Le matin se leva gris et bas.
Élise s’éveilla avant Théo. Elle était encore en body bordeaux, la dentelle froissée entre ses cuisses. Elle se leva sans bruit, retira le body et resta un moment nue au milieu de la chambre. L’air froid lui durcit les tétons. Elle s’étira, sentit ses muscles tirer, puis alla ouvrir l’armoire.
Aujourd’hui, elle choisit autrement. Un body noir à sangles fines, très échancré entre les jambes, presque ouvert. Le tissu était plus opaque sur les seins, mais entre ses cuisses il ne cachait presque rien : on voyait clairement la fente de sa chatte, le dessin exact de ses lèvres lisses. Elle l’enfila, passa par-dessus un large pull de laine grise qui lui arrivait à mi-cuisse, et descendit.
Théo la rejoignit dans la cuisine une vingtaine de minutes plus tard. Il avait les traits tirés. Ils se regardèrent un instant sans se parler. Élise lui tendit une tasse de café.
— On y va dès qu’on a fini, dit-elle. La cave. Tout.
Théo hocha la tête.
— Tu es sûre de vouloir tout ouvrir ?
— Je suis sûre de ne plus vouloir qu’on me cache quoi que ce soit. Ni toi. Ni la maison.
Ils descendirent une heure plus tard.
La trappe grinça comme la veille. L’odeur de pierre froide et de poussière ancienne les enveloppa aussitôt. Élise passa devant, une lampe à la main. Elle avait gardé le pull, mais à chaque mouvement le body noir frottait contre sa chatte. Elle le sentait. Théo, derrière elle, le savait probablement aussi.
Ils fouillèrent méthodiquement. Les étagères. Les caisses. Les vieux cartons. Rien de nouveau dans la première pièce. Puis ils arrivèrent à la petite porte du fond, celle qu’ils avaient déjà ouverte. Élise s’agenouilla, passa les mains le long des dalles de pierre. Ses doigts trouvèrent une fissure plus large. Elle gratta la poussière.
— Aide-moi.
Théo s’agenouilla à côté d’elle. Ensemble, ils soulevèrent une dalle qui n’était pas scellée comme les autres. En dessous, un espace étroit. Une boîte métallique, rouillée, à moitié enfoncée dans la terre battue.
Élise la sortit. Ses doigts tremblaient légèrement. Elle força le couvercle. À l’intérieur : plusieurs enveloppes jaunies, un petit carnet noir, et une photographie pliée en quatre.
Elle déplia la photo.
Camille. Jeune. Nue. Assise sur le même fauteuil que celui de la chambre d’Élise. Mais ce n’était pas la pose qui la glaça. C’était ce qui était écrit au dos, à l’encre noire, de la main d’Henri :
Elle n’est jamais vraiment partie.
Je l’ai gardée.
Sous la maison.
Élise sentit le sang battre trop fort dans ses tempes. Théo, penché au-dessus de son épaule, avait pâli.
— Qu’est-ce que ça veut dire ? murmura-t-elle.
— Je… je ne sais pas.
— Ne me mens pas. Pas maintenant.
Théo passa une main sur son visage.
— Il y a des rumeurs. Très anciennes. Sur Henri. Sur ce qu’il aurait fait quand Camille a voulu partir pour de bon. Mais je n’ai jamais voulu y croire. Je n’ai jamais cherché.
Élise referma la photo. Ses doigts étaient froids. Elle se redressa. Le pull remonta. Le body noir apparut entre ses cuisses, la dentelle tendue sur sa chatte.
— On cherche. Maintenant. S’il l’a « gardée » quelque part sous cette maison, on le trouve.
Ils passèrent le reste de la matinée à sonder les murs, le sol, les recoins. Rien d’autre. Seulement le poids de cette phrase qui restait suspendue entre eux.
Elle n’est jamais vraiment partie.
Je l’ai gardée.
Sous la maison.
Vers midi, Élise s’adossa contre un mur froid. Elle avait de la poussière sur les mains, sur les cuisses, sur le body. Théo se tenait en face d’elle, le regard sombre.
— Tu aurais dû me dire qu’il y avait des rumeurs, dit-elle.
— Je voulais te protéger.
— Je n’ai pas besoin qu’on me protège. J’ai besoin qu’on me dise la vérité.
Le silence s’étira. Puis Élise montra le body noir, la façon dont la dentelle collait déjà un peu à sa peau.
— Ce soir, tu ne me touches pas tant que je ne te le demande pas. Compris ?
Théo soutint son regard. Sa mâchoire se contracta. Puis il hocha la tête.
— Compris.
Ils remontèrent. Élise alla directement sous la douche. Elle retira le pull et le body, entra nue sous l’eau brûlante, et resta longtemps les yeux fermés pendant que l’eau lui coulait entre les seins, le long du ventre, entre les lèvres de sa chatte. Elle se toucha un instant, lentement, sans chercher l’orgasme. Juste pour reprendre possession d’elle-même.
Quand elle ressortit, elle enfila un simple t-shirt long, rien en dessous. Elle préférait sentir l’air sur sa peau. Théo l’attendait dans le salon. Ils ne se parlèrent presque pas de l’après-midi. La photographie restait posée sur la table. La phrase d’Henri semblait imprégner les murs.
Le soir, Élise s’allongea sur le canapé, le t-shirt remonté jusqu’en haut de ses cuisses. Sa chatte était visible dès qu’elle écartait un peu les jambes. Théo la regardait malgré lui. Elle le savait. Elle laissait faire. Mais elle ne l’invitait pas.
Vers vingt-trois heures, elle se leva, s’approcha de lui, et s’arrêta tout près. Elle prit sa main et la posa à plat sur son ventre, sous le t-shirt, juste au-dessus de sa chatte. La chaleur de sa paume la fit frémir. Puis elle retira la main de Théo.
— Pas encore, murmura-t-elle. D’abord on comprend ce qu’Henri a vraiment fait. Ensuite… je déciderai si je te laisse me prendre.
Théo ferma les yeux un instant. Sa respiration était devenue plus lourde.
— Tu me tortures.
— Non, répondit Élise. Je reprends le contrôle. La maison a assez décidé à ma place.
Elle s’éloigna et monta se coucher. Cette nuit-là, elle dormit nue, comme elle préférait. Les draps froids contre sa peau, contre ses seins, contre sa chatte. Dans le noir, elle écouta la maison craquer.
Et plus bas, sous les dalles,
quelque chose semblait attendre
qu’on creuse encore.
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