Xstorien en goguette
Chapitre 1
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✦ MonsieurGentil Xstorien en goguette XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Xstorien en goguette — Chapitre 1

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MonsieurGentil
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Xstorien en goguette

Chapitre 1

— QU'EST-CE QUE C'EST QUE çA !!?
— Comment ? Demandé-je innocemment en me retournant vers mon épouse.
Elle tient sa tablette à bout de bras.
- « Fétichiste en goguette » ?? C'EST QUOI CE M*RDIER ???
Oh p*tain !! Ai-je à peine le temps de penser, c'est vrai qu'hier je lui avais emprunté sa tablette, le temps que mon portable recharge. Je m'étais connecté à mon compte messagerie, j'avais fait deux trois trucs, quelques recherches, puis j'étais passé à autre chose. J'avais complètement oublié de me déconnecter. 
Et puis voilà, elle a repris sa tablette, et quand elle a voulu ouvrir sa messagerie, est tombée sur la mienne à la place, avec en tête d'affiche des nouveaux messages, bien visible : TINDIN !! la notification de publication de mon dernier texte sur X-Story, un joli petit récit, racontant les aventures cocasses d'un amoureux des panards, qui se retrouve à déambuler dans les allées d'un centre commercial géant, rempli de boutiques de chaussures et d'autres de lingerie fine. Environ 5000 mots de poésie, avec beaucoup de poils autour, et du foutre entre les doigts. Et m*rde. Une fois déjà, j'avais failli me faire cramer sur une suggestion de recherche, mais là, difficile d'invoquer les cookies facétieux.
— C'est quoi cette m*rde ??! « MonsieurGentil », hein ? « MonsieurGentil » !! Je t'en foutrais du MonsieurGentil. C'est toi qui écris ces salop*ries !!? ces dégueulass*ries !!? Non mais, c'est notre vie que tu racontes, en plus !! La poufi*sse de ton histoire de dépanneuse, là, mais … mais … tu te rends compte que tu la fais parler comme moi !!? Ce sont mes p*tains d'expression, m*rde !!
— Mais, euh, c'est rien… (m*rde m*rde m*rde … comment me sortir de ce guêpier ??) C'est juste de la fiction !
- « De la fiction » ?? Mais c'est la pornographie, oui !!
— Noon ! mais non, c'est … ça n'a rien de sale, c'est juste … littéraire.
- « Littéraire » ??! Mais ça raconte l'histoire d'un type qui se branle dans les cabines d'essayage !! En quoi c'est littéraire ??! … Et puis le reste ?? Tout le reste du site !! C'est encore pire ! Il y a des histoires avec des chevaux et des bergers allemands !! (un temps de réflexion, horribilis cogitationis) … tu … tu n'es pas pédophile au moins ??
— Wow ! Wow ! Wow ! Mais non !! Où tu vas, là ?!! Rien à voir !!! En plus, c'est juste de la fiction, des fantasmes, non, des fantasmes de fantasmes !! ça n'a rien absolument rien de réel !! ça a plus à voir avec la déconnade qu'avec des envies !!
Je vois bien que je ne l'ai pas convaincue. Blanche comme un linge. D'habitude elle ne jure jamais, une discipline qu'elle observe depuis qu'on a les enfants. Elle tient la tablette du bout des doigts, comme si elle venait tout droit d'une cabine d'essayage. Je retente le coup, en posant bien ma voix, très calme :
— Je te redis : ça n'a rien à voir avec la réalité.
— Mais … mais comment peux-tu dire ça ??! C'est horrible c'est rempli de … de foutre, de pénis, et de viol !
— Ah ça, non ! Ça, c'est contre la charte du site !!
- … hein ?! Non mais tu te fiches de moi en plus ?
— Non, non, je suis sérieux. Ecoute, c'est comme ... comme regarder un film d'action ! ou un film de boules ! C'est qu'un exutoire.
- « Un exutoire » ?
Bon, elle commence à m'énerver à répéter tout ce que je dis.
— Oui, un exutoire. Sérieux, ça fait combien de temps qu'on n'a pas fait la chose, hein ?
— Je ne sais pas moi, je ne tiens pas de calendrier. Tout soudainement, se retrouver sur la défensive l'a calmée.
— Ben, aujourd'hui, ça va faire deux mois.
— Deux mois ? Ah, parce que toi, tu comptes ?
— Pas vraiment, mais si tu me le demandes, c'était juste avant la visite de ta sœur, donc plutôt … euh ... deux mois et demi.
— Non ! Pas deux mois et demi quand même, faut pas exagérer.
— Ben si. Y'a eu l'angine du petit, les gastros, la soirée de ta boîte, les indispositions, ma formation, l'anniversaire de ta copine Valérie, les travaux au garage, aller chez ta mère, aider au vide-grenier.
Ses grands yeux s'écarquillent sous le choc combiné de la sidération et de la réalisation.
— Oui mais enfin ... mais ça n'empêche pas … enfin … est-ce que ça veut dire ...
Elle ne dit rien - ce qui m'inquiète encore plus - considère sa tablette, puis tourne les talons, sans un mot et sans prévenir.
— Tu pourras me déconnecter, steuplaît ? Ai-je le temps de lancer à la pièce maintenant vide. Mais je n'en mène pas large. Mon cerveau mouline dans les tours, et j'essaye d'anticiper les retombées radioactives qui m'attendent.
Les jours suivants, je fais profil bas, et suis tout étonné que la routine reprenne son cours. Mais sous une chape de plomb, un plomb très lourd et très silencieux. Puis enfin, un soir où les enfants sont couchés plus tôt que d'habitude, elle aborde le sujet sans préambule :
— Ecoute, je … j'ai pris le temps … j'ai pris le temps de consulter ce site, ton site-là, davantage, et je pense avoir compris de quoi il s'agit. Non ! Ne dis rien ! Je … je … si tu veux ... on ne rajeunit pas, tu sais, alors je suis prête à faire des efforts. Je t'ai sans doute un peu négligé, j'en ai parlé à Valérie …
— Oh non !
— Laisse-moi finir ! Enfin bref, elle est d'accord pour garder les enfants le week-end prochain, mais sache bien que c'est pour toi que je le fais … enfin, pour nous quoi. Tu m'as comprise.
Et elle repart comme elle est venue, et moi je suis là, assis comme un c*n dans mon fauteuil, sans savoir de quoi on vient de parler exactement.
Le week-end arrive plus vite qu'un cheval lancé au galop. Entre le boulot et cette inexorable routine du quotidien, seules les insomnies m'ont réellement laissé le temps de réfléchir à ce qui peut bien m'attendre, sans grand succès. Nous déposons les enfants chez sa copine Valérie. Pas plus d'infos de ce côté-là, ladite copine me regarde d'un œil torve à peine plus aimable qu'une mère supérieure devant un troubadour armé d'une mandoline. Pas plus d'infos non plus de la part d'Aymeric, le mari de Valérie. Autant pour la solidarité masculine en période de crise. Toi mon pote, t'es pas prêt de revoir une finale de coupe du monde chez moi.
Nous remontons en voiture, et c'est ma femme qui conduit maintenant. Elle ne desserre toujours pas les dents. Elle s'est affublée d'un vieux trench-coat, un truc informe, kaki gris, qui lui vient de sa mère ou d'une friperie, et qu'elle ne porte qu'au jardin. Pantalon noir et chaussures plates, pas trop la tenue de sortie restau ou de clubbing. Sa conduite est saccadée, nerveuse. Je me fais violence pour ne pas la reprendre. C'est jamais le bon moment pour ça, mais là … encore moins.
Le bruit du clignotant me prend pas surprise : la sortie où elle s'engage mène vers une de ces zones industrielles en périphérie. Je redouble de surprise quand elle s'arrête au milieu de nulle part. Elle met le frein à main à l'entrée d'un chemin de halage. Dans l'habitacle, l'ambiance n'a jamais été aussi pesante. Elle respire bruyamment, souffle comme un athlète au moment d'engager sa finale. Le déclic de sa ceinture de sécurité retentit sèchement, et je la vois se tortiller dans son siège. Le temps de comprendre ce qu'elle fait, elle a fini d'ôter son pantalon et ses chaussures, ouvre sa portière et m'invite à descendre. J'obtempère, et sors, à moitié engourdi et le cerveau au ralenti. Elle enclenche la fermeture centralisée, je fais le tour de la voiture. La nuit tombe, l'heure est entre chien et loup. D'autres voitures sont stationnés sagement sous les arbres, quelques mètres plus loin. Ainsi que des camionnettes blanches sans signe distinctif, hormis les traditionnelles bougies posées sur le tableau de bord, les lumières du plus vieux métier du monde.
— Mais on est où, là ??
— On est dans dans une de tes histoires. Dans un de ces endroits dont tu parles tant.
Alors que je m'approche, je me rends compte qu'elle a troqué ses chaussures plates pour une paire de hauts talons arrogants. Et de ce que je peux voir, elle ne porte rien d'autre jusqu'au trench-coat, hormis une paire de bas sombres. De vaguement engourdi, je passe à graduellement excité. Mais pas le temps de m'attarder, déjà la voilà qui se met en route et me guide le long d'un chemin de gravier. Plusieurs fois, elle manque se casser la gueule : elle n'est pas coutumière de ce genre de chaussures. J'apprécie la vue de dos, malgré l'obscurité grandissante. Sa taille est cintrée par la ceinture du manteau, dont le bas forme comme une corolle ou un jupon, qui se soulève au rythme de ses pas, dévoilant toutes ses cuisses, jusqu'au liseré de ses bas.
La voilà qui ralentit, et se met à marcher prudemment, excessivement prudemment. C'en est cocasse, on dirait un ninja maladroit qui s'essayerait aux hauts talons. A mon énième question sans réponse, elle me fait signe de garder le silence. Autour de nous, le bruit de l'eau, qui se superpose à celui de la circulation lointaine. Plus près, rien d'autre que le bruissement des feuilles dans l'air du soir, et quelques animaux nocturnes qui hululent, glapissent, gémissent, grognent … ??? Mais aussi des ahanements et des claquements sortis tout droit de mes sites vidéos préférés.
— P*tain, mais c'est quoi cet endroit ??! chuchoté-je.
— Je me suis renseignée, figure-toi. C'est un coin à putes, à exhib' et à voyeurs. Viens, approchons-nous !!
Evidemment, j'avais vite compris le genre d'endroit où nous nous trouvions. La question était en fait purement rhétorique. Des collègues en avaient parlé à la cafette, tout le monde semblant connaître le coin de réputation, untel racontant l'anecdote d'un pêcheur pris pour un client, un autre enchaînant avec quasiment la même histoire mais cette fois avec un joggeur. Il n'empêche qu'il y a un gouffre entre en rigoler autour d'un café – touillette, inventer des histoires en noir et blanc, et entendre de tels mots sortir de la bouche qui embrasse vos enfants tous les jours, pour paraphraser De Niro, au milieu des bois, la nuit.
Je ne la reconnais plus avec son faux air de dernier des Mohicans sur la piste des méchants Hurons. La voilà à présent à moitié accroupie derrière un buisson. Elle m'indique par signes une table de pique-nique un peu plus loin, autour de laquelle des silhouettes indistinctes s'affairent joyeusement. L'image a beau être de mauvaise qualité, la bande-son fait la part belle à l'action. Wahou, mais ils sont combien ?? Nous sommes complètement silencieux tous les deux. J'essaye de la distinguer dans la pénombre, de déchiffrer l'expression de son visage. Ces dernières heures, je ne la reconnais plus. La situation est complètement hors sol, hors norme, ... enfin, elle l'est pour moi en tout cas. Elle rompt le silence :
— C'est ça que tu voulais voir ?!
— Quoi ?! Mais non, enfin !
— C'est ça qui t'excite ?!
— Mais non, mais …
Mes yeux se sont accoutumés à la lumière presque inexistante. J'ai la surprise de la voir un peu déçue. Elle tend la main vers mon entrejambe, quêtant quelque excitation cachée. Que dalle. J'en suis tout aussi étonné qu'elle, mais c'est le calme plat, excitation zéro, libido point mort. La faute à la surprise, la déstabilisation peut-être, je .. je ne savais pas à quoi m'attendre, et surtout pas à ça, cette petite expédition nocturne dans les buissons frivoles de l'agglomération, pour ne pas dire « la zone ». Puis je percute enfin, aidé par ces quinze ans de vie commune à la rescousse : elle, elle est super excitée ! J'en suis sûr ! Comme une folle. Cette fois c'est ma main qui part s'enquérir d'une réponse muette : ma femme ne me cache rien, elle laisse volontiers mes doigts s'aventurer entre deux cuisses brûlantes, au fond desquelles dégouline la réponse recherchée. Mes doigts insistent, appuient. Son bassin vient frotter de tout son poids, son visage fait penser à quelques agonie lente et interminable. Brusquement, elle me repousse :
— Non pas ici ! Viens, on va chercher un autre endroit un peu plus loin.
Des bruissements, des murmures étouffés et des pas dans le noir : la table de pique-nique a été désertée. Elle me tire par la manche :
— Viens ! la place est libre !
— Quoi ??!!
Elle marche tête baissée, comme sous la pluie, mais je l'ai rarement vue aussi déterminée. Elle aurait pu se péter la gueule, à foncer ainsi dans le noir. Elle stoppe d'un coup devant la table, pivote vers moi, m'attire des deux mains et me frenche avec brusquerie. Je me laisse complètement aller, et profite du moment présent sans plus me poser de questions. Elle m'a rarement embrassé aussi passionnément, surtout ces derniers temps – pour ne pas dire ces dernières années ! Elle y a mis tout son souffle, et respire maintenant par à-coups, ses yeux sont enfiévrés, brillants. Ses mains crochètent nerveusement le nœud de sa ceinture, avant de la retirer complètement.
Involontairement, je guette le bruit d'éventuels spectateurs, mais je les oublie aussitôt : elle a ouvert les pans de sa veste, révélant un bustier noir en dentelle, un porte-jarretelle taille haute, des bas noirs et rien d'autre. Absolument rien d'autre. La presque surprise me cloue sur place, avec la pointe dépassant d'une bonne quinzaine de centimètres de ma braguette, braguette qu'elle a dézippée sans que je m'en aperçoive. On se colle l'un à l'autre comme deux aimants trop proches, mes mains remontent dans son dos, reviennent rapidement devant, paument et malaxent tout ce qui s'y trouve. La chaleur de sa peau contraste de manière saisissante avec la fraîcheur de la nuit. Nous nous embrassons comme des cannibales, des lèvres au cou, puis aux lèvres à nouveau. Je me saisis de son cul pour mieux l'approcher à moi et lui plonger ma pine qui ne pense qu'à l'empaler. Elle ondule, et se frotte à moi. Le désir pulse par vagues, je ne me contiens plus, et au moment culminant, alors que je m'apprête enfin à défoncer sa chatte brûlante et dégoulinante, elle se défait de mon étreinte pour me tourner le dos. Pose un escarpin sur le banc, les deux mains sur le plateau de la table, et met le feu aux poudres d'un regard lubrique par-dessus son épaule. Pour toute réponse, je la pénètre sans délicatesse, clouant au fond de son con toute la frustration de ces dernières minutes, avec un ahanement de bûcheron en guise de mot d'amour. Elle pousse un cri d'animal blessé qui me réjouit, et je la pilonne derechef. Il me semble entendre des bruissements autour de nous, mais je n'en ai rien à foutre. Le pantalon sur les chevilles, je suis en train de fourrager cette bonne grosse chienne, claquant mes couilles sur sa peau transpirante de mouille. D'ailleurs je lui colle une claque bien sèche sur la fesse, elle glapit, la deuxième puis la troisième, plus fortes, la font gueuler et ruer du cul. Mon plaisir, l'éjaculation, est insupportablement rapide à venir, mais impossible d'arrêter l'orgasme qui monte depuis mon scrotum, semble rétracter mes couilles, monte encore, puis explose.
Elle, elle poursuit ses mouvements de bassin, continuant à pousser des gémissements appuyés, exagérés. Bien après ma débandade, elle continue à écraser son pubis contre le mien, m'inondant de sa cramouille. Enfin elle s'arrête, se retourne vers moi, comme ankylosée, mais avec un visage apaisé d'où toute ride de souci a disparu. Un visage que je n'avais pas contemplé ainsi depuis des années, et dont je me repais alors qu'elle se passe les mains dans les cheveux.
Autour de nous, les voyeurs font un peu de bruit, on distingue vaguement des silhouettes ici et là, et quelques branlettes simili-silencieuses.
Nous nous rhabillons à peu près, retraversons des fourrés, avant de retrouver le chemin qui mène à la voiture. Désormais sans nous soucier de faire du bruit ou non, d'une démarche décontractée, celle qu'on a à la sortie d'une bonne séance de cinéma.
Le temps que nous retournions au parking, les températures ont encore chuté. Elle s'emmitoufle du mieux qu'elle peut dans son manteau peu épais. On s'embrasse contre la portière, avec beaucoup de langue. Petit moment de panique au moment de retrouver la clef de contact égarée dans une des poches, échange de sourires complices.
D'un coup son visage se fige. Les phares d'un des véhicules stationnés à proximité clignotent, au moment où ses occupants, deux silhouettes masculines, s'en approchent, s'apprêtant à remonter en voiture. "Bonsoir !" nous lancent-ils. Un bonsoir poli, un peu expectatif sans doute. "Bonsoir." réponds-je tout aussi poliment. On entend à peine le "bonsoir" chuchoté par ma femme. Coup de menton interrogatif à ma chérie. Yeux écarquillés en réponse, doublés d'un « non non non » silencieux de la tête.
— Tu es sûre ? A voix basse.
— Non ! Non ! ... Non.
Il me semble que sa dernière dénégation est moins catégorique, mais elle s'installe au volant et claque la portière avant que je puisse creuser davantage. Je fais le tour, ouvre, m'assieds sur l'autre siège avant. La lumière du plafonnier m'a brièvement révélé son expression enfiévrée.
— Tu ... Tu aurais voulu que j'aille avec ces hommes ?
— Je crois que ça ne marche pas comme ça. Ce serait plutôt : et toi ? Toi. Tu aurais voulu aller avec ces deux hommes ?
— Je … je ne sais pas...
— Si je te l'avais proposé à haute voix, tu aurais accepté ?
— Non, je ne crois pas
— Alors, si je t'avais proposé d'y aller, tu aurais refusé ?
- ... Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas.
- ...
Un échange à peine sibyllin, puis nous faisons silence une bonne partie du trajet, bercés par la chaleur du chauffage et le ronronnement du moteur. Je vagabonde du ciboulot, et repense à ce proverbe, ou bien est-ce une situation : « Le secret du bonheur conjugal : traite-la comme une reine, baise-la comme une pute ».
— Hey, dis donc, tu ne trouves pas que ta femme, là, c'est vraiment Madame Gentille ?
— Nan. Tu es Madame Super Gentille.
— Tu ne m'as même pas dit merci pour ma surprise ! T'es vraiment un bel ingrat !
Un sourire de chatte repue, et un nouveau silence confortable.
Plusieurs kilomètres plus tard, les pneus font crisser les petits cailloux de notre allée.
— Pour ces deux hommes … commence-t-elle.
— Oui ?
— Tu penses qu'on pourrait essayer de tirer ça au clair, une prochaine fois ?
— Épilogue -
Le surlendemain. La voix de ma femme résonne dans la cage d'escalier. Comme d'habitude, toute à sa conversation quand elle est au téléphone à la maison, elle en oublie la portée de sa voix. D'après les bribes qui me parviennent, je comprends rapidement qu'elle est avec sa copine, à qui elle fait un compte-rendu détaillé de notre folle soirée. Je tends l'oreille en toute indiscrétion ... ... je suis rassuré, ce qu'elle raconte confirme qu'elle a plus qu'apprécié l'expérience ... ... et zut, sa voix s'atténue, elle a dû changer de pièce. Bon, je retourne vaquer à mes occupations.
Ce soir-là, on se regarde une comédie familiale avec les enfants. On les couche chacun de notre côté, avant de nous retrouver en même temps dans la salle de bains. Quinze ans de mariage donc, elle pisse sans pudeur devant moi. S'essuie. Et innocemment, bien sûr au moment où j'ai la bouche pleine de dentifrice, me dit d'une voix à qui on donnerait le bon dieu sans confession :
— Au fait, j'ai parlé de notre petite soirée avec Valérie.
— Hun hun ? (quel magnifique jeu d'acteur, je mérite un oscar!!)
— Ça l'a vachement intéressée. Elle se demande si elle ne va pas faire le même genre de surprise à Aymeric !
À la pensée de la grosse Valérie se faisant troncher en public, une petite érection vespérale vient s'inviter parmi nous.
— Hun huunnn ! répond mon dentifrice à nouveau.
Elle se toilette silencieusement, m'abandonnant presque à mes réflexions, avant de rompre le silence une seconde fois :
— Et tu sais comment elle est, Valérie, toujours à tourner autour du pot ...
— Hun ?
- … mais … si je ne me trompe pas ... de ce que je pense en avoir lu entre les lignes en tout cas ... ça ne m'étonnerait pas qu'un de ces quatre, elle nous invite, pour une soirée sans les enfants, entre adultes.
Disant cela, elle me fixe, avec dans les yeux une nonchalance aussi fausse qu'appuyée.
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MonsieurGentil
18 février 2023 à 11:11
Merci beaucoup Monsieur Plume, j'aime beaucoup tes histoires.
Pour l'anecdote ici :
- cette histoire est un "coup de bol", elle s'est écrite toute seule en 48h.
- je me suis rendu compte en cours de route que je n'avais pas décrit les protagonistes (presque aucune description physique, pas de prénom sauf les personnages secondaires, ...), Du coup ça doit alléger le récit.
Merci encore pour vos retours à toutes et tous !
Soyez respectueux
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Monsieur Plume
16 février 2023 à 12:49
J'adore !
De la scène de ménage très réaliste du début (je me suis déjà demandé ce qui se passerait si un proche tombait par hasard sur une de mes histoires...) au fantasme dont la réalisation peine un peu à atteindre l'excitation imaginée, je me suis laissé prendre par ce texte.
Soyez respectueux
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