette même année de Seconde, on nous a fait étudier Bug-Jargal que Victor Hugo avait écrit à 16 ans, et là ça m'a beaucoup plus transporté (même âge, un style un peu maladroit/prévisible mais qui parle et qui ressemble au lectorat), et ça m'a donné envie de lire Le Dernier Jour d'un Condamné sur le même bouquin, que j'ai dévoré en deux jours, puis un peu après, ça m'a donné envie de lire Notre-Dame de Paris et rendre Victor Hugo très appréciable dans son style, là où Zola était lourd dans les descriptions et le manque d'action.

Tout ça pour dire qu'effectivement, de peur que "les jeunes" ne se désintéressent des auteurs classiques s'ils ne les étudient pas, on les gave trop tôt de contenu trop complexe (dans l'écriture, mais aussi le contexte politique/social de l'époque), ce qui finit par les dégoûter.

Il est vrai aussi qu'il y a des professeurs qui ne sont pas passionnés, qui font ce métier parce qu'ils n'ont rien d'autre, ou qu'ils aspiraient à plus mais qu'ils n'ont pas pu l'atteindre.
Le problème, c'est qu'on ne peut pas comparer notre situation avec celle des pays scandinaves (qui sur tous les points paraissent si parfaits), car il n'y a pas du tout la même population tant au niveau de la variété que de la quantité. Notre système scolaire est loin d'être parfait, mais est-ce que les classes de Norvège sont pleines de 30-35 élèves à maintenir intéressés et calmes pendant une, deux ou quatre heures ? De plus, il y a un manque croissant de professeurs, le métier ne faisant plus rêver (profession non reconnue, élèves insolents soutenus par leurs parents, préjugés sur la "fainéantise" de ce métier parce que "il n'y a que les horaires de cours et ils ont les vacances", alors qu'étant fils de prof je peux garantir qu'on est TRÈS LOIN ce cette "planque" tant fantasmée par la société, voire l’État !).

Au final, non seulement on a de mauvais profs diplômés avec beaucoup moins de rigueur, mais en plus c'est que nous n'avons pas le choix. Le jour où le professeur sera de nouveau maître de la classe, donc pourra punir les élèves sans craindre de représailles de la part des parents (ou de l'élève lui-même), on pourra avancer. Mais l'individualisme à outrance (c'est moi qui ai raison, je suis un génie incompris, ce n'est pas ma faute, la société s'acharne sur moi etc.) permet difficilement d'aller dans ce sens...
Modifié 31 décembre 2017 à 13:19
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