00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ XXVII Chroniques d'une Jeunesse Parisienne XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Chroniques d'une Jeunesse Parisienne — Chapitre 2 · Le Bruit des Silences et des Regards

30 minutes
2.9k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de XXVII
XXVII
Histoires publiées
2
Abonnés
5
J'aime cumulés
38

Chroniques d'une Jeunesse Parisienne

Chapitre 2 · Le Bruit des Silences et des Regards

7h05. J'attends. Une tasse de café fumante dans la main, le regard vissé sur la fenêtre d'en face. Dans quelques instants, elle va entrer en scène. Comme chaque matin, elle va sortir de la douche, la peau encore tiède, à peine habillée. En attendant, deux oiseaux à la con se battent pour une miche de pain dans la cour, et mon tel m'annonce une journée "partiellement nuageuse". Bref, rien de passionnant. La lumière dorée du matin inonde son appartement. Et moi, j'attends dans le silence.
Mon souffle se suspend. Elle arrive. D'abord, une silhouette derrière le rideau de sa salle de bain. Un mouvement. Puis elle apparaît. Comme prévu. Elle glisse avec grâce sur les planches de son parquet, une serviette nouée autour d'elle, le dos nu, la peau encore perlée de gouttelettes. Elle frotte ses cheveux noirs avec une autre serviette, inclinant légèrement la tête. Elle ne regarde pas dehors. Elle fait semblant de ne rien voir. Mais personne ne traîne devant sa fenêtre sans savoir qu'on le regarde.
Son corps se déplace lentement, comme une panthère en chasse. Elle jette la première serviette sur une chaise et s'étire, bras levés, poitrine tendue. Je bois une gorgée, sentant la chaleur du café descendre le long de ma gorge, incapable de détacher mes yeux d'elle. Et puis elle défait l'autre serviette, celle autour de son corps. Sans précipitation. Sans gêne. Avec une sensualité cruelle, le tissu glisse sur ses hanches et tombe à ses pieds. Elle est nue.
Son dos sculpté s'offre à moi. Sa chute de reins est une courbe insensée. La façon dont ses fesses se dessinent sous la lumière me chauffe le cerveau. Son cul, bordel. Il est parfait. Rond, plein, bombé. Ce genre de cul qui te donne envie de tendre la main pour vérifier si c'est aussi ferme que ça en a l'air. Et dire que l'autre connard se l'est tapé hier. Il était là, en elle, à entendre ses gémissements qui lui demandaient d'aller plus vite, plus loin. Je serre la tasse plus fort. Si ça avait été moi, elle s'en souviendrait encore à chaque pas qu'elle fait.
C'est clair qu'il n'a pas été à la hauteur. Elle en redemande encore. Elle attend ce mec qui pourra vraiment la satisfaire. Un jour, je vais lui montrer que je suis ce gars-là. Je vais lui faire payer chaque seconde où elle m'a fait bander impunément et la baiser comme jamais personne ne l'a baisée. Ce n'est pas une question de si, mais de quand. Et quand ce moment viendra, elle ne pensera plus jamais à un autre mec. Chaque soir, elle sera à ma porte pour avoir sa dose comme une camée, incapable de me chasser de sa tête et de son corps. Je serai tout ce dont elle a besoin, tout ce qu'elle détestera aimer.
Elle passe une main dans ses cheveux, tourne légèrement le visage, comme si elle hésitait. Et puis, sans prévenir, elle pivote face à moi. Je retiens mon souffle. Ses seins fermes, sa taille fine, ses abdos dessinés, ses longues jambes, sa peau dorée par la lumière du matin, sa chatte couverte d'une fine bande de poils. Tout est là. Exposé et offert. Ses yeux effleurent à peine la fenêtre. Juste un instant. Une fraction de seconde. Comme une confirmation qu'elle sait que je l'observe. Et puis elle tourne les talons. Elle disparaît, me laissant seul avec ma frustration.
Putain. Je bande tellement. Ma queue, prisonnière dans mon caleçon, palpite. Elle brûle. Elle exige. Je ne pense plus qu'à ça. J'ai envie de la baiser. Tout de suite. C'est un besoin primitif qui ordonne d'être assouvi. J'ai trop attendu. Trop observé. Trop subi. Je balance ma tasse sur la table d'un geste sec. Le café éclabousse le bois, mais je m'en fous. Je suis déjà en train de filer vers la salle de bain.
Je ferme la porte derrière moi, tourne le robinet sans attendre. L'eau chaude coule, bruyante et vaporeuse. Je me glisse dedans. Ma main s'enroule sur ma queue tendue. Un frisson me traverse et ma tête bascule en arrière. Je ferme les yeux. Elle est là. Je la vois. Sa silhouette parfaite. Son cul bombé. Sa façon de tourner les hanches.
Elle me regarde. Je la plaque contre la vitre. Ses mains à plat sur le verre, son souffle court, son corps brûlant contre le mien. Ses jambes tremblent sous mes coups de reins. Elle gémit. Elle supplie. Elle balance des trucs bien sales que seules les salopes dans son genre peuvent sortir. Elle en veut toujours plus. Moi aussi. Ma main accélère. Ça résonne entre les murs : les voix qui s'emmêlent, les corps qui s'entrechoquent, l'eau qui coule sur nos peaux.
Je la tiens. Je la baise. Bordel. Enfin. Son corps s'offre, se cambre, absorbe. Mon souffle s'accélère, ma main va plus vite. Je ressens sa chaleur. C'est tellement bon. Je me mords la lèvre, étouffe un grognement. Ma main se crispe. Je vais jouir. Putain, je vais jouir. Je serre plus fort. Encore une seconde de plus. Encore une image d'elle. Encore une phrase salace dans mon oreille. Encore une poussée dans cette chatte qui m'aspire. Encore un mouvement de haut en bas sur ma verge. Et ça explose enfin.
Un râle de soulagement s'échappe de ma gorge. Profond et bestial. Mes muscles se contractent. Une vague brûlante me traverse, alors que sperme jaillit en longs jets sur la vitre, maculant ma main au passage. Je reste figé une seconde, le souffle saccadé, le cœur battant. Puis le silence. Un vide. Total. Pathétique et apaisant. Je rouvre les yeux. L'eau coule toujours. Le carrelage est froid. Mes doigts poisseux. Et elle n'est pas là. Il n'y a que moi et mon amertume. C'est toujours pareil.
Encore un foutu matin où je me branle pour rien. Je me lave, le regard fixé sur le mur devant moi, comme si j'attendais que quelque chose change sans trop savoir quoi. Je ne me sens pas mieux. Juste plus lucide. L'eau s'arrête. Je sors de la salle de bain, le pas lourd, mes pensées toujours embrouillées. La satisfaction que j'ai ressentie s'est déjà évaporée. Autant que ma main droite serve à quelque chose de plus intéressant que de me branler. Genre me faire un nouveau café. Parce qu'à défaut de baiser des pétasses, au moins je sais me faire réchauffer une tasse.
Café à la main, j'attrape mon téléphone et je le déverrouille d'un geste automatique. Rien de neuf. Je scrolle sur Insta. Un défilé d'images insipides. Des meufs qui posent. Des mecs qui se la jouent. Des stories sans intérêt. Mais je continue de scroller. C'est toujours la même chose. Juste une manière de tuer le temps. Je soupire et balance mon tel sur le lit. Je tourne en rond depuis que je suis arrivé. C'est le même scénario. Une boucle sans fin. Et ce matin encore, j'ai plongé dedans, comme un con, croyant que ça aurait un goût différent. Mais non.
Ça doit s'arrêter. Je repense à Léonie. Aux cours qui vont commencer. J'espère que la rentrée va enfin briser cette monotonie. J'attrape des fringues dans mon armoire. Un truc propre, bien ajusté. Je lève les yeux vers le miroir. Il est là, fidèle, posé contre le mur. Mais aujourd'hui, je remarque un détail que je n'avais jamais vu. Une craquelure dans un coin. Fine, presque invisible, serpentant sur la surface. Impossible de dire depuis quand elle est là. Peut-être depuis le premier jour. Bref, on s'en fout. Je détourne les yeux. J'ai besoin d'air. J'attrape mes affaires, mon téléphone, mes clés, et je claque la porte derrière moi avec une étrange énergie, un mélange d'impatience et de résignation.
Dehors, l'air du matin est encore frais. J'inspire profondément. Les rayons du soleil caressent les toits parisiens, dissipant peu à peu l'obscurité de la nuit. Les ombres s'étirent et s'évanouissent, balayées par la lumière montante. Les bruits des rues alentour s'élèvent doucement dans une symphonie urbaine dissonante. Je me mets en marche. Sans réfléchir. Sans regarder en arrière. La ville s'anime. Elle m'attend, immense et vibrante, prête à me voir entrer en scène. Et moi, comme chaque matin, je joue mon rôle. Le mec normal. Propre. Présentable. Mais à l'intérieur, c'est toujours la même chose qui tourne en boucle. Et ça, personne le voit.
______________
Avec un peu d'avance, j'arrive devant ma salle de classe où une dizaine d'élèves attendent le prof. Mon regard cherche Léonie. Elle est adossée contre un mur un peu plus loin, remettant derrière son oreille une mèche blonde glissant de son chignon pendant qu'elle discute avec une autre fille. Je la reconnais. C'est celle qui notait chaque mot du directeur avec un sérieux presque comique hier.
Un rire léger de Léonie s'élève dans le couloir et brise le murmure ambiant des autres étudiants. Ce son me frappe. Simple, désarmant. Doux comme son parfum flottant subtilement dans l'air. Aujourd'hui, elle a troqué sa chemise bleue pour un petit haut rose pâle au décolleté discret, mais flatteur, et un jean plus moulant que la veille soulignant un peu plus ses hanches. Bref, elle est toujours aussi ravissante.
Elle me remarque et me décroche un sourire. Je m'approche, lui tape la bise, posant brièvement ma main sur sa taille. Son corps tressaille, son visage reste impassible. Nos regards se croisent un instant. Ses yeux noisette me fixent à travers ses lunettes. Elle sourit, toujours calme, puis me lance simplement :
— Salut, ça va ?
— Tranquille, et toi ? T'as l'air en forme.
— Oh, merci, rétorque-t-elle avec un petit sourire. Toujours prête pour une nouvelle journée.
Un léger silence s'installe. Elle passe une main dans ses cheveux, comme si elle cherchait quoi dire, avant de se tourner vers l'autre fille.
— Je te présente Caroline.
Petite et effacée, elle fait tout pour éviter d'attirer l'attention. Chemise impeccable, jean droit qui cache ses formes autant que possible, cheveux châtains tirés en queue-de-cheval stricte. Pas de maquillage, un visage sérieux à peine adouci par quelques taches de rousseur. Elle murmure un "Bonjour" presque inaudible. Je me penche pour l'entendre. Ses doigts agrippent nerveusement sa manche, son regard me fuit, ses joues se mettent à rougir.
Sa timidité lui donne un air de petite lycéenne maladroite qui cherche désespérément à disparaître dans le décor. Une fille coincée, incapable de se laisser aller. Probablement du genre à bosser seule sur des projets de groupe, persuadée que personne ne fera les choses aussi bien qu'elle. Pourtant, il y a ce bref éclat dans son regard, une hésitation avant qu'elle détourne la tête. Qui sait, sous cette rigidité de petite intello bien rangée, elle rêve peut-être d'un mec qui viendrait bousculer son petit monde. Mais ça, jamais elle ne l'admettra. Surtout pas à elle-même. Pour l'instant, elle n'a rien de bien excitant. Mais son potentiel m'intrigue. À surveiller.
Léonie esquisse un sourire en la voyant mal à l'aise. Elle lui jette un regard complice, comme pour détendre l'atmosphère.
— Caroline et moi, on était au même lycée, tu te rends compte ?
— Ah, donc vous vous connaissiez déjà ?
— Non, pas vraiment, on se parlait pas. Mais c'est marrant de se retrouver ici, non ?
Caroline lui adresse un sourire discret sans répondre. Mes yeux glissent sur Léonie. Surtout sur son décolleté. La lumière artificielle des néons danse sur sa peau. Elle tourne la tête vers moi sans prévenir. Je relève le regard à temps.
— Ouais c'est ouf. Au fait, ce haut te va super bien.
— Oh, euh, merci, répond-elle d'un petit rire nerveux. C'est pas grand-chose, mais je l'aime bien.
Elle détourne les yeux, réprime un sourire et ajuste machinalement son décolleté en le tirant légèrement vers le haut. C'était peut-être un peu trop direct. Mais bon, c'est fait. Pas besoin de revenir dessus. Je change de sujet, enchaîne sur la rentrée, les autres élèves, les profs et tout ce bordel. Ça fait redescendre la tension. Léonie rigole de mes blagues. Caroline reste en retrait, n'intervenant que si on l'y oblige. Je l'observe à peine de toute façon.
Les minutes passent et le prof arrive enfin. Dans un mouvement de foule, je suis le groupe qui entre dans la salle. Léonie et Caroline s'installent côte à côte, échangeant quelques mots avant de se taire. Je repère une place libre derrière elles et m'y glisse sans trop réfléchir. Déjà assis, un mec me jette un regard avant de me tendre la main.
— Salut ! Moi c'est Lucas.
Brun, typé espagnol, lunettes fines, barbe de trois jours, cheveux noirs et épais coiffés en désordre. Son t-shirt floqué d'un logo et ses baskets usées lui donnent un air détendu, mais son regard attentif derrière ses verres trahit autre chose. Un type qui pourrait être aussi bien le premier de la classe qu'un geek qui traîne sur Discord toute la nuit.
On échange quelques banalités tandis que le brouhaha des étudiants qui finissent de s'installer résonne encore dans la pièce. Informatique, jeux vidéo, skate. Je hoche la tête de temps en temps, une oreille à peine attentive à son petit accent. Mes yeux dérivent vers la table de devant. Léonie murmure quelque chose à Caroline, son sourire s'étire brièvement. Je me demande ce qu'elle lui raconte. Lucas, lui, parle sans se formaliser que je sois ailleurs. Il a un enthousiasme communicatif, mais jamais envahissant. Rien à voir avec le nerd cliché qui galère à aligner trois phrases.
Le prof demande le silence. Lucas se redresse aussitôt, le regard concentré. Son sérieux me fait sourire. J'ajuste ma posture, plus pour l'imiter que par envie de suivre. Mon regard balaie la classe. Des mecs fades, sans prestance. Un ramassis de figurants. Ils sont là, existent vaguement, mais on pourrait les remplacer par d'autres que personne ne verrait la différence. Aucun charisme, aucune aura, aucune menace. Ils devraient me remercier d'être là, au moins ça relève le niveau.
Tandis que les autres étudiants prennent fébrilement des notes, une silhouette se dégage nettement. La fille à la frange. Posée contre le mur, elle ne fait même pas semblant d'écouter le cours. Son sac à main Jacquemus hors de prix traîne devant elle. Trop grand pour être pratique, trop petit pour contenir plus de trois cahiers. Dans sa main, le dernier iPhone. Elle scrolle sur Insta, l'air blasé.
De temps en temps, elle attrape son gobelet Starbucks. La paille glisse entre ses lèvres un peu boudeuses et elle sirote en balayant la salle d'un regard indifférent. Une gorgée longue et bruyante. Elle sait que ça dérange. Elle s'en fiche. Le prof s'arrête. Agacé. Il la fixe. Un silence flotte dans l'air. Elle effleure une goutte perlant sur son menton pour la porter à sa bouche et lui lance un sourire désinvolte en suçant son doigt à la manucure impeccable. Insolente et gracieuse. Juste assez pour lui faire comprendre qu'il n'a pas son mot à dire. Il reprend son cours, un peu désemparé.
Sa main passe dans ses longs cheveux bruns pour remettre en place la frange qui encadre les traits fins de son visage. Elle a des airs de Jane Birkin version moderne. Un peu moins sage. Un peu plus sauvage. Le genre bad bitch qui peut bousiller ta vie et se coucher le soir sans même penser à toi une seconde. Elle retire sa veste en jean. Dessous, elle porte un crop-top blanc qui épouse ses formes longilignes. Le genre trop fin pour sortir avec. Surtout sans soutien-gorge. Plus bas, un jean taille basse vintage dévoile, sur ses hanches, les bretelles blanches d'un string. Ce bout de tissu m'électrise. Je commence à durcir. Merde. Je décale légèrement ma jambe sous la table pour cacher tout ça.
Et là, nos regards se croisent. Elle ne détourne pas ses yeux en amande des miens. Au contraire. Ils descendent, remontent, m'analysent sans se presser. Son regard a ce mépris naturel des petites pétasses parisiennes persuadées qu'elles sont meilleures que tout le monde. Je me penche légèrement en avant. On reste accrochés. Une seconde. Deux. Trois. Trop long pour que ce soit anodin. Je lui lance un sourire. Léger, presque amusé, pour lui faire comprendre que moi aussi je l'ai repérée. Elle répond avec un sourire. Celui d'une meuf sûre d'elle et qui sait trop bien qu'elle plaît.
Du haut de son mètre soixante, elle maîtrise le style “j'me suis réveillée comme ça” que toutes les autres essaient de copier sans jamais y arriver. Une trace d'highlighter souligne la courbe de ses pommettes. Ses lèvres pleines, elles, se contentent d'un gloss brillant, suffisant pour refléter la lumière et donner envie d'y goûter. Elle joue avec son stylo, le porte à sa bouche, mordille distraitement l'extrémité en laissant briller un éclat humide sur le plastique. Putain. Ce cours va être interminable.
L'ambiance dans la salle est lourde. Je n'entends plus le prof ni les discussions autour. Mon attention est entièrement captée par elle. Ça m'agace. Je n'aime pas être celui qui regarde trop longtemps, mais je n'arrive pas à m'en détacher. Ma mâchoire se serre. Un mélange de mépris et d'envie. Elle sait jouer. Et elle joue vraiment bien. Elle est belle, oui. Mais pas seulement. Elle a ce truc qui fait bouillir le sang. Un poison qui coule lentement dans les veines comme le venin d'un serpent. Je détourne le regard. Une seconde, pour pouvoir respirer à nouveau.
À côté de moi, Lucas prend des notes comme un bon élève. Devant, Léonie et Caroline sont concentrées sur le cours. Caroline surtout, penchée sur son cahier comme si sa vie en dépendait. Rien n'existe pour elle à part ces lignes tracées au stylo bleu, ces mots soigneusement alignés. Elle est loin de la tension électrique qui crépite entre cette fille et moi. Quand je reviens vers elle, elle me guette toujours du coin de l'œil avec un air moqueur. Elle rompt le contact en premier, décroise lentement les jambes et se redresse en attrapant son téléphone. Une vraie petite garce. Je sais déjà que je vais adorer la détester.
Le cours continue malgré tout. La voix monotone du prof me glisse dessus, indistincte. Autour, les grattements de stylos rythment la lente agonie d'une heure interminable. Un froissement discret retient mon attention. Je lève les yeux. Dernière rangée. Une silhouette seule. Cheveux multicolores : bleu, rose et violet pâle. Coupés au carré, un peu en bataille. Rien à voir avec le reste de la classe. Un contraste vif dans cette masse de visages ternes. Elle est petite, pâle, frêle. Un truc presque fragile dans sa posture, comme un oiseau méfiant prêt à s'envoler si on s'en approche trop. Mais ses yeux bleus, quand ils se lèvent brièvement, sont d'une dureté glacée. Elle ne prend pas de notes. Elle dessine. Son crayon danse sur un carnet posé devant elle. Pas un regard pour le prof. Ni pour les autres. Juste son monde à elle. Isolé et hermétique.
Quand le cours se termine, elle range ses affaires en vitesse. Un paquet de tabac dans une main, une feuille dans l'autre, un casque déjà vissé sur les oreilles. Elle quitte la salle parmi les premières. Ailleurs. Déjà loin. Je me lève à mon tour, la tête ailleurs. Je cherche la fille à la frange du regard. Elle sort à peine de sa rangée. Sac à main sur l'épaule, crop-top toujours aussi criminel. J'avance vers elle, prêt à l'aborder, à sortir n'importe quelle connerie tant que ça capte son attention. Mais une voix me coupe dans mon élan.
— Alors, t'en as pensé quoi ?
Léonie. Et merde. Je me retourne vers elle. Elle me regarde à travers ses grosses lunettes, curieuse et tranquille.
— Bof, c'était un peu chiant, j'trouve.
— C'était pas si mal quand même. T'abuses ! Mais ouais... ça aurait pu être plus intéressant.
Je hoche la tête. Léonie continue de parler et se met à marcher avec moi, mais je décroche. Mon regard revient vers la fille à la frange. Elle est devant nous, paquet de Vogue à la main. Un mec lui parle déjà. Un blond, grand, bien sapé. Le genre sûr de lui, un peu lourd, mais qui sait qu'il a une chance. Et merde. Elle le laisse parler, sans vraiment l'écouter. Elle pourrait le recaler direct, mais non. Elle reste là, à le regarder se démener, sans émotion sur son visage à part un demi-sourire indéchiffrable. Ils sortent de la classe ensemble. Mon corps hésite. Je serre la mâchoire. Léonie continue de parler, Caroline la suit derrière et je ne sais pas quoi faire.
— Salut, moi c'est Lucas.
Merde. Voilà que l'autre se tape l'incruste. Léonie lui sourit et fait les présentations. Il ne manquait plus que ça. Bon, je laisse la fille à la frange partir fumer une clope avec l'autre connard. Pas grave. Je verrai ça plus tard. En attendant, je reste focus sur Léonie. Il ne faut pas que Lucas et son côté “mec trop sympa et accessible” viennent niquer mes plans.
______________
Le reste de la pause passe en mode automatique. Lucas parle bouquins avec Léonie. Madame Bovary, Thérèse Raquin, La Princesse de Clèves. Je n’y pige que dalle. Je me contente de hocher la tête comme Caroline. Ça me saoule. Il est trop sympa, trop à l'aise, avec son air de pseudo-intello de merde. Léonie lui sourit, le relance. Elle aurait pu me relancer moi. Mais rien à part un regard rapide et un petit : "Ça va ?" Non putain ça va pas.
Le prof ouvre la salle. Une silhouette passe près de moi et me bouscule. Cheveux multicolores, odeur de tabac froid. Pas un regard, pas un mot. Elle file au fond de la salle comme si personne n'existait. Elle pourrait au moins s'excuser cette connasse. Je bouscule un peu aussi. Pas grand-chose, mais assez pour m'asseoir à côté de Léonie. Lucas se retrouve derrière avec Caroline. Bien fait pour lui. Je le regarde mal. Il ne pige rien. Ou il fait semblant. Je ne sais pas.
D'un coup d'œil, je cherche la fille à la frange. Fond de la classe, seule. Plus de blond. Il est là-bas, trois rangs devant. Regard vide, bras croisés. Il s'est fait recaler. Je souris. J'ai toujours mes chances. Mais en attendant, Léonie est là. Deux heures à côté de moi. Et je vais en profiter. Elle est studieuse, concentrée. Moi, je fais ce que je fais de mieux : la perturber. Elle lutte, essaie de rester sérieuse, mais ses éclats de rire trahissent son amusement.
— Tu prends pas de notes ? me glisse-t-elle en m'observant du coin de l'œil.
— Bah non, tu vas me passer les tiennes.
Elle arque un sourcil. Mi-amusée, mi-agacée.
— T'es sérieux ?
— Bah oui.
— Et si je dis non ?
— Tu diras pas non.
— Ah bon ? Pourquoi ?
— Parce que t'es trop sympa.
Elle secoue la tête en riant doucement, faussement exaspérée.
— Trop sympa, hein ? On verra. Mais t'attends pas à un truc incroyable. J'écris mal. Je suis pas sûre que tu arrives à me relire.
— T'inquiète. Si c'est écrit par toi, ça doit forcément être bien.
Elle replonge dans ses notes. Mais son sourire est toujours là. Je fais semblant de lire ce qu'elle écrit. Mais mes yeux dérivent autre part. Elle se penche un peu. Le tissu de son décolleté s'écarte légèrement. Je détourne les yeux. Reviens. Encore. Son souffle soulève doucement sa poitrine comme une invitation involontaire à regarder le creux de ses seins. Chaque petit geste qu'elle fait me pousse à mater. Je n'arrive pas à m'en détacher. Elle tourne la tête sans prévenir. Nos regards se croisent. Elle reste immobile une seconde. Elle m'a grillé. C'est sûr.
— Tu fais quoi là ? murmure-t-elle.
Une chaleur soudaine me monte aux joues. Merde. J'essaye de garder un air détaché.
— J'essaye de lire tes notes. Mais tu bouges trop.
Elle lève les yeux au ciel en souriant.
— Bah oui, bien sûr. C'est ma faute.
Son regard s'attarde une seconde sur moi. Elle a compris ce que je faisais, mais fait semblant de n'avoir rien remarqué. Elle se redresse sur sa chaise et ajuste son haut discrètement. Elle me lance un coup d'œil furtif pour vérifier si je la regarde encore. Je détourne les yeux. Elle se remet à écouter le cours jusqu'à ce qu'une vibration discrète dans sa poche la déconcentre. Elle sort son téléphone et le pose sur sa cuisse. J'ai juste le temps de voir la notif d'un message avant qu'elle abaisse la luminosité au max'. Nouveau coup d'œil vers moi. Je fais semblant de n'avoir rien vu.
Léonie fronce légèrement les sourcils en lisant ce qui est écrit puis range son téléphone. Elle reprend ses notes sans un mot, mais son stylo tremble légèrement entre ses doigts. Son regard est plus fuyant. Son visage fermé. Sa mâchoire crispée. Quelque chose l'a perturbée. Je veux savoir. Mais pas maintenant. Ce n’est pas le moment. Elle ne veut pas en parler, ça se voit. Alors je ne dis rien. Je la laisse mâchouiller son bouchon de stylo et tripoter nerveusement une mèche de cheveux. J'attends que la tension retombe avant de relancer la conversation. Tranquille. Comme si de rien n'était.
— T'as des bouquins à me conseiller ?
Elle relève la tête, un peu surprise.
— Toi ? Tu veux lire ?
— Je m'y mets. Faut bien commencer quelque part.
— Je te ferai une liste.
Je ne les lirai jamais, mais ça n'a pas d'importance. Elle se penche à nouveau sur ses notes, absorbée. Moi, je la regarde encore. Sauf que mes yeux dérivent. Malgré moi. Léonie est là, concentrée, appliquée, calme. Elle n'a pas besoin de se donner en spectacle. Mais il y a aussi l'autre. La fille à la frange. Le gloss sur ses lèvres, son putain de string et son sourire vicieux continuent de me hanter. Elles sont deux opposées. Là où Léonie est une promesse de douceur, elle est une promesse de guerre. Le choix paraît évident. Mais c'est la guerre qui m'attire.
______________
En arrivant à la cafétéria, l'agitation nous enveloppe. Brouhaha des discussions. Cliquetis des couverts. Odeur fade des plats du Crous. On cherche une table. Galère quand on est quatre. Mais on finit par en trouver une. Je me mets en face de Léonie. Lucas est à côté, je fais avec. Il parle de ses vacances à Malaga avec sa famille. On s'en branle. Il essaie d'interpeller Léonie. Elle rêvasse. Elle se rend compte qu'elle n'écoutait pas. Elle s'excuse. Je la regarde, intrigué, et lui demande :
— Ça va, Léonie ?
— Oui, oui, t'inquiète. J'pensais juste... aux cours de ce matin. Mais du coup, Lucas, t'es parti où déjà ?
Même regard gêné que tout à l'heure. Petit mouvement de bras. Son téléphone vient de retourner dans sa poche. Je ne sais pas qui lui envoie des messages, mais ça la travaille. Et moi aussi. Lucas n'a rien vu de ça. Trop con. Mais il ne se fait pas prier pour reprendre la parole.
— Malaga. J'te jure, c'était incroyable. Soleil, plage, mojitos à 3€50. Franchement, si vous avez jamais fait, vous ratez un truc.
Il a ce ton enjoué de mec qui veut que tout le monde l'envie. Je hoche la tête mécaniquement. Cool ta vie mec. Juste arrête de parler la bouche pleine s'te plaît. Léonie sourit poliment. Caroline, elle, ne dit rien, tripotant la fourchette de son plateau.
— Et toi, Léonie, t'es partie où ?
Elle redresse un peu son dos, croise ses bras sur la table.
— Aix-en-Provence. Mes parents ont un petit appart là-bas. On a fait quelques balades, vu des expos, fait des petits marchés... Tranquille, quoi.
Simple. Sans chichi. Léonie, quoi.
— Ah ouais, Aix c'est joli, dit Lucas, faussement convaincu.
Son ton est trop morne pour être sincère. Léonie n'y prête pas attention. Elle se tourne vers Caroline.
— Et toi, t'as fait quoi pendant l'été ?
Caroline sursaute presque, comme si elle ne s'attendait pas à être incluse dans la conversation.
— Ah... Euh, on est partis une semaine à l'Île de Ré, avec toute ma famille.
— Ah ouais, grosse famille, alors ? lui demande Lucas.
— Ouais... dit-elle en hochant vaguement la tête, cherchant ses mots. J'ai pas de frères et sœurs, mais j'ai beaucoup de cousins et cousines.
Son ton dit tout. Beaucoup de monde. Beaucoup de bruit. Peu d'espace pour exister. Lucas ne relance pas et Caroline ne cherche pas à en dire plus. Il se tourne vers moi.
— Et toi, du coup ?
— Rien d'extraordinaire. J'suis resté dans mon bled avec mes potes et mes parents.
Simple, neutre. Pas envie d'élaborer. Pas envie de parler de mon ex. Pas envie de parler de ma rupture. Pas envie de parler des semaines seul dans ma chambre. Surtout pas devant Léonie. Les autres acceptent la réponse, mais pas elle. Elle fronce légèrement les sourcils et creuse un peu.
— T'avais pas envie de bouger un peu ?
Je hausse les épaules.
— J'ai pas eu trop le temps.
Elle garde son regard sur moi. Elle sent que je cache quelque chose. Mais elle n'insiste pas. Un bruit sec interrompt le silence. Caroline a fait tomber son bouquin. Un pavé à la couverture usée qui glisse sous la table.
— Mince !
Elle se penche pour le récupérer, mais Lucas est plus rapide. Il l'attrape d'un geste souple et le lui tend avec un sourire.
— Tiens.
Leurs doigts se frôlent. Caroline le récupère trop vite.
— Oh, merci, murmure-t-elle en baissant les yeux.
Lucas sourit toujours. Caroline relève les yeux vers lui, visiblement touchée par cette petite attention. Ses joues ont pris une teinte légèrement rosée. Lucas ne dit rien. Il retourne à son assiette.
— T'as lu quoi cet été ? demande-t-il à Caroline pour relancer la conversation.
Caroline hésite un instant, regardant timidement autour de la table.
— Euh...
Je décroche avant qu'elle réponde. Mon regard se perd derrière Léonie. Elle écoute poliment, sans vraiment être là. Et derrière elle, je la retrouve. Seule. Intouchable. La fille à la frange. Téléphone dans une main. AirPods dans les oreilles. Salade à peine entamée. Bouteille d'eau parfaitement alignée. Dessert intact. Elle scrolle d'un air absent et pique distraitement dans son assiette. Elle ne regarde personne. Personne ne l'accompagne. Seule. Isolée. Mais pas vulnérable. Son téléphone vibre. Elle décroche, agacée. L'appel lui pèse. Réponses sèches. Pas un sourire. Pas un mot de plus que nécessaire. Elle raccroche presque aussitôt.
Un étudiant plus âgé s'approche alors. Costaud. Barbe bien taillée. Démarche assurée. Il a ce regard de mec qui pense que tout lui appartient déjà. Sans attendre, sans demander, il s'installe en face d'elle. Son plateau claque sur la table, la faisant lever les yeux de son téléphone. Elle l'a déjà jugé. D'un seul coup d'œil. Puis elle l'a classé. Comme les autres. Sans intérêt. Il lui parle. Elle regarde son tel. Lui, il la détaille. Sans la moindre gêne. Son regard descend lentement vers ses petits seins tendus sous son crop-top. Un sourire effleure ses lèvres.
Elle sait qu'il regarde. Elle sait comment il la voit. Pas comme une fille sage. Pas comme quelqu'un à séduire. Comme quelque chose à prendre. Une fille facile. Et pourtant, elle ne bouge pas. Elle ne réagit pas. Elle a déjà tout vu, tout entendu. Plus rien ne l'impressionne. Elle sait très bien ce qu'elle fait. Lui, il y voit une invitation. Son sourire s'élargit. Plus carnassier. Un loup prêt à dévorer un agneau. Il pose sa main sur sa cuisse. Ses doigts glissent sur le tissu de son jean, déjà en train de fantasmer sur ce qui se trouve dessous. Un frisson de rage me traverse. Une jalousie brutale. Son air suffisant me donne envie de lui casser la gueule.
Dès qu'elle sent ce contact, elle retire ses écouteurs d'un geste brusque. Ses yeux se plantent dans les siens avec un mépris glaçant. Elle se redresse, son corps tendu. Et soudain, elle explose. Sa voix fend l'air comme une lame. Tranchante. Sèche. Elle ne cherche pas à être discrète. Une vague de silence brutal traverse la cafétéria. Tous les regards se tournent vers elle. Les conversations meurent. Les rires s'étouffent. Mais elle s'en tape.
Le type retire sa main. Son sourire a disparu. Son regard se baisse, incapable de soutenir le sien. Ses épaules s'affaissent. Il tente de bredouiller quelque chose, mais elle ne lui laisse aucune chance de se rattraper. Elle se lève avec une assurance froide. La tête haute, le dos bien droit. Elle prend son plateau et ajuste son haut. Sans le vouloir, ça attire encore une fois tous les regards sur elle. Ses seins se soulèvent légèrement et c'est suffisant pour que la moitié des gars dans la cafèt' bavent en la regardant.
Sans s'en soucier, elle se met à traverser la cafétéria. Les conversations s'effacent à son passage. Les fourchettes se figent. Elle avance. À chaque pas, ses hanches se balancent lentement. Un mouvement fluide, aussi dangereux qu'hypnotique, comme une coulée de lave. Même ceux qui faisaient mine de l'ignorer se retournent pour se rincer l'œil, incapables de résister. Malgré tout ça, elle réussit encore à garder le pouvoir. Elle règne et impose une tyrannie de la beauté. Cette traversée, c'est un défilé. Un rappel à tous les mecs dans la salle qu'ils n'auront jamais la chance de la toucher.
Et puis, sans ralentir, sans hésiter, ses pas la conduisent droit vers ma table. Mon cœur s'accélère. Elle arrive au niveau de Léonie et pose son plateau. Le fracas fait sursauter Caroline. Elle s'assied, s'impose sans permission, sans regarder personne. Tout le monde la regarde, sans trop savoir quoi dire. Puis vient son parfum. Un mélange de jasmin et de vanille. Le genre qui rappelle constamment sa présence. Elle fait régner une atmosphère irrespirable autour de la table. D'un coup, dans la lourdeur du silence qu'elle a imposé, tout tourne autour d'elle désormais. Et je sens déjà que ça va mal finir.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Fin du livre
Vous avez atteint la fin de ce livre.
Une suite est prévue prochainement. Restez à l'affût !

Commentaires ()

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à en laisser un !

Histoires similaires

✦ Master_of_Words Une rentrée sur les chapeaux de roue XSTORY
Une rentrée sur les chapeaux de roue
Chapitre unique
Par Master_of_Words
116
1
11.1k
Hétéro
✦ Exire Amour et sexualité: l'apprentissage d'un Apollon XSTORY
Amour et sexualité: l'apprentissage d'un Apollon
Chapitre 2
Par Exire
59
2
3.3k
Hétéro
✦ Bimbo Aurora Transformer en soumise exhibitionniste XSTORY
Transformer en soumise exhibitionniste
Chapitre 8
Par Bimbo Aurora
0
0
8
Lesbiennes
✦ ballhin Julie et Mariam XSTORY
Julie et Mariam
Chapitre 1
Par ballhin
96
3
16.3k
Lesbiennes
✦ Theau2 Étudiant Indifférent : Une Leçon Torride XSTORY
Étudiant Indifférent : Une Leçon Torride
Chapitre unique
Par Theau2
128
2
6.3k
Hétéro
✦ Nkari Le club des nymphes XSTORY
Le club des nymphes
Chapitre 1
Par Nkari
281
8
34.4k
Hétéro
✦ ambusy259 Son personnage principal XSTORY
Son personnage principal
Chapitre 1
Par ambusy259
28
0
3.2k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio