Fiction
Trans & QIA+
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Nuit androgyne — Chapitre 1 · Camille
Auteur
Nuit androgyne
Chapitre 1 · Camille
Benoît, un ami d'enfance, m'a invité à sa fête d'anniversaire. Je ne connais pas grand monde à part sa copine qu'il fréquente depuis le lycée et deux autres amis. La plupart des autres invités sont des collègues à lui. J'en reconnais la plupart pour les avoir déjà croisés à son précédent anniversaire ou lors des barbecues qu'il organise chez lui l'été.
Comme chaque année, je passe la soirée à boire avec les deux autres amis, et nous commentons la soirée, la musique, le buffet, les invités… Cela fait seulement quelques années que nous ne sommes plus étudiants, et nous constatons en rigolant que les soirées ont pas mal évolué. L'alcool est de meilleure qualité, mais toujours en aussi grande quantité. Le buffet est d'un tout autre genre, bien plus travaillé que les paquets de chips et de cacahuètes qui étaient notre seule source de nourriture. La musique aussi n'est plus la même, beaucoup plus rock qu'à l'époque des soirées étudiantes où l'électro et la techno avaient la part belle.
Les relations entre les invités ont pas mal changé aussi. On parle boulot au lieu de parler partiels, on danse moins, on n'essaie moins de se choper, la plupart étant déjà en couple. Mais de fait on repère plus vite les célibataires, qui eux cherchent toujours à draguer les autres célibataires. Je fais partie de ceux-là, même si ça fait bien longtemps que j'ai compris que je ne trouverai pas mon âme sœur dans une soirée chez Benoît.
Tout en sirotant une énième bière sur le canapé, je remarque une personne que je n'avais encore jamais croisée chez Benoît. Elle a l'air plus jeune que la majorité des invités. Elle est intégrée à un groupe debout à côté du buffet, mais ne semble pas prendre part à la discussion. Elle a l'air un peu seule malgré le monde autour.
Je scrute cette personne inconnue à distance, laissant mes deux amis continuer à commenter la soirée.
À première vue, impossible de savoir s'il s'agit d'un homme ou d'une femme. Les cheveux châtains et courts, le visage glabre avec un menton triangulaire, mon cerveau entre en dissonance cognitive et cherche un signe qui trahirait le genre de cet invité.
Je m'attarde sur son corps, à la recherche de formes. L'absence de poitrine et ses fesses lisses ne donnent pas beaucoup d'indices et laissent plutôt penser à un jeune homme. Idem pour sa tenue : des baskets blanches, un pantalon de velours qui arrive au-dessus des chevilles et serré par une ceinture à la taille. Son t-shirt blanc, rentré dans le pantalon, n'aide pas non plus à se faire une idée.
— Vous savez qui c'est ? je demande à mes deux compères en les tirant de leur discussion.
— Qui ça ?
— La personne là-bas en t-shirt blanc. C'est la première fois qu'on la voit, non ?
— Euh ouais, elle ne me dit rien. Jamais vue avant.
— Moi non plus, ajoute le deuxième ami.
— Demande à Benoît qui c'est si tu veux, c'est peut-être un nouveau collègue.
— Je vais faire ça, dis-je en me levant du canapé.
— Qui ça ?
— La personne là-bas en t-shirt blanc. C'est la première fois qu'on la voit, non ?
— Euh ouais, elle ne me dit rien. Jamais vue avant.
— Moi non plus, ajoute le deuxième ami.
— Demande à Benoît qui c'est si tu veux, c'est peut-être un nouveau collègue.
— Je vais faire ça, dis-je en me levant du canapé.
Avant d'aller vers Benoît, je me rapproche d'abord de cet inconnu en prétextant vouloir attraper un petit four sur le buffet.
En m'approchant, je distingue mieux les détails de son visage qui m'avaient échappé depuis le canapé. L'inconnu a effectivement un visage lisse, des yeux noirs en amande avec de longs cils magnifiques. Sa petite bouche est entourée de lèvres attirantes. Malgré l'absence de rouge à lèvres, tout laisse à penser que l'inconnu est une inconnue, contrairement à la première idée que je m'étais faite.
J'arrive au niveau de Benoît, mon petit four dans la main, et j'attends qu'il termine une discussion pour pouvoir lui parler discrètement.
— Hey Benoît, c'est qui la personne là-bas en t-shirt blanc ?
— Ah c'est Camille, c'est sa première semaine de stage de fin d'études au bureau donc je l'ai invité·e pour qu'iel fasse plus connaissance avec les collègues. En plus iel ne connaît personne dans cette ville et iel habite pas loin d'ici.
— Iel ? je demande, interrogé par cette formulation.
— Oui, me dit Benoît en s'approchant de moi pour commencer à chuchoter. En vrai, personne au bureau n'a compris si c'était un homme ou une femme, à cause du prénom et de… enfin tu vois, on ne peut pas savoir en le ou la regardant. On est un peu tous gênés au bureau parce que personne n'a osé lui demander pour ne pas créer de problème, et plus le temps avance, plus ça devient gênant.
— Personne ne l'a vu aller aux toilettes ?
— Non iel n'y va jamais au bureau. Et du coup pour ne pas se tromper on utilise toujours des phrases qui nous évitent de devoir parler de lui ou elle ou d'accorder un adjectif. Et comme iel est encore timide et ne parle pas beaucoup, on n'arrive pas à se décider si c'est un homme ou une femme donc entre nous on dit “iel”.
— Ok. C'est vrai que depuis tout à l'heure j'essaie de comprendre et je n'arrive pas à me décider.
— Ah c'est Camille, c'est sa première semaine de stage de fin d'études au bureau donc je l'ai invité·e pour qu'iel fasse plus connaissance avec les collègues. En plus iel ne connaît personne dans cette ville et iel habite pas loin d'ici.
— Iel ? je demande, interrogé par cette formulation.
— Oui, me dit Benoît en s'approchant de moi pour commencer à chuchoter. En vrai, personne au bureau n'a compris si c'était un homme ou une femme, à cause du prénom et de… enfin tu vois, on ne peut pas savoir en le ou la regardant. On est un peu tous gênés au bureau parce que personne n'a osé lui demander pour ne pas créer de problème, et plus le temps avance, plus ça devient gênant.
— Personne ne l'a vu aller aux toilettes ?
— Non iel n'y va jamais au bureau. Et du coup pour ne pas se tromper on utilise toujours des phrases qui nous évitent de devoir parler de lui ou elle ou d'accorder un adjectif. Et comme iel est encore timide et ne parle pas beaucoup, on n'arrive pas à se décider si c'est un homme ou une femme donc entre nous on dit “iel”.
— Ok. C'est vrai que depuis tout à l'heure j'essaie de comprendre et je n'arrive pas à me décider.
Je mets fin à la discussion précipitamment car je sens que je commence à rougir et que ma bite gonfle dans mon pantalon. Je prétexte un passage urgent aux toilettes pour m'enfermer dans la salle de bain.
Je me regarde dans le miroir, et j'ai du mal à me reconnaître. Mon visage est rouge, mes yeux brillants, et je commence à sentir mon ventre se nouer. Ce ou cette Camille me fait de l'effet, et j'ai l'impression que mes sensations sont décuplées du fait de ne pas savoir si c'est un homme ou une femme. Je suis pourtant hétérosexuel. En tout cas je n'ai jamais ressenti d'attirance pour un homme. Mais cette personne androgyne me fait de l'effet, et j'ai envie d'en découvrir plus.
Je prends mon courage à deux mains et je ressors de la salle de bain. Mes yeux cherchent désespérément Camille dans la foule, en vain.
— Pardon, j'ai besoin d'aller aux toilettes.
Camille est juste en face de moi. Je fonds en voyant son visage de près qui me fixe avec ses petits yeux en amande. Je bégaie tout en laissant passer Camille qui s'enferme dans les toilettes.
Je retourne hébété vers le buffet pour me servir un nouveau petit four et une nouvelle bière. “Ça me donnera du courage”, je me dis à moi-même.
Quand Camille sort des toilettes cinq minutes plus tard, je m'empresse d'aller à sa rencontre pour débuter une discussion.
Je me présente comme un ami de longue date de Benoît, puis Camille se présente à son tour. Iel est en stage de fin d'études de commerce et vient tout juste de commencer son stage dans la boîte de Benoît. J'essaye dans la discussion d'en savoir plus sur lui ou elle, mais iel est si fort·e qu'iel arrive à ne laisser aucun indice. Ou alors c'est que je ne fais pas suffisamment attention tellement je suis absorbé par son regard.
Le courant passe bien entre nous deux et je sens Camille plus détendu·e et à l'aise que dans la discussion qu'iel avait tout à l'heure avec ses autres collègues.
Je ne m'en rends pas compte tout de suite, mais je commence à draguer Camille. Iel me le fait remarquer en rigolant, mais cela n'a pas l'air de gêner puisqu'iel continue de discuter avec moi, tout en répondant positivement à mes avances qui sont de moins en moins subtiles. Nous nous isolons petit à petit dans un coin du salon pour ne pas être dérangés dans notre discussion. Au bout d'une heure j'ai l'impression qu'on se connaît depuis des années.
J'aperçois mes amis toujours vautrés dans le canapé qui me font des clins d'œil et des signes explicites pour me dire qu'ils ont bien vu que j'étais en train de choper Camille et que ça marchait.
Un peu plus tard, alors que certains invités commencent à partir, Camille me propose d'aller à son appartement qui est juste à côté dans la même rue. Je comprends que j'ai réussi mon coup et que Camille a probablement envie iel aussi d'aller plus loin dans notre relation naissante.
Un peu plus tard, alors que certains invités commencent à partir, Camille me propose d'aller à son appartement qui est juste à côté dans la même rue. Je comprends que j'ai réussi mon coup et que Camille a probablement envie iel aussi d'aller plus loin dans notre relation naissante.
Iel va saluer Benoît et ses autres collègues avant de partir, et je fais de même en allant saluer mes amis.
— Alors c'est bon c'est conclu ? me lance le premier avec un clin d'œil forceur.
— On dirait bien, on va dans son appart à côté.
— Mais c'est une meuf du coup ? me demande le deuxième.
— J'en sais rien encore. Mais je ne sais pas ce qui m'arrive, je me sens attiré.
— Donc ça se trouve tu as dragué un mec toute la soirée.
— On verra bien tout à l'heure. Allez, je file !
— On dirait bien, on va dans son appart à côté.
— Mais c'est une meuf du coup ? me demande le deuxième.
— J'en sais rien encore. Mais je ne sais pas ce qui m'arrive, je me sens attiré.
— Donc ça se trouve tu as dragué un mec toute la soirée.
— On verra bien tout à l'heure. Allez, je file !
Je leur fais un signe de la main en partant rapidement pour éviter un interrogatoire trop long. Camille m'attend près de la porte, prêt·e à partir.
Une fois dans la rue, Camille m'attrape la main pour me guider vers son appartement. La fraîcheur du soir et le silence de la rue m'aident à remettre quelques idées en place. Je n'ai toujours pas la moindre idée du sexe de Camille et pourtant j'ai des papillons dans le ventre et le cœur qui bat de plus en plus vite. Je vais découvrir dans quelques minutes si j'ai passé la soirée à draguer un homme ou une femme, et pourtant, cela ne me dérange pas.
Nous arrivons rapidement dans le studio de Camille sans avoir échangé un seul mot sur le trajet. La porte est à peine refermée et nos manteaux jetés sur le porte-manteau que Camille m'entraîne vers son canapé.
Iel m'enlace sans crier gare, et ses mains parcourent déjà mon dos. Ses lèvres viennent se coller aux miennes et nous échangeons un premier baiser. Je sens mon sexe durcir instantanément dans mon caleçon.
À mon tour, je commence à caresser son corps. Mes mains glissent sur ses hanches, toujours en cherchant à comprendre à qui j'ai affaire.
Puis vient le moment où les mains de Camille s'approchent dangereusement de mon pantalon gonflé. Je laisse tomber mes mains vers ses fesses avant de les faire glisser vers l'avant de son pantalon. Une fois ma main entre ses jambes, je sais enfin.
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Commentaires ()
J’aime bien cette ambiguïté qui plane sur l’identité de ce personnage tout au long du chapitre. C’est presque dommage de savoir. Mais quoi qu’il en soit je lirai la suite avec intérêt.
Votre héros est face à un dilemme… Camille est un prénom mixte et tous ses amis parle de Camille en disant « IEL »
Mais iel a du charme … iel est séduisant.e
Il se demande s’il doit rester bloquer sur son éducation judéo-chrétienne « un homme avec une femme » ou dépasser ce vieux cliché !!!
Il finit par aller au delà et s’engouffre dans le mystère … une chose est sûre dès l’arrivée dans l’appartement de Camille : iel est sous le charme de notre héros, iel aussi et iel lui prouve dès leur arrivée… comme a écrit @assas78, je me positionne dans les 99%.
Je pense (et j’espère)que votre héros va profiter mais surtout de rien regretter
J’ai hâte de lire la suite … je suis impatient même !!!
Je suis certain que 99% des lecteurs attendent avec impatience de savoir ....
Et les 1% restant n'osent pas se l'avouer
Bien joué.
J'appartiens aux 99%.
Reste à attendre la révélation...