Syndrome de la page pas tout à fait blanche mais pas vraiment pleine
16
279
Valahad
25 septembre 2022 à 00:16
Bonjour à tous et à toutes,
J'ai une petite question pour vous autres, auteurs et autrices de ce site, dans la mesure où je me retrouve dans une situation qui doit, finalement, être relativement commune, et je me dis que d'autres ont réussi, d'une manière ou une autre, à régler ce petit problème.
Ainsi, il y a quelques mois, j'ai publié un texte ici, et il a été reçu assez favorablement. Plus favorablement, en tous cas, que ce que je m'étais imaginé (pour tout dire, je m'étais dit qu'il ferait parti de cette masse de texte avec un ou deux commentaires et quelques dizaines de "j'aime", ce qui est déjà très bien, d'ailleurs).
J'ai été très content de cet accueil, et j'ai commencé à me mettre au boulot pour que ce texte, bien seul, et donc bien triste, sur la page de mon profil, ai un petit frère ou une petite sœur pour l'accompagner, que ce soit sous la forme d'une autre histoire ou d'une suite à mon premier récit.
Oui mais...
Le problème commence ici. Quand j'ai écrit mon premier texte, je ne m'attendais à rien. Je l'ai écrit avec comme seule exigence que je le trouve bien. Là, avec un accueil légèrement supérieur à la moyenne, et des lecteurs qui m'ont dit "Ton histoire était très bien, et j'ai hâte de lire d'autre trucs de toi", et bien je me retrouve avec une petite pression qui me paralyse un peu. A chaque paragraphe que je termine, ou à chaque idée que j'ai, je me dis "Est-ce que c'est à la hauteur de ce que j'avais écrit avant ? Est-ce que ça va plaire autant que mon précédent écrit ?".
Ce n'est pas exactement un syndrome de la page blanche, dans le sens où j'ai des idées, où je sais où je veux aller et, globalement, le chemin que je veux emprunter. C'est vraiment un problème de forme. Je sais ce que je veux raconter, mais je n'ai aucune idée de comment "bien l'écrire" (si vous voyez ce que je veux dire). J'ai essayé de passer à d'autres textes, en me disant que je devais bloquer sur un récit et que j'y reviendrais plus tard, mais ça refait la même chose...
Bref, je suppose que ça a dû arriver à plein de gens, de se mettre une pression inutile. Et donc, ma question (on y arrive enfin, hourra !!!) est la suivante : si ça vous est arrivé, comment avez-vous réussi à dépasser cela et à ce que ça ne vous bloque pas ?
Sachant que les réponses "écris ce qui te plait, c'est ce qui compte", "les autres on s'en fout" et/ou "en vrai, prend pas la grosse tête gamin, car, en vrai, personne n'attend rien" ne sont pas recevable, car c'est, évidemment, des choses que je sais déjà, avec lesquelles je suis d'accord mais c'est une chose de se dire ça, s'en est une autre d'arriver à s'en convaincre et de le mettre en pratique.
Sur ce, j'ai déjà fait beaucoup trop long. Merci d'avance pour vos réponses (s’il y en a. Sinon, je serais un peu triste mais je le vivrai bien quand même car j'ai la chance d'avoir plein d'autre trucs dans ma vie ;) ).
Pour la part, comme en beaucoup de choses, j'aime laisser le temps. Laisser à mon cerveau le temps de travailler tout seul "en tâche de fond". Je ne sais plus où aller, je laisse faire, j'y repenserai plus tard et les idées (de fond ou de forme) seront arrivées.
Je suis un peu sur une phase similaire en ce moment. J'ai écrit deux chapitres et demi en trois jours, et depuis, plus rien. Je sais ce que je veux raconter, mais pas comment pour que ce soit élégant. Ça fait un mois que je n'y ai pas touché... j'y reviendrai plus tard, et ça ira mieux!
Pas une solution très pratique, rapide ou infaillible... je n'ai pas mieux personnellement ^^
Doogy Woogy
25 septembre 2022 à 01:21
Si tu veux écrire bien pour écrire bien, tu risques de te planter. Je te conseillerais plutôt d'écrire comme cela te vient. Quand tu seras arrivé au bout de ton chapitre ou de ta nouvelle histoire, laisse la décanter. Attaque le chapitre suivant ou une nouvelle histoire. Puisque tu sembles avoir de la matière, profite. Plus tu écriras, plus tu amélioreras ton style. Puis quand tu reliras et reprendras ta première "suite" tu bénéficieras de cette amélioration pour l'arranger.
Un des exercices auxquels tu peux t'essayer : tenter de réduire le nombre de mots en débusquant les phrases redondantes, les mots inutiles, chercher le mot qui signifie exactement ce que tu veux dire et qui en remplace avantageusement deux ou trois. Essayer de tourner tes phrases différemment. Utiliser un verbe à la forme active plutôt que passive, affirmative plutôt que négative. Traque les répétitions.
Un autre point pour améliorer son style : lire. En tenant compte de ce que les autres ont fait tu amélioreras naturellement ta manière d'écrire. Autre avantage, lire te permet de laisser ton histoire décanter.
Mais comme tu l'as dit toi même, la meilleure solution est d'écrire pour toi sans trop attendre des retours. Si l'histoire te plait elle pourra plaire à d'autres. Si elle ne te plait pas... ce sera plus compliqué. Pas impossible mais plus compliqué. Il faut que tu aies du plaisir à retrouver tes personnages, aimes les faire évoluer. Pense à ton plaisir personnel avant celui des lecteurs. Si tu as des amis qui peuvent lire tes textes avant la publication, demande leur avis. A condition que ces amis ne se contentent pas d'approuver tout ce que tu fais parce que tu es leur ami.
Slaanesh
25 septembre 2022 à 02:00
Bonjour à tous et à toutes,
J'ai une petite question pour vous autres, auteurs et autrices de ce site, dans la mesure où je me retrouve dans une situation qui doit, finalement, être relativement commune, et je me dis que d'autres ont réussi, d'une manière ou une autre, à régler ce petit problème.
Ainsi, il y a quelques mois, j'ai publié un texte ici, et il a été reçu assez favorablement. Plus favorablement, en tous cas, que ce que je m'étais imaginé (pour tout dire, je m'étais dit qu'il ferait parti de cette masse de texte avec un ou deux commentaires et quelques dizaines de "j'aime", ce qui est déjà très bien, d'ailleurs).
J'ai été très content de cet accueil, et j'ai commencé à me mettre au boulot pour que ce texte, bien seul, et donc bien triste, sur la page de mon profil, ai un petit frère ou une petite sœur pour l'accompagner, que ce soit sous la forme d'une autre histoire ou d'une suite à mon premier récit.
Oui mais...
Le problème commence ici. Quand j'ai écrit mon premier texte, je ne m'attendais à rien. Je l'ai écrit avec comme seule exigence que je le trouve bien. Là, avec un accueil légèrement supérieur à la moyenne, et des lecteurs qui m'ont dit "Ton histoire était très bien, et j'ai hâte de lire d'autre trucs de toi", et bien je me retrouve avec une petite pression qui me paralyse un peu. A chaque paragraphe que je termine, ou à chaque idée que j'ai, je me dis "Est-ce que c'est à la hauteur de ce que j'avais écrit avant ? Est-ce que ça va plaire autant que mon précédent écrit ?".
Ce n'est pas exactement un syndrome de la page blanche, dans le sens où j'ai des idées, où je sais où je veux aller et, globalement, le chemin que je veux emprunter. C'est vraiment un problème de forme. Je sais ce que je veux raconter, mais je n'ai aucune idée de comment "bien l'écrire" (si vous voyez ce que je veux dire). J'ai essayé de passer à d'autres textes, en me disant que je devais bloquer sur un récit et que j'y reviendrais plus tard, mais ça refait la même chose...
Bref, je suppose que ça a dû arriver à plein de gens, de se mettre une pression inutile. Et donc, ma question (on y arrive enfin, hourra !!!) est la suivante : si ça vous est arrivé, comment avez-vous réussi à dépasser cela et à ce que ça ne vous bloque pas ?
Sachant que les réponses "écris ce qui te plait, c'est ce qui compte", "les autres on s'en fout" et/ou "en vrai, prend pas la grosse tête gamin, car, en vrai, personne n'attend rien" ne sont pas recevable, car c'est, évidemment, des choses que je sais déjà, avec lesquelles je suis d'accord mais c'est une chose de se dire ça, s'en est une autre d'arriver à s'en convaincre et de le mettre en pratique.
Sur ce, j'ai déjà fait beaucoup trop long. Merci d'avance pour vos réponses (s’il y en a. Sinon, je serais un peu triste mais je le vivrai bien quand même car j'ai la chance d'avoir plein d'autre trucs dans ma vie ;) ).
Ecris, point. Ne cherche pas à faire mieux ou aussi bien que ton premier texte. C'est une pression inutile. Ce qui te bloque c'est toi juste toi et la pression que tu te met. Ne cherche pas à t'égaler. Ecris, pose ta structure, tes idées... écris au kilomètre.
Ensuite tu peaufinera et tu modifieras pour que cela corresponde à ce que tu souhaites en terme de fond et de forme. Le fond d'abord, la forme ensuite...
En espérant t'avoir un peu aider.
Duchesse
25 septembre 2022 à 09:02
Je comprends tout à fait ce que tu ressens. Je ne supporte pas du tout la pression. En plus, c'est pas la peine de me dire que personne n'attend rien, parce que je sais que si.
J'écris pour moi, le forum actif et le lectorat que j'estime, et je sais parfaitement que quand un texte sort bah j'ai le gratin qui débarque, et que le gratin il a lu les textes d'avant, donc je me dis qu'il va être déçu, parce que j'ai écrit un truc tout pourri et que cette fois, je n'aurai pas plein de coms trop bons :D
Du coup, ça me stresse à mort et ça m'empêche d'écrire.
Dis-toi que l'an dernier j'ai écrit un conte de Noël que presque tous les copains du forum ont lu, doit y avoir 50 coms et deux médailles sur le bazar. Bah cette année monsieur le Marquis organise un concours sur le thème et je dois écrire deux chapitres de suite aux deux premiers.... J'en suis malade à l'idée que tout le monde les lise et se dise "oh bah l'an dernier c'était quand même vachement mieux, elle est devenue nulle Dudu"
Je n'ai jamais réussi à dépasser ça :D Déso pas déso, c'est comme ça. Par contre ce que je peux te dire c'est que tout ça, c'est dans ma tête. Quand on sait écrire, la compétence s'envole pas comme par magie. A chaque fois qu'un de mes textes sort, in fine, il est aussi bien reçu que le précédent et même parfois mieux. Ça ne sert à rien de se mettre la rate au court-bouillon ! Tu vas cartonner comme pour ton histoire autour du sspt et tu te diras ensuite que tu as été trop con de stresser, mais tu stresseras quand même pour le suivant. C'est ta nature haha
Et puis, tu n'hésite pas, viens me voir, je te referai la bêta lecture et la correction au besoin pour te rassurer. Tu as des compétences, n'en doute pas. Oust, au travail !
Modifié
25 septembre 2022 à 09:02
Monsieur Plume
25 septembre 2022 à 10:59
J'ai déjà écrit un certain nombre d'histoires ici, mais à chaque fous cette pression que tu décris est bien là. Ce que je rédige ne me paraît jamais à la hauteur de ce que j'avais imaginé et l'attente entre le moment de la publication et les premiers commentaires est toujours un moment de stress. Mais après tout ce n'est qu'un court mauvais instant à passer ! :)
Que tu doutes ou pas de la qualité de ce que tu rédiges, le plus important c'est que l'écriture reste pour toi un plaisir et pas une obligation envers de potentiels lecteurs.
Duchesse
25 septembre 2022 à 11:31
J'ai déjà écrit un certain nombre d'histoires ici, mais à chaque fous cette pression que tu décris est bien là. Ce que je rédige ne me paraît jamais à la hauteur de ce que j'avais imaginé et l'attente entre le moment de la publication et les premiers commentaires est toujours un moment de stress. Mais après tout ce n'est qu'un court mauvais instant à passer ! :)
Que tu doutes ou pas de la qualité de ce que tu rédiges, le plus important c'est que l'écriture reste pour toi un plaisir et pas une obligation envers de potentiels lecteurs.
C’est pas pour rien qu’on s’entend bien 🤯♥️
Doogy Woogy
25 septembre 2022 à 11:43
C’est pas pour rien qu’on s’entend bien 🤯♥️
Ben on est tous Duchesse c'est pour ça...
Plaisirs & Partages
25 septembre 2022 à 11:51
En tant que jeune auteur sans prétention, mon approche est assez différente. Au départ j'avais une approche chronologique du récit : début, milieu et fin. Je le construisais dans ma tête (choix du point de départ, puis déroulement étapes par étapes en revisualisant le moment au calme dans ma tête, quand je conduis tout seul dans la voiture par exemple).
Mais au passage à l'écrit ça ne me convenait pas. Trop brouillon, trop laborieux... trop scolaire.
J'ai donc opté par la rédaction de moments clés, qu'ils soient en plein milieu de l'histoire à la fin ou au début... et j'écris pendant 2h d'affilié (souvent le soir tard, sur mon smartphone dans le lit.). Puis je remonte le temps, complétant le récit avant et après ce moment clé. Il m'arrive de buter sur certains passages peu simples à décrire. Dans ce cas je laisse mûrir les formulations dans ma tete et 3 jours après je recommence à écrire pendant 2h. A la fin je relis tous, et je corrige de manière grossière les répétitions ou lourdeurs. Puis madame relie, ajuste, modifie, complete... Puis je relis tous une dernière fois, change quelques formulations et publie...
Le plus important pour moi est d'avoir un point de départ pour me lancer peu importe la position du point de départ dans le récit.
J'écris avant tout pour moi et pour ma femme (petit jeu de couple, ou l'on se confie nos ressentis de manière plus détaillées pour les besoins du récits).
Dire que je me moque de l'avis des lecteurs serait un leurre, forcément il compte, mais ce n'est pas le principal.
L'important reste de prendre du plaisir à écrire à mes yeux. Le jour où ça ne sera que contrainte ou angoisse, j'arrêterais.
Ma troisième histoire perso à été beaucoup difficile à écrire que les autres (publiée dans quelques jours en octobre). Alternant les narrateurs, l'exercice à été plus difficile mais excitant.
Modifié
25 septembre 2022 à 11:58
Valahad
25 septembre 2022 à 19:18
Content de voir que je ne suis pas un cas isolé (enfin… pas pour celles et ceux à qui ça arrive, évidemment).
J"entends l'encouragement à écrire, contre vents et marées, et séparer,a posteriori, le bon grain de l'ivraie. C'est d'ailleurs ce que j'essaye de faire, et c'est comme ça que, sur mon truc le plus avancé, je suis (péniblement) arrivé à 3000 mots pour le moment (dont un bon nombre seront effacés en cas de version finale, comme toujours). Mais j'en arrive à un stade où, à force d'avoir l'impression d'écrire des trucs médiocres, je ne prends plus de plaisir et, donc, je n'ai plus envie. Bref, compliqué…
En tous cas, je me doutais qu'il n'y avait pas de solution toute faite, mais je lis et j'entends les differents messages, et je vais essayer d'avancer avec, quitte, également, à prendre mon temps et à laisser poser les choses, comme le fait Sunstone. Et j'irais voir Duchesse pour qu'elle martyrise mes versions alpha, beta et gamma (pas avant des mois, voire des années, du coup). :)
Modifié
25 septembre 2022 à 19:19
Donatien A.F. de Sade
26 septembre 2022 à 07:05
Dis-toi que l'an dernier j'ai écrit un conte de Noël que presque tous les copains du forum ont lu, doit y avoir 50 coms et deux médailles sur le bazar. Bah cette année monsieur le Marquis organise un concours sur le thème et je dois écrire deux chapitres de suite aux deux premiers.... J'en suis malade à l'idée que tout le monde les lise et se dise "oh bah l'an dernier c'était quand même vachement mieux, elle est devenue nulle Dudu"
Je suis désolé Dudu, vraiment. Me pardonnerez-vous de vous mettre de la pression ainsi. Tout est pour le bien des membres, je vous l'assure. ;)
Il se fait tard pour moi, je vais aller me coucher bientôt, mais je tiens tout de même à vous dire que je vais vous écrire, ici, mes astuces, en ce qui concerne votre question primaire, un autre jour. Certes, je n'ai pas beaucoup d'histoires sur le site, des histoires qui se rapprochent plus de canevas, d'essaies, de brouillons, en somme à mes yeux. Je vais toutefois vous donner des astuces que j'ai donné à certains(es) auteurs(es) en herbe lors de conférences littéraires, où des questions similaires m'ont été posées parfois au fil des années.
Donatien A.F. de Sade
28 septembre 2022 à 17:48
Voilà chose promise, chose due.
L'écrivain Jules Renard a laissé dans son journal intime un aphorisme célèbre : « Écrire, c'est une façon de parler sans être interrompu. »
A priori, tout le monde préfère ne pas être interrompu. Mais ça n'a pas que des avantages. À moins de répondre à un QCM ou de rédiger sous la dictée d'autrui, écrire c'est se lancer dans le vide. Il faut avoir quelque chose à dire, et entrevoir dans quel ordre on va l'énoncer et par où commencer. Comme le souligne Michel Fayol : « L'écriture est monologique : pas d'interlocuteur, pas d'interruption, pas de questions et pas de réponses. Il faut donc tout faire soi-même, sans être sûr du résultat. »
Sera-t-il correct et intéressant ? Pour tenter de le savoir, on se relit : tout scripteur est en même temps son premier lecteur. Est-ce vraiment conforme à ce que l'on voulait dire ? Est-ce vraiment cela que l'on aimerait que les autres comprennent ? Oralement, on peut toujours se reprendre, reformuler autrement. À l'écrit, il faut détruire et recommencer.
Je pense que c’est une sensation que beaucoup d’aspirants-auteurs peuvent rencontrer. En premier lieu, il y a cette envie, presque un appel au fond de nous qui nous pousse à vouloir écrire. Ensuite vient cette peur qui prend le dessus. Une peur qui s'exprime de multiples façons : manque de confiance en soi, doutes, peur d'être nul(le), de manquer de talent, de ne pas y arriver, de n'avoir rien d'intéressant à raconter, que notre histoire soit ennuyeuse ou ne soit pas à la hauteur de notre histoire précédente, etc.
La première chose à faire est de se calmer, de respirer et d'apprendre à ne pas faire de l'autodépréciation car nous nous jugeons plus sévèrement que quiconque pourrait le faire, nous sommes souvent nos critiques les plus sévères.
Il faut apprendre à faire fi des doutes, de la peur de manquer l'excellence, du manque de confiance occasionnée par cette peur, des exigences que nous nous sommes fixés (pour le moment), du perfectionnisme. En ce monde, rien ne frôle la perfection et ceux (celles) qui la recherchent finissent par ratter le coche et ils finissent par passer à côté. Je sais de quoi je parle car je suis perfectionniste, et j'ai dû apprendre à me fixer une limite car la perfection littéraire ne peut être atteinte. Elle peut être effleurée mais pas atteinte.
Attention, je ne dis pas de combattre contre vous-même pour faire disparaître totalement cette peur car elle n'a pas que des mauvais côtés. Il est bon de se remettre en question car c'est ainsi que l'on s'améliore, que l'on remarque certaines choses à changer dans notre histoire. Ces peurs peuvent cependant être canalisées comme le font les personnes qui ont le trac avant de monter sur une scène pour offrir un spectacle.
« Quand la douleur de ne pas vous adonner à la sortie de votre histoire devient plus grande que la peur de la voir paraître en une version moins bonne que la précédente, c'est à ce moment qu'il faut la peaufiner pour la faire paraître par la suite. »
Avant de sortir une histoire qui ne vous plaît pas assez, prenez de la distance vis-à-vis de cette histoire et travaillez sur une autre histoire. Laissez-vous du temps d'adaptation pour vous reposer de cette histoire. Vous pourrez toujours revenir vers elle le moment venu, lorsque vous vous serez assez reposé et que les idées de sa forme finale pourront avoir germé et que vous aurez décidé d'un fil conducteur plus précis en tête. Ainsi, vous pourrez la peaufiner, la faire lire par des beta-lecteurs(ices), si un léger doute persiste toujours, la retravailler au besoin et la faire paraître ensuite.
La peur de faire moins bien que l'histoire précédente, que le roman précédent, est une peur qui ne partira jamais. Il faut vivre avec, la canaliser et la transformer en une force positive qui vous aidera, comme je l'ai dit plus haut (comme pour les gens du spectacle). Moi aussi, lors de mes débuts d'auteur, j'avais cette peur de faire moins bien que l'histoire précédente, que ça ne ressemble à rien... Je vais vous dire un secret, qui ne le sera plus après cet aveu : c'est toujours le cas. C'est pareil pour tous mes collègues écrivains(es) que j'ai rencontré.
La seule façon de s’améliorer, c’est de recommencer plusieurs fois. Ainsi, au lieu de laisser votre peur vous retenir, utilisez-la plutôt comme un carburant pour grandir et devenir meilleur écrivain.
Plus vous maitrisez quelque chose, plus vous gagnez en confiance.
Ainsi, en utilisant votre peur comme moteur, vous écrivez plus souvent et vous apprenez davantage sur l’écriture. Je vous garantis d’en sortir beaucoup plus confiant.
On est toujours persuadés que ce qu'on écrit est mauvais. C'est parce qu'on est tellement sensible, couchant par écrit des émotions de nos personnages que nous vivons parfois par procuration à travers eux, et puis l'écriture est une partie tellement importante de nous que nous avons toujours peur de ne pas être à la hauteur, de se planter. Au final, c'est à cela que nous savons qu'écrire compte vraiment pour nous, que cela fait partie de nous. Il faut se dire que si on n'essaye pas, on ne risque pas de perdre quelque chose, donc on ne risque pas de pouvoir s'améliorer et se reprendre avec une prochaine histoire.
Qui plus est, on peut toujours retravailler sur l'histoire qui n'est pas à la hauteur, selon nos goûts, et la faire paraître à nouveau dans une version meilleure que la précédente.
Le risque de se planter est toujours présent, mais serait-ce pire si on ne prenait jamais de risque ? Le regret pourrait être bien pire.
Il ne faut pas hésiter à demander de l'aide aux autres auteurs(es) ou lecteurs(ices). Il n’y a pas de honte à demander de l’aide. Si vous n’êtes pas à 100 % confiant de votre travail, demandez à quelqu’un, plusieurs même, de lire et de critiquer l’une de vos histoires ou apprenez davantage pour aiguiser vos compétences en écriture.
Il faut aussi accepter de ne pas tout savoir sur l'écriture. C’est certainement une pensée que la plupart des écrivains(es) ont au moins eue une fois dans leur vie. « Est-ce que j’en connais suffisamment pour écrire ce livre, cette histoire » ? Parfois on veut tout savoir sur le sujet de notre histoire, que nous ne maîtrisons pas toujours, avant de se lancer à écrire.
Rappelez-vous, l’écriture est un voyage. Vous ne saurez jamais tout, de suite, et puis, la meilleure façon d’apprendre est de faire. C'est ainsi que l'être humain apprend.
Je ne le dirai jamais assez souvent, et ce n'est pas parce que je suis un scientifique, il faut renoncer à être parfait car la perfection n'est pas de ce monde, quoiqu'on puisse la côtoyer, dans le domaine créatif je veux dire. Si une histoire était parfaite, il n'y aurait plus besoin de l'améliorer, d'en écrire une seconde car la première contiendrait tout, elle serait parfaite, c'est-à-dire qu'aucune autre histoire ne puisse l'égaler. Il serait alors inutile de composer des histoires plus merveilleuses les unes que les autres car l'histoire parfaite évincerait toutes celles qui pourraient paraître. Il n'y aurait plus de place pour les auteurs(es) dans ce cas.
Aucun(e) auteur(e) n'est parfait(e). Vos auteurs préférés ne le sont pas plus que les miens d’ailleurs !
La perfection est une idée, pas une réalité. Il est impossible d’être parfait. L’imperfection est ce qui nous rend humains. Ainsi, plutôt que d’essayer d’être parfait tout le temps, délectez-vous d’être juste vous-même. Tous les écrivains(es) de talent ont commencé par écrire avant de s'améliorer, et d'être capable de canaliser leurs peurs de révéler au public leurs œuvres. Je reste convaincu que c’est en écrivant que l’on devient écrivain. Il n’y a pas de remède miracle. Il faut laisser le temps au temps de fait son œuvre.
Écrire n’est pas facile, certes, mais dites-vous bien que si vous n’essayez pas vous n’y arriverez jamais. La peur de se lancer, l’angoisse de ne pas avoir les qualités suffisantes pour écrire, tout ce qui peut nous pousser à douter de nos capacités doit être pris avec un certain recul. On ne naît pas grand écrivain, on le devient. Écrivez, écrivez, et écrivez encore même si la qualité de vos écrits n’est pas au rendez-vous. C’est en forgeant qu’on devient forgeron.
Si vous gardez tout cela à l’esprit et que vous vous débarrassez du besoin d’être parfait, de créer l'histoire parfaite aussi bonne que la précédente ou de faire mieux encore que la précédente, si vous avez cette conception en tête lors de l'écriture bien entendu, je suis convaincu que quelque chose d’incroyable se produira pour vous. Vous allez mieux concevoir, mieux composer. C’est ce qui vous rendra unique et différent des autres car vous aurez découvert votre style de plume, votre empreint littéraire.
Il est également important de noter que la perfection est ennuyeuse. Nul ne porterait le moindre intérêt à un personnage parfait avec une vie parfaite, un travail parfait et une famille idéale ! Ce serait tellement ennuyeux !
N’est-ce pas pareil dans la vraie vie ? Une personne plus proche des états humains est ce qui attire souvent les lecteurs, c'est pareil dans les films ou les séries télévisées, au travers de personnages ayant ses luttes, ses émotions, ses malheurs, ses joies et ses peines, etc.
De plus, il faut garder ceci à l'esprit. Un(e) auteur(e) écrit avant tout pour soi-même. Il(elle) décide par la suite s'il(elle) souhaite partager son histoire avec les autres. Il faut avant tout que l'histoire nous plaise à nous. Si on éprouve du plaisir à travailler sur elle, tel un sculpteur qui cisèle la pierre pour en découvrir l'œuvre cachée dessous, il n'y a pas de raison d'avoir honte de notre œuvre.
On a beau se convaincre que l’on écrit pour nous, on ne peut nier le plaisir de faire découvrir notre ouvrage à nos proches et au plus grand nombre, tel un maître dévoilant sa toile. Sans même parler de l’échec commercial lors de la publication d'un livre ou que l'histoire qu'on écrit soit détestée des lecteurs(ices), on peut aisément parler de la peur de ne pas terminer son travail, d’avoir un goût d’inachevé à la lecture de son histoire. Cette peur est parfaitement rationnelle, elle est même porteuse d’envie et d’inspiration.
Les critiques négatives par pure méchanceté, il va toujours y en avoir. Il faut faire avec et avec le temps, les auteurs(es) apprennent à les ignorer. Il faut faire le tri entre celles qui sont réellement constructives et qui peuvent servir à s'améliorer et celles qui ne sont là que pour jeter du fiel. Les unes sont bonnes car elles permettent de les utiliser pour l'avenir tandis que les autres sont à mettre à la corbeille. Ces dernières, il faut passer outre et les oublier car elles ne servent d'autre intérêt que de décourager ceux et celles qui s'adonnent à leur passion, la plupart du temps par ceux et celles qui sont jaloux(ses) et ne peuvent en faire autant.
L'écriture est difficile, certes, et ce talent n'est pas donné à tous(es). Mais même malgré un talent inné pour l'écriture, chez certains(es), il faut toujours bosser dur pour parvenir à s'améliorer et atteindre un stade où l'on devient professionnel dans notre métier. La pratique en est la clé, tant pour les talents innés que pour ceux et celles qui ne possède pas ce talent inné.
Sur ce, bon courage lors de l'écriture !
Voici une petite liste récapitulative :
- Avoir du plaisir dans ce qu'on fait
- Prendre du recule face à l'histoire, si elle ne nous plaît pas assez et qu'on est bloqué dessus et y revenir plus tard
- On s'améliore avec le temps, la confiance en soi (en tant qu'écrivain.e) arrivera avec le temps par la pratique de l'écriture
- Apprendre à canaliser cette peur de l'échec pour travailler malgré sa présence, elle deviendra votre carburant
- Garder à l'esprit qu'on ne peut concevoir une histoire parfaite
- Continuer d'écrire même si c'est sur une autre histoire
- Après avoir retravaillé sur l'histoire avec laquelle vous aviez pris vos distances, faire appel à des beta-lecteurs(ices), je dis bien des beta-lecteurs(ices) car il vaut mieux plus d'une tête pour remarquer les malus, les coquilles. Ne dit-on pas que deux têtes valent mieux qu'une seule ?
- Après toute les corrections, dès que l'on est satisfait, la publier
- Écouter les critiques constructives et laisser les critiques qui ne sont là que pour dire du mal
- Continuer d'écrire et de lire encore et encore
Je vous laisse sur cette note.
Cordialement,
Le Marquis
Mandrakke
28 septembre 2022 à 18:37
Voilà chose promise, chose due.
Le Marquis
Tous ces consiels sont remplis de bon sens et de plus très bien organisés et structurés.
Merci d'avoir pris de votre temps pour guider les auteurs que nous sommes chacun à notre niveau.
Bien cordialement,
Mandrakke
Donatien A.F. de Sade
28 septembre 2022 à 18:55
Ce fut un plaisir. Lorsque je débutais dans le métier, j'avais rencontré plusieurs auteurs(es) professionnels qui m'avaient donner de tels conseils, dont le grand auteur Patrick Sénécal, de la province du Québec d'où je viens. Je tenais à donner ces petits conseils comme j'en avais reçu sur des moments clés de l'écriture dont on entend peu parler.
Modifié
29 septembre 2022 à 08:08
Monsieur Plume
28 septembre 2022 à 22:46
Merci marquis pour ce long exposé très détaillé et qui sera sans aucun doute bien utile à plus d'un apprenti écrivain par ici. Vous arrivez très bien à ordonner des idées que j'ai pu parfois avoir au sujet de l'écriture sans parvenir à formuler les choses aussi clairement...
Valahad
29 septembre 2022 à 00:16
Je viens rajouter, moi aussi, mon petit merci pour cet contribution, extrêmement intéressante, et qui sera, à n'en pas douter, utile à tous et toutes.
Heureux que le partage de mes petits états d'âmes aboutisse sur le partage d'un tel exposé. Quoi qu'il arrive, ça aura été bien utile !
Donatien A.F. de Sade
29 septembre 2022 à 01:30
Ce fut un plaisir. Après tout, il faut bien s'entraider lorsque l'occasion se présente. J'ai lu les réponses des autres membres et il y a des astuces qui peuvent aider aussi. ^^
J'ai une petite question pour vous autres, auteurs et autrices de ce site, dans la mesure où je me retrouve dans une situation qui doit, finalement, être relativement commune, et je me dis que d'autres ont réussi, d'une manière ou une autre, à régler ce petit problème.
Ainsi, il y a quelques mois, j'ai publié un texte ici, et il a été reçu assez favorablement. Plus favorablement, en tous cas, que ce que je m'étais imaginé (pour tout dire, je m'étais dit qu'il ferait parti de cette masse de texte avec un ou deux commentaires et quelques dizaines de "j'aime", ce qui est déjà très bien, d'ailleurs).
J'ai été très content de cet accueil, et j'ai commencé à me mettre au boulot pour que ce texte, bien seul, et donc bien triste, sur la page de mon profil, ai un petit frère ou une petite sœur pour l'accompagner, que ce soit sous la forme d'une autre histoire ou d'une suite à mon premier récit.
Oui mais...
Le problème commence ici. Quand j'ai écrit mon premier texte, je ne m'attendais à rien. Je l'ai écrit avec comme seule exigence que je le trouve bien. Là, avec un accueil légèrement supérieur à la moyenne, et des lecteurs qui m'ont dit "Ton histoire était très bien, et j'ai hâte de lire d'autre trucs de toi", et bien je me retrouve avec une petite pression qui me paralyse un peu. A chaque paragraphe que je termine, ou à chaque idée que j'ai, je me dis "Est-ce que c'est à la hauteur de ce que j'avais écrit avant ? Est-ce que ça va plaire autant que mon précédent écrit ?".
Ce n'est pas exactement un syndrome de la page blanche, dans le sens où j'ai des idées, où je sais où je veux aller et, globalement, le chemin que je veux emprunter. C'est vraiment un problème de forme. Je sais ce que je veux raconter, mais je n'ai aucune idée de comment "bien l'écrire" (si vous voyez ce que je veux dire). J'ai essayé de passer à d'autres textes, en me disant que je devais bloquer sur un récit et que j'y reviendrais plus tard, mais ça refait la même chose...
Bref, je suppose que ça a dû arriver à plein de gens, de se mettre une pression inutile. Et donc, ma question (on y arrive enfin, hourra !!!) est la suivante : si ça vous est arrivé, comment avez-vous réussi à dépasser cela et à ce que ça ne vous bloque pas ?
Sachant que les réponses "écris ce qui te plait, c'est ce qui compte", "les autres on s'en fout" et/ou "en vrai, prend pas la grosse tête gamin, car, en vrai, personne n'attend rien" ne sont pas recevable, car c'est, évidemment, des choses que je sais déjà, avec lesquelles je suis d'accord mais c'est une chose de se dire ça, s'en est une autre d'arriver à s'en convaincre et de le mettre en pratique.
Sur ce, j'ai déjà fait beaucoup trop long. Merci d'avance pour vos réponses (s’il y en a. Sinon, je serais un peu triste mais je le vivrai bien quand même car j'ai la chance d'avoir plein d'autre trucs dans ma vie ;) ).