Rencontre au sommet
Chapitre 1
00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
✦ Doogy Woogy Rencontre au sommet XSTORY
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Rencontre au sommet — Chapitre 1

11 minutes
5.4k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de Doogy Woogy
Doogy Woogy
Histoires publiées
93
Abonnés
282
J'aime cumulés
14.4k

Rencontre au sommet

Chapitre 1

Chrystèle et moi sommes des amis de trente ans, et même un peu plus. Des vrais. Nous nous sommes rencontrés au lycée. Même s'il y a eu quelques tentatives de flirts, nous ne sommes jamais vraiment sortis ensemble. Pourtant nos parents ne semblaient pas envisager la chose d'un mauvais œil. Pour ce qui est des miens, en tout cas, c'est sûr. Ayant toujours été très bien reçu par ses parents, on peut – sans trop risquer de dire une connerie – penser qu'il en était de même pour les siens.
Nous ne sommes jamais sortis ensemble certainement parce que nous étions très proches et pas décidés à risquer de nous perdre si l'aventure avait tourné mal. Pour moi, Chrystèle était, et est toujours, ma sœur jumelle et mon meilleur pote. J'utilise le masculin pour qu'il n'y ait aucune ambigüité. Il se passe souvent plusieurs mois – il est même arrivé que cela dépasse une année – mais lorsque nous nous retrouvons et nous embrassons, nos lèvres se rencontrent, juste parce que nous sommes intensément heureux d'être à nouveau ensemble.
Elle se maria ; je fus le témoin, ou pas – je ne me rappelle plus – mais j'aurais pu l'être. Nous habitions Saint-Etienne (enfin, moi, juste à côté) et peu après elle partit à Grenoble. Les rencontres s'espacèrent, d'autant plus que trois ans plus tard je partis vivre en banlieue parisienne – Villejuif, pour être précis – mais le contact ne s'interrompit pas pour autant.
De mon côté, j'avais démarré une décennie qui s'avèrerait marquante pour moi. J'allais en Irlande au moins une fois par an, le plus souvent pour les fêtes de fin d'année. J'y ai engrangé une quantité phénoménale de souvenirs plus incroyables les uns que les autres. J'allais toujours dans le même patelin où, par la force des choses, je m'étais fait des amis. Il s'y passait toujours quelque chose. La preuve : je lui avais envoyé de mon paradis irlandais une lettre d'une douzaine de pages. Il faut dire que cette année-là, j'en avais vécu des choses dans le pub que je fréquentais en soirée. Et vu la latitude, les soirs commencent plus tôt que chez nous…
Ce furent certainement les années où nous nous sommes le moins vus, d'autant plus qu'elle tomba enceinte. Oui, tomber. Je n'imaginais pas qu'on puisse faire autrement que tomber enceinte. Malgré une lettre où je lui répondis que j'étais très déçu de son comportement, le lien resta intact.
C'est juste avant Noël que j'avais reçu la lettre où elle m'annonçait être enceinte. Je m'en souviens car j'avais déclaré quelques années plus tôt une étrange maladie – une allergie à Noël – et cette année-là, exceptionnellement, je ne me dirigeai pas vers l'Irlande pour échapper aux festivités tant détestées. Pour marquer le coup (je n'allais tout de même pas me laisser abattre par l'adversité) j'avais décidé, le 24 au soir, d'aller manger chez Mc Do, moi qui n'y foutais jamais les pieds et encore moins l'estomac. Hélas pour mon stratagème, M. Mc Do ferma plus tôt ce soir-là. Je me rabattis sur une part de pizza achetée sur un bout de trottoir en guise de repas festif, suivi d'une séance de ciné. J'avais jeté mon dévolu sur Entretien avec un vampire, ce qui collait parfaitement avec l'esprit de Noël selon Saint-Claude. J'en profite pour dire que mon prénom est Claude, pas Doogy, des fois que vous pensiez que Claude est un pseudo.
Mais revenons à nos moutons. Ou plutôt à Chrystèle, qui a d'ailleurs les cheveux aussi bouclés qu'un mouton. Animal qu'on trouve en pagaille en Irlande, soit dit en passant…Vous avez noté la boucle ?
Après une première fille, ma sœur jumelle en eut une seconde, et bien avant que la première soit en seconde. Elle déménagea ensuite à Annecy où je lui rendais souvent visite, surtout après être revenu dans ma région natale. Après moult péripéties que je passe sous silence car sans aucun intérêt ici, sans quoi le prologue de cette histoire nécessiterait cent-vingt chapitres, je finis un jour par me marier. La boulette ! Ce n'était pas faute d'avoir résisté. D'ailleurs, on aurait pu me décerner une médaille pour mes efforts, tant je rusais pour échapper aux cordes que tentèrent de me mettre autour du cou quelques personnes malintentionnées.
Nous étions si fusionnels tous les deux que lorsqu'elle divorça, je divorça aussi – petit clin d'œil aux validateurs : je sais bien que c'est divorçai, mais je trouve que ça sonne bien à cet endroit et que cela ajoute même un effet dramatique, que je casse aussitôt en faisant cet aparté – dans les mois qui suivirent. Nous passions alors notre temps à nous appeler et à nous soutenir par téléphones interposés.
Alors que je n'étais que dans les balbutiements de la zone de turbulences et encore en couple (mais avec une bonne dose de plomb dans le croupion), je croisai Marc lors d'un concert d'Alanis Morissette à Lyon. Tout comme Chrystèle, j'avais fait la connaissance de Marc au lycée. Nous avions tous les trois d'excellents souvenirs ensemble, notamment le concert mythique du Boss à Saint-Etienne, la veille du rattrapage du bac. Autant dire que je ne suis pas arrivé frais à l'examen le lendemain. Sans beaucoup de voix non plus, mais ça forge des amitiés.
C'est ainsi que le duo d'anciens combattants devint un trio. And then they were three, mais dans le sens inverse – comprenne qui pourra !
Chaque année depuis nos divorces respectifs, nous essayions de faire une sortie ensemble, souvent proche du 15 août. Ça n'a rien à voir avec Marie ; un hasard du calendrier. Et c'est ce qui s'est passé en ce mois d'août 2008. Chrystèle et Gilles, son compagnon, nous invitèrent pour une sortie en montagne, avec nuit au refuge. Pas un bâtiment perdu à une altitude inatteignable pour des novices, juste une petit gîte tenu par un éleveur de chèvres en estive. Mais il fallait quand même grimper pendant une heure et demie. Ce que nous fîmes. Sous la pluie. Ah, il commençait bien, le week-end prolongé !
Outre Chrystèle, Gilles, Marc et moi, il y avait Adeline, une amie de mon amie, qui était donc mon amie, c'est mathématique ! Et nous devions retrouver au refuge une autre partie de la bande d'amis – de mon amie – donc… Eux arrivaient par un autre pan de la montagne. Nous atteignîmes le chalet les premiers, club des cinq, trempés jusqu'à la prostate : c'est dire si la pluie était pénétrante… Quel choc pour les filles d'apprendre ainsi qu'elles avaient une prostate !
Une charmante demoiselle y était déjà, et comme nous étions censés retrouver du monde dans ces lieux, je pensai qu'elle faisait partie de la bande, juste arrivée en avance sur son groupe pour une raison X ou Y (enfin, puisque c'était une fille, c'était une raison XX). Les intempéries ne nous incitant aucunement à persévérer dans les activités extérieures, la seule chose qu'il nous restait à faire consistait à essayer de se sécher, et une fois que nous ne dégoulinions plus boire un thé, un café ; enfin, de l'eau chaude pour les filles…
Nous avions entamé la discussion quand l'autre moitié (qui comptait bien plus de cinq personnes) arriva. Nouvelle séance de séchage… Le plafond – extérieur – étant bien bas, le meilleur était de se lancer dans la préparation du repas. Vu le nombre de personnes, il valait mieux s'y prendre tôt. Les choses étant posées, les blagues commencèrent à fuser. Ce fut même une véritable tournante de blagues. J'en séchai plusieurs à ce petit jeu-là.
Quand tous les ingrédients se retrouvèrent dans la marmite, tout le monde s'installa à table et la tournante de blagues continua, accompagnée de la tournante de verres. Par un instinct grégaire notoire, les derniers arrivés se retrouvèrent à une extrémité de la table – enfin, à quinze sur vingt, cela fait plus que l'extrémité – tandis que le club des cinq (nous, quoi) se retrouva à l'autre bout. Nous y voyions plus clair, et c'est ainsi que je découvris que la demoiselle qui avait devancé tout le monde ne faisait pas partie de la bande. Stupeur et châtiments ! Sans les châtiments, bien sûr.
Céline – puisque tel était son prénom – se trouvait là pour une toute autre raison. Déjà, elle n'aurait pas dû être là, ou plus, pour être précis. Elle était arrivée la veille – forcément, elle avait ainsi devancé Léonard, mais surtout toute la bande – et avait prévu de descendre dans l'après-midi en passant par le chemin de crête qui risquait, par le temps qu'il faisait, d'être frappé par la foudre. Bien sûr, vous savez tous qu'en montagne les coups de foudre, ça craint du boudin ! Elle avait donc sagement décidé d'attendre le lendemain pour effectuer sa descente. Nous l'invitâmes donc à partager notre table – plus il y a de fous, moins il y a de riz, sauf que là nous avions largement de la marge – et elle se retrouva donc tout au bout de la table, à la place du président, encadrée par Marc et moi-même. À la gauche de Marc se trouvait Adeline, et à ma droite ce devait être Chrystèle. Bref, la voilà cernée par le club des cinq.
Au fil des discussions entremêlées de blagues, au point parfois de ne plus pouvoir dissocier le sérieux de la connerie, elle nous annonça – enfin, à Marc et moi – qu'elle se mariait le lendemain. La réponse vint du fond du cœur : « N'y va pas, tu fais une grosse connerie ! », le tout entrecoupé d'éclats de rires si violents que le berger craignit que nos rires, se répercutant de roche en roche, puissent encore déclencher des avalanches l'hiver suivant.
À part Gilles qui ne s'était pas marié, sur les cinq membres du club quatre étaient divorcés, soit Marc, Chrystèle, Adeline, et votre serviteur (vous pouvez cependant vous brosser pour que je vous serve). Les deux filles étaient désolées pour Céline de nous voir, Marc et moi, en faire des caisses sur cette coïncidence qui aurait dû lui mettre la puce à l'oreille. Le reste des convives ne se gêna pas non plus pour en mettre une petite couche de plus. L'alcool aidant (et Ève), plus aucune retenue n'était possible ; nous avions lâché la bride, d'autant plus que Céline en pleurait de rire. Pour ma part, j'étais parti pour surjouer la lourdeur. Et je me débrouillais bien, à croire que j'avais beaucoup observé cette espèce appelée « le lourdaud ». Ou bien avais-je des dons naturels ? Le premier qui répond que c'est la deuxième solution…
Céline ayant décidé de partir à l'aube – et même un peu plus tôt –, je m'excusai par avance de lui ruiner sa nuit.
─ Je suis désolé, mais je ronfle comme un sonneur… Le seul moyen de m'empêcher de ronfler, c'est de me garder éveillé, lui annonçai-je avec force clins d'œil appuyés.
─ Ce n'est pas grave, j'ai des boules Quies. J'en prends toujours quand je dois dormir en refuge : il y effectivement toujours quelqu'un qui ronfle.
─ Mais non, ça ne suffira pas. Je ronfle en braille tellement je ronfle fort. Mes ronflements se transmettent sous forme d'ondes qui déforment les matelas, le sol, tout… Ça crée des petites bosses sur les surfaces au voisinage, et ces petites aspérités sont comme du braille de ronflement sur ton lit. Et ça te réveille malgré les boules.
Nous étions partis dans un spectacle burlesque et Céline devait avoir mal au ventre de se tordre de rire. Toute la soirée fut du même tonneau. Si rire équivaut à un steak, nous avions notre dose de viande pour l'année ! La cerise sur le gâteau fut d'apprendre que Céline et Chrystèle travaillaient toutes les deux au Conseil général (pas dans le même service, mais quand même…) Que de coïncidences depuis notre arrivée au chalet ! Aussi, avant de battre en retraite et de se coucher en anticipant ma fanfare de décibels, les deux collègues qui l'ignoraient échangèrent leurs numéros, se promettant de garder le contact après cette soirée qui sortait vraiment de l'ordinaire.
La veillée se termina parce qu'il ne devait plus y avoir de bières. Personne n'eut de mal à trouver le sommeil, sauf les imprudents qui m'avaient laissé m'endormir avant. Ce n'était pas faute d'avoir prévenu !
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Chapitre suivant
Chapitre 2
14 minutes
3.2k
97
10
Chapitre suivant

Commentaires ()

Passer les 9 commentaires
Photo de profil de SexFlag
SexFlag
28 mars 2022 à 05:29
Je kiffe grave ! :D
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Duchesse
Duchesse
20 mars 2022 à 00:42
Je retrouve le ton de Franck qui narre son passé à Natasha lorsqu’ici tu t’adresses à nous. C’est bien empreint d’un ton oral et toutes les blagues et apartés qui m’ont bien amusée font presque tendre le tout vers un one man show.
Du coup, je trouve que tu aurais pu pousser un peu plus le trait en étant moins littéraire, notamment en éliminant le passé simple, ou en ne gardant que quelques verbes à ce temps dans une optique comique, et effectivement, avec des phrases plus courtes pour certaines, pour être plus percutant.
C’est marrant j’ai une voix fictive de toi en tête quand tu fais l’orateur. La même que pour NetF. Je continue, j’aime bien.
Modifié 20 mars 2022 à 00:43
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Galaxie55
Galaxie55
22 janvier 2021 à 08:24
Je ne suis peut être pas légitime pour juger un texte, mais il m'a bien plu. J'ai adoré "la falaise" (tellement que je j'en ai conseillé la lecture à ma femme !) Le rythme est sympa, pas mal de blagues présentes, j'ai bien ris sur certaines ! Ma chérie ma conseillé de lire "les veilleurs" et dès que j'aurai le temps, je la dévorerai comme celle là.

Pour les critiques, certaines phrases sont trop longues, (un paragraphe entier pour certaines) mais encore là, ça n'est pas si dérangeant. Ce que j'ai trouvé lourd ce sont les apartés trop présents, qui n'apportent (pour moi) pas grand chose. J'en ai compris le but en lisant les commentaires, tu a voulus faire comme si tu nous la contais. C'est un texte qui serait bien d'écouter en audio, là tes apartés donneraient tout le peps qu'il manque généralement aux livres audio.

Merci encore pour cette lecture, continue à nous envoyer des récits de qualité peu nombreux sur le site.
Soyez respectueux
Répondre
Utilisateur supprimé
28 octobre 2018 à 23:31
D'abord sur le fait de narrer quelque chose de personnel sans que cela soit masqué par une fiction.

Vrai ou pas, un récit se base sur les mêmes techniques narratives.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Doogy Woogy
Doogy Woogy
28 octobre 2018 à 20:57
Je plaide coupable, Christine! Je voulais pour cette histoire vraie changer de style d'écriture, proche de ma manière orale de raconter. Je n'ai même pas cherché à chasser les adverbes.

Disons que c'était une expérimentation. D'abord sur le fait de narrer quelque chose de personnel sans que cela soit masqué par une fiction. Je prends note de votre avis, si je devais rédiger une autre histoire de ce tonneau. Les deux chapitres suivants de celle-ci sont déjà écrits.
Modifié 28 octobre 2018 à 21:02
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de OlivX
OlivX
27 octobre 2018 à 17:27
Très sympa, j'adore les nombreux jeux de mots et ton humour
Soyez respectueux
Répondre
Utilisateur supprimé
27 octobre 2018 à 01:28
Les nombreuses phrases longues compliquent la lecture. Celle-ci par exemple :

« Elle était arrivée la veille – forcément, elle avait ainsi devancé Léonard, mais surtout toute la bande – et avait prévu de descendre dans l’après-midi en passant par le chemin de crête qui risquait, par le temps qu’il faisait, d’être frappé par la foudre. »

Et toujours cette invasion d'adverbes...

Reste que la volonté d'écrire une histoire ambitieuse par rapport aux standards du site est louable.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de ozephirin
ozephirin
26 octobre 2018 à 22:24
Excellent, de plus humoristique, ce qui ne gâte rien, y aura-t-il une suite, je l'espère.
Soyez respectueux
Répondre

Histoires similaires

✦ Petite Chérie Au fil de l'eau XSTORY
Au fil de l'eau
Chapitre unique
Par
48
9
14.1k
Hétéro
✦ JrBob5179 Une autre XSTORY
Une autre
Chapitre 1
Par JrBob5179
139
1
14k
Lesbiennes
✦ Jane Does Les doutes légitimes XSTORY
Les doutes légitimes
Chapitre 1
Par Jane Does
48
0
6.3k
Hétéro
✦ Louis II Rencontre avec le Gang des Lyonnais XSTORY
Rencontre avec le Gang des Lyonnais
Chapitre 4
Par Louis II
30
4
2.4k
Hétéro
✦ Louis II Rencontre avec le Gang des Lyonnais XSTORY
Rencontre avec le Gang des Lyonnais
Chapitre 2
Par Louis II
44
9
3.7k
Hétéro
✦ Jane Does Les âmes mentent ! XSTORY
Les âmes mentent !
Chapitre 1
Par Jane Does
62
4
3.4k
Hétéro
✦ Poiluhds La Mariage XSTORY
La Mariage
Chapitre 3
Par Poiluhds
32
2
7.9k
Gays
✦ fournaise22 Vacances bretonnes 2020 XSTORY
Vacances bretonnes 2020
Chapitre 1
Par fournaise22
57
1
25.8k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio