Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Taranis — Chapitre 1
Auteure
Taranis
Chapitre 1
Les dieux celtiques
Les dieux de ma Bretagne sont en villégiature. Ou ils vaquent à leurs occupations ailleurs. Car ces déités celtiques n’aiment pas la chaleur. Elles la tolèrent simplement. Les rayons du soleil sont nécessaires au bien de leurs terres, et la chaleur a certes quelques bienfaits, mais ils veillent au grain. Leur fief est monde de vents et de pluies. Le terrain de jeux d’eaux douces et salées.
Et pour parler de grains, c’est certain, ils ne tarderont plus. Et il y a fort à parier qu’il ne s’agira pas de pluies éparses ou de grosses averses. Les dieux bretons sont en colère. Cette canicule ne pèsera pas lourd face à leur rage. Très bientôt, ils nous le feront savoir. Taranis ne va pas faire dans la dentelle. Et, c’est sûr, les dentelles des coiffes des dames de Bretagne vont bientôt s’envoler, qu’elles soient bigouden ou du Léon. Et quand le père Taranis* va nous jouer sa symphonie… La fameuse expression tonnerre de Brest, fleurira sur toutes les lèvres bretonnes.
Envies de jouissance
Il ne s’agit pas ici de fantasme. Réaliser ces rêves éveillés, liés à nos sexualités, est souvent compliqué. Notre imaginaire est complexe. Parfois, ces fantasmes nous effraient un peu ou nous poussent à nous poser trop de questions. Des questionnements sur nos propres limites. Le plus souvent, nous ne tentons rien pour diverses raisons. Ne dit-on pas que tous les fantasmes ne sont pas réalisables ?
Alors parlons plutôt de curiosités et d’envies. Car l’affaire est relativement aisée à mener à bien. Il suffit d’être assez curieuse et ouverte aux plaisirs sensuels. Bien sûr, d’autres considérations sont à prendre en compte. Être proche de la nature, ne pas être frileuse et être patiente. Il faut évidemment un peu de chance. Comme pour la plupart des projets, une part de chance est toujours la bienvenue. Pour celui-ci, la patience est primordiale. Attendre une météo adéquate est obligatoire. Alors, curiosités et envies peuvent être enfin assouvies.
Maintenant, je dois vite y aller. Ma patience a été récompensée mais le temps file très vite et pour que je puisse me satisfaire, un bon timing est crucial.
— Allez zou ! Cap sur le goulet…
Vers l’orage
Je déteste conduire de nuit. J’évite le plus possible de le faire, et heureusement, il est rare que j’y sois tenue. Il ferait encore jour si l’orage ne grondait pas. Et c’est justement cet orage qui m’a poussée à quitter mon petit nid douillet. Il y a fort longtemps que j’y songe. Une idée qui allait et qui venait, mais que je n'oubliais pas.
Je vais bientôt arriver à l’endroit que j’ai choisi. Une plage s’est imposée alors que j’observais l’orage de la terrasse de mon petit chez moi. Une vue lointaine sur le goulet, qui m’a donné envie d’agir. L’occasion ne fait-elle pas la larronne ?
La plage
Depuis le temps que j’en avais envie. Je ne suis pas spécialement froussarde, mais j’avoue volontiers que cette petite aventure m’excitait autant qu’elle m’effrayait. Plusieurs fois, j’avais reculé ce moment, malgré mes désirs de découvertes. Cette fois, je m’étais armée de courage et décidais que je ne reculerais pas.
J’ai laissé ma Giulietta avec les phares en veilleuse. Une voiture noire sous cette nuit d’orage serait difficile à retrouver, si pour une raison ou une autre, je devais m’éloigner un peu. À cette pensée, je sens ma frayeur renaître et je dois me secouer pour quitter l’habitacle douillet.
Des trombes d’eau et des grondements sourds qui roulent presque en permanence. On a l’impression qu’ils viennent du large et frappent la côte, un peu comme le feraient des vagues. La portière conducteur est entrebâillée. Ce n’est plus le moment de flancher.
Je n’ai pas fait dix pas que je suis déjà trempée. Ma tignasse dégoulinante de pluie s’est collée à mon visage. Mon débardeur et ma jupe sont imbibés d’eau et sont devenus des secondes peaux. J’ai laissé mes sandales dans la voiture et mes pieds nus glissent parfois sur de la roche. Il faut que je me calme.
— La torche… Idiote !
Je dois me calmer. Une chute sur cette grève ne serait certainement pas mortelle mais ce n’est pas vraiment le moment de me casser la gueule.
Le rayon de la torche me sert uniquement à mettre un pied devant l’autre. Je ne dois pourtant plus être très loin de la plage.
J’ai ramené ma chevelure devenue lourde en arrière, la lissant des doigts du mieux que je pouvais. Mes mouvements font luire mes vêtements sous la lumière artificielle.
— Purée…
L’éclair a illuminé la grève et mes débardeur et jupe m’ont semblé d’un blanc irréel.
— Oh put…
Le fracas du tonnerre m’a fait sursauter et a couvert mon cri. La surprise et la frayeur m’ont clouée sur le sable où mes pieds se sont enfoncés. Le roulement de tambour titanesque m’a vrillé les tympans.
— La plage… J’y suis…
Il me faut un moment. La peur est bien présente. Je n’éprouve plus rien d’autre que cette frayeur idiote. La curiosité et l’excitation se sont envolées. J’ai l’impression que toutes les eaux des cieux me tombent dessus.
— Allez… Allez !
La pluie sur la peau
Ma jupe informe et alourdie est tombée toute seule à peine dégrafée. Elle est la seule tâche claire que je distingue sur le sable. Il me faut me battre avec mon débardeur pour le retirer, ma poitrine reste encore prisonnière du coton imbibé d’eau. Le dernier vêtement que je porte la moule et colle à mon buste.
— Saleté…
Enfin, le débardeur est passé par-dessus ma tête, me ramenant de longues mèches sur le visage.
— Oh…
De lourdes gouttes de pluie s’écrasent sur mon corps nu. La nuit précédente, la chaleur empêchait la côte Nord Finistère de dormir mais celle-ci est fraîche. Je frissonne longuement mais pas uniquement de froid. L’eau frappe les pointes dressées de mes nichons et ruisselle sur moi.
— C’est bon…
Ma poitrine soulevée par mes mains, je l’expose un long moment au déluge. Puis, la soutenant toujours de mes avant-bras, mes doigts agrippent les petits bourgeons de la poitrine. Après une petite hésitation, j’écarte les bras et je retiens un petit cri. Mes pointes de seins sont durement pincées mais c’est très excitant.
Plusieurs fois, je recommence mon petit jeu sous l’eau qui m’éclabousse et ruisselle sur moi. Mes tétons me font un peu mal et tout en les pinçant plus fort, je me baisse lentement. Maintenant, je sens que je mouille. Paradoxalement, mon ventre me chauffe et ma chatte me paraît brûlante, alors que je suis inondée. Mon excitation face au courroux des dieux Celtes trempe et brûle mon sexe.
Agenouillée sur le sable, j’abandonne le jeu avec mes seins, et sursautant encore sous un sourd grondement, je m’allonge sur la plage. Je frissonne immédiatement au contact du sable mouillé. Maintenant, il fait plus que frais. Une nouvelle fois, ma tignasse est retombée sur mon visage. Ma torche laissée sur le sable éclaire mes cuisses ouvertes. Un doigt glisse sur ma forêt intime que je garde fournie depuis quelque temps.
— Oh, qu’est-ce que c’est bon…
Exhibée aux regards des dieux et des hommes
Sur le dos, les jambes relevées vers mon visage et mes bras les soutenant, je m’expose sous la tempête. Mes mains retiennent mes cuisses, les serrant fort contre mon corps. Mes doigts pincent doucement ma chair tendre. Ils sont si proches de mon intimité. Si proches…
La pluie me harcèle sans discontinuer. Des gouttes lourdes et fraîches explosent partout sur moi. Ma chatte est agressée sans cesse. Ma fente ne cache plus mon clitoris exacerbé par l’excitation. Une idée me traverse l’esprit et m’amuse. Il faut espérer que la violence de cette pluie ne finisse pas par assommer mon petit bouton d’amour. Ce serait trop bête, alors qu’un orgasme est très proche. Cette pensée m’excite beaucoup plus qu’elle ne m’amuse. Je vais subir une jouissance que je ne connais pas. Ce sera la colère des dieux qui me fera jouir.
— Cette nuit, c’est Taranis qui me baisera… Oh… Oh c’est bon…
Subitement, alors que je me concentrais sur les douces agressions de l’eau sur mes nichons gonflés et ma petite chatte, je réalise que mon anus est également victime de ces cataractes incessantes.
— Ooh…
La pensée d’être ainsi exhibée me fait jouir d’un coup. Cet orage me caresse et me prend totalement. La pluie diluvienne me baise et me sodomise. Des images de voyeurs m’envahissent l’esprit alors que je jouis. Des hommes et des femmes dans la nuit. Je devine qu’ils sont debout autour de moi et se caressent en me regardant. Mon orgasme n’en finit pas.
— Oui… Oui… Je jouis…
J’ai crié une première fois ces mots. Une vague de jouissance m’a aussitôt bousculée. L’envie d’être vue ainsi, exhibée et soumise au courroux de mon amant divin. Je veux maintenant, être baisée par mes voyeurs imaginaires.
— Oui ! Baisez-moi ! Baisez-moi…
Taranis et moi
Un éclair éblouissant me fait une nouvelle fois sursauter et j’attends l’assourdissant coup de canon à suivre. J’ai à peine eu le temps d’y songer que le tonnerre rugit. C’est le signe que l’orage est très proche et la frayeur me reprend le ventre alors que je me doigte.
— Bientôt… Et je rentre…
Après ma jouissance, j’étais restée un moment comme exténuée, puis j’avais repris mes caresses.
Mes tétons sont un peu meurtris et me lancent. Je les ai torturés un long moment. Je suis noyée sous les rafales d’une pluie compacte. Je me caresse sous l’eau. Mes deux doigts vont et viennent rapidement dans ma chatte encore assoiffée de plaisir. Une drôle d’idée quand on songe à toute cette eau qui lui tombe dessus et la pénètre.
— J’en veux encore… J’en veux plus.
Allongée sur le côté, je jouis en me tordant. Quatre doigts prennent presque brutalement mes orifices. Ma fente béante est prise d’assaut et mon cul se serre sur les envahisseurs qui le pénètrent durement.
— Aaah…
La foudre zèbre une nouvelle fois le ciel, et l’image d’un homme barbu et tenant une lourde masse troue la nuit.
Taranis me regarde jouir…
Nuit de délire
L’habitacle de ma Giulietta est un havre de paix. Certes, la pluie tambourine sur l’acier et ses frappes restent presque assourdissantes, mais je suis à l’abri, emmitouflée dans un large pull de laine venue d’Irlande. Dans un petit moment, je crèverai de chaud. Les serviettes qui m’ont débarrassée du sable sont dans un sac. Je suis revenue à ma voiture sans problème.
Les piles de ma Maglite ont rendu l’âme à deux pas de la Giulietta. Pas un instant je ne m’étais inquiétée d’avoir laissée l’Alfa ouverte. Les voleurs avaient d’autres choses à faire par un temps pareil. Et de toute façon, Taranis veillait sur moi.
Je ne peux réprimer un rire. Pourquoi avoir déliré ainsi ? Pourquoi ce fantasme sur le courroux des dieux… Certainement ce livre… Un vieux bouquin acheté le mois précédent.
"Les seigneurs de la lande" de Pauline Gedge.
Je ne fume que très rarement mais j’allume une Austin Menthol. Je suis restée les pieds nus et ils sont pailletés de sable.
— Ouais… Pour prendre mon pied, je l’ai pris.
Je laisse filer une bouffée de tabac suivie d’un soupir.
— Je n’ai jamais éprouvé une telle jouissance…
* Goulet. Bras de mer donnant sur la rade de Brest.
*Taranis. Dieu du ciel et des orages. Il joue avec le tonnerre et les éclairs. Mythologie gauloise.
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Il m'est revenu des images d’un film qui doit être "Emmanuelle" où il y a une scène intense sous une pluie battante comme il peut y en avoir en Asie à la saison des pluies. Ils finissent quasiment dans une flaque de boue.
Je retrouve les sensations ressenties alors avec ce texte. C'est extrêmement érotique et on la voit, on ressent son plaisir. On est heureux pour elle. On voudrait être ce Dieu qui l'observe et qui lui offre tout ce plaisir par petites touches bien ciblées.
Merci pour ce délicieux moment de lecture.
Avec ton commentaire j'aurais pu perdre la mienne mais au lit je n'en porte pas 🤭
C'est le genre de petit mot que j'aime lire et comme je suis une indécrottable cérébrale c'est vraiment agréable à lire. Enfin agréable 🫦
Merci Gâteau 💋
Mais j'avoue que j'aurais aimé être là.
Suis-je claire ? 🤭