Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Sex game — Chapitre 1
Auteur
Sex game
Chapitre 1
Je suis allongée sur mon lit, le téléphone à la main, le cœur qui bat beaucoup trop vite pour quelque chose d'aussi stupide. Les copines n'ont parlé que de ça toute la journée. À les entendre, c'est l'application qui va faire exploser Internet.
Ça s'appelle Sex Game.
Une interface noire, froide, presque clinique. Tu t'inscris, tu acceptes les règles et tu attends. Un message tombe chaque jour. Un seul défi. Le même pour tout le monde. Refuser fait perdre des points ; accepter en fait gagner. Mais attention, pas de triche. Valider un défi sans l'avoir réellement accompli te fait perdre tous tes points d'un coup.
Je ne sais pas comment ils vérifient ça. Je suppose qu'il vaut mieux se méfier de l'appareil photo de son téléphone.
Et pour ceux qui accumulent le plus de points, il y aurait des cadeaux à la clé. Certains murmurent même qu'ils seraient d'une valeur assez impressionnante.
Je suis bête. Je n'aurais jamais dû installer ce truc.
Ce sont les filles qui m'ont chauffée. Moi, je suis plutôt du genre sage, réservée, celle qu'on oublie au fond de l'amphi. À vingt ans, je me dis que j'ai le temps d'explorer ma sexualité. Mais elles m'ont lancé : « Allez, inscris-toi, comme ça on y est toutes. Ça mettra un peu de piment dans ta vie de coincée… »
J'ai hésité. Et puis merde. Pourquoi est-ce que je ne pourrais pas m'amuser, moi aussi ? J'ai créé un profil.
Depuis, je fixe l'écran de l'application. Il n'y a rien d'autre que ces deux mots, Sex Game, écrits en gros caractères blancs sur un fond noir. J'ouvre, je ferme, je recommence. Plusieurs fois. Toujours le même écran figé.
Les heures passent.
Rien.
Puis, soudain, une sonnerie stridente retentit.
Une alerte.
Mon cœur se met à tambouriner dans ma poitrine. Je me redresse d'un coup et j'appuie sur l'écran avant même d'avoir eu le temps de réfléchir.
Défi 1
Envoie une photo osée à la personne la plus moche de ton répertoire.
Envoie une photo osée à la personne la plus moche de ton répertoire.
Je relis la phrase.
Une fois.
Deux fois.
Mon estomac se serre.
Je sais déjà qui c'est.
Je ne sais pas pourquoi, mais mon esprit bascule immédiatement vers Monsieur Morel, mon ancien prof particulier de maths. Quarante-deux ans. Des cheveux clairsemés, un ventre un peu mou, des lunettes épaisses et cette façon insistante de me regarder quand je me penchais sur mon cahier. À l'époque, je faisais semblant de ne rien remarquer. C'était plus simple.
Il est toujours dans mon répertoire, quelque part entre une ancienne camarade de lycée et le numéro d'un livreur que j'aurais dû supprimer depuis des mois. Un fantôme embarrassant que je n'ai jamais pris la peine d'effacer.
Je fixe l'écran.
Une photo osée. Qu'est-ce que ça veut dire, exactement ? Un décolleté ? Un soutien-gorge ? Plus ?
Je me lève et rejoins le miroir de ma petite salle de bain. Mes cheveux bruns partent dans tous les sens, mes joues commencent déjà à rosir. Je porte un vieux t-shirt trop large et un short de sport. Rien de sexy.
Je relève le t-shirt.
Je le baisse pour former un décolleté.
Je le relève encore.
Ridicule.
Je prends une première photo, puis deux. Rien de vraiment excitant. Un peu honteuse de ma propre timidité, je retire le t-shirt et reste en soutien-gorge. Quelques poses maladroites, les épaules rentrées, le regard fuyant. Je pense à la façon qu'il avait de s'attarder sur moi, ce regard lourd que je faisais semblant de ne pas voir. Est-ce que c'est pour ça que c'est lui qui m'est venu en tête en premier ?
Mais qu'est-ce que je fous, putain ?
J'efface tout d'un coup sec, je balance mon téléphone sur le lit et je souffle, les mains sur les genoux.
Sois honnête. Ce jeu n'est pas pour toi.
Une heure passe. Le silence de la pièce pèse lourd. Je n'arrive pas à m'enlever cette saloperie de la tête.
Bordel… ce n'est qu'une photo. Pour une fois dans ta vie, ose.
Je reviens vers le lit, le souffle court. J'enlève mon t-shirt. Je me regarde en soutien-gorge dans la pénombre. Puis, d'un geste sec, presque impulsif, je détache les agrafes et laisse le tissu glisser le long de mes bras.
Mes seins sont lourds. Mes tétons sont déjà durs, contractés par une décharge d'adrénaline pure et autre chose de bien plus trouble qui m'envahit par surprise.
Je lève le téléphone. Je cadre. On ne voit pas mon visage, juste mon menton et ma poitrine offerte, les pointes dressées.
Mon bas-ventre se noue au millième de seconde où mon pouce appuie sur Envoyer. Pas un mot. Juste ma chair nue.
Je pose mon téléphone sur le lit et commence à faire les cent pas dans la chambre. Je n'arrive plus à me concentrer. J'imagine sa réaction, son regard, les pensées qu'il pourrait avoir en découvrant le cliché.
Je regrette déjà. Enfin, je crois.
Une alerte me tire de mes pensées.
M. Morel : Léa… ? C'est vraiment toi ?
Je reste immobile.
Mon visage me brûle. Je tape quelques lettres, les efface, puis verrouille mon téléphone comme si cela pouvait annuler la conversation.
Un deuxième message arrive.
Une photo.
Je sais que je ne devrais pas l'ouvrir.
Je clique quand même.
Je clique quand même.
Monsieur Morel apparaît torse nu. Son visage, son corps, cette expression satisfaite qu'il semble avoir choisie pour l'occasion… Tout me met mal à l'aise.
Cinq secondes plus tard. Un troisième message.
Une autre image.
C'est sa queue. Déjà dure. Épaisse, veinée, le gland luisant, tenue dans sa main un peu potelée. Je fixe d'abord la base, épaisse, avant que mon regard remonte lentement malgré moi. Elle est plus grosse que ce que j'imaginais. Bien plus grosse. Je n'arrive pas à décrocher les yeux.
Mon souffle m'abandonne. Je reste figée, les yeux écarquillés devant l'écran, et quelque chose d'inattendu — de honteux — commence à se dilater entre mes cuisses. Le dégoût est là, entier, il me tord l'estomac. Mais sous lui, plus profond, une chaleur lourde et humide pulse à son propre rythme, indifférente à ce que je veux ressentir.
D'une main tremblante, j'ouvre l'application. Je valide mes cinquante premiers points.
Prochain défi dans 24 h.
Je reste assise au bord du lit, les jambes serrées, le visage brûlant, l'image de sa bite encore imprimée derrière mes paupières. Mon short est humide, il colle à ma fente.
Je ne sais pas ce que l'application me réserve pour demain. Je suis terrifiée et honteuse, mais une part de moi, sombre et avide, a déjà terriblement hâte du prochain défi.
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