Difficulté à retranscrire une expérience difficile...
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LaVieDeLucie
24 septembre 2023 à 23:15
Alors voilà, j'ai un problème étrange.
Cet après midi, je me suis lancée dans la rédaction d'une expérience particulièrement marquante pour moi, et en lien avec une forme de soumission extrême. Avec le recul, je dois bien admettre que j'étais sous l'emprise d'un homme qui prenait plaisir à me traiter de la plus avilissante des manières, mais j'étais pleinement consentante à l'époque.
Même si ce récit ne sera pas publié avant des mois (chronologie oblige), j'avais vraiment envie d'écrire sur cette période de ma vie... et pourtant. Après trois heures passées sur mon ordinateur, j'ai le plus grand mal a verbaliser les choses. Les mots de viennent pas, mes descriptions sont laborieuses et peu explicites... En un mot je galère a écrire ce que j'ai en tête. Un problème que je n'ai pas rencontré sur d'autres textes !
Avez-vous rencontré ce genre de blocage ? Comment avez vous réussi à les dépasser ?
Je n'ai pas écrit beaucoup d'histoires vraies, en définitive. Du coup, je n'ai pas vécu ton problème. Ma "déclaration" je l'ai écrite en me laissant porter par mes sensations. Et pour ce qui est de TWDC, j'ai la trame de fiction qui me guide et n'ai plus qu'à parsemer le tout d'un peu de moi, de mes souvenirs ou mes fantasmes.
Mais il m'est arrivé quand même parfois de ne rien pouvoir sortir. Eh bien, je me suis rendu compte que parfois, d'être devant mon ordi, ça me bloque. Du coup, j'écris de plus en plus depuis mon téléphone. Je me mets dans un lieu où je me sens bien, et je tapote, sans pression, au kilomètre. Ça marche plutôt pas mal avec moi ☺️.
Exorium
25 septembre 2023 à 07:56
Cela m'est également arrivé, s'agissant d'un sujet personnellement très impliquant. La solution que j'ai trouvée pour débloquer la situation a consisté à décider que c'était un texte que je ne publierais pas, que je garderais pour moi.
Une fois qu'il est terminé, on peut revenir sur sa décision. Ou pas.
Il s'agit, bien évidemment, d'une solution personnelle qui ne fonctionne pas nécessairement pour tout le monde.
Belong
25 septembre 2023 à 21:14
Hello 😊
Tu peux essayer de réécrire ton histoire à la troisième personne du singulier. (elle au lieu de je) et puis tout n'est pas obligé d'être autobiographique. Invente, supprime, privilégie l'acte plutôt que le psychologique (ou l'inverse, c'est selon...)
En tous les cas, bonne chance pour l'écriture de ton texte. 🙂
Docsevere
25 septembre 2023 à 23:22
Effectivement, plusieurs solutions :
- la première, d'Exorium, ne pas publier
- la seconde, de Belong, de la dépersonnaliser en écrivant une fiction qui arrive à quelqu'un d'autre
- Enfin la mienne : d'attendre, plusieurs mois, plusieurs années : tu trouveras les mots, tu auras plus de recul, tu seras plus détachée, moins d'émotions.
En attendant je te conseille d'en parler à quelqu'un, un journaliste, une association, un.e psychothérapeute qui t'aidera à mettre des mots pour exprimer ce que tu ne trouves pas pour le moment exprimable
LaVieDeLucie
26 septembre 2023 à 07:38
Un grand merci à tous les cinq pour vos conseils.
J'ai pour l'instant mis de côté cette histoire, d'autant plus qu'elle n'est pas pour tout de suite vis a vis de la chronologie de mes récits.
Vos différents conseils sont aussi variés qu'intéressants. Je vais laisser mûrir tout ça et voir lequel me permet d'avancer dans l'écriture le moment venu.
Merci a vous.
Modifié
26 septembre 2023 à 07:38
Matt-Sarme
30 septembre 2023 à 12:59
Cet après midi, je me suis lancée dans la rédaction d'une expérience particulièrement marquante pour moi, et en lien avec une forme de soumission extrême. Avec le recul, je dois bien admettre que j'étais sous l'emprise d'un homme qui prenait plaisir à me traiter de la plus avilissante des manières, mais j'étais pleinement consentante à l'époque.
Même si ce récit ne sera pas publié avant des mois (chronologie oblige), j'avais vraiment envie d'écrire sur cette période de ma vie... et pourtant. Après trois heures passées sur mon ordinateur, j'ai le plus grand mal a verbaliser les choses. Les mots de viennent pas, mes descriptions sont laborieuses et peu explicites... En un mot je galère a écrire ce que j'ai en tête. Un problème que je n'ai pas rencontré sur d'autres textes !
Avez-vous rencontré ce genre de blocage ? Comment avez vous réussi à les dépasser ?
C'est exactement ce qui m'est arrivé quand j'ai voulu écrire Vengeance en soirée. Les traumas remontaient et m'empêchaient de mettre en mot ce que je voulais. J'ai recommencé plusieurs fois le texte de zéro durant quelques mois. Ce sont les conseils et l'aide de mes partenaires qui m'ont aidé à dépasser ça. J'ai fini par me coller devant mon ordi et par écrire sans m'arrêter durant une nuit entière. J'étais très détaché, très clinique.
Je ne sais pas vraiment comment j'ai fait pour dépasser ce blocage. C'était juste le bon moment, je crois. Je voulais l'écrire depuis longtemps, j'en avais reparlé la veille avec ma sœur et elle m'a conseillé de l'écrire comme si c'était un procès-verbal : une simple description factuelle de ce qui s'était produit. Elle m'avait déjà proposé cette approche plusieurs fois. Pourquoi cette fois-ci a-t-elle été la bonne ? Je l'ignore.
Les jours suivants, je suis revenu sur ce que j'avais fait pour réécrire certains passages, retoucher quelques phrases, améliorer des tournures, etc (le résultat final est bien différent du premier jet), mais j'en ai rapidement eu marre et j'ai préféré publier. C'était compliqué pour moi de continuer à travailler dessus, ça me faisait constamment revivre ces souvenirs. En tant qu'exercice littéraire, je n'en suis pas très satisfait, mais c'était une très bonne catharsis.
LaVieDeLucie
9 octobre 2023 à 23:55
C'est exactement ce qui m'est arrivé quand j'ai voulu écrire Vengeance en soirée. Les traumas remontaient et m'empêchaient de mettre en mot ce que je voulais. J'ai recommencé plusieurs fois le texte de zéro durant quelques mois. Ce sont les conseils et l'aide de mes partenaires qui m'ont aidé à dépasser ça. J'ai fini par me coller devant mon ordi et par écrire sans m'arrêter durant une nuit entière. J'étais très détaché, très clinique.
Je ne sais pas vraiment comment j'ai fait pour dépasser ce blocage. C'était juste le bon moment, je crois. Je voulais l'écrire depuis longtemps, j'en avais reparlé la veille avec ma sœur et elle m'a conseillé de l'écrire comme si c'était un procès-verbal : une simple description factuelle de ce qui s'était produit. Elle m'avait déjà proposé cette approche plusieurs fois. Pourquoi cette fois-ci a-t-elle été la bonne ? Je l'ignore.
Les jours suivants, je suis revenu sur ce que j'avais fait pour réécrire certains passages, retoucher quelques phrases, améliorer des tournures, etc (le résultat final est bien différent du premier jet), mais j'en ai rapidement eu marre et j'ai préféré publier. C'était compliqué pour moi de continuer à travailler dessus, ça me faisait constamment revivre ces souvenirs. En tant qu'exercice littéraire, je n'en suis pas très satisfait, mais c'était une très bonne catharsis.
Merci Matt-Sarme. J'avais lu votre réponse il y a quelques jours mais emportée par autre chose j'avais oublié de vous répondre.
Tout comme vous cet épisode est ce qu'on peut qualifier de traumatique, même si je m'en suis bien remise ! Je pense que je vais laisser le dossier mûrir, puisque comme évoqué, il n'est pas d'actualité d'un point de vu chronologique.
J'ai tendance à écrire à l'envie, en fonction du souvenir qui me passent par la tête, et en fonction du temps que j'ai devant moi... J'ai du coup beaucoup de texte partiels, dont certains ne seront probablement jamais achevés ni publiés puisque peu intéressant pour les lecteurs... et d'autres que je termine au fil de l'eau. Celui qui concerne ce post me tient à coeur, et paradoxalement l'envie d'écrire ne se traduit pas sur la page blanche par un texte qualitativement acceptable... Étrange mais sans doute en lien avec ce que vous décrivez dans votre cas personnel.
En tous les cas merci pour votre retour.
Matt-Sarme
10 octobre 2023 à 08:59
Merci Matt-Sarme. J'avais lu votre réponse il y a quelques jours mais emportée par autre chose j'avais oublié de vous répondre.
Pas de problème ;)
Tout comme vous cet épisode est ce qu'on peut qualifier de traumatique, même si je m'en suis bien remise !
C'est le plus important :)
Celui qui concerne ce post me tient à coeur, et paradoxalement l'envie d'écrire ne se traduit pas sur la page blanche par un texte qualitativement acceptable... Étrange mais sans doute en lien avec ce que vous décrivez dans votre cas personnel.
Oui, c'est exactement ce qui m'est arrivé : l'impossibilité d'écrire quoi que ce soit d'intéressant sur ce genre d'épisode. Je ne peux que te transmettre le conseil que Solène m'avait donné, qui a fonctionné dans mon cas. Détache-toi de ton texte, concentre-toi sur le déroulé des événements, ne t'intéresse pas au reste. Tu pourras toujours y revenir ensuite pour développer les aspects nécessitant de l'être.
Évidemment je ne peux pas savoir si ça fonctionnerait pour toi, mais je ne vois pas quoi d'autre te proposer.
En tous les cas merci pour votre retour.
Merci à toi d'en avoir parlé.
- Matt
my_little_piercing
23 octobre 2023 à 15:19
Se livrer sur des expériences intimes est extrêmement difficile, surtout si elle font remonter un passé turbulent. Cela nécessite de pouvoir poser les choses, d'y revenir et de les aborder en paix ; ce qui peut parfois prendre des années. Mais la colère, le ressentiment, la déception ou les regrets bloqueront la plume plus qu'ils ne la favoriseront.
D'un point de vu écriture, le clavier et l'écran d'un pc peuvent paraître froid et impersonnel (il m'arrive en tout cas de le percevoir ainsi). Pour y pallier j'ai toujours dans mon sac un carnet et un stylo pour soit noter mes idées et des phrases, soir élaborer un plan, soit entamer la rédaction. Le papier m'a sauvé plus d'une fois !
Bon courage pour ton écriture et au plaisir de te lire !
Utilisateur supprimé
27 octobre 2023 à 07:28
Aucune analyse ici, juste une idée lancée comme ça.
Ça m'arrive aussi, et bien souvent, c'est parce que dans ma tête, tous les sens sont en mémoires (odeurs, couleurs, goûts etc) et de fait, c'est difficile de rendre compte d'une globalité. Puisque la chose est vraie, on se veut la plus fidèle possible, or, ça fait trop d'informations et de données à traiter, souvent en tout et en même temps. Ce qui provoque une écriture laborieuse et sinueuse.
Pour ma part, dans ces cas-là, je prend le parti de d'écrire la scène d'un point de vue autre, tout en prenant un axe unique, en tout cas en faisant un zoom sur un détail en particulier, très détaillé, le reste étant de la description.
Comme en photo, le sujet est net et le reste flou. En général ça fluidifie grandement mes idées, et le texte qui en ressort.
Encore une fois. Je dis possiblement de la merde.
Embruns
30 octobre 2023 à 15:13
Bonjour, je vais aborder la problématique sous un angle différent. En effet, j'ai été amené à recueillir les confidences d'une amie (dans l'acception première) qui a vécu très jeune certaines expériences des plus perturbantes.
Ceci dans le contexte de la réalisation de fantasmes singulièrement transgressifs, en l'occurrence un simulacre consenti, appuyé de demandes explicites réitérées, de viol collectif, avec heureusement un code d'urgence.
Il est facile de porter des jugements, ce à quoi je me refuse.
Cette expérience l'a évidemment hantée, et par bribes, elle s'est confiée. Au fil de nos échanges, j'ai pris des notes et ai rédigé un récit relatant à la fois les événements et son ressenti, selon ma propre perception.
Elle a découvert ma prose et a finit par dévoiler l'origine de cette obsession. Abusée par des "amis" de son père à un âge que la charte ne permet pas de préciser.
Quel rapport avec la propos initial me direz-vous ?
L'écoute d'un tiers de confiance, sa prise de recul et une reformulation des faits peut contribuer à exorciser les démons intérieurs. Et sans tomber dans le biais facile de la psychologie de comptoir.
Un jour peut-être, avec l'assentiment de l'intéressée, je publierai cette sordide histoire, que je devrai adapter afin de ne pas enfreindre les règles du site.
Utilisateur supprimé
3 novembre 2023 à 00:36
Il y a un travail de verbalisation qui est essentiel, sur un plan de constitution de réalisation de nos conditions de sujet. C'est un véritable travail fondamental que l'on peut mener et qui peut rencontrer le type de résistances globalement décrit par vous tou•t•e•s. Faut-il aller au-delà ? Sur un plan de restitution de l'ontogénèse (les événements et pensées qui nous constituent et nous construisent comme sujet autonome à l'usage de sa propre conscience), la nécessité est essentielle et ne se discute pas. Maintenant, chacun•e doit suivre un rythme qui lui est propre, sans quoi le risque de la câblure qui pête, parfois sans rémission possible, guette. Mon conseil, surtout dans le cadre d'une expérience de soumission traumatique (qu'elle ait été consciemment consentie ou non, les conditions du consentement s'avérant parfois bien plus complexes et nuancées qu'on ne le pense a posteriori), serait d'e discuter avec une sorte de thérapeute elle•lui-même dominant•e, c'est-à-dire susceptible d'empathie, d'une compréhension, par l'expérience de la nécessité émotionelle et intellectuelle, du sujet concerné à se construire de la sorte. Bref, c'est la merde.
Écrire seul•e, c'est bien, mais pour avancer et revenir sur soi, un regard extérieur peut toujours tout changer, en bien, sur sa propre acceptation de soi.
Courage.
Malkuth
13 novembre 2023 à 11:45
Alors voilà, j'ai un problème étrange.
Cet après midi, je me suis lancée dans la rédaction d'une expérience particulièrement marquante pour moi, et en lien avec une forme de soumission extrême. Avec le recul, je dois bien admettre que j'étais sous l'emprise d'un homme qui prenait plaisir à me traiter de la plus avilissante des manières, mais j'étais pleinement consentante à l'époque.
Même si ce récit ne sera pas publié avant des mois (chronologie oblige), j'avais vraiment envie d'écrire sur cette période de ma vie... et pourtant. Après trois heures passées sur mon ordinateur, j'ai le plus grand mal a verbaliser les choses. Les mots de viennent pas, mes descriptions sont laborieuses et peu explicites... En un mot je galère a écrire ce que j'ai en tête. Un problème que je n'ai pas rencontré sur d'autres textes !
Avez-vous rencontré ce genre de blocage ? Comment avez vous réussi à les dépasser ?
Je n'ai pas vraiment de conseils, mais deux remarques.
La première c'est que tu as peut-être une forme de syndrome de stress post-traumatique. L'écriture peut être un moyen d'exprimer le trauma mais si tu en as bien un, je t'encourage à voir un spécialiste et, surtout, à prendre soin de toi.
La deuxième, c'est soutien et câlin. Force à toi !
Cet après midi, je me suis lancée dans la rédaction d'une expérience particulièrement marquante pour moi, et en lien avec une forme de soumission extrême. Avec le recul, je dois bien admettre que j'étais sous l'emprise d'un homme qui prenait plaisir à me traiter de la plus avilissante des manières, mais j'étais pleinement consentante à l'époque.
Même si ce récit ne sera pas publié avant des mois (chronologie oblige), j'avais vraiment envie d'écrire sur cette période de ma vie... et pourtant. Après trois heures passées sur mon ordinateur, j'ai le plus grand mal a verbaliser les choses. Les mots de viennent pas, mes descriptions sont laborieuses et peu explicites... En un mot je galère a écrire ce que j'ai en tête. Un problème que je n'ai pas rencontré sur d'autres textes !
Avez-vous rencontré ce genre de blocage ? Comment avez vous réussi à les dépasser ?