[Introspection] - L'imagination au service du bonheur
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GakaMadria
29 avril 2024 à 23:08
Bonsoir,
Votre vie est morose, placide, vague. Vos jours se ressemblent mais seuls restent les doutes et les angoisses qui se pavanent et qui apportent, parfois, cette surprise... Cette surprise que l'on attendait plus et qui nous fait murmurer à demi voix :
<<C'est arrivé.
Et si c'est arrivé, que reste-il à deviner ?>>
Et si cette phrase vous fait tenir, si elle vous permet d'espérer qu'un jour des frissons animent à nouveaux vos épaules courbées, et que peut-être une rencontre, ou un inattendu événement, vous fasse rattraper ce que vous avez perdu : le temps. Alors c'est qu'elle est concrète, tangible, véritable.
Et cette phrase prends son sens quand on se pose la question qui me trotte dans la tête depuis un petit instant :
<< L'imaginaire permet-il de se construire ? Permet-il de goûter aux émotions qu'une vie banale n'apporte pas toujours ? >>
Entre solitude et lâcheté, peu se permettent d'accomplir leurs rêves, certains même naissent trop tard, ou trop tôt, et ne peuvent ni sillonner les Caraïbes à bord de grands voiliers, ni vibrer au décollage d'une fusée en direction d'un ailleurs idéalisé.
D'autres encore échouent, et perdent tout, liquidités, confiance, amis, santé.
Mais tous se l'imaginent : ce rêve doré.
Quelques-uns même en font, sous forme de roman, le serment : leur rêve perdurera. Comme Jules Vernes, Simmons ou Dumas.
Mais alors en écrivant ces jolis bouquins n'ont ils pas voyagé ? Quand Leary et Ken Kesey prenaient du LSD, ne vivaient-ils ces orgasmes qu'à moitié ? N'y a t'il pas moyen en l'imaginant assez fort, d'être heureux de ce que l'on a pas ? Comme l'onaniste exultant, qui se serait enivré de passion à la simple idée d'une sensuelle pensée ?
N'y a t'il pas moyen en l'imaginant assez fort, d'être heureux de ce que l'on a pas ? Comme l'onaniste exultant, qui se serait enivré de passion à la simple idée d'une sensuelle pensée ?
Mais clairement oui !
Je ne sais pas comment vous vivez les mots, vous autres... comme un divertissement ? comme un plaisir ?
Moi, je les vis comme une jouissance, lorsqu'ils sont assez forts.
Tel Neo dans la matrice, une fois plongée dans la lecture (ou mieux, dans l'écriture), la chose me parait aussi vraie que ce qui l'est.
Ayant pratiqué des rêves plus vrais que la réalité, je peux vous dire que le cerveau a tout pouvoir de nous faire vivre ce qu'il veut. L'expérience de pensée du "cerveau dans la cuve" est loin d'être absurde.
GakaMadria
30 avril 2024 à 07:42
Et est ce suffisant pour atteindre le bonheur ?
Une mère imaginant son fils vivant la belle vie peut elle se satisfaire de cette réalité quand bien elle resterait à la maison ?
Un hikikomori peut il vivre convenablement en lisant des mangas et en s'évadant dans des jeux vidéos complétant ses interactions sociales ?
Gascon
30 avril 2024 à 07:49
Et est ce suffisant pour atteindre le bonheur ?
Qu’est ce que le bonheur ? Vous avez 3h 1 copie double minimum 🤓
cocolst
30 avril 2024 à 08:06
Et est ce suffisant pour atteindre le bonheur ?
Qu’est ce que le bonheur ? Vous avez 3h 1 copie double minimum 🤓
Ben, vous tous, évidemment.
Wedreca
30 avril 2024 à 08:11
Et est ce suffisant pour atteindre le bonheur ?
Une mère imaginant son fils vivant la belle vie peut elle se satisfaire de cette réalité quand bien elle resterait à la maison ?
Un hikikomori peut il vivre convenablement en lisant des mangas et en s'évadant dans des jeux vidéos complétant ses interactions sociales ?
Alors, pour atteindre le bonheur absolu, il faudrait que la "simulation"... "stimulation"... soit absolue. Sans parler de la partie du corps que nous laissons dans le mon physique et qui doit être entretenue.
Je dirais, de manière plus réaliste, que la qualité du bonheur généré est alors proportionnelle à la qualité de l'immersion.
J'ai déjà pleuré devant un livre... ou rigolé... et pourtant je n'étais que devant des bouts de papier avec de l'encre dessus.
cocolst
30 avril 2024 à 08:17
... Euh... ça me rappelle que j'ai eu 6/20 au bac de philosophie.
differentpulses
30 avril 2024 à 08:33
Je ne suis pas certain d'avoir saisi toute l'essence de la question. Désolé si je fais un hors sujet. La littérature et le cinéma m'ont fait vivre de véritable bonheur par procuration, oui. J'ai un peu vécu par procuration la vie de Xavier dans la trilogie puis la série de Cedric Klapish (l'auberge espagnole, les poupées russes, casse-tête chinois, salade grecque). Chaque volume sortait avec une correspondance entre l'âge du héros et le mien si bien que j'ai un peu été cet étudiant en Erasmus puis cet écrivain aux multiples aventures sentimental. Est-ce que je suis frustré de ne pas l'avoir vécu moi-même? Mais j'ai le sentiment de l'avoir vécu.
Cela pour le "réel", mais que dire de la littérature SF? J'ai pu vivre sur Mars ou dans des vaisseaux allant jusqu'aux confins de l'univers. Je ne peux que m'en satisfaire puisque je n'aurai pu le vivre autrement.
Pour ce qui est de la littérature érotique, cela devient plus compliqué. La frustration serait trop grande si je n'avais pas ressenti physiquement les plaisirs avant de les voir couchés sur le papier.
GakaMadria
30 avril 2024 à 10:16
Salut pulse,
Ravi de te rencontrer !
Tu as formidablement exposé ce dont je voulais parler, c'est absolument pas hors sujet ! Très intéressant ! Je suis d'accord avec toi.
toutendouceur
1 mai 2024 à 08:40
Alors on regardait les bateaux
On suçait des glaces à l'eau
On avait le cœur un peu gros
Mais c'était quand même beau
A mon âge, je conçois d'avantage le bonheur comme la fortune des interactions sociales. Une nostalgie heureuse, une joie profonde de prolonger les moments de partage avec ma femme, mes enfants, mes amis, ...
Si nous salivons, ou même pire, si nous cultivons les appétences pour l'immensité des plaisirs, imaginons sans cesse, concevons dans les moindre détails, au point de les rendre surréalistes et inaccessibles, c'est pour une raison tres simple.
Nous sommes doués du désir. Nous eprouvons du plaisir à ne pas encore avoir. Nous pouvons même augmenter ce plaisir en faisant durer l'attente, voir en évitant toute réalisation.
D'un point de vue comportemental, cette capacité animale est indispensable pour accepter l'ordre social, pour s'épanouir par procuration, trouver son salut dans le respect et la reconnaissance.
Le dominant, le sage, le dieu ou le héros grec interprèté, le roi, le mania, ..., que nous pourrions jalouser, sont des figures que nous acceptons car ils nous permettent d'imaginer et de désirer une vie meilleure.
Petite digression pour dire que nous avons nécessairement conscience de notre position sociale et que le bonheur ne peut se concevoir sans l'évaluer.
Nous aurions tort de nous priver de cette procrastination, y compris quand elle nous amène dans les méandres de la luxure, dans le fantasme absolu.
Cependant le sentiment de réalisation ne se contente pas de la fiction. Il se nourrit d'acquis, bassement materialistes, mais bien mieux encore, de liens intimes avec les autres.
Des imaginaires heureux qui se sont materialisés dans des tranches de vie. Un partage, une expérience commune, qui a beaucoup plus de sens et d'importance que des millions de lubies.
Modifié
1 mai 2024 à 08:44
DannyWilde
1 mai 2024 à 08:45
un texte qui résonne étrangement pour moi...
DannyWilde
1 mai 2024 à 09:00
Et est ce suffisant pour atteindre le bonheur ?
Une mère imaginant son fils vivant la belle vie peut elle se satisfaire de cette réalité quand bien elle resterait à la maison ?
Un hikikomori peut il vivre convenablement en lisant des mangas et en s'évadant dans des jeux vidéos complétant ses interactions sociales ?
le vrai sujet est ici. L'imaginaire devrait pimenter une realité trop banale, voire permettre de se projeter dans une réalité qui n'est pas encore mais qui adviendra. Quand il n'est QUE virtuel, je crains qu'il soit futile et creux, sur la durée...
Wedreca
1 mai 2024 à 09:28
... si je n'avais pas ressenti physiquement les plaisirs avant de les voir couchés sur le papier.
C'est pourtant ce qui m'est arrivé 😏...
... et j'avoue ne pas m'être beaucoup trompée 😋.
Gascon
1 mai 2024 à 09:48
L'imaginaire permet-il de se construire ? Permet-il de goûter aux émotions qu'une vie banale n'apporte pas toujours ?
N’est ce pas plutôt notre vécu et nos action quotidienne qui nous construisent ?
L’imaginaire, nous permet de s’évader d’une vie banal que nous nous sommes nous même construites autour de nous pour ne pas sortir de notre zone de confort. Par manque de courage ? Par peur de souffrir peut être ?
La souffrance, cette chose que nous tous fuyons et pourtant une information qui nous permet de nous sentir vivant.
Je vois beaucoup de jeune autour de moi qui rêve d’une vie meilleur, d’expérience enivrante et d’extase.
Mais au final, se perdre dans se monde aussi merveilleux qu’il soit je l’avoue, n’est il pas aussi la meilleur des façons de se torturer en ne s’autorisant uniquement qu’à titiller le bonheur dans nos pensée ?
Rêver c’est beau mais vivre c’est mieux 🤪
Bon allez, je vais me mettre à bosser au lieu de raconter des conneries 🤡
cocolst
1 mai 2024 à 11:04
L'imaginaire a son importance, elle permet aussi de se construire.
Petit, souvent, j'étais seul. Je ne m'ennuyais pas pour autant. J'aurais pu rester dans une pièce totalement vide tout en m'amusant. Je m'invitais des tas d'histoires de toute sorte.
Ado, j'ai fait un rêve intense dont je me souviens encore. Il m'a vraiment marqué. J'embrassais une femme dans une robe noir et portant un rouge à lèvre rouge intense, son corps était dur et froid comme de la pierre, mais son baisé était formidable. Au matin, et durant presque toute la journée, j'avais le goût en bouche de ce rouge à lèvre. Ouais, ça peut être complètement farfelu, limite à me foutre dans un asile. Je ne vous demande pas de me croire, mais c'est arrivé.
Jeune adulte, j'ai embrassé pour la première fois avec la langue. Et j'ai embrassé comme dans ce rêve. Ma petite copine a eu beaucoup de mal à croire que c'était ma première fois. Et tant mieux quelque part, ça voulait dire qu'elle avait bien aimé. Peut-être grâce à ça que cette relation a duré 3 ans.
Plus tard, adule, l'imaginaire m'a certainement sauvé de la dépression. Je me suis mis à écrire mes pensées, racontant dans mes histoires mes peurs, mes craintes, mes fantasmes, mes émotions. Mes textes portent mon état émotionnel du moment : violent, heureux, triste, excité. Ceux qui me suivent, qui ont lu, ont certainement détecté que d'un chapitre à l'autre la narration à une connotation très différente.
L'imaginaire a ainsi chez moi une place primordiale, me permettant de me libérer de plein de choses. Et si je ne vis jamais dans la vraie vie certains fantasmes racontés, ben ce n'est pas grave.
Voilà voilà... désolé de vous avoir embêté.
Bonne journée.
DannyWilde
3 mai 2024 à 08:18
merci pour ce temoignage Cocoist,.J'aime bien quand ce forum propose des thématiques qui vont au dela du sujet des fantasmes.
GakaMadria
7 mai 2024 à 08:42
Très intéressant témoignage Coco !
Merci pour le partage,
Quand tu dis que l'imagination t'a sauvé de la dépression c'est vraiment sur ce genre de témoignages que je voulais mettre la main.
Pour beaucoup la vie ne doit pas être facile, et j'imagine que les rêves aident à garder espoir ou à se réconforter.
Votre vie est morose, placide, vague. Vos jours se ressemblent mais seuls restent les doutes et les angoisses qui se pavanent et qui apportent, parfois, cette surprise... Cette surprise que l'on attendait plus et qui nous fait murmurer à demi voix :
<<C'est arrivé.
Et si c'est arrivé, que reste-il à deviner ?>>
Et si cette phrase vous fait tenir, si elle vous permet d'espérer qu'un jour des frissons animent à nouveaux vos épaules courbées, et que peut-être une rencontre, ou un inattendu événement, vous fasse rattraper ce que vous avez perdu : le temps. Alors c'est qu'elle est concrète, tangible, véritable.
Et cette phrase prends son sens quand on se pose la question qui me trotte dans la tête depuis un petit instant :
<< L'imaginaire permet-il de se construire ? Permet-il de goûter aux émotions qu'une vie banale n'apporte pas toujours ? >>
Entre solitude et lâcheté, peu se permettent d'accomplir leurs rêves, certains même naissent trop tard, ou trop tôt, et ne peuvent ni sillonner les Caraïbes à bord de grands voiliers, ni vibrer au décollage d'une fusée en direction d'un ailleurs idéalisé.
D'autres encore échouent, et perdent tout, liquidités, confiance, amis, santé.
Mais tous se l'imaginent : ce rêve doré.
Quelques-uns même en font, sous forme de roman, le serment : leur rêve perdurera. Comme Jules Vernes, Simmons ou Dumas.
Mais alors en écrivant ces jolis bouquins n'ont ils pas voyagé ? Quand Leary et Ken Kesey prenaient du LSD, ne vivaient-ils ces orgasmes qu'à moitié ? N'y a t'il pas moyen en l'imaginant assez fort, d'être heureux de ce que l'on a pas ? Comme l'onaniste exultant, qui se serait enivré de passion à la simple idée d'une sensuelle pensée ?
Je vous le demande tiens.