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✦ Mlle_Helened To be or not to be XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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To be or not to be — Chapitre 3

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Mlle_Helened
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To be or not to be

Chapitre 3

Je me réveillai le premier en début d’après-midi, la bouche pâteuse et Woody Woodpecker dans ma tête. Ma tenue de la veille encore sur le dos mais passablement froissée, je préparai le café, ce qui fit venir mes hôtes.
— Tu me rendras mes vêtements ? demandé-je à Marianne.
— Oui, je te les mettrai dans la salle de bains.
— Parfait. Merci.
— Euh, où tu as mis mes fringues ?
— Sur le panier de linge sale.
— J’ai bien vu, mais c’est de ceux-là dont je parlais.
— Je sais. Mais aujourd’hui encore, tu vas répéter ton rôle de Chloé.
— C’est nécessaire ?
— Non, mais c’est mieux si tu veux vraiment avoir l’air crédible sur scène.
— Mouais, si tu le dis. Et tant qu’on y est, je peux vivre en fille jusqu’à la dernière représentation.
Marianne eut encore ce sourire bizarre.
— Ben, maintenant que tu en parles, je pense que ce serait mieux. Il faut que tu deviennes Chloé et pas seulement jouer Chloé.
— Tu ne crois pas que tu pousses le bouchon un peu loin ?
— Tu dis ça, mais je suis persuadée que tu penses comme moi.
Je ne répondis pas. Le pire, c’est qu’elle avait raison.
Etonnamment, Fabien n’intervenait pas, restant spectateur, ou comptant les points. Comptage qui n’était pas en ma faveur.
Je me résignai donc à suivre les conseils de Marianne. Je pris ma douche et passai une robe à fines bretelles. On passa encore la journée à Paris. Marianne, et parfois Fabien, me reprenait sur mes postures. Je n’étais pas encore Chloé mais ça prenait forme.
En fin d’après-midi, ils me ramenèrent chez moi. J’étais toujours habillée en fille. Dire que mes parents furent surpris de me voir ainsi est un euphémisme. Mais on –surtout Marianne– leur expliqua le comment du pourquoi.
— Alors si c’est pour la pièce, ironisa Maman
— Heureusement que ce n’est pas un rôle de tueur en série, railla papa avant de replonger dans son journal
— On se retrouve mercredi ? dit Marianne.
— Oui, mercredi.
Elle me fit la bise, comme d’habitude et contre tout e attende, Fabien aussi, me laissant bouche bée.
La semaine repris. Maman travaillait comme secrétaire dans le collège de la ville. Papa, lui était ouvrier spécialisé chez Renault et faisait les deux-huit.
Conformément aux conseils de Marianne, je m’habillai exclusivement en fille. Par contre, le plus dur était le maquillage. Et comme je n’arrivais à rien, je me contentai de rouge à lèvres et d’un peu de mascara. Les premières sorties en public en solo furent pénibles. Tout le monde me regardait de travers avec des sourires plus ou moins moqueur et je dus me justifier. Puis cela rentra dans les habitudes et les commerçants jouèrent le jeu.
Mes journées se passaient principalement au téléphone à démarcher les municipalités pour vendre mon projet. Ce qui était loin d’être simple. Pas facile de convaincre qu’une pièce dramatique jouée par des amateurs puisse intéresser un public. Il était plus facile de réserver la scène pour un vaudeville aux portes qui claquent et joué par des acteurs connus, voire reconnus. Je prenais donc rendez-vous avec le responsable de la culture pour vendre mon projet et le fait que j’y aille en fille était un atout non négligeable. Mais souvent insuffisant pour les faire changer d’avis.
Malgré tout, je réussis à décrocher une petite trentaine de dates. Ce qui n’était pas si mal, même si j’en avais espéré atteindre les cinquante représentations.
Juin était fini. Les vacanciers migraient vers les plages. Marianne et Fabien en firent autant. On avait convenu de faire une pause avant de terminer les répétitions et de commencer les représentations mi-septembre.
Mes parents avaient accepté mes lubies de saltimbanque et me traitaient comme une fille, m’appelant Chloé et parlant de moi au féminin. Même moi, j’arrivai à féminiser mes accords de participe passé.
— Je trouve que tu fais encore un peu garçon, me dit maman. Tu devrais te maquiller un peu plus. Et monter tes jambes.
— Oui, mais c’est pas facile. Et puis il faudrait que je me fasse épiler.
— Et oui, faut souffrir pour être belle. Prends rendez-vous chez mon esthéticienne. Et tu feras d’une pierre deux coups.
Je fis une mine de dégoût et allai dans la cuisine me servir un verre d’eau.
Hasard ou coïncidence, en revenant dans le salon, je retrouvai maman qui vernissait ses ongles. Je ne sais pas pourquoi, mais je m’assis en face d’elle, la regardant faire.
— Tu veux essayer ? me dit-elle une fois fini
— Je ne sais. Tu crois que je devrais ?
— Oui, je crois.
Je tendis mes mains.
Plus tard, j’admirai mes ongles laqués de rouge vifs. Et je dus admettre que c’était plutôt joli.
Joëlle, l’esthéticienne de maman, m’accueillit chaleureusement. Je lui avais tout expliqué par téléphone. Elle m’épila tout en me bombardant de questions sur mon projet. Enfin, elle me donna quelques conseils pour parfaire mon maquillage. Je repris rendez pour le mois suivant. Joëlle me promit de venir voir ma pièce.
Je ressortis les jupes et les débardeurs légers. Avec la chaleur de ce début juillet, j’appréciai ces tenues et j’enviai les femmes de les porter tout le temps.
Lorsque je rentrai ce soir-là, maman me tendit un grand sac.
— Cadeau ! dit-elle.
Je regardai à l’intérieur : un minishort en jean, un top à bretelle, de la lingerie et une boite de chaussures.
— Pourquoi ?
— Parce que j’en avais envie. J’ai eu deux garçons et aucune chance de d’avoir le plaisir de faire du shopping entre filles.
— Maman ! Si je suis comme ça, c’est juste le temps de la pièce. Après, c’est fini.
— Oui, oui, je sais. Je profite de l’instant. C’est tout.
Si jusqu’à présent, je marchais à plat, maman m’offrit des sandales à petits talons.
— Elles sont jolies. Mais le talon, je ne suis pas sure que ce soit une bonne idée.
— Mais si, tu verras, c’est juste une question d’habitude. Et puis, si ton personnage veut qu’il jette son dévolu sur un autre homme, ton personnage se doit d’être séduisant. Sexy.
Elle avait insisté sur le mot « personnage » pour justifier ce cadeau. C’était à lui qu’il était adressé, pas à moi. Elle réussit à me convaincre.
Je filai dans ma chambre pour essayer la tenue et mettre les sandales. Les quatre ou cinq centimètres de talons fins me donnèrent déjà du fil à retordre. Ou plutôt des chevilles. Je n’osai même pas imaginer ce que ce serait avec des talons bien plus haut tels que je pouvais en voir dans la rue. Pourtant ces femmes marchaient avec le plus naturellement du monde.
Par contre, et malgré moi, je me pris de passion pour les vernis à ongle. Je ne sais pas pourquoi, mais j’adorai ça. Sur moi et sur maman aussi. Je trouvai que ça faisait de très jolies mains. J’en changeai régulièrement, vidant doucement les flacons de maman.
Elle m’en fit la remarque. Je bredouillai une explication. Mais le lendemain, je découvris trois nouveaux flacons.
Marianne et Fabien rentrèrent de vacances la peau joliment bronzée. Moi aussi j’avais pris des couleurs. Sauf que mes épaules étaient barrées d’une fine ligne blanche, là où se trouvaient les bretelles de mes petits hauts.
Tous les deux me firent la bise.
— Mignonnes tes sandales, dit Marianne
— C’est un cadeau de maman, dis-je.
— Elle a bon gout.
— Tu es de plus en plus fille, dit Fabien, plutôt avare de commentaires et de compliments
— Merci Fab’. Mais ce n’est que temporaire tu sais.
— Oui, oui, répondit-il sans conviction aucune.
On reprit les répétitions à raison de trois à quatre séances par semaine. Tout se passait bien. Mais au fur et à mesure qu’on avançait, je me rendis compte d’un problème. D’un gros problème. D’un très gros problème.
Chloé devait embrasser Fabien. Et l’idée d’embrasser un garçon ne me faisait pas particulièrement bondir de joie.
Je gardai pour moi mes inquiétudes jusqu’au jour où l’on arriva à cette fameuse scène. Le texte voulait que je saute au cou de Fabien pour l’embrasser sauvagement.
Evidemment, le moment venu je me bloquai. J’avais beau me dire que ne n’était pas moi, que c’était le personnage de Chloé, rien à faire. La raison et mes hormones mâles d’hétérosexuel convaincu reprenaient le dessus.
Marianne et Fabien dégagèrent des trésors de persuasion pour me convaincre de jouer la scène. Les débuts furent timides mais je finis par arriver à un résultat correct.
On était en août. La pièce avançait. On avait fait faire un décor minimaliste mais suffisant. L’ambiance s’appuyait surtout sur une bande son. Désormais, on répétait la pièce comme si on la jouait pour de bon. Autrement dit, en costume.
Marianne arriva ce soir-là avec un sac qu’elle me donna.
Je déballai le contenu sur la table. Il y avait un bikini, des soutiens-gorge avec plus ou moins de dentelle et une boite. Elle contenait une paire de faux-seins plutôt volumineux.
— On n’est pas obligé d’aller jusque-là.
— Non. Mais c’est mieux.
J’avais la désagréable sensation d’avoir déjà entendu cet argument.
Encore une fois, Marianne pris les choses en main et fixa ces nouveaux accessoires sur mon torse. Puis elle noua le haut du bikini. Cet ajout de volume me perturba un moment. Mais la reprise des répétitions me les fit oublier.
Je venais de passer un nouveau cap dans ma transformation. Et par moment, j’avais l’impression de prendre du plaisir à être une fille. Constatation qui me laissait un goût amer.
Au matin, maman remarqua ma poitrine artificielle sur laquelle j’avais bataillé ferme pour l’emprisonner dans un soutien-gorge. Elle ne fit aucun commentaire. Papa sourit en secouant la tête, moqueur.
Le grand soir de la première arriva. J’avais un trac monstre et je crus un instant que mes vieux démons accrochés à ma timidité refaisaient surface. Mais non, c’était juste la présentation d’un projet que j’avais mené de bout en bout. Ce soir, le public, le jury, impitoyable ou condescendant, me dirait si j’avais bien fait de me lancer dans une telle entreprise.
Je jetai un dernier coup d’œil à la salle qui se remplissait doucement. Je repérai mes parents, les amis, les voisins qui avaient eu la gentillesse de payer le modeste prix du billet.
On joua la pièce, sans couac ni trous de mémoire. Dans la scène fatidique, je me jetai sur Fabien pour l’embrasser puis mon personnage mourrait, préférant se perdre dans les flots plutôt que dans un amour perdu ou impossible.
Nous allâmes à la rencontre du public à l’occasion d’un pot. Nous reçûmes quelques félicitations et beaucoup d’encouragements, nous souhaitant toute la réussite du projet.
Certains s’étonnèrent lorsqu’ils comprirent que Chloé était un garçon, saluant la performance même si l’idée du travesti les dégoutait un peu.
Joëlle, l’esthéticienne, contrairement à ce que j’avais pensé, avait assisté à la représentation et me félicita chaudement pour le réalisme de mon interprétation.
L’automne arriva, jonchant les rues de feuilles mortes balayées par un vent froid avant d’être ramassées par des machines bruyantes. Cela faisait longtemps que les balayeurs ne balayaient plus ni ne maniaient de pelles, même s’ils se levaient toujours à cinq heures. Je continuais de vivre en fille, toujours pour rester imprégnée de mon personnage. D’ailleurs, tout le monde m’appelait Chloé. Je découvris aussi les collants et testai les bas autofixants. Mais je leur préférai de loin les pantalons bien plus pratiques. Mes petits hauts légers firent place à des pulls et des manteaux. Mes sandales furent rangées dans le placard pour des escarpins ou des bottines que l’on me poussa à acheter avec un peu de talons.
On jouait notre pièce jusqu’en juin, date à laquelle on avait décidé d’arrêter pour laisser Marianne et Fabien terminer leurs études. Tous les deux avaient décidé de garder le théâtre comme un loisir mais avaient décidé que ce serait trop compliqué d’en vivre.
On joua notre dernière représentation là où on avait joué la première. La bouche était bouclée. Et pour fêter cette dernière on décida de faire la fête. Restau, boite de nuit. On rentra au petit matin. Marianne, fatiguée, alla se coucher directement. Je restai avec Fabien qui me proposa un verre. J’avais déjà passablement bu. Mais un verre de plus ou de moins, qu’est-ce que je risquais ? De toute façon, je ne conduisais pas.
Il servit une vodka-orange, on trinqua. Fabien posa son verre et me regarda bizarrement. A moins que ce soit le trop plein d’alcool qui déformait ma vision. Il se pencha doucement vers moi et posa ses lèvres sur les miennes.
— Mais qu’est-ce que tu fais ? dis-je en m’écartant vivement.
Fabien bredouilla une vague excuse.
— J’ai envie de toi, dit-il après avoir repris ses esprits.
— Mais je suis un garçon !
— je sais. Et c’est pour ça que j’ai … je …
— Tu es … , commencé-je
— Homo. Oui. Tu ne le savais pas ?
— C’est pas écrit sur ton front, rétorquai-je un peu en colère.
— Désolé. Je pensais que tu étais au courant. J’ai toujours craqué sur toi. Ta fragilité, ta gentillesse. Et quand tu as commencé à te travestir en fille, je t’ai trouvé encore plus craquante. Alors la scène où tu m’embrasse était un cadeau pour moi.
— Je suis désolée, je ne peux pas. Je ne suis pas comme toi.
Je me levai, pris mes affaires
— Je suis désolée Fabien. Je suis désolée.
Je quittai l’appartement, laissant mon ami avec sa déception et son chagrin.
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Mlle_Helened
17 août 2016 à 16:54
Merci Julien pour ton commentaire
Le 8me et dernier épisode sera publié le 31 aout.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de julien66000
julien66000
17 août 2016 à 15:48
Merci pour ce chapitre pas mal elle est pour quand la suite.
Soyez respectueux
Répondre

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