Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Valentine ou Les Elfes du petit bois — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Valentine ou Les Elfes du petit bois
Chapitre 1
Auteur : RosaBonnet
Editeur : Dominique Leroy
Editeur : Dominique Leroy
Son prince charmant apparut effectivement, au coin d’un petit bois, un jour qu’elle dévalait le sentier en roue libre, la jupe relevée haut sur les cuisses.
Il n’était pas seul. Il avait un jumeau.
Valentine aperçut soudain deux silhouettes accolées, qui se séparèrent pour sauter le fossé et se planter de chaque côté du chemin. Il était trop tard pour faire demi-tour. Sans freiner, elle se laissa rouler jusqu’au bout du chemin, et crânement, sans baisser les yeux, passa devant deux jeunes garçons, d’allures totalement identiques, qui la regardèrent s’éloigner sans faire le moindre geste, les yeux écarquillés sur ses jambes nues.
Il n’était pas seul. Il avait un jumeau.
Valentine aperçut soudain deux silhouettes accolées, qui se séparèrent pour sauter le fossé et se planter de chaque côté du chemin. Il était trop tard pour faire demi-tour. Sans freiner, elle se laissa rouler jusqu’au bout du chemin, et crânement, sans baisser les yeux, passa devant deux jeunes garçons, d’allures totalement identiques, qui la regardèrent s’éloigner sans faire le moindre geste, les yeux écarquillés sur ses jambes nues.
Le soir, elle questionna discrètement sa mère sur l’identité des deux garçons, mais sans résultat. Le lundi suivant, elle décida de refaire le même itinéraire, pour voir si les jumeaux seraient encore là. C’était risqué, mais sa curiosité naturelle était titillée ; elle voulait en avoir le coeur net. Elle se parfuma et mit une robe à fleurs très légère, qui se soulevait à chaque coup de pédale.
Les jumeaux étaient là, vêtus d’une même salopette bleue sur le torse nu. Elle ralentit en les apercevant. Son coeur cognait trop fort. Ses mains tremblaient tant que le guidon de la bicyclette vibrait, au point limite du déséquilibre. Imperceptiblement, ils se rapprochèrent du milieu du chemin, le rétrécissant sans vraiment le barrer. Bravement, elle poursuivit sa route et se faufila entre les deux garçons. Lorsque sa robe les effleura au passage, elle eut juste le temps d’en voir un fermer les yeux et tendre la main vers elle. Elle l’évita de justesse. L’autre, les mains dans les poches, n’avait pas bronché. Retenant son souffle, elle s’éloigna en pédalant de plus belle. Le soir, dans son lit, elle se repassa le film de l’après-midi, regrettant presque d’être passée sans qu’aucun des deux ne la retienne, ou ne coure après elle. Elle n’avait pas vraiment eu peur, les garçons lui avaient paru inoffensifs. Mais l’excitation du jeu lui donnait des frissons. Sûr qu’elle y retournerait ! Elle y pensa toute la semaine et toutes les nuits, s’abrutit de travail tout le dimanche et dormit comme une bûche.
Les jumeaux étaient là, vêtus d’une même salopette bleue sur le torse nu. Elle ralentit en les apercevant. Son coeur cognait trop fort. Ses mains tremblaient tant que le guidon de la bicyclette vibrait, au point limite du déséquilibre. Imperceptiblement, ils se rapprochèrent du milieu du chemin, le rétrécissant sans vraiment le barrer. Bravement, elle poursuivit sa route et se faufila entre les deux garçons. Lorsque sa robe les effleura au passage, elle eut juste le temps d’en voir un fermer les yeux et tendre la main vers elle. Elle l’évita de justesse. L’autre, les mains dans les poches, n’avait pas bronché. Retenant son souffle, elle s’éloigna en pédalant de plus belle. Le soir, dans son lit, elle se repassa le film de l’après-midi, regrettant presque d’être passée sans qu’aucun des deux ne la retienne, ou ne coure après elle. Elle n’avait pas vraiment eu peur, les garçons lui avaient paru inoffensifs. Mais l’excitation du jeu lui donnait des frissons. Sûr qu’elle y retournerait ! Elle y pensa toute la semaine et toutes les nuits, s’abrutit de travail tout le dimanche et dormit comme une bûche.
Le lundi matin, fraîche et parfumée dans sa robe à pois roses, elle reprit le chemin du petit bois. Personne ne l’y attendait. Déçue, elle passa au ralenti, à l’endroit exact où les garçons s’étaient tenus les deux autres fois. Elle descendit de sa bicyclette, la déposa à terre, fit quelques pas sur le chemin, d’un côté et d’autre, alla jeter un coup d’oeil en bordure de bois. Personne… Aucun bruit, aucune présence perceptible. Dépitée, elle remonta en selle, et tourna au coin du bois pour longer le champ de maïs vers la rivière.
C’est alors qu’ils apparurent, tels des sylphes bondissant en plein milieu du sentier, juste devant sa roue. Surprise, elle donna un coup de guidon qui la déséquilibra, et elle tomba. Dans sa chute, elle sentit sa robe se déchirer sur la selle, puis une vive brûlure au coude et au genou. Elle se retrouva aux pieds des deux inconnus, sans défense, mais sans frayeur. Pour se donner une contenance, elle se redressa, chercha un mouchoir dans sa poche et commença à essuyer le sang, qui perlait sur son genou. Sans un mot, les deux lutins en salopette la relevèrent et la portèrent sur l’herbe. Elle ne se débattit pas.
C’est alors qu’ils apparurent, tels des sylphes bondissant en plein milieu du sentier, juste devant sa roue. Surprise, elle donna un coup de guidon qui la déséquilibra, et elle tomba. Dans sa chute, elle sentit sa robe se déchirer sur la selle, puis une vive brûlure au coude et au genou. Elle se retrouva aux pieds des deux inconnus, sans défense, mais sans frayeur. Pour se donner une contenance, elle se redressa, chercha un mouchoir dans sa poche et commença à essuyer le sang, qui perlait sur son genou. Sans un mot, les deux lutins en salopette la relevèrent et la portèrent sur l’herbe. Elle ne se débattit pas.
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