Ça fait déjà trente minutes que je suis devant mon écran, à galérer comme une conne pour écrire la première phrase de mon post. Après plus d'un an d'absence, ce n’est pas simple de savoir quoi vous dire et surtout comment vous l’écrire.
Allez, je me lance…
Même si ce message sera à mille lieues de l'ambiance habituelle de X-Story (et j’en suis navrée), j'avais envie (besoin) de revenir vous donner des nouvelles et... pour les personnes avec lesquelles je n’ai pas échangé en privé... de vous expliquer pourquoi je suis partie si brutalement.
Mais avant de rentrer dans le détail, pas de suspense déplacé. Pour ceux qui ont suivi mon parcours sur le site et ce qui s’est passé : même si tout est loin d’être fini, mon homme va bien. Et c’est le plus important.
Maintenant, voilà pourquoi je n'ai pas donné de nouvelle pendant aussi longtemps…
Fin 2024, à même pas quarante ans, mon homme a été diagnostiqué d'un cancer. Pas un cancer aux statistiques relativement favorables, mais une forme grave que l’on découvre dans les regards des médecins et que l’on comprend dans leurs silences.
Le genre d’annonce qui fait tout vaciller. Le genre de choc auquel personne n’est préparé.
En quelques mots, accompagnés de termes médicaux qu'on ne comprenait pas encore, notre petit monde s’est effondré sous nos yeux. Le sien. Le mien. Celui de notre tout jeune fils. Celui de nos familles et de nos proches.
Puis le tourbillon des innombrables examens planifiés en urgence et des rendez-vous avec les médecins pris la veille pour le lendemain… après chaque mauvais résultat… laissa place à de longs mois de traitements, d’incertitudes et d’attente insoutenable.
Face à des médecins aussi admirables que prudents, face à des traitements (pour certains expérimentaux et administrés à « doses maximales », selon leurs termes), Hugo s'est lancé dans le plus difficile des combats : celui de sa survie.
Passé le choc de l'annonce, il est resté debout avec une force et une détermination qui, aujourd'hui encore, me laissent admirative. Honnêtement, je ne suis pas certaine que j'aurais été capable d'en faire autant à sa place.
Pendant que lui avançait avec un courage incroyable, moi, je me battais chaque jour pour ne pas m'effondrer. Même si je m’efforçais de faire bonne figure, je culpabilisais de ne pas être « assez forte » intérieurement, alors que c'était lui qui risquait sa vie. Il était malade. Moi, j'étais impuissante et démunie.
Même si la peur de le perdre occupait chacune de mes pensées, du matin au soir, et souvent toute la nuit, je me suis bougée le cul pour jouer le seul rôle qui pouvait être le mien, en masquant mes pleurs et mes angoisses, et en faisant taire mes démons intérieurs.
Certains le savent, avant de devenir l'homme de ma vie, mon pilier et ma boussole, Hugo a été celui qui m’a empêchée de sombrer à une période où j'en avais terriblement besoin. Il avait été fort pour nous deux et je n'avais pas le droit de ne pas l'être pour lui.
Alors j'ai joué mon rôle, celui d’une actrice qui lui répétait sans cesse : « Ça va le faire. Ils vont te soigner et on va la niquer, cette putain de maladie ! », alors qu’au fond de moi, une seule phrase terrifiante tournait en boucle : « Mon amour... je ne veux pas que tu meures. »
Les mois ont passé et j'ai vu Hugo s'affaiblir, non pas à cause de cette saloperie de maladie silencieuse, mais à cause des traitements aussi violents qu’insupportables. Les douleurs, la fatigue, les pertes de poids, les alertes cardiaques, les malaises... Plus le temps avançait, plus mes angoisses grandissaient…
S'il fallait résumer cette période par une simple image, je dirais que j’ai eu l'impression de voir la faucheuse rôder autour de lui, en lui adressant de petits signes de la main, avant de repartir en murmurant : « À bientôt. » Une image effroyable qui, tantôt me donnait envie de vomir, tantôt me poussait à hurler jusqu’à m’en arracher les cordes vocales.
Et puis, après des mois de calvaire — avant tout pour lui, mais aussi pour nous — les premières bonnes nouvelles sont enfin arrivées. Les traitements spécifiques qu’il reçut empêchèrent le cancer de continuer à se propager. Mieux encore, ils furent efficaces pour réduire sa tumeur, permettant une opération moins « invasive » que redoutée.
Pour la première fois depuis des mois, nous avons recommencé à respirer, à voir cet horizon sombre s’éclaircir, passant du « noir charbon » au gris moyen, puis, à présent, au gris clair.
Aujourd’hui, il est bien trop tôt pour crier victoire. Même si les analyses sont bonnes, Hugo est entré depuis quelques mois en phase de rémission, mais pour au moins cinq ans.
Les séquelles des traitements et de l’opération sont nombreuses, mais du fait de son jeune âge et de sa condition physique initiale, il récupère bien, et par certains aspects mieux qu’espéré. Et honnêtement, même si ce n’est pas toujours simple pour lui, comme pour moi, c’est une putain de source de réconfort et d’espoir.
Même si la peur est toujours là, même si le combat n'est pas terminé... aujourd'hui, l'espoir a remplacé la tristesse et l'angoisse. Il va bien, je respire à nouveau et nous sommes plus amoureux que jamais.
Voilà pourquoi je suis partie, voilà pourquoi mon aventure X-Story n’avait plus sa place dans un quotidien aussi tempétueux et incertain.
Pour ceux que cela interesse, côté récits, même si je ne me sens absolument pas prête à reprendre la rédaction de mon parcours personnel, j’ai repris goût à l’écriture depuis quelques semaines. Un moyen de redonner un peu de place à une vie sexuelle plus que « compliquée » (mais je gère), et sans doute une manière d’extérioriser mes démons intérieurs. Là où certains de mes précédents écrits avaient été perçus comme une forme de catharsis, aujourd’hui, les morceaux de récits présents sur mon PC prennent plutôt la forme d’un exutoire.
Je ne sais pas encore si je les publierai, mais ce qui compte aujourd’hui, c’est qu’ils me font du bien. :)
Avant de conclure ce long post, je tenais à remercier tous ceux qui m’ont envoyé des messages de soutien, même lorsque je n’y ai pas répondu, par manque de temps, mais aussi parce que je n’en avais plus le courage. Vos messages m’ont touchée, sincèrement. Même si je ne vous ai pas répondu, je vous ai lus et votre soutien m’a fait du bien. En un mot : merci.
Entre la pathologie assez grave de votre mari, le petit à s'occuper , vous avez gerer comment pour vous ?
Question indiscrète mais après avoir travailler dans 1 pole femmes, mères , enfants , c'est grace à vous que j'ai connu le perp ou le prep j'ai du mal à orthographier le nom de ce médicament.
Comme j'ai 1 excellente mémoire , helas parfois ça ne me facilite pas la vie, je me souviens de vos témoignages.
J'ai connu 1 chirurgien pédiatrique qui venait des hospices de Lyon pour pratiquer des greffes de foie sur des BB ou des enfants .
Tant mieux qu'il soit en rémission.
Pour être franche je répondrais qu'on met tout ce qui n'est pas vital de côté et que par la force des choses, je me suis aussi mise de côté.
Au-delà du poids psychologique, de manière très concrète, les aspects médicaux occupent une très grande partie de l'espace. Mon fils et mon travail tout le reste. On rentre dans une routine qui ne pas de place pour grand chose et on avance, tête baissée en essayant de pas trop réfléchir.
Mais depuis quelques mois, on retrouve une vie plus "normale". Evidement pas comme celle d'avant, mais on est plus dans le tumulte des examens et des traitements. Et je peux te jurer que ça fait un bien fou...
PS : Pour le médicament c'est PrEP (prophylaxie pré-exposition)
Merci , d'avoir pris le temps de répondre.
Je m'en doute que tout prends du temps, je le vois quand je travaille à domicile auprès de patientes dont le mari ou la famille a reservé 1 soin.
Je te souhaite de garder le rythme et 1 prompt rétablissement à ton conjoint.
Ça fait déjà trente minutes que je suis devant mon écran, à galérer comme une conne pour écrire la première phrase de mon post. Après plus d'un an d'absence, ce n’est pas simple de savoir quoi vous dire et surtout comment vous l’écrire.
Allez, je me lance…
Même si ce message sera à mille lieues de l'ambiance habituelle de X-Story (et j’en suis navrée), j'avais envie (besoin) de revenir vous donner des nouvelles et... pour les personnes avec lesquelles je n’ai pas échangé en privé... de vous expliquer pourquoi je suis partie si brutalement.
Mais avant de rentrer dans le détail, pas de suspense déplacé. Pour ceux qui ont suivi mon parcours sur le site et ce qui s’est passé : même si tout est loin d’être fini, mon homme va bien. Et c’est le plus important.
Maintenant, voilà pourquoi je n'ai pas donné de nouvelle pendant aussi longtemps…
Fin 2024, à même pas quarante ans, mon homme a été diagnostiqué d'un cancer. Pas un cancer aux statistiques relativement favorables, mais une forme grave que l’on découvre dans les regards des médecins et que l’on comprend dans leurs silences.
Le genre d’annonce qui fait tout vaciller. Le genre de choc auquel personne n’est préparé.
En quelques mots, accompagnés de termes médicaux qu'on ne comprenait pas encore, notre petit monde s’est effondré sous nos yeux. Le sien. Le mien. Celui de notre tout jeune fils. Celui de nos familles et de nos proches.
Puis le tourbillon des innombrables examens planifiés en urgence et des rendez-vous avec les médecins pris la veille pour le lendemain… après chaque mauvais résultat… laissa place à de longs mois de traitements, d’incertitudes et d’attente insoutenable.
Face à des médecins aussi admirables que prudents, face à des traitements (pour certains expérimentaux et administrés à « doses maximales », selon leurs termes), Hugo s'est lancé dans le plus difficile des combats : celui de sa survie.
Passé le choc de l'annonce, il est resté debout avec une force et une détermination qui, aujourd'hui encore, me laissent admirative. Honnêtement, je ne suis pas certaine que j'aurais été capable d'en faire autant à sa place.
Pendant que lui avançait avec un courage incroyable, moi, je me battais chaque jour pour ne pas m'effondrer. Même si je m’efforçais de faire bonne figure, je culpabilisais de ne pas être « assez forte » intérieurement, alors que c'était lui qui risquait sa vie. Il était malade. Moi, j'étais impuissante et démunie.
Même si la peur de le perdre occupait chacune de mes pensées, du matin au soir, et souvent toute la nuit, je me suis bougée le cul pour jouer le seul rôle qui pouvait être le mien, en masquant mes pleurs et mes angoisses, et en faisant taire mes démons intérieurs.
Certains le savent, avant de devenir l'homme de ma vie, mon pilier et ma boussole, Hugo a été celui qui m’a empêchée de sombrer à une période où j'en avais terriblement besoin. Il avait été fort pour nous deux et je n'avais pas le droit de ne pas l'être pour lui.
Alors j'ai joué mon rôle, celui d’une actrice qui lui répétait sans cesse : « Ça va le faire. Ils vont te soigner et on va la niquer, cette putain de maladie ! », alors qu’au fond de moi, une seule phrase terrifiante tournait en boucle : « Mon amour... je ne veux pas que tu meures. »
Les mois ont passé et j'ai vu Hugo s'affaiblir, non pas à cause de cette saloperie de maladie silencieuse, mais à cause des traitements aussi violents qu’insupportables. Les douleurs, la fatigue, les pertes de poids, les alertes cardiaques, les malaises... Plus le temps avançait, plus mes angoisses grandissaient…
S'il fallait résumer cette période par une simple image, je dirais que j’ai eu l'impression de voir la faucheuse rôder autour de lui, en lui adressant de petits signes de la main, avant de repartir en murmurant : « À bientôt. » Une image effroyable qui, tantôt me donnait envie de vomir, tantôt me poussait à hurler jusqu’à m’en arracher les cordes vocales.
Et puis, après des mois de calvaire — avant tout pour lui, mais aussi pour nous — les premières bonnes nouvelles sont enfin arrivées. Les traitements spécifiques qu’il reçut empêchèrent le cancer de continuer à se propager. Mieux encore, ils furent efficaces pour réduire sa tumeur, permettant une opération moins « invasive » que redoutée.
Pour la première fois depuis des mois, nous avons recommencé à respirer, à voir cet horizon sombre s’éclaircir, passant du « noir charbon » au gris moyen, puis, à présent, au gris clair.
Aujourd’hui, il est bien trop tôt pour crier victoire. Même si les analyses sont bonnes, Hugo est entré depuis quelques mois en phase de rémission, mais pour au moins cinq ans.
Les séquelles des traitements et de l’opération sont nombreuses, mais du fait de son jeune âge et de sa condition physique initiale, il récupère bien, et par certains aspects mieux qu’espéré. Et honnêtement, même si ce n’est pas toujours simple pour lui, comme pour moi, c’est une putain de source de réconfort et d’espoir.
Même si la peur est toujours là, même si le combat n'est pas terminé... aujourd'hui, l'espoir a remplacé la tristesse et l'angoisse. Il va bien, je respire à nouveau et nous sommes plus amoureux que jamais.
Voilà pourquoi je suis partie, voilà pourquoi mon aventure X-Story n’avait plus sa place dans un quotidien aussi tempétueux et incertain.
Pour ceux que cela interesse, côté récits, même si je ne me sens absolument pas prête à reprendre la rédaction de mon parcours personnel, j’ai repris goût à l’écriture depuis quelques semaines. Un moyen de redonner un peu de place à une vie sexuelle plus que « compliquée » (mais je gère), et sans doute une manière d’extérioriser mes démons intérieurs. Là où certains de mes précédents écrits avaient été perçus comme une forme de catharsis, aujourd’hui, les morceaux de récits présents sur mon PC prennent plutôt la forme d’un exutoire.
Je ne sais pas encore si je les publierai, mais ce qui compte aujourd’hui, c’est qu’ils me font du bien. :)
Avant de conclure ce long post, je tenais à remercier tous ceux qui m’ont envoyé des messages de soutien, même lorsque je n’y ai pas répondu, par manque de temps, mais aussi parce que je n’en avais plus le courage. Vos messages m’ont touchée, sincèrement. Même si je ne vous ai pas répondu, je vous ai lus et votre soutien m’a fait du bien. En un mot : merci.
À bientôt.
Lucie.