Sur la plage — Chapitre 1
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La lenteur assumée du récit retient l'attention dès les premières lignes : chaque geste est une étape, chaque souffle une promesse suspendue. On apprécie la manière dont la narration joue avec le contraste entre l'espace ouvert et l'intimité qui s'y glisse, sans jamais forcer le trait. La voix, posée et sensuelle, donne au désir le temps de monter, et c'est précisément ce retenu qui rend la lecture aussi intense.
Sur la plage
Chapitre 1
Depuis le début de l'après-midi, l'air brûlant semblait suspendu au-dessus du sable doré. Nous sommes restés longtemps à écouter le roulement régulier des vagues qui viennent mourir à quelques mètres de nos pieds, bercés par la rumeur lointaine des vacanciers et le cri de quelques oiseaux marins qui planent dans l'azur sans nuages.
Tu viens de sortir de l'eau il y a quelques minutes. Quelques gouttes salées perlaient encore au creux de tes épaules et le long de ta colonne vertébrale avant que le soleil ne les boive une à une. Tu t'es assise sur le drap de bain, tu as rassemblé tes cheveux encore humides sur le côté de ta nuque, et tu as ouvert le flacon de crème solaire.
Son parfum chaud de fleurs blanches et de coco s'est immédiatement mêlé à l'air marin. Je t'ai regardée l'étaler sur tes bras, sur ton décolleté, sur ton ventre plat. Puis tu m'as tendu le flacon en souriant par-dessus ton épaule pour que je m'occupe de ton dos.
Mes mains ont pris tout leur temps. J'ai fait glisser la crème le long de ta nuque, sur tes omoplates, jusqu'au creux de tes reins. En dénouant un instant le cordon de ton haut de maillot pour ne laisser aucune trace blanche au soleil, mes doigts ont frôlé la naissance de tes seins sur les côtés. J'ai senti ta respiration ralentir déjà, ta peau se tendre imperceptiblement sous ma paume. Puis tu t'es allongée sur le dos, les yeux fermés derrière tes lunettes de soleil, offerte à la lumière dorée de la fin d'après-midi.
Tu t'es mis de la crème solaire partout. Ta peau brille au soleil, satinée, presque irréelle. Je suis allongé à côté de toi, tout contre toi, entre toi et la mer, sur la grande serviette.
Mon corps fait écran à la brise légère qui vient du large. Je sens la chaleur qui émane de ta peau à quelques centimètres de la mienne. Je me tourne sur le flanc, appuyé sur un coude, et je te contemple longuement. Le dessin de tes lèvres entrouvertes, le mouvement régulier de ta poitrine, la courbe de ta taille qui s'évase vers tes hanches.
Je pose ma main sur toi. Je caresse ta cuisse gauche allongée, pendant que ta jambe droite reste légèrement repliée sur le sable tiède.
Ma paume glisse très lentement sur ta peau hydratée, luisante, douce. Chaque passage de mes doigts laisse une trace d'une douceur infinie. Je remonte doucement du genou vers le haut de ta cuisse, de plus en plus lentement à mesure que j'approche de ton bassin. Du bout des doigts, j'effleure le tissu de ton maillot. Juste la lisière. Tu soupires.
Tu n'as pas ouvert les yeux, mais j'ai vu ton ventre frémir et tes lèvres s'entrouvrir un peu plus. Je ne vais pas plus loin. Pas tout de suite.
Je longe la couture élastique contre ta cuisse. Lentement. Millimètre par millimètre. Et je remonte vers le haut. Sur ton ventre chaud qui se soulève sous ma paume. Je dessine des cercles lents autour de ton nombril, j'effleure la pointe de tes hanches, puis je redescends sur ta cuisse.
Je caresse l'intérieur de ta cuisse. Là où la peau est la plus fine, la plus sensible. Chaude. Douce.
Ta jambe repliée s'écarte d'un centimètre, presque malgré toi, comme une invitation silencieuse. Mes doigts repartent du creux de ton genou, remontent dans l'ombre tiède entre tes jambes, et arrivent sur le tissu du maillot à nouveau.
Au milieu. Cette fois, je ne contourne pas. Tes lèvres se dessinent à travers le tissu fin et tendu. Je sens déjà la chaleur et le relief de ton intimité sous la pulpe de mes doigts. Je passe au milieu, dans le sillon brûlant, et en arrivant tout en haut, j'appuie légèrement. Tu soupires à nouveau, plus profondément.
Un bruit de pas sur le sable sec, juste derrière nous. J'éloigne ma main rapidement et la pose innocemment sur ton genou. Tu tournes la tête vers moi, nos regards se croisent et on éclate de rire. Ce rire complice, léger, délicieux, de deux amants pris au jeu au milieu de tout le monde.
Les pas s'éloignent vers le bord de l'eau. Autour de nous, chacun est absorbé par l'horizon ou sa lecture. Alors, sans dire un mot, avec ce petit sourire au coin des lèvres qui me rend fou, tu attrapes une deuxième grande serviette dans le sac et tu la poses négligemment sur tes cuisses et ton ventre, comme pour te protéger du soleil qui baisse.
Le piège se referme sur nous. Sous ce drap léger, un monde secret vient de s'ouvrir.
Je passe la main dessous.
L'air sous la serviette est encore plus chaud, chargé du parfum de ta peau et de la crème solaire. Mes doigts retrouvent aussitôt le tissu de ton maillot. J'appuie encore un peu plus. Je sens que le tissu commence déjà à s'humidifier au centre.
Je fais glisser le bord du maillot contre ta hanche gauche, puis la droite quand tu soulèves imperceptiblement les fesses pour qu'il descende plus facilement jusqu'au milieu de tes cuisses.
Ton sexe est nu sous la serviette. Libre. Offert dans la pénombre chaude du tissu.
Pourtant, je ne me précipite pas. Je caresse ta cuisse. L'intérieur. Tu ouvres légèrement les jambes sous le drap, confiante, abandonnée. Je remonte à nouveau. Mes doigts passent tout autour de tes lèvres sans y entrer. Sur le tendon, le pli de l'aine, le haut de la cuisse. Je m'attarde sur ton ventre, faisant monter le désir jusqu'à ce que je sente ton bassin chercher le contact de ma paume.
Puis ma main redescend enfin vers ton sexe.
Mes doigts glissent sur ta toison. Je me faufile entre les poils doux, je les tire très légèrement, je joue avec un peu. Puis je continue à descendre lentement.
J'arrive en haut de tes lèvres, sur ce point déjà gonflé de désir, et j'appuie légèrement à nouveau, en décrivant un cercle très lent. Tu gémis tout bas, un souffle retenu qui se perd dans le bruit des vagues. Tu ouvres un peu plus les jambes. Je me colle davantage contre ton flanc, et ta main gauche vient se poser à l'aveugle sur mon sexe, dressé, dur, qui tend le tissu de mon maillot contre ta cuisse.
Mon doigt glisse très lentement entre tes lèvres. Je les sens chaudes. Humides. Accueillantes.
Je glisse de haut en bas tout le long de ton sexe, répartissant ta propre douceur. Puis j'arrive à l'entrée de ton vagin. Et encore plus lentement, la paume tournée vers le haut, j'entre en toi. Millimètre par millimètre. Je sens tes chairs brûlantes trembler et se refermer autour de mon doigt. Au même instant, tu resserres tes doigts sur mon sexe à travers le tissu de mon maillot.
Je suis en toi. Je replie légèrement mon doigt pour caresser ce fameux point si sensible, juste là, contre la paroi supérieure. Je sens ta chair qui se contracte aussitôt. Qui durcit et gonfle sous ma caresse. Je te sens pousser le bassin vers l'extérieur pour accompagner mon mouvement.
Tu es en train de jouir en silence, à quelques mètres de la mer. Ton corps coule abondamment autour de mon doigt. Ma main est trempée, et tu bouges lentement le bassin d'avant en arrière pour me laisser m'enfoncer davantage et prolonger l'onde qui te traverse.
Tu as chaud, tes joues sont rosies sous le soleil déclinant. Je retire doucement ma main de sous la serviette et, en te regardant dans les yeux, je porte mes doigts à mes lèvres et je lèche ton plaisir. J'adore ton goût, mêlé à la douceur salée de l'après-midi. Je souris. Émue et troublée, tu glisses ta main libre dans mes cheveux et les caresses.
Mais le désir est encore là, intact, encore plus vif. Je retourne sous la serviette, droit vers ton sexe. Et cette fois, j'introduis deux doigts entre tes lèvres grandes ouvertes. Lentement, je m'enfonce tout au fond de toi. Discrètement, sans que rien ne trahisse nos mouvements de l'extérieur.
La profondeur du geste te surprend : tu laisses échapper un petit cri. Court. Discret. On s'arrête net, le cœur battant. Je jette un regard circulaire sur la plage… personne ne nous regarde, le fracas des rouleaux couvre tout. On se sourit, grisés par le danger et l'intimité du moment.
Je reprends alors des mouvements de va-et-vient lents et profonds au cœur de ton intimité. Mes doigts explorent tout ton sexe. Je caresse ta chair brûlante, j'écarte légèrement mes deux doigts à l'intérieur, je les tourne tout au fond de toi pour solliciter chaque parcelle de ta sensibilité.
Tu ne peux plus retenir la vague qui déferle : tu jouis à nouveau, puissamment, en mordant un coin de la serviette entre tes dents pour étouffer ton cri. Ton corps reste presque immobile sous le soleil doré, trahi seulement par les spasmes de joie qui soulèvent ton bassin contre ma main.
Pendant de longues secondes, je laisse mes doigts reposer en toi, sentant les dernières contractions de ton plaisir se calmer doucement au rythme de ton souffle haletant.
Quand tu rouvres enfin les yeux vers moi, ton regard brille d'une intensité folle. Ce n'était qu'un prélude. On se comprend sans un mot : on décide de partir tout de suite dans un lieu plus isolé.
Parce que maintenant, j'ai très envie de te pénétrer.
Extrait du recueil « Le Carnet Secret de Marco & Liv » (sept récits complets : Sur la plage, Dans la salle de bain, Coucher de soleil dans la cuisine, En remontant de la plage, Un besoin impérieux, La panne de train, Lever de soleil à la mer).
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