Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Une semaine au soleil. — Chapitre 1 · Besoin de changer d'air
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Une semaine au soleil.
Chapitre 1 · Besoin de changer d'air
Se faire larguer à vingt-cinq ans, ce n'est pas la fin du monde, tout le monde me l'a dit. « Surtout pour une fille », parait-il. Mais bon, moi, j'ai eu le coeur brisé en mille morceaux, et même si ça fait maintenant bien plus d'un an, la douleur est presque toujours aussi vive.
Toujours est-il qu'après des mois de déprime, trainant un matin de plus le poids de ma souffrance au boulot, un collègue qui n'en pouvait plus de me voir ainsi m'a dit :
— Viens, on part une semaine à Djerba !
Il pleuvait depuis des jours à Paris, le vent et la grisaille d'automne n'étaient pas vraiment propices à me faire sortir du trou dans lequel je me morfondais. La pensée d'un soleil chaud sur un ciel bleu azur, pour trancher avec l'hiver qui se profilait peu à peu, était somme toute bien réconfortante, même si l'idée me sembla terriblement saugrenue de la part de ce garçon que je ne connaissais finalement pas tant que ça à l'époque.
Marc était à peine plus âgé que moi. Nous n'étions pas vraiment proches, mais nous étions arrivés dans la boîte quasiment au même moment et nous avions fait connaissance lors de nos différentes journées de formation. Même si il était plutôt mignon, je ne lui connaissais aucune aventure, à tel point que je l'imaginais probablement gay, peut-être aussi à cause de sa façon d'être, le cliché toujours impeccable et plutôt raffiné.
— Une offre imbattable, je t'assure ! Avec le vol et la pension complète pour trois fois rien, je comptais partir seul mais ça revient encore moins cher si on part à deux !
— Tu es sérieux ?
— Oui ! À condition qu'on partage la chambre, bien sûr, mais je t'assure que ça te ferait tellement de bien de changer d'air, et moi aussi j'en ai besoin crois-moi.
— Tu es sérieux ?
— Oui ! À condition qu'on partage la chambre, bien sûr, mais je t'assure que ça te ferait tellement de bien de changer d'air, et moi aussi j'en ai besoin crois-moi.
Un mois plus tard à peine, j'étais dans l'avion. Première semaine de janvier, froid glacial en allant (très) tôt le matin à l'aéroport. Assise à côté de Marc, je sens déjà comme un poids qui se détache de mon corps lorsque l'avion décolle. Libérée de quelque chose, même si je ne comprends pas encore de quoi.
À l'arrivée, le soleil est au rendez-vous. Il fait une vingtaine de degrés, mais par contraste nous avons l'impression qu'il en fait dix de plus, bien que tous les locaux que nous croisons soient habillés de façon hivernale. Ça nous amuse, et nous chaussons nos lunettes de soleil dans le taxi pour nous rendre à l'hôtel.
La chambre est belle, propre et spacieuse, avec une superbe vue sur la piscine, quelques palmiers d'une hauteur incroyable, et la mer tout au fond. Pourtant, la première chose que nous avons constaté, c'est la présence de cet immense lit au coeur de la pièce, alors que nous avions réservé deux lits jumeaux. Marc paraissait encore plus gêné que moi et s'est mis sur la défensive :
— Je te jure que j'ai bien précisé deux lits séparés ! Je vais descendre à la réception pour corriger ça, ne t'inquiète pas !
Nous avions fait la réservation ensemble, je savais qu'il disait vrai et que c'était une erreur de la part de l'hôtel. Je ne m'inquiétais pas.
Lorsqu'il est remonté, le manager qui l'accompagnait nous ouvrit en s'excusant la porte d'une chambre située de l'autre côté du couloir. Beaucoup plus sombre, et plus petite aussi, mais avec deux lits simples séparés par une petite table de nuit. D'un coup d'oeil, j'aperçu par la fenêtre la vue bien moins sympathique, sur un bâtiment visiblement en construction de l'autre côté de la rue.
— Merci mais nous allons garder la première chambre, dis-je en souriant.
On a défait nos bagages en riant. Nous étions pressés de nous installer afin de nous changer avant de descendre au buffet. Le lit était tellement gigantesque que nous nous étions amusés à tracer une ligne de séparation en son centre à l'aide des innombrables coussins qui reposaient dessus.
Déjeuner, puis piscine, puis collation, puis plage, apéritif, diner. La journée était parfaite. Le programme de la semaine était posé, rien d'autre à faire que de se prélasser. J'étais bien.
J'appréhendais quand même notre première nuit. C'est vrai, après tout, je ne connaissais pas Marc si bien que ça, et je me retrouvais seule, à partager son lit, dans un pays étranger. Quelle inconscience ! Pour tenter de me rassurer un peu, je décidai de creuser un peu l'hypothèse de son homosexualité. Je lui parlai d'un homme croisé dans l'après-midi au bord de la piscine, très bronzé et musclé, qui avait attiré mon regard.
Je lui confiai que c'était la première fois depuis ma rupture qu'un homme parvenait à capter mon attention physiquement, et c'était la vérité. Même un peu honteuse. En disant cela, j'espérais que Marc rebondisse sur ma confession en m'avouant qu'il avait également remarqué ce bel adonis, mais il n'en fut rien ! Bien au contraire, il me parla d'une touriste blonde qui était parait-il non loin de nous à la plage mais qui avait pourtant été complètement invisible à mes yeux !
Marc n'est donc pas gay. C'est le drame ! Je fus prise d'un court moment d'angoisse, mais sa gentillesse et son air précautionneux eurent vite fait de me rassurer sur ses intentions, qui ne pouvaient être autres qu'amicales.
Nous avons dormi cette première nuit avec notre séparation de coussins, sans absolument aucune ambiguïté, et je savais le lendemain matin que je pouvais dorénavant, sans aucune crainte, consacrer ma semaine à la détente absolue.
J'étais descendue tôt à la piscine afin de « réserver » deux transats avec serviettes pendant que Marc était remonté à la chambre après le petit-déjeuner. Maillot de bain, huile de bronzage, lunettes de soleil et chapeau, je me plongeai dans la lecture de mon bouquin durant un long moment, jusqu'à ce qu'une ombre imposante vint me cacher le soleil un court instant, ce qui me fit lever les yeux de mon livre.
C'était le bel adonis de la veille, qui passait en marchant devant moi. En levant les yeux vers lui, je croisai son regard et il me sourit. Panique. Il m'avait donc vue… et même remarquée !
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