Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Carol, belle et dangereuse — Chapitre 3
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Carol, belle et dangereuse
Chapitre 3
3 Une nuit dans la Grande Pomme
La clochette de la porte balança ses notes aigrelettes dans un air saturé d'odeurs de tabac froid, les regards se portèrent aussitôt sur moi, tant pis pour la discrétion. Aucune femme respectable, seule ou accompagnée, ne franchissait la porte du bar à l'angle de la 75ème rue et du quai de l'East River, encore moins une jeune fille à qui un serveur honnête aurait demandé ses papiers avant de lui servir une consommation. Peu importait, j'avais 25 ans, même si ça ne se voyait pas au premier abord.
Je repérai une demi-douzaine de brutes épaisses disséminées dans la salle crasseuse, bâties sur le modèle « tas de muscles sans cervelle ». Les hommes de main de Jojo avaient privatisé le bar. Au fait, il était passé où celui-là ? La présence imposante devant une porte dérobée me donna la réponse. Je soupirai, la bagarre semblait inévitable. Le barman essuya ses mains sur un tablier tâché de graisse, à l'image de son établissement. Les services de l'hygiène publique auraient adoré.
– Qu'est-ce que vous prenez ?
– Joseph Mariani, dit Jojo.
Évidemment, l'abruti répondit sans réfléchir.
– Connais pas.
Et les ploucs là, ils faisaient tapisserie ? La remarque tira les ours de leur hibernation, l'un d'eux s'approcha, le regard mauvais, plutôt agile pour son gabarit. La bosse sous le blouson de cuir trahissait la présence d'un flingue.
– Tu lui veux quoi à Jojo ? Il est occupé.
Un mec bien élevé m'aurait offert une bière. Tant pis.
– Pas plus près, nounours.
L'avertissement oral le stoppa net, contre toute attente. On allait peut-être éviter la bagarre en fin de compte.
– C'est une soirée privée, tire-toi.
Quel abruti de vouloir poser sa patte velue sur mon épaule, je venais de le prévenir, pourtant. Son gros nez s'écrasa sur mon poing, il s'affala lourdement, dans les vapes. Le barman en laissa échapper son torchon.
– Désolée.
Je n'allais pas laisser aux autres le temps de réagir. Le premier eut droit à un baptême de l'air gratis, sauf qu'il atterrit sur trois de ses collègues, la violence du choc les sonna. J'avais intérêt à faire vite, le type au faciès de bulldog devant la porte s'apprêtait à dégainer. Une gifle plus tard, il se tordait de douleur, la mâchoire déboitée, incapable du moindre geste. Le sixième, un jeunot facilement impressionnable, leva les mains en l'air. Il voyait trop de films, je ne portais jamais d'arme.
– C'est bon, je me rends.
– Il y a qui derrière la porte ?
– Euh... monsieur Jojo et sa copine.
Assez perdu de temps, je glissai un doigt sur la joue du jeune homme, la peau rougit au contact avant de retrouver la teinte grisâtre de la peur.
– Assieds-toi, ne bouge plus.
L'apprenti truand dont les preuves restaient à faire obéit, chancelant, inconscient du regard interloqué du barman. Ce dernier n'était pas certain de vouloir appuyer sur le bouton d'alerte sous le comptoir.
– J'éviterais de faire une connerie à ta place.
La clochette de la porte balança ses notes aigrelettes dans un air saturé d'odeurs de tabac froid, les regards se portèrent aussitôt sur moi, tant pis pour la discrétion. Aucune femme respectable, seule ou accompagnée, ne franchissait la porte du bar à l'angle de la 75ème rue et du quai de l'East River, encore moins une jeune fille à qui un serveur honnête aurait demandé ses papiers avant de lui servir une consommation. Peu importait, j'avais 25 ans, même si ça ne se voyait pas au premier abord.
Je repérai une demi-douzaine de brutes épaisses disséminées dans la salle crasseuse, bâties sur le modèle « tas de muscles sans cervelle ». Les hommes de main de Jojo avaient privatisé le bar. Au fait, il était passé où celui-là ? La présence imposante devant une porte dérobée me donna la réponse. Je soupirai, la bagarre semblait inévitable. Le barman essuya ses mains sur un tablier tâché de graisse, à l'image de son établissement. Les services de l'hygiène publique auraient adoré.
– Qu'est-ce que vous prenez ?
– Joseph Mariani, dit Jojo.
Évidemment, l'abruti répondit sans réfléchir.
– Connais pas.
Et les ploucs là, ils faisaient tapisserie ? La remarque tira les ours de leur hibernation, l'un d'eux s'approcha, le regard mauvais, plutôt agile pour son gabarit. La bosse sous le blouson de cuir trahissait la présence d'un flingue.
– Tu lui veux quoi à Jojo ? Il est occupé.
Un mec bien élevé m'aurait offert une bière. Tant pis.
– Pas plus près, nounours.
L'avertissement oral le stoppa net, contre toute attente. On allait peut-être éviter la bagarre en fin de compte.
– C'est une soirée privée, tire-toi.
Quel abruti de vouloir poser sa patte velue sur mon épaule, je venais de le prévenir, pourtant. Son gros nez s'écrasa sur mon poing, il s'affala lourdement, dans les vapes. Le barman en laissa échapper son torchon.
– Désolée.
Je n'allais pas laisser aux autres le temps de réagir. Le premier eut droit à un baptême de l'air gratis, sauf qu'il atterrit sur trois de ses collègues, la violence du choc les sonna. J'avais intérêt à faire vite, le type au faciès de bulldog devant la porte s'apprêtait à dégainer. Une gifle plus tard, il se tordait de douleur, la mâchoire déboitée, incapable du moindre geste. Le sixième, un jeunot facilement impressionnable, leva les mains en l'air. Il voyait trop de films, je ne portais jamais d'arme.
– C'est bon, je me rends.
– Il y a qui derrière la porte ?
– Euh... monsieur Jojo et sa copine.
Assez perdu de temps, je glissai un doigt sur la joue du jeune homme, la peau rougit au contact avant de retrouver la teinte grisâtre de la peur.
– Assieds-toi, ne bouge plus.
L'apprenti truand dont les preuves restaient à faire obéit, chancelant, inconscient du regard interloqué du barman. Ce dernier n'était pas certain de vouloir appuyer sur le bouton d'alerte sous le comptoir.
– J'éviterais de faire une connerie à ta place.
♀♀
La porte capitonnée du petit salon pivota sans bruit, mon entrée passa inaperçue, un vrai plaisir. Par contre, je m'apprêtais à gâcher celui de l'individu mollement affalé au dossier du canapé. Joseph Mariani, dit Jojo, appuyait sur la tête de sa maîtresse, des fois qu'elle aurait envie de le recracher à l'instant fatidique. Si le salopard avait voulu m'imposer ça, un coup de dent lui aurait passé l'envie de fourrer son engin partout.
– Eh bien mon cochon !
Alertée, la rouquine interrompit aussitôt la gâterie, certainement heureuse de mon intervention. Juste à temps, dis donc ! La queue tressauta aussitôt à l'air libre, le foutre gicla sur le pantalon de lin.
– Espèce de conne, tu pourrais faire...
En fait, c'était Mariani le couillon, il n'avait rien vu ni entendu. Je bloquai la main avant qu'elle n'atteigne sa cible.
– C'est trop facile, mon pote, tu dégueulasses ton costard des années 50 et tu veux le faire payer à cette pauvre fille. T'as pas honte !
Le mafieux se décida enfin à remarquer ma présence. Normal, la douleur au poignet lui ouvrait les yeux.
– T'es qui, toi ?
Je flattai le menton de la rouquine toujours calme, la peau laiteuse devint rouge translucide une poignée de secondes.
– Oublie-le, ce porc ne t'apportera rien de bon. Laisse-nous maintenant.
La douceur acheva d'envoûter la fille sous le charme de mes grands yeux. Si elle n'avait pas senti le sexe d'homme, je lui aurais roulé un patin. Jojo suivit la scène, interloqué, fâché de ne voir aucun renfort pointer le bout de son nez, ou de son flingue.
– Qu'est-ce que tu veux ! gronda-t-il inconscient de ne pas être en position de force la bite rabougrie à l'air. Du fric ? Combien ?
Une paire de menottes tomba près de la bouteille de whisky sur la table. Le mafieux en cavale avait la réputation de ne jamais porter d'arme, comme moi ; pourtant, je préférai le fouiller par acquis de conscience, après qu'il se fut rebraguetté.
– Tu connais la musique, Joseph Mariani. Enfile les bracelets et suis-moi sans faire d'histoire. Que je te ramène avec un bras cassé n'a aucune importance. Mais par pitié, range ton outillage avant, ça fait désordre.
Incroyable comme les hommes étaient prévisibles face à une frêle jeune femme. Jojo, son froc à peine rajusté, se redressa un peu vite, convaincu de me passer dessus sans problème. Deux doigts sur la carotide interne privèrent le cerveau d'hexogène quelques secondes, les menottes se refermèrent sans douceur sur ses poignets. Il n'avait qu'à se montrer beau joueur, ça lui aurait fait moins mal.
– Et mes droits ! C'est une arrestation illégale.
– Un avis de recherche dit le contraire. Ma licence de chasseur de prime est en règle, en plus, je suis moins gentille que les flics, alors amène-toi.
Le battant de la porte s'ouvrit sous le poids du mafieux, la vue de ses gorilles encore inconscients lui souleva le cœur, je dus le retenir par le col.
– Eh oui, le petit personnel n'est plus ce qu'il était au temps d'Al Capone. Barman, l'addition, monsieur Mariani est pressé.
– On va où ?
– District de Manhattan, le juge Morris est impatient de te voir. Maintenant, sois un bon citoyen, paie ta note sans oublier le pourboire.
Un œil sur le client, je décrochai le combiné du téléphone au bout du comptoir.
♀♀
Renseignements, filature, intervention, livraison au commissariat de police de Central Park Ouest, le tout en à peine quatre jours et autant de nuits, c'était 5000 dollars gagnés sans trop de peine, surtout pour le fisc plutôt gourmand. Robert Portmann, garant de la caution judiciaire de Joseph Mariani, pouvait dormir tranquille. Il nous servit un whisky, dont un léger coupé d'eau gazeuse pour lui. Son toubib aussi allait être soulagé par le sérieux de son patient.
– Merci Carol, vous me retirez une sacrée épine du pied.
Ouais. Sans moi dans son équipe, Bob aurait refusé d'avancer le moindre cent pour un lascar comme Mariani au tribunal de mise en accusation, 100.000 dollars de caution, c'était un putain de pari. Je me doutais que le mafieux avait manqué l'ouverture de son procès. Tous les mêmes ces chefs de gang, toujours à parler avec les mains au lieu d'utiliser leur cervelle. Enfin ! Celui-là allait répondre des crimes portés sur l'acte d'accusation devant le juge Morris.
– Vous êtes une énigme, ma chère Carol. Agée de 25 ans, vous en paraissez à peine 21, vous devez montrer votre permis de conduire pour commander de l'alcool dans un bar. Diplômée en ingénierie moléculaire au Caltech, puis en psychologie criminelle au MIT, n'importe quelle agence gouvernementale de renom vous aurait déroulé le tapis rouge. Au lieu de cela, vous optez pour une double licence de chasseur de primes et de détective privé, d'autant plus surprenant qu'aucune demande de port d'arme n'a suivi.
C'était reparti. Eh Bob ! Un peu de tenue, voyons ; quand on était marié à la même gentille femme depuis vingt-huit ans, inutile de courir après une jeunette qui ne vous laisserait pas une chemise sur le dos. Je ne parlais pas de moi, tout l'or de la Réserve fédérale n'y aurait rien changé.
– Vous êtes agaçant, Robert, je vais finir par refuser de travailler avec vous.
Portmann avait de la chance, je me montrais moins diplomate d'habitude, j'avalai le whisky d'une traite, pressée de prendre congé.
– Lena Price veut vous voir, elle a dit « À n'importe quelle heure ».
Bob ! T'aurais pu commencer par ça au lieu de me sortir ton baratin de victime du démon de midi. Bon ! J'avais intérêt à me montrer un peu diplomate.
– Vous permettez ?
Robert Portmann fit glisser le téléphone de bureau sans fil jusqu'à moi avant de me servir une nouvelle rasade dont il s'exempta. Charitable, je le remerciai de l'attention d'un hochement de tête.
– Lena ? Carol à l'appareil... Non, pas de souci... Dans une demi-heure à l'endroit habituel ?... Ça marche, à tout de suite.
La bouteille de whisky tomba dans un tiroir du bureau. Sachant que son instant en ma présence touchait à sa fin, Bob devenait moins hospitalier d'un coup. Le pauvre... ce n'était pas une question d'âge, il avait simplement un truc en trop dans le pantalon.
♀♀
La démarche souple dans ma direction me priva de répondre au sourire charmeur de la serveuse vêtue en soubrette. Du personnel à la clientèle, le Candy transpirait l'énergie sexuelle pure, les femmes y venaient en quête d'aventures, non de rencontres amicales, exceptée Lena Price. Cette dernière montrait de l'assurance pour une hétéro de 30 ans plutôt bien faite de sa personne, lâchée au milieu d'une nuée de lesbiennes affamées ; nombreuses étaient celles qui s'y laissaient prendre.
Elle s'assit sur la banquette près de moi, insensible à la réputation qu'entraînait sa présence au Candy ; l'adjointe de l'assistant du procureur aperçue dans un lieu célèbre pour son ambiance érotique, les strip-teases sur les tables, les spectacles de nu réservés à une clientèle exclusivement féminine, la presse risquait d'en faire ses choux gras dans les jours à venir. Ce n'était pas la première fois, ni la dernière, son petit ami lui faisait confiance ; quant à l'opinion de ses collègues, elle s'en moquait.
– Merci d'avoir prévenu la police, les hommes de Mariani ont été interpelés à leur sortie du bar à l'angle de la 75ème, commotionnés mais entiers.
Je savais que ça lui enlèverait une épine du pied, je lui devais bien ça. Après mon passage au MIT, quand elle avait accepté le poste au bureau du procureur de New-York, j'avais décidé de mettre mes « talents » à son service.
– De rien.
Apparemment, provoquer la jalousie de quelques unes autour de notre table amusait Lena. Au point d'envisager de tromper son fiancé avec moi ? Vibrer une nuit dans ses bras... Un violent effort de concentration m'arracha à la pensée obsédante d'une étreinte, au moins pour un temps. Elle ne m'avait pas proposé un rencard, son honnêteté l'aurait trahie au téléphone.
– Des étudiantes disparaissent, trois depuis le début du mois de décembre. Aucune demande de rançon, voici les rapports de police.
Par jeu, Lena laissa traîner ses doigts sur ma main qui venait de récupérer la clé USB sous la table ; je me sentis fondre, ou plutôt me liquéfier au niveau de l'entrejambe. Elle se reprit trot tôt à mon goût.
– Désolée. L'enquête au point mort, le mieux serait d'infiltrer l'université. J'ai pris sur moi de vous fabriquer une fausse identité au cas où vous accepteriez cette affaire.
– D'accord. New-York University ? Columbia ?
À peine remise de ses émotions, Lena laissa échapper un sourire moqueur.
– Fordham, bonne chance.
Me glisser dans la peau d'une étudiante ne posait aucun problème sur le plan moral ou physique, mais Fordham était la plus prestigieuse des universités catholiques privées, de ce fait, ultra-intégriste. Et les religions et moi, on était un peu à couteaux tirés.
– Bon ! Tant que vous n'exigez pas que je sois interne...
– Toutes les disparues l'étaient, je suis désolée.
Le haussement des sourcils fournis démontra le contraire, Lena y voyait peut-être une vengeance pour le tourment subi.
– Vous mentez mieux d'habitude. D'accord, on le fait à votre idée, mais avec mes méthodes. C'est à prendre ou à laisser.
♀♀
Seule depuis le départ de mademoiselle Price, je m'enivrais de l'ambiance érotique, l'alcool se faisait à peine sentir, l'intégralité de mes forces laissées dans la bagarre sur les docks étaient revenues, même davantage. L'heure de la détente sonnait, mais pas question d'utiliser mon pouvoir d'induction psychique pour parvenir à mes fins. De toute façon, ingénues ou expérimentées, lesbiennes ou hétéros à la recherche d'une expérience, les femmes venaient s'encanailler.
– Je peux ?
Les cheveux courts décoiffés, l'ample chemise de bucheron canadien, le jean informe couvrait à peine la moitié des fesses, la blondinette faisait trop cliché pour connaître les codes de la communauté. Plutôt mignonne, elle aurait pu être belle avec un minimum d'efforts. J'étais plutôt branchée lipstick, genre lesbienne invisible, je ne voyais pas l'intérêt d'afficher son orientation avec des fringues aussi nulles. Enfin ! Elle avait le mérite d'avoir des yeux bleus magnifiques, autant lui donner sa chance.
– Tu veux boire un verre ? me devança l'apparition.
L'intonation forcée dénonçait l'inexpérience, un pari stupide entre copines peut-être, ou une incapacité latente à concrétiser ses désirs. Parfois, des nanas en chauffaient d'autres avant de prendre les jambes à leur cou.
– Laisse tomber, c'est ma tournée. Étudiante ?
Le chèque de 5000 dollars me poussait à la générosité, je commandai deux bières à une serveuse de passage avant de jouer avec le duvet blond sur l'avant-bras de... Merde, on n'avait pas échangé nos prénoms, elle ronronnait déjà, et ce n'était pas du chiqué.
– Plus maintenant, je travaille...
Le reste de la phrase se perdit dans un soupir, ma main venait de passer du bras à la cuisse, je voulais savoir à quoi m'en tenir. Deux Brooklyn Lager atterrirent sur la table, la serveuse semblait pressée. Au sourire juste commercial, elle avait remarqué la caresse sous la table, je lui indiquai le billet de 10. Entre temps, l'ingénue commençait à jouer avec le zip de ma braguette.
– Hum ! c'est bon.
Putain oui, ça l'était, la remarque adressée à la serveuse saluait aussi l'audace de la blondinette. Elle savait que ça se passait dans cette partie de l'anatomie au moins, un bon point.
– Tu veux qu'on aille dans un endroit plus discret ?
Il suffisait d'allonger quelques billets pour profiter d'un spectacle érotique en privé, mieux valait ne pas être candide au Candy.
♀♀
La porte capitonnée à peine refermée, ma copine du moment m'embrassa à pleine bouche. Je transformai le baiser en un furieux corps-à-corps, pressée d'assouvir un désir trop longtemps ignoré. Quatre jours d'abstinence à cause de la filature, l'éternité au purgatoire devait avoir une fin. Avec quatre mains à l'œuvre, la chemise canadienne ne résista même pas pour la forme. Je m'appropriai aussitôt les seins lourds.
– Moi c'est Cheryl, gronda la fille avec un peu de retard.
Le jean et la petite culotte suivirent le mouvement, aidée par mes mains. J'en profitai pour caresser les cuisses pleines tendues, nerveuses, il n'y avait rien de plus beau que la vue d'un corps à l'abandon. Oh non, elle aussi ! Une vraie blonde en plus. C'était quoi cette lubie du tout lisse que beaucoup adoptaient ces derniers temps ?
– Ça ne va pas ?
Bon ! Cheryl n'était pas repoussante pour autant. J'investis la fente de la langue, les bras levés pour prolonger la caresse sur les seins. Elle s'appuya contre la cloison, en équilibre précaire, les mains dans ma tignasse pour m'empêcher de filer. Aucun risque, je la fouillai avec gourmandise.
La belle mit du temps à mouiller, sans doute un reliquat d'appréhension l'empêchait de se lâcher vraiment. Rêver de se faire brouter le minou par une femme était une chose, se détendre quand ça arrivait en était une autre. Elle me gratifia bientôt d'une envolée lyrique digne d'une soprano. Je n'aimais pas être dupée ; Cheryl pouvait simuler avec son mec, c'était différent quand j'étais à la manœuvre.
Je la baisai avec mes doigts, me contentant de légers coups de langue sur son clito, jusqu'à la régaler d'un plaisir sincère, beaucoup moins bruyant, bien plus gratifiant pour nous deux. J'avais une réputation à préserver.
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