Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le club des nymphes - tome II — Chapitre 14
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le club des nymphes - tome II
Chapitre 14
Chapitre 14 (Elizabeth) : Désarmée
Quand on est de ce côté de la salle et que l'on sait ce qu'il se passe au sein des clubs des nymphes et des sirènes, la classe semble bien différente. Les élèves ne se répartissent pas au hasard ; les nymphes, sirènes et leurs favoris respectifs sont pour la plupart au fond, là où ils pourront s'adonner à quelques attouchements discrets. La tension entre les deux clubs est clairement visible dans leur répartition : les nymphes et leurs favoris sont plus situés sur la gauche, les sirènes, leurs favoris et les pro-BDE sont eux plutôt situés sur la droite. Tous les autres – ceux qui ignorent les activités libertines de ces deux clubs, ceux qui ne sont pas sensibles aux luttes d'influence, les laissés-pour-compte qui n'intéressent pas ces clubs – sont plutôt regroupés au centre et plus au-devant de la classe. Ce communautarisme n'a aucun sens.
Je suis en cours d'anglais avec monsieur Dupont, et je présente mon exposé que j'avais à préparer. Le sujet était libre ; j'ai choisi de parler de musique classique, et principalement de compositeur russes, Tchaïkovski – mon préféré – en tête. Pour le moment, c'est moi la « casse-noisette » : quasiment personne n'écoute. Même mes amis se foutent de ce que je peux bien avoir à raconter. Arthur, mon voisin de table, est par exemple plus en train de surveiller ce qui se passe derrière lui. Je ne l'intéresse pas.
Ce week-end, nous avons participé à la collecte de jouets pour l'association « Des jeux pour tous ». C'était vraiment très intéressant. Cela faisait du bien de s'investir pour des gens qui en avait vraiment besoin. Grâce à nous, plusieurs parents pourront se permettre d'offrir un Noël de rêve à leurs gosses. C'est le côté du club des nymphes que j'admire le plus. Nos membres étaient répartis en trois équipes de trois filles. Moi, je me suis retrouvée avec Louise et Anzhelina. Elles n'ont fait que de parler de garçons. Un certain François est beaucoup revenu dans leur discussion, même si marraine semblait assez mal à l'aise pour aborder le sujet. Elles ont aussi beaucoup parlé de Boris avec qui elles venaient toutes les deux de coucher. Enfin, Louise n'a pas arrêté de parler d'Arthur : « Arthur est un garçon attentionné. » ; « Arthur est un mec bien. » À croire qu'elle a l'intention de remplacer son ex par le fillot de ce dernier ! Et puis elle m'a demandé comment se passaient les cours, si je m'entendais bien avec Arthur, s'il était gentil avec moi. Pourquoi insiste-t-elle autant avec Arthur ? Nous sommes amis, mais sans plus. Je ne suis pas spécialement attirée par lui, et lui, de toute façon, ne se préoccupe pas vraiment de mes sentiments. Encore une fois, la preuve en est, puisqu'il préfère observer derrière lui plutôt que de me soutenir en m'accordant son attention.
Derrière lui, Lindsay est bien occupée avec ses deux voisins de table, des potes à Boris. Vu l'air qu'elle affiche et la teinte rougeâtre de son visage, elle est en train de se faire masturber sous la table, ça ne fait aucun doute ! Depuis notre entrée dans le club, elle s'est fait remarquer par son goût très prononcé pour la sodomie. Elle s'est d'ailleurs donné pour mission d'offrir son cul à chaque favori du club. Arthur est l'un des prochains de sa liste ; pas étonnant qu'il soit si peu concentré sur ce que j'ai à dire.
J'ai du mal à comprendre. Autant je trouve bien que les clubs des nymphes et des sirènes nous apportent une certaine liberté sexuelle afin de nous épanouir, autant je ne comprends pas les comportements excessifs et démesurés qu'adoptent une grosse proportion des membres. Lindsay a-t-elle vraiment besoin de se faire défoncer par tous ces gars pour se sentir exister ? N'est-elle vraiment pas capable de passer un cours sans se faire trifouiller ? Ils me font penser à des animaux incapables de contrôler leurs pulsions, de penser à autre chose qu'au sexe. Notre libertinage devrait être limité à certains moments précis.
On pourrait penser que le prof mettrait un peu d'ordre pendant son cours ; de son point de vue, on peut assez facilement deviner ce qui se passe. Penses-tu ! Le spectacle est bien trop intéressant à ses yeux. De toute façon, Lula s'occupe de lui avant chaque cours en passant sous le bureau : c'est Noémie qui l'affirme. La sirène lui aurait dit qu'elle a toujours rêvé de se taper un Britannique. Oui, monsieur Dupont est prof d'anglais, mais avec son nom et son accent, on est très loin du Britannique pure souche. Cette idiote est encore un parfait exemple de la démesure sexuelle qui entache nymphes et sirènes.
Et en parlant de démesure, les sirènes font assez fort. Leur nouveau jeu à la mode : tirer au sort chacune leur tour un nom d'un de leurs favoris et devoir le faire jouir en plein cours. Généralement, elle s'y prenne à la main, en le masturbant discrètement, mais Ondine a fait fort la dernière fois puisqu'elle a sucé son nominé en plein cours. D'après Noémie, la prochaine des sirènes à devoir jouer n'est nulle autre que Morgane.
Morgane que tout le monde désire. Morgane que tout le monde admire. Même Louise espère encore la convaincre de rejoindre notre club. Morgane la sympathique. Morgane la dévouée. Mais Morgane, qui malgré ses airs de fille sympathique, n'a pas hésité à me balancer plusieurs fois de méchantes piques. De plus, oublient-ils tous qu'elle trompe son copain – sûrement un gars bien qui l'aime et qui n'a aucune idée de ce qui se passe ici – avec un tas de types ? Encore une fois, le libertinage devrait avoir ses limites, d'autant plus quand il y a en jeu les sentiments de personnes qui n'ont rien demandé.
Bref, debout devant toute la classe, j'essaie tant bien que mal de terminer cet exposé pour lequel je me suis beaucoup préparée en résistant à l'envie de résumer mon propos pour mettre fin plus rapidement à mon calvaire. Déjà que j'ai horreur de parler devant toute la classe, surtout dans une langue que je ne maîtrise pas correctement, mais en plus parler dans le vide sans que personne ne m'écoute, je me sens en quelque sorte humiliée. Coralie et Delphine discutent et se marrent en me jetant de temps en temps des coups d'œil ; se moquent-t-elles ? Vu l'habitude des sirènes à nous rabaisser dès qu'elles en ont l'occasion, ça ne serait pas étonnant. Seule Noémie échappe aux quolibets de leur part, grâce à son amitié avec Ondine et Lula.
Heureusement, dans tout ça, Idriss m'écoute. Si comme je le disais précédemment Arthur n'est pas mon type de mec, ce jeune Marocain bien éduqué et bien habillé, pourtant issu d'un milieu social aussi modeste que le mien, l'est tout à fait. À vrai dire, si j'ai rejoint les nymphes, c'était avant tout pour gagner de la confiance en moi et trouver le courage d'aller l'aborder. Le seul hic, c'est que lui et ses amis sont des proches du BDE et des sirènes. Bref, il est bien trop tard pour aller à sa rencontre maintenant ; j'aurais dû m'y prendre avant que cette stupide histoire de « guerre » interclub ne prenne trop d'ampleur. Malgré tout, il fait l'effort de respecter ma présentation ; je ne peux que lui en être extrêmement reconnaissante.
Mon calvaire terminé, je retourne à ma place et découvre un nouveau SMS sur mon portable : marraine me prévient qu'elle ne pourra pas manger avec moi ce midi comme c'était prévu car elle a un truc à faire. Pff, ce n'est pas la première fois qu'elle me fait ce coup-là ! Pourquoi se donner la peine de me proposer de passer du temps ensemble si elle ne compte pas tenir sa promesse ? Agacée, je range mon téléphone sans me donner la peine de lui répondre et attends la fin de l'heure tandis que mon voisin de table continue à épier ce qui se passe derrière lui.
Midi arrive : le temps de remplir nos estomacs est venu ! Nous rangeons nos affaires et commençons à nous diriger vers le réfectoire. Je suis Boris, Arthur et Lindsay afin de manger avec eux. À ma grande surprise, mes trois collègues commencent à prendre un autre chemin.
— Arthur, où allez-vous ? demandé-je, étonnée.
— Euh… se retourne-t-il en rougissant, on avait juste un truc à faire. Nous mangerons plus tard.
— Oui, c'est ça… rigole Lindsay tandis qu'elle lui prend la main et l'entraîne. Un truc à faire…
— Euh… se retourne-t-il en rougissant, on avait juste un truc à faire. Nous mangerons plus tard.
— Oui, c'est ça… rigole Lindsay tandis qu'elle lui prend la main et l'entraîne. Un truc à faire…
Tss… Je ne sais pas ce qui me fait le plus mal : qu'ils n'aient pas la franchise de me dire ce qu'ils vont faire ou qu'ils m'excluent de leur petite sauterie. Pas que j'aurais accepté, mais j'aurais pu être intéressée. C'est avec un pincement au cœur que je rejoins la queue pour le réfectoire. J'aperçois un visage amical dans la foule, celui de Noémie, et parviens à me glisser jusqu'à elle.
— Salut, fais-je avant de me rendre compte qu'elle est accompagnée de Lula et Ondine.
— Euh, salut, répond-elle un peu gênée. Tu n'es pas avec Arthur et les autres ?
— Non, ils sont allés « faire un truc ». J'avais pensé manger avec toi…
— Écoute, hésite-t-elle discrètement, je dois manger avec Lula et Ondine. Ça serait mieux pour toi que tu ne restes pas avec nous. Une autre fois peut-être. Désolée.
— Euh, salut, répond-elle un peu gênée. Tu n'es pas avec Arthur et les autres ?
— Non, ils sont allés « faire un truc ». J'avais pensé manger avec toi…
— Écoute, hésite-t-elle discrètement, je dois manger avec Lula et Ondine. Ça serait mieux pour toi que tu ne restes pas avec nous. Une autre fois peut-être. Désolée.
Puis elle se retourne vers ses amies sirènes en me tournant le dos. Lula me jette des coups d'œil et se marre. Noémie lui fait les gros yeux pour lui faire comprendre de se taire. Quelle journée de merde, décidément !
C'est donc seule et déprimée que je m'installe à table. Dans un réfectoire bondé de monde, quelle humiliation de se retrouver seule à une table ! En entrant dans le club des nymphes, j'avais aussi espéré trouver une communauté sur qui et pour qui je pourrais enfin compter ; je vois que je me suis encore bien couverte d'illusions. J'ai tellement les boules que pendant plusieurs minutes je touche à peine à mon repas.
Une voix me fait sortir de mes sombres songes :
— Puis-je m'asseoir ici ?
En relevant la tête, j'ai la surprise d'apercevoir Idriss. J'acquiesce en rougissant. Il me sourit et s'assied.
— C'était très intéressant, ton exposé. J'ai apprécié que tu parles aussi de Prokofiev.
— Merci… Tu aimes Prokofiev ?
— Oui, énormément. Surtout son Roméo et Juliette. Je trouve qu'il rend un bel hommage à la pièce de Shakespeare. Tchaïkovski est aussi très bien. J'ignorais que Disney n'était pas à l'origine des musiques de La Belle au bois dormant.
— Merci… Tu aimes Prokofiev ?
— Oui, énormément. Surtout son Roméo et Juliette. Je trouve qu'il rend un bel hommage à la pièce de Shakespeare. Tchaïkovski est aussi très bien. J'ignorais que Disney n'était pas à l'origine des musiques de La Belle au bois dormant.
Ouah, je suis en train de tenir ma première réelle conversation avec le garçon qui me plaît ; en plus nous parlons musique classique, et c'est lui qui est venu à moi ! Il me parle des compositeurs qu'il aime et m'apprend même l'existence de certains que je ne connaissais pas. Moi qui me pensais calée sur le sujet, j'ai trouvé meilleur que moi.
Un détail attire soudain mon attention : dans son assiette, la viande qu'il a choisie, c'est une côte de porc. Je croyais que…
— Un problème ? me demande-t-il en s'apercevant de mon étonnement.
— Non, rien. Je suis juste surprise que tu ais pris du porc ; je pensais que les musulmans n'en mangeaient pas.
— C'est exact, mais je ne suis pas musulman.
— Oh, désolée ; j'avais pensé que…
— Que j'étais musulman, étant donné ma couleur de peau ? Eh bien non : un Magrébin n'est pas forcément musulman. Mais ne t'inquiète pas : tu n'es pas la première à faire cet amalgame, j'ai l'habitude.
— Mais du coup, tu crois quand même en Dieu ou non ?
— Je pense surtout que les gens se sont créés un dieu pour se rassurer sur tout ce qu'ils ne contrôlent pas et donner un sens à leur existence et au chaos qui régit leur vie. Et toi, qu'en penses-tu ?
— Je suis assez d'accord avec toi, souris-je, heureuse d'être sur la même longueur d'onde que lui sur ce sujet.
— Non, rien. Je suis juste surprise que tu ais pris du porc ; je pensais que les musulmans n'en mangeaient pas.
— C'est exact, mais je ne suis pas musulman.
— Oh, désolée ; j'avais pensé que…
— Que j'étais musulman, étant donné ma couleur de peau ? Eh bien non : un Magrébin n'est pas forcément musulman. Mais ne t'inquiète pas : tu n'es pas la première à faire cet amalgame, j'ai l'habitude.
— Mais du coup, tu crois quand même en Dieu ou non ?
— Je pense surtout que les gens se sont créés un dieu pour se rassurer sur tout ce qu'ils ne contrôlent pas et donner un sens à leur existence et au chaos qui régit leur vie. Et toi, qu'en penses-tu ?
— Je suis assez d'accord avec toi, souris-je, heureuse d'être sur la même longueur d'onde que lui sur ce sujet.
Notre conversation continue et il me parle un peu de l'histoire de sa famille. Son grand-père est venu s'installer en France pour y trouver du boulot et y a fondé une famille. Son père, lui, a préféré retrouver ses racines et s'est établi au Maroc où il a rencontré sa mère. Idriss, lui, a grandi au Maroc mais a souvent voyagé en France pour rendre visite à sa famille. Aujourd'hui, pour les études, il y loge mais compte bien y rester après.
— Alors, maintenant tu fricotes avec de la libertine bas de gamme, Idriss ? nous surprend une nouvelle venue.
Morgane vient de faire son apparition et s'installe sur le siège à côté d'Idriss. Merde, manquait plus qu'elle pour me pourrir un peu plus ma journée ! Elle n'est pas venue seule puisque Simon, un des potes d'Idriss, s'assoit à côté de moi.
— Alors, ça parle de quoi ici ? interroge Simon.
— Pas grand-chose, répond Idriss qui visiblement n'a pas envie de partager notre conversation avec les autres.
— Tu m'étonnes ! s'exclame Simon. Elle doit être aussi intéressante qu'une huître ! Déjà que j'ai failli m'endormir durant son exposé…
— Pas grand-chose, répond Idriss qui visiblement n'a pas envie de partager notre conversation avec les autres.
— Tu m'étonnes ! s'exclame Simon. Elle doit être aussi intéressante qu'une huître ! Déjà que j'ai failli m'endormir durant son exposé…
Morgane ricane. Je pique un fard. Je devrais riposter ou lui foutre une tarte dans la gueule, mais je n'ose bouger. Quelle conne je fais ! J'ai plutôt envie de m'enfuir.
— Tu sais, Simon, réplique Idriss, il est parfois bon de s'ouvrir à d'autres horizons. Il n'y a pas que ta techno dans la vie.
— Pour changer de sujet, devine qui est l'heureux élu que j'ai tiré au sort ? lance Morgane en agitant un bout de papier devant le nez d'Idriss.
— Pour changer de sujet, devine qui est l'heureux élu que j'ai tiré au sort ? lance Morgane en agitant un bout de papier devant le nez d'Idriss.
Idriss s'empare de la chose et rougit en lisant le nom écrit dessus. Ce n'est pas vrai… Il ne manquait plus que ça pour faire de ma journée une catastrophe.
— Prêt à passer un cours d'économie de rêve, mon cher Idriss ?
Il ne répond pas et me jette un coup d'œil gêné. Trop, c'est trop ! Le regard bas, je prends mon plateau et quitte le réfectoire tandis que j'entends rire derrière mon dos. Je me réfugie aux toilettes où je fonds en larmes.
Au-delà des moqueries et de l'humiliation, pourquoi cette histoire m'affecte autant ? Oui, je dois avouer qu'Idriss m'attire depuis le début d'année, mais je ne lui avais jamais vraiment parlé. C'est la première fois que j'avais une vraie conversation avec lui. Et puis c'est un des favoris des sirènes : je ne devrais pas m'étonner qu'il couche avec ces garces ! Je pensais n'avoir aucune chance avec lui depuis qu'il s'était dirigé vers le camp du BDE et j'avais fini par l'accepter, mais notre conversation de tout à l'heure a fait renaître un espoir. Espoir que Morgane est venue taillader tout de suite derrière. C'est cet espoir qui me tue.
Quoi qu'il en soit, il me faut plusieurs longues minutes pour retrouver un semblant de calme. Je sors de la cabine et me dirige vers le lavabo pour me redonner une allure plus potable. Je me mouille le visage pour me rafraîchir, puis me recoiffe quand soudain la porte s'ouvre. Dans le reflet du miroir je vois apparaître Morgane.
— Tiens donc, tu te planquais ? sourit-elle. Tu as raison, personne n'aime ta face.
Je ne réponds pas : "Don't feed the troll". Elle s'avance à côté de moi et commence à se remaquiller, se passant sur les lèvres un rouge des plus pétants et se noircissant autour des yeux. Je ne peux m'empêcher de penser à une prostituée. Elle remarque le regard dégoûté que je lui jette dans le reflet.
— Je me fais belle pour Idriss ; je m'apprête à lui faire vivre un cours des plus mémorables, trouve-t-elle le besoin de se justifier.
Je ne réponds pas à la provocation. Elle a très bien compris que je nourrissais un intérêt pour lui et essaie de me blesser.
— Plutôt que de le soulager à la main, je pense que je vais me la jouer comme Ondine : je vais lui offrir la plus incroyable des fellations. Crois-moi, ce moment sera tellement magique qu'il en oubliera tout ce qui a bien pu l'intéresser dans la journée.
— Je n'en doute pas, trouvé-je le courage de répondre. Je suis sûre que tu as une très longue expérience de suçage de queues. D'après les dires de Nathan, tu serais une experte. Je suis aussi sûre que ton copain doit apprécier que tu continues à t'entraîner en son absence.
— Je n'en doute pas, trouvé-je le courage de répondre. Je suis sûre que tu as une très longue expérience de suçage de queues. D'après les dires de Nathan, tu serais une experte. Je suis aussi sûre que ton copain doit apprécier que tu continues à t'entraîner en son absence.
L'évocation du président et de son adultère fait tilt ; le regard de Morgane se noircit.
— Tss ! Vous les nymphes, il vous faut apprendre à rester à votre place, s'emporte-t-elle. Votre club est mort, il ne passera pas l'année. Merci de garder vos quelques favoris pour vous et de ne pas venir toucher aux nôtres en attendant votre lente agonie. Idriss et tous ses potes sont à nous. Notre club est fort ; vous ne pouvez rien contre nous.
— C'est donc ça… comprends-je soudain. Tu as peur.
— Peur ? se défend-elle. Laisse-moi rire !
— Si, tu as peur, continué-je. Peur que nous puissions reprendre l'avantage. Peur qu'Élodie perde en influence et qu'elle ne soit plus capable de te protéger de ton cher parrain. C'est pour ça que tu cherches à nous abattre.
— C'est donc ça… comprends-je soudain. Tu as peur.
— Peur ? se défend-elle. Laisse-moi rire !
— Si, tu as peur, continué-je. Peur que nous puissions reprendre l'avantage. Peur qu'Élodie perde en influence et qu'elle ne soit plus capable de te protéger de ton cher parrain. C'est pour ça que tu cherches à nous abattre.
Elle reste muette, signe que j'ai visé juste. Elle ignorait sûrement qu'on était au courant de son histoire avec Nathan. Je la laisse là, préférant partir sur une petite victoire et fière d'avoir claqué le bec à cette garce.
Le cours d'économie arrive. Je m'installe et ne suis pas surprise de voir Morgane s'asseoir à côté d'Idriss dans le fond de la salle. J'observe la suite des événements du coin de l'œil en espérant au fond de moi qu'Idriss va la repousser. Il ne faut pas longtemps pour qu'elle se colle à lui, qu'elle lui chuchote quelque chose dans l'oreille. Pour le moment, Idriss reste stoïque, comme insensible à son charme. Mon cœur bat la chamade : l'espoir de le voir refuser les avances de la garce grandit. Puis je me rappelle que malgré tout, il l'a laissée s'asseoir à ses côtés tout en connaissant ses intentions.
Et puis, peu après, une boule grandit dans mon estomac. Le visage d'Idriss n'est plus si insensible, même s'il fait un effort monstre pour ne rien laisser paraître. Morgane sourit et son poignet semble osciller. Une minute plus tard, la tête de la sirène plonge et disparaît sous la table. On ne voit plus que le sommet de son crâne qui oscille au rythme d'un lent remous. À leurs côtés, Simon a sorti son téléphone et filme la scène en se marrant. Encore une fois, notre prof, monsieur Durand, ne trouve rien à redire à la situation qui dégénère au fond de la salle de cours et laisse faire. Quand est-ce qu'un prof fera régner l'ordre dans sa classe ? Dégoûtée, je plonge mon visage entre mes bras pour ne pas montrer les larmes qui m'inondent les joues.
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Commentaires ()
Nous verrons aussi dans de futurs épisodes comment les nymphes/sirènes s'y prennent pour manipuler l?opinion des autres élèves.
Ce chapitre traite aussi de la transmission des inimitiés. La rivalité entre deux personnages du premier tome a pris une toute nouvelle ampleur et a poussé leurs suivants à s'affronter à leur tour, tout comme des soldats, qui n?ont aucune raison à la base de se détester, sont poussés à s?entretuer en temps de guerre pour servir les intérêts de leur chef.
Voilà donc Morgane opposée à Elizabeth et toutes deux semblent répéter le même schéma que Louise et Elodie. Certes les deux premières années ont des points communs avec leur leader respectif mais elles n?en sont pas des copies conformes. Leur histoire sera donc différente.
Morgane vous a paru sympathique plus tôt, elle ne jouait pas de comédie. Elle a réellement un bon fond (elle était la première à s?intéresser au côté caritative du club des nymphes) alors qu'Élodie ne cherchait qu'à nuire et à s'octroyer la plus grande influence possible. Mais Morgane est plongée dans une situation particulière où elle subit, en plus, l'influence néfaste d'Elodie. La voilà donc qui montre un visage plus sombre.
Morgane n'a jamais voulu chercher la guerre. Elle a choisi les sirènes car elle pensait qu'Elodie était la plus apte à la protéger de Nathan car les nymphes semblaient sur le point de disparaître. Hors, non seulement le club des nymphes a survécu mais reprend doucement du poil de la bête. Sandrine, l?une des fondatrices des sirènes est même retournée chez les nymphes. Du coup, comme en prend conscience Elizabeth, Morgane a peur. Elle se sentait en sécurité mais la remontée des nymphes mets en danger sa position. Voilà pourquoi elle s'implique dans le conflit. Elle s'en prend donc à une cible qui lui semble facile (surement un signe d'une certaine lâcheté de sa part).
Ses motivations sont donc bien différentes de l'ambitieuse Elodie qui n'a cherché qu'à régner. Morgane n'a jamais recherché la gloire. Elle ne souhaitait d'ailleurs même pas intégrer les sirènes à la base. C'est encore une fois, la menace de Nathan qui l'a poussée vers Elodie.
Elizabeth aussi possède des points communs avec sa marraine, notamment son intérêt pour les plus démunies, mais sa personnalité diffère aussi sur certains points. On voit qu'Elizabeth est moins bien intégrée au club des nymphes que ne l'était Louise en première année. De plus, contrairement à Louise, Elizabeth se montre critique envers les nymphes et sirènes et leur libertinage qu?elle juge excessif. Louise s'est remise en question plusieurs fois mais elle n'a jamais remis en question le bien fondé du club. Elizabeth est aussi moins combative que Louise (qui n'avait pas hésité à affronter Morgane dans le premier tome). Là, Liz subit et semble démunie contre les attaques. Elle arrive cependant à se rebeller et à prendre les armes contre Morgane vers la fin du chapitre ce qui peut être signe d?une future évolution du personnage. Ces éléments auront leur importance et offriront à Elizabeth un autre destin que sa marraine. Il ne faut donc pas les confondre.
D'ailleurs, confondre Elizabeth avec Louise, est une erreur que fait cette dernière. Louise voit bien que sa fillote a des points communs avec elle mais elle fait erreur de la prendre pour un « clone d'elle ». En cherchant à la caser avec Arthur, elle tente de réécrire sa propre histoire qui l'a menée vers Thomas. Elle n'a pas pris le temps de s'intéresser vraiment à ce que désirait Elizabeth. Ça ne peut fonctionner si on réécrit exactement la même histoire.
Celle qui les quitte c?est Sandrine qui était leur trésorière. Je pense aussi avoir développé Lorelei.
J'ai 28 chapitres et beaucoup de personnages. Vous n'avez encore pas tout vu mais l'histoire est très chargée, bien plus que le premier tome. Je ne peux développer tous les personnages, aucun moins tous en même temps. Je suis obligé de me concentrer que sur une partie comme le font de nombreux films ou séries (la trilogie originelle de Star wars par exemple met en avant qu?un petit groupe de héros et deux méchants, il s'agit pourtant d?un conflit galactique). Oui, c?est principalement Elodie qui pose problème. C?est elle qui dirige et pousse les autres dans le conflit. Sans elle, il n'y aurait pas eu de club des sirènes à abattre tout comme il n'y aurait pas eu d'empire galactique à abattre sans Palpatine.
Un nouveau regard qui offre une nouvelle perception des choses, c'est intéressant. On découvre que Louise ne s'intéresse pas comme il faut à sa fillote et veut la pousser dans les bras d'Arthur sans se soucier des sentiments de cette dernière. On découvre une Morgane depuis l'intérieur de sa classe et c'est différent...
C'était une jolie scène entre Elizabeth et Idriss avant que Morgane arrive, et ensuite les pensées d'Elizabeth étaient bien retranscrites. Cette conversation lui avait donné de l'espoir et c'est donc ça qui la fait davantage souffrir.
J'ai pris en tout cas plaisir à découvrir Elizabeth et espère la retrouver prochainement !
Plus sérieusement, je suis cette histoire depuis le début, et je ne commente que maintenant, et je la trouve dans l'ensemble très bonne. Bien écrite, bien narré et évitant certains clichés. Mais plus on avance, plus je constate que ce Tome II est moins recherché.
la ou le premier tome racontait une histoire entre deux personnes, se concentrant vraiment sur eux, ce tome II se concentre sur deux groupes mais ne garde quand même que les principaux comme si finalement, il n'y avait qu'Elodie qui posait vraiment problème. Aucun personnage des Sirènes n'est développé, a part celle qui les quittes, je n'ai plus le prénom, et Morgane qui est une Elodie-like.
Et tant que je parle de Morgane, je vais aborder également Elizabeth. J'ai l'impression de revoir Elodie vs Louise. ça fait juste reprise. D'autant que le coup d'Idriss fait vraiment penser à ELodie qui se taperait son frère pour détruire Louise, donnant ainsi un sentiment de personnage et enjeux déjà vu.
C'est surement voulu comme effet mais moi ça me pose problème. A cela, s'ajoute une fin qui s'annonce comme une victoire des nymphes, la dissolution des Sirènes et une humiliation du BDE. Le plus intéressant reste la façon dont cela se produira même si ça sent bon la confrontation directe comme lors de l?élection de la nouvelle présidente des nymphes.
Mon seul espoir reste l?imprévu. Que tu es prévu quelque chose d'assez inattendu pour nous surprendre.
EN dehors de ça, j?apprécie la lecture de cette histoire et me régale de chaque chapitre, même si je préfère le premier tome
Je comprend mieux pourquoi Élodie voulais absolument Morgane dans son club car cette dernière et enfaite comme elle une grosse vermine que l'on doit exterminer sur le champ, moi qui la soutenais dans le chapitre ou elle étais avec Nathan, la je dois avouer qu'elle me dégoute et qu'elle me déçoit énormément car je pensé que c'était une fille bien alors que c'est malheureusement le contraire.
Et la franchement je suis triste pour Elizabeth elle qui est follement amoureuse d'idriss et voir que les chance de former un couple s'éloigne très rapidement et la voir souffrir a cause de Morgane me met une boule au ventre.
merci quand même et vivement la suite.
Salutation
julien66000
Je remarque aussi qu'Elizabeth possède les mêmes qualités que Louise envers le club (elle comprend et trouve ça génial d'aider les plus démunis).
Par contre, je trouve qu'elle est encore plus naïve que Louise ne l'était au début.
Si je comprends bien, tu l'as insérée comme narratrice car elle aura une réelle importance pour les tomes suivants. La nouvelle génération finira par prendre le relais sur celle-ci et vu qu'elle a les mêmes caractéristiques que Louise, je parierais entre une confrontation entre Elizabeth et Morgane pour la fin de l'histoire. Même si Morgane se révèle être du même gabarit qu'Elodie même si elle cache mieux son jeu.
Cependant, je pense que Louise devrait reprendre un peu du poil de la bête car si miss punk et les nymphes, ainsi que ses "supporters" n'étaient pas là pour l'appuyer, il y a longtemps qu'Elodie aurait fini la partie.
Bref, je m'y perds un peu. Pour résumer, toujours un plaisir de te lire, j'attends la suite avec impatience.