Consent is sexy.... La rengaine a pris un temps et il y a eu des articles critiques sur le message renvoyé : certains reprochaient au leitmotiv (le consentement est sexy, en français) de placer le consentement comme un extra, comme un petit plus sympa pour une relation agréable. Ce serait la "tendance du moment" pour briller en soirée.
Les critiques étaient plutôt justifiées si on en croit les réactions lassées de certains qui estiment de leurs propres dires qu'on les gonfle avec ça. Le message ne passe pas. Pire, il est dévoyé.
Le consentement, c'est une préoccupation de gens qui ont un problème avec leur sexualité. Eux, ça va très bien, alors lâchons les avec ça. Pire. Le consentement, c'est pas sexy. On préfère la surprise. Et vas-y qu'on véhicule l'idée d'un consentement par défaut (c'est mon copain/ma copine, il/elle est forcément consentant, n'est ce pas ?), et vas-y que sucer et faire un cunni pendant le sommeil de l'autre pour le réveiller le matin, c'est le comble du sexy...
Et évitons de mêler les discussions en amont et les signaux de son partenaire à la notion de consentement... non, non, on risquerait de s'interroger et on sait jamais que la notion de consentement soit fragile et que ça nous empêche de baiser. Prendre son pied est prioritaire, n'est ce pas ?
Consent is mandatory.
Là, c'est encore pire. Obligatoire. Quel vilain mot. Au sexe, on aspire à la liberté. Ces mal-baisé(e)s viennent plomber l'ambiance.
Pourtant, le sexe, c'est sérieux. Eh, oui. Ça vient nous titiller très fort la psyché. Ça vient nous atteindre au plus profond de notre intimité. Alors, quand la contrainte s'immisce, ça fait mal. Et ça peut laisser des traces durables et très douloureuses, mettre le bordel dans la tête, etc, etc.
Et puis, il y a l'absence de consentement résignée ou même "par défaut". Parce qu'on a pris l'habitude de ne pas se poser la question. Parce que, se demander si on en a vraiment envie et si l'autre en a vraiment envie aussi, et s'en assurer à tous les instant, c'est pas sexy mon bon monsieur et ma bonne dame. On doit en avoir envie. Ça, c'est sexy.
Stop.
Communiquer pendant le sexe, c'est sexy. C'est obligatoire. C'est nécessaire. C'est respecter l'autre et se respecter soi-même. Et vous alors ? En avez vous vraiment envie ? Est-ce que vous prenez réellement votre pied ? Et vous prenez votre pied à quoi, au juste ?
Pour la mécanique, on a des sextoys qui font le travail à la perfection maintenant. Il y en a pour tous les goûts sur le marché. Aspi à clito, vibro, objets divers à insérer dans tous les trous, gels lubrifiants sensation chaud/froid/picotements/averse de fin de printemps, fouets, godes, masturbateurs à gaine, électriques, lubrifiés, chauffants, vibrants, etc....
Pour l'excitation des yeux, on a une profusion de pornos, pour stimuler les fantasmes, une profusion de scénarios ecrits, mis en vidéo, etc etc...
Alors quoi ? On s'entre-consomme les uns les autres comme des sextoys humains avec image-son-scenario all inclusive ?
Bordel. Le sexe, c'est entre plusieurs individus, qui ont une identité. C'est une rencontre. Alors, oui, profitons de ça. Parlons de notre sexualité avec ceux avec qui nous la faisons. Et faisons le pendant. Demandons comment l'autre se sent. Si ca lui plait ou pas.
Quoi, ca vous a coupé l'envie ?
Et alors ? C'est quoi le plus important ? Passer un moment d'échange où vous allez apprendre à vous connaître, explorer vos envies, connaître votre partenaire et ses envies à lui, et enfin ce que ca vous fait quand vous etes ensemble ? Ou avoir un orgasme presto, coûte que coûte ?
Je ne compte pas les fois où un moment de sexe avec ma partenaire a dérivé finalement sur une discussion au coin de l'oreiller. Où un fou rire nous a interrompu. Où on a discuté, débriefé, remis en question, réfléchi sur notre sexualité, où ça nous a permis de construite quelque chose de toujours plus sain, plus sécurisant, plus épanouissant, où on a pu travailler sur notre lâcher prise, sur nos frustrations.
Et pourtant, la conséquence n'est pas une sexualité toujours plus débridée, non. On a pris de l'assurance pour poser nos limites. Pour changer d'avis en cours de route si on en a envie.
Notre sexualité n'est pas une bannière publicitaire érotique attrayante. Mais, wow, qu'est ce qu'on se connecte. Et comme on prend rien pour acquis, on repousse les limites. On se met toujours plus en phase, parce qu'on ne prend rien pour acquis. On a beau être ensemble et avoir une sexualité depuis un long moment, on continue de la questionner, de s'écouter.
Je préfère largement un moment de sexe qui s'interrompt parce qu'on a voulu s'assurer que ceci ou cela etait ok ou que notre partenaire allait bien, parce qu'on se posait des questions et on voulait echanger sur le sujet, qu'un moment de sexe excitant qui nous éloignerait de cette phase, de cette connexion qu'ily a entre nous, parce qu'on aurait préféré camper sur ce qu'on croit savoir et qu'on aurait ignoré des signaux.
Et puis voilà. Le consentement, je sais pas si c'est sexy ou pas. Y'a plus important que d'avoir une sexualité sexy, vous croyez pas ?
Les message est détourné par des gens qui sont juste pas sains et cherchent à racoler en s’improvisant porte-paroles de gens qui ne sont rien d’autres que des agresseurs qui s’ignorent et qui ont besoin qu’on les conforte dans leur perception d’eux-mêmes.
Bien sûr qu’il y a nettement plus important. L’essentiel est de ne jamais infliger un traumatisme, de ne pas être intimidant, de ne pas se contenter de prétendre que l’autre peut tout nous dire, mais de créer soi-même et spontanément un espace de paroles qui confirme concrètement la théorie.
D’une part en couple et encore plus dans le cadre d’une relation épisodique.
Hélas, si en théorie beaucoup d’hommes disent y être favorables, aucun n’est pro-actif pendant les relations sexuelles car dans les faits seul compte le fait d’avoir leur conscience tranquille et d’assouvir leur truc jusqu’au bout.
Le plus souvent les partenaires sont tellement convaincus que c’est implicite que si ça ne va pas on est libre de le dire qu’ils pensent que c’est suffisant. Pourtant ça ne l’est pas.
On s’en fout qu’un rapport n’aboutisse pas c’est secondaire et c’est un investissement pour le couple de partenaires.
Tiens ça me rappelle l’expérience des yaourts sur les enfants, de Cherryy.
/youtu.be/HXsvdu8xZsU
Utilisateur supprimé
6 mai 2023 à 08:04
Oui les stereotypes de genres sont terribles...
Ça explique par exemple que dans mon travail, les profils développeuses et plus généralement des filles qui font de la teck ça se compte sur les doigts d'une demi main ...
La solution, au fait d'apprendre à dire non, de s'affirmer et de se sentir l'égal des garçon, c'est l'éducation et l'école.
Au fur et à mesure du parcours, cibler une vrai éducation sexuelle.
Oui, il est indeniable qu'après mee too pas mal d'homme dont moi même, nous nous consolons en vérifiant qu'on est attentif au consentement. Ça m'est déjà arrivé de demander à ma femme si je n'ai jamais été un lourd dingue. Une sorte de réassurance...
Après, je me dis qu'on est tous dans le même bateau et moi en tant qu'homme, en tant que conjoint, en tant que papa, en tant que "manager" en entreprise, je participe à mon échelle à plus d'inclusivité. En tout cas j'essaie...
Que je porte encore en moi des clichés de genre , ça c'est sûr. Il faudra un peu de temps pour que collectivement on évolue.
Pour revenir à la ségrégation des métiers, notre école est très à la traîne par rapport aux anglo-saxons. Les métiers sont très très genrés en France. Quand les filles au lycée fuient la spécialité mathématiques car elles ont peur d'échouer, on voit bien qu'il y'a encore beaucoup de travail...
Modifié
6 mai 2023 à 08:09
jasmina
6 mai 2023 à 08:10
Un rappel qui fait du bien !👍
Gascon
6 mai 2023 à 08:15
Hélas, si en théorie beaucoup d’hommes disent y être favorables, aucun n’est pro-actif pendant les relations sexuelles car dans les faits seul compte le fait d’avoir leur conscience tranquille et d’assouvir leur truc jusqu’au bout.
Il est compliquer pour certain d’admettre qu’un accord de principe peut être caduc d’un simple regard et sans explication.
C’est extrêmement frustrant faut l’avoué mais l’égoïsme ne doit en aucun cas prendre le dessus dans ses moments là.
Ne pas oublié que dans un couple ou même un coup d’un soir, on est a minima deux et une équipe sa communique pour que sa fonctionne.
L’homme a priori a du mal avec cette notion, un problème d’éducation qui perdure malheureusement.
Mawja
6 mai 2023 à 09:45
Hélas, si en théorie beaucoup d’hommes disent y être favorables, aucun n’est pro-actif pendant les relations sexuelles car dans les faits seul compte le fait d’avoir leur conscience tranquille et d’assouvir leur truc jusqu’au bout.
Le plus souvent les partenaires sont tellement convaincus que c’est implicite que si ça ne va pas on est libre de le dire qu’ils pensent que c’est suffisant. Pourtant ça ne l’est pas.
Bah, comme beaucoup de puceaux à 25 ans j'imagine, je "regrettais" de l'être resté aussi tard. Ben finalement au vu de la raison qui me bloquait, ben je suis bien content de n'avoir jamais précipité les choses pour entrer dans un soi-disant moule, même si c'est après coup et nullement revendiqué à la base.
J'ai eu très tôt une peur que j'estimais même "maladive" d'agresser sexuellement une femme "sans faire exprès". J'avais peur et je l'ai encore, d'approcher quelqu'un qui me plaît d'une manière qui pourrait être déplacée. Bon, on va pas se mentir, la crainte d'être repoussé et de la blessure de son amour propre est, psychologiquement, le moteur principal de cette retenue. Mais n'empêche que du coup, le consentement a toujours été pour moi la nécessité et la condition sine qua non d'une relation.
Un ami qui s'est confié à moi et qui me disait comment, il formulait tout simplement verbalement ses envies, m'a aidé à me "débloquer". Parce que oui, j'étais tellement conditionné par les films où les héros se sautent dessus sans un mot dans un élan magique de synchronicité des regards et de l'envie, que j'avais du mal à concevoir qu'il suffisait juste de poser la question. J'avais intégré que c'était pas comme ça que ca se passait. Je pensais même que c'était un peu la honte, ridicule.
Finalement, pendant un premier rendez-vous Tinder, c'est elle qui a fait le premier pas et m'a demandé verbalement si elle pouvait m'embrasser. Et qu'elle me l'ai demandé explicitement aussi simplement que ça, ça m'a mis à l'aise et par la suite j'ai simplement fait la même chose pour tout.
A la différence près que, je suis toujours beaucoup plus préoccupé par ce qu'a envie ma partenaire que par ce dont j'ai envie moi et ça a été un travail ensemble pour que j'arrive à ne pas formuler toutes mes questions par "est ce que tu as envie de...", pour que j'ose affirmer avoir envie d'une fellation ou de la pénétrer, et d'une manière sensuelle et moins procédurale qu'à mes débuts.
Excepté l'incontournable câlin dans les bras de retrouvailles, je demande toujours à ma partenaire si je peux la prendre dans mes bras, si je peux l'embrasser. Et verbalement le plus souvent. Maintenant, pour les bisous, ça peut être parfois en faisant une "duckface".
Et avant de faire quoi que ce soit, avant de s'enlacer pour la première fois, je lui ai exposé combien le consentement était important pour moi e que je preferais, si hesitation il y a, un non à un demi-oui. En fait, ca me terrifiait même, qu'elle me dise oui parce qu'elle se sentirait obligée et qu'en fait elle n'en ai pas vraiment envie.
Quand on s'est retrouvé ensemble au lit la première fois, on s'est allongés puis je lui ai demandé si je pouvais la prendre dans mes bras et on est resté comme ça assez longtemps. Elle m'a demandé si elle pouvait m'embrasser. On s'est câliné comme ca en se faisant des bisous. On en a eu envie. J'ai eu envie de lui faire un cunni et j'ai pris mon courage à deux mains pour oser lui demander. Puis elle m'a guidé en bas. J'ai fait des gestes lents pour tout, pour m'assurer que c'était tout bon. Quand j'ai amené doucement un bras vers son sein gauche elle l'a pris pour poser ma main sur son téton et me guider encore.
On a continué comme ça. Après, elle m'a demandé si j'avais envie de le faire. J'ai dit que oui. Mais je ne bandais plus. On s'est frotté l'un à l'autre et j'ai bandé à nouveau. On a cherché une capote. Mais je n'avais pas de lubrifiant. Alors finalement il n'y a pas eu de pénétration pour ma première fois.
Ensuite, on a eu presque un mois pour discuter de cette première fois et de ce dont on avait envie, pour attiser le désir à distance, parce qu'elle était seulement de passage dans la région. Mais elle est tombée amoureuse et moi, je ne l'etais pas encore mais je voulais donner une chance à notre relation. J'ai désinstallé toutes mes applis de rencontre.
On s'est revus donc près d'un mois plus tard. On l'a fait plusieurs fois. Les premières fois, je n'arrivais pas à jouir mais ca n'etait pas grave. Je m'occupais d'elle et les sextoys se sont invités très vite. Sa position favorite pour atteindre l'orgasme (et ca reste un grand favori) était elle allongée avec un aspi clito entre les jambes, pendant que je viens avec mes mains et ma bouche stimuler ses tétons.
Après quelques mois de relations par contre de mon côté je n'avais pas encore eu d'orgasme mais c'était loin d'être un problème. Je ne m'en étonnais pas. J'avais besoin de mon temps d'adaptation après plusieurs années de branlette en solitaire devant des pornos. Puis quand j'ai joui, elle a été super contente, et moi aussi, ça s'est fait dans de super conditions. On a pu vivre ainsi tout plein de premières fois à mesure qu'on avait l'un ou l'autre un orgasme dans une position et avec des gestes nouveaux.
Enfin voilà. On a été progressifs. On a pris notre temps. Le consentement est une préoccupation de tous les instants. Et je la remercie pour ne pas hésiter à me dire non régulièrement quand elle n'a pas envie d'un câlin, pas envie d'un bisou, pas envie d'un acte sexuel quelconque ou si elle avait envie mais maintenant plus. Et si j'ai un doute, je redemande. Si je nous sens pas en phase, je m'interromps et on fait autre chose.
J'ai encore beaucoup de mal avec les fois où elle "a envie de me faire plaisir", bien que de mon côté je l'accepte facilement et ne ressens pas de gêne à lui faire plaisir parce que j'ai envie de lui faire plaisir.
Ca nous est arrivé une fois d'avoir une pénétration où elle l'a fait "pour me faire plaisir". Je l'ai ressenti. Même si elle verbalisait que c'était vraiment tout bon, la pénétration a été assez courte. Je n'ai pas pu. Et je lui ai dit que, non, pour moi c'était pas possible, ca ne me faisait pas plaisir qu'elle me fasse plaisir si le désir n'était pas là de son côté. L"appétit vient en mangeant", c'est pas mon truc.
Et si pour une fellation ou un cunni, pour m'occuper de ses seins pendant qu'elle se fait plaisir avec un sextoy, le don à autrui, le faire par amour de faire plaisir à l'autre est une motivation suffisante, pour la pénétration, c'est niet pour moi, et je crois bien être particulièrement proactif à ce sujet et pour l'acte sexuel en général.
Et je suis un homme. Et je ne suis pas le seul. Et je trouve dommage de formuler "qu'aucun homme n'est proactif dans les faits".
Me finir n'a jamais été ma priorité dans le rapport sexuel et d'ailleurs, il a fallu plusieurs mois (aussi du fait qu'on ne se voyait pas souvent du a la distance) avant que je jouisse pour la première fois pendant un rapport. Et il m'arrive encore très souvent de ne pas jouir pendant un rapport. Quand ma chérie a un orgasme, ça la claque. Et c'est un plaisir de m'endormir à ses côtés après cela, et souvent, je n'ai pas joui.
Et si j'insiste, ce n'est pas que par fierté. J'ai peur qu'en répétant comme une fatalité qu'aucun homme n'est proactif, on s'en contente et on fasse comme si c'était normal et inévitable. Non ca ne l'est pas. Il appartient aux hommes d'évoluer mais aussi aux femmes d'oser l'exiger de l'homme, et aux hommes et aux femmes de l'exiger entre eux.
Modifié
6 mai 2023 à 09:51
Utilisateur supprimé
6 mai 2023 à 10:11
Hélas, si en théorie beaucoup d’hommes disent y être favorables, aucun n’est pro-actif pendant les relations sexuelles car dans les faits seul compte le fait d’avoir leur conscience tranquille et d’assouvir leur truc jusqu’au bout.
Bel exemple de distorsion cognitive.
Mawja
6 mai 2023 à 10:55
Hélas, si en théorie beaucoup d’hommes disent y être favorables, aucun n’est pro-actif pendant les relations sexuelles car dans les faits seul compte le fait d’avoir leur conscience tranquille et d’assouvir leur truc jusqu’au bout.
Bel exemple de distorsion cognitive.
Pour faire court mon message plus haut, je serais un peu moins pessimiste et n'en ferais pas une généralité qui a mon sens est dangereuse parce qu'elle excuserait presque l'homme, lui qui serait censé par nature ne penser qu'à son plaisir et faire tout le reste pour sa conscience. Ce n'est pas vrai. Tous les hommes ne font pas une priorité de se vider les couilles pendant le rapport sexuel et le conditionnement sociétal pousse aussi bien les femmes à intérioriser cela et l'intégrer comme un sorte d'etat de fait naturel que les hommes.
C'est tout autant un biais d'éducation et de conditionnement dans les deux sens. L'homme n'est pas autocentré par "nature".
Modifié
6 mai 2023 à 10:55
luigi7674
6 mai 2023 à 10:57
Consent is sexy.... La rengaine a pris un temps et il y a eu des articles critiques sur le message renvoyé : certains reprochaient au leitmotiv (le consentement est sexy, en français) de placer le consentement comme un extra, comme un petit plus sympa pour une relation agréable. Ce serait la "tendance du moment" pour briller en soirée.
Les critiques étaient plutôt justifiées si on en croit les réactions lassées de certains qui estiment de leurs propres dires qu'on les gonfle avec ça. Le message ne passe pas. Pire, il est dévoyé.
Le consentement, c'est une préoccupation de gens qui ont un problème avec leur sexualité. Eux, ça va très bien, alors lâchons les avec ça. Pire. Le consentement, c'est pas sexy. On préfère la surprise. Et vas-y qu'on véhicule l'idée d'un consentement par défaut (c'est mon copain/ma copine, il/elle est forcément consentant, n'est ce pas ?), et vas-y que sucer et faire un cunni pendant le sommeil de l'autre pour le réveiller le matin, c'est le comble du sexy...
Et évitons de mêler les discussions en amont et les signaux de son partenaire à la notion de consentement... non, non, on risquerait de s'interroger et on sait jamais que la notion de consentement soit fragile et que ça nous empêche de baiser. Prendre son pied est prioritaire, n'est ce pas ?
Consent is mandatory.
Là, c'est encore pire. Obligatoire. Quel vilain mot. Au sexe, on aspire à la liberté. Ces mal-baisé(e)s viennent plomber l'ambiance.
Pourtant, le sexe, c'est sérieux. Eh, oui. Ça vient nous titiller très fort la psyché. Ça vient nous atteindre au plus profond de notre intimité. Alors, quand la contrainte s'immisce, ça fait mal. Et ça peut laisser des traces durables et très douloureuses, mettre le bordel dans la tête, etc, etc.
Et puis, il y a l'absence de consentement résignée ou même "par défaut". Parce qu'on a pris l'habitude de ne pas se poser la question. Parce que, se demander si on en a vraiment envie et si l'autre en a vraiment envie aussi, et s'en assurer à tous les instant, c'est pas sexy mon bon monsieur et ma bonne dame. On doit en avoir envie. Ça, c'est sexy.
Stop.
Communiquer pendant le sexe, c'est sexy. C'est obligatoire. C'est nécessaire. C'est respecter l'autre et se respecter soi-même. Et vous alors ? En avez vous vraiment envie ? Est-ce que vous prenez réellement votre pied ? Et vous prenez votre pied à quoi, au juste ?
Pour la mécanique, on a des sextoys qui font le travail à la perfection maintenant. Il y en a pour tous les goûts sur le marché. Aspi à clito, vibro, objets divers à insérer dans tous les trous, gels lubrifiants sensation chaud/froid/picotements/averse de fin de printemps, fouets, godes, masturbateurs à gaine, électriques, lubrifiés, chauffants, vibrants, etc....
Pour l'excitation des yeux, on a une profusion de pornos, pour stimuler les fantasmes, une profusion de scénarios ecrits, mis en vidéo, etc etc...
Alors quoi ? On s'entre-consomme les uns les autres comme des sextoys humains avec image-son-scenario all inclusive ?
Bordel. Le sexe, c'est entre plusieurs individus, qui ont une identité. C'est une rencontre. Alors, oui, profitons de ça. Parlons de notre sexualité avec ceux avec qui nous la faisons. Et faisons le pendant. Demandons comment l'autre se sent. Si ca lui plait ou pas.
Quoi, ca vous a coupé l'envie ?
Et alors ? C'est quoi le plus important ? Passer un moment d'échange où vous allez apprendre à vous connaître, explorer vos envies, connaître votre partenaire et ses envies à lui, et enfin ce que ca vous fait quand vous etes ensemble ? Ou avoir un orgasme presto, coûte que coûte ?
Je ne compte pas les fois où un moment de sexe avec ma partenaire a dérivé finalement sur une discussion au coin de l'oreiller. Où un fou rire nous a interrompu. Où on a discuté, débriefé, remis en question, réfléchi sur notre sexualité, où ça nous a permis de construite quelque chose de toujours plus sain, plus sécurisant, plus épanouissant, où on a pu travailler sur notre lâcher prise, sur nos frustrations.
Et pourtant, la conséquence n'est pas une sexualité toujours plus débridée, non. On a pris de l'assurance pour poser nos limites. Pour changer d'avis en cours de route si on en a envie.
Notre sexualité n'est pas une bannière publicitaire érotique attrayante. Mais, wow, qu'est ce qu'on se connecte. Et comme on prend rien pour acquis, on repousse les limites. On se met toujours plus en phase, parce qu'on ne prend rien pour acquis. On a beau être ensemble et avoir une sexualité depuis un long moment, on continue de la questionner, de s'écouter.
Je préfère largement un moment de sexe qui s'interrompt parce qu'on a voulu s'assurer que ceci ou cela etait ok ou que notre partenaire allait bien, parce qu'on se posait des questions et on voulait echanger sur le sujet, qu'un moment de sexe excitant qui nous éloignerait de cette phase, de cette connexion qu'ily a entre nous, parce qu'on aurait préféré camper sur ce qu'on croit savoir et qu'on aurait ignoré des signaux.
Et puis voilà. Le consentement, je sais pas si c'est sexy ou pas. Y'a plus important que d'avoir une sexualité sexy, vous croyez pas ?
J'aime beaucoup cette analyse ,il y a beaucoup de verités .
Moi ma première fois était avec ma femme à 27 ans. Il n'y avait pas encore tinder. Je l'ai rencontré sur un site d'organisation de sortie (années 2010s).
Tout comme toi l'ouverture à l'intimité s'est faite par étapes. Et la première fois j'étais mort de stresse... le matériel n'a pas marché... je l'avais raconté dans un précédent post.
Le parcours du consentement ressemble au tient. Pareil que toi j'ai eu cette angoisse / d'avoir peur d'être trop insistant.
Le porn est très mauvais quand on est puceau voir pour tout le monde... surtout comme tu dis on ne trouve pas cette intimité avec la partenaire. Et c'est un ramassis de clichés patriarcaux. Les histoires c'est un peu mieux en triant ce qu'on lit.
Idem d'accord avec ton analyse sur le consentement et le fait que cette éducation au consentement est pour tous les sexes. Pour des rapports hetero :
- éduquer les filles à dire non et savoir ce qui est ok et pas ok (attention dans nos culture pas mal de choses sont faites pour inculquer aux filles l'obéissance : la belle au bois dormant qui reçoit le baiser du prince --> on n'apprend pas aux filles à dire non, choisir etc etc, dire ce dont elles ont envie)
- éduquer les gards à être à l'écoute, à être autre chose qu'un super hero viril avec un sex toujours en érection mesurant 20 cm... et l'éduquer à demander si tel chose plaît ou pas. Non, notre petit gard est shooté des l'enfance aux clichés du super hero qui a du pouvoir sur les freles dames. Cela est romancé en occident et un peu plus clair dans ma culture d'origine
Modifié
8 mai 2023 à 00:17
Matt-Sarme
7 mai 2023 à 12:09
Communiquer pendant le sexe, c'est sexy. C'est obligatoire. C'est nécessaire. C'est respecter l'autre et se respecter soi-même. Et vous alors ? En avez vous vraiment envie ? Est-ce que vous prenez réellement votre pied ? Et vous prenez votre pied à quoi, au juste ?
Merci @Majwa pour ce message :)
Tiens ça me rappelle l’expérience des yaourts sur les enfants, de Cherryy.
/youtu.be/HXsvdu8xZsU
Virginie Despentes en parlait déjà il y a quelques années je crois. J'avais trouvé cet article du Nouvel Obs qui remettait un peu plus de contexte sur cette expérience (réalisée initialement dans un but sexiste) : nouvelobs.com/societe/20170712.OBS2015/on-a-retrouve-l-etude-citee-par-virginie-despentes-sur-les-filles-les-garcons-et-les-yaourts-sales.html
L'article revient également sur d'autres expériences, un peu mieux construites. Les conclusions restent les mêmes.
Les critiques étaient plutôt justifiées si on en croit les réactions lassées de certains qui estiment de leurs propres dires qu'on les gonfle avec ça. Le message ne passe pas. Pire, il est dévoyé.
Le consentement, c'est une préoccupation de gens qui ont un problème avec leur sexualité. Eux, ça va très bien, alors lâchons les avec ça. Pire. Le consentement, c'est pas sexy. On préfère la surprise. Et vas-y qu'on véhicule l'idée d'un consentement par défaut (c'est mon copain/ma copine, il/elle est forcément consentant, n'est ce pas ?), et vas-y que sucer et faire un cunni pendant le sommeil de l'autre pour le réveiller le matin, c'est le comble du sexy...
Et évitons de mêler les discussions en amont et les signaux de son partenaire à la notion de consentement... non, non, on risquerait de s'interroger et on sait jamais que la notion de consentement soit fragile et que ça nous empêche de baiser. Prendre son pied est prioritaire, n'est ce pas ?
Consent is mandatory.
Là, c'est encore pire. Obligatoire. Quel vilain mot. Au sexe, on aspire à la liberté. Ces mal-baisé(e)s viennent plomber l'ambiance.
Pourtant, le sexe, c'est sérieux. Eh, oui. Ça vient nous titiller très fort la psyché. Ça vient nous atteindre au plus profond de notre intimité. Alors, quand la contrainte s'immisce, ça fait mal. Et ça peut laisser des traces durables et très douloureuses, mettre le bordel dans la tête, etc, etc.
Et puis, il y a l'absence de consentement résignée ou même "par défaut". Parce qu'on a pris l'habitude de ne pas se poser la question. Parce que, se demander si on en a vraiment envie et si l'autre en a vraiment envie aussi, et s'en assurer à tous les instant, c'est pas sexy mon bon monsieur et ma bonne dame. On doit en avoir envie. Ça, c'est sexy.
Stop.
Communiquer pendant le sexe, c'est sexy. C'est obligatoire. C'est nécessaire. C'est respecter l'autre et se respecter soi-même. Et vous alors ? En avez vous vraiment envie ? Est-ce que vous prenez réellement votre pied ? Et vous prenez votre pied à quoi, au juste ?
Pour la mécanique, on a des sextoys qui font le travail à la perfection maintenant. Il y en a pour tous les goûts sur le marché. Aspi à clito, vibro, objets divers à insérer dans tous les trous, gels lubrifiants sensation chaud/froid/picotements/averse de fin de printemps, fouets, godes, masturbateurs à gaine, électriques, lubrifiés, chauffants, vibrants, etc....
Pour l'excitation des yeux, on a une profusion de pornos, pour stimuler les fantasmes, une profusion de scénarios ecrits, mis en vidéo, etc etc...
Alors quoi ? On s'entre-consomme les uns les autres comme des sextoys humains avec image-son-scenario all inclusive ?
Bordel. Le sexe, c'est entre plusieurs individus, qui ont une identité. C'est une rencontre. Alors, oui, profitons de ça. Parlons de notre sexualité avec ceux avec qui nous la faisons. Et faisons le pendant. Demandons comment l'autre se sent. Si ca lui plait ou pas.
Quoi, ca vous a coupé l'envie ?
Et alors ? C'est quoi le plus important ? Passer un moment d'échange où vous allez apprendre à vous connaître, explorer vos envies, connaître votre partenaire et ses envies à lui, et enfin ce que ca vous fait quand vous etes ensemble ? Ou avoir un orgasme presto, coûte que coûte ?
Je ne compte pas les fois où un moment de sexe avec ma partenaire a dérivé finalement sur une discussion au coin de l'oreiller. Où un fou rire nous a interrompu. Où on a discuté, débriefé, remis en question, réfléchi sur notre sexualité, où ça nous a permis de construite quelque chose de toujours plus sain, plus sécurisant, plus épanouissant, où on a pu travailler sur notre lâcher prise, sur nos frustrations.
Et pourtant, la conséquence n'est pas une sexualité toujours plus débridée, non. On a pris de l'assurance pour poser nos limites. Pour changer d'avis en cours de route si on en a envie.
Notre sexualité n'est pas une bannière publicitaire érotique attrayante. Mais, wow, qu'est ce qu'on se connecte. Et comme on prend rien pour acquis, on repousse les limites. On se met toujours plus en phase, parce qu'on ne prend rien pour acquis. On a beau être ensemble et avoir une sexualité depuis un long moment, on continue de la questionner, de s'écouter.
Je préfère largement un moment de sexe qui s'interrompt parce qu'on a voulu s'assurer que ceci ou cela etait ok ou que notre partenaire allait bien, parce qu'on se posait des questions et on voulait echanger sur le sujet, qu'un moment de sexe excitant qui nous éloignerait de cette phase, de cette connexion qu'ily a entre nous, parce qu'on aurait préféré camper sur ce qu'on croit savoir et qu'on aurait ignoré des signaux.
Et puis voilà. Le consentement, je sais pas si c'est sexy ou pas. Y'a plus important que d'avoir une sexualité sexy, vous croyez pas ?