L'amour est dans le pré
Chapitre unique
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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L'amour est dans le pré — Chapitre unique

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lelivredejeremie
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L'amour est dans le pré

Chapitre unique

Il y a des journées comme ça où on ne voudrait pas sortir de son lit, comme aujourd'hui, où je dois accompagner le directeur de la coopérative agricole qui m'emploie pour une réunion de terrain.
Pas au milieu d'un champ de la Beauce, non, juste une salle de l'Ibis de Bourges, sauf que je n'ai pas le début de l'idée de ce que je vais y foutre...
— Contact avec les coopérateurs...
Je n'en ai strictement aucun, je ne suis même pas vraiment agronome, je monte juste des dossiers de conseils bio sur de nouvelles espèces ou des alternatives aux cultures traditionnelles dans mon bureau et ça me va trèèès bien.
— Je leur présente l'équipe, ils peuvent mettre des visages sur les noms.
Le petit intello à lunettes rondes, cinquante-six kilos pour un mètre soixante-douze qui ne survivrait pas douze heures sur une exploitation, des mecs du double de ma corpulence n'en ont rien à battre.
J'aurais peut-être dû sortir du lit avant Louis, pourtant. Trop bourré hier soir pour me faire l'amour, il avait exigé une pipe, je m'étais appliqué, mais il n'avait pas pu jouir. J'aurais dû me douter que ça le frustrerait, et que dès ce matin, il voudrait récupérer son statut de mâle alpha...
Il a repoussé le drap, m'a écrasé sur le ventre, a planté ses genoux entre mes cuisses avant de les écarter, de s'affaler sur mon dos, et de présenter son gland contre mon sphincter.
— Pas ainsi, je n'ai pas de plaisir, ai-je soupiré.
— J'ai trop envie de toi, ton cul serré... Haaan ! Te posséder bien... Haaan ! bien à fooond, ouiiiii !
J'ai beau expliquer que sa queue qui me martèle le coude du côlon hypothèque l'orgasme anal, finalement très rare, je suis infiniment plus sensible à la prostate, perso... Dans cette configuration-ci, les pénétrations brusques et profondes me provoquent des spasmes qui augmentent heureusement son excitation, il éjacule assez vite, et beaucoup...
Avec trois feuilles de sopalin pressées entre les fesses, j'ai répondu aux regards goguenards des coopérateurs d'une grimace gênée, avant de courir aux toilettes pour m'en débarrasser. On dira que la quantité de sperme qu'elles ont finalement absorbée est la mesure de son désir, mais bon...
En retraversant le hall, j'ai à nouveau capté le sourire du réceptionniste, la trentaine, le mètre quatre-vingts de testostérone, qui faisait passer une carte électronique de chambre sur ses lèvres d'un air faussement innocent.
J'ai rejoint mon siège dans la salle de réunion, que j'ai reculé d'une cinquantaine de centimètres, pour empoigner mon smartphone et j'ai discrètement réactivé l'appli de rencontre, laissée en sommeil, pour en avoir le cœur net, si ce mec est ce que je pense...
Woputain ! Cent deux visites, quatre messages, tout ça en six jours d'exclusivité avec Louis, dont je commence à penser qu'elle me pèse.
Recherche géographique... et un match ! Mais pas à cent mètres, à la réception, à dix mètres, soit dans la salle. Remplie d'une quinzaine de rudes fermiers bourrus. Et de mon directeur. Nooon !
Alooors... Ugolin, vingt-neuf ans... Comme le perso de Manon des Sources, sauf que personne ne cultive de lavande dans la Beauce. Bizarre. Sinon, un torse musclé, de la pomme d'Adam au début d'un pubis soigné... Et blonds, les poils, ce n'est donc pas le bg de la réception. Puis le lien vers trois réseaux sociaux, j'ai pressé le logo Instagram pour découvrir six photos pas mal faites du tout, dont l'une montre le même corps, allongé dans un champ de petites fleurs bleues, mais avec plus de détails, le cliché inclut un short assez serré sur un sexe évidemment au repos, mais plutôt épais à première vue, des jambes puissantes et des pieds nus aux longs orteils.
Je me suis rapproché de la table pour faire le tour des participants en lisant les noms grossièrement notés sur des feuilles de papier pliées, et caler sur un jeune mec blond, Hugo.
Au break, ils se sont tous précipités vers la desserte où trônaient une machine à café et des eaux, sauf Hugo, que j'ai pu observer. Absolument pas mon style de mec à la base, un grand nounours, blond au doux regard aussi bleu que les inflorescences sur la photo, et visiblement assez timide.
Je l'ai rejoint en bout de table.
— Salut, mon boss ne m'a pas présenté, je m'occupe des conseils bio, alternance des cultures, production durable, moi, c'est...
— Jérémie... J'ai consulté le site de la coopérative, il n'y a pas de photos, mais là, je sais enfin.
— Le truc de... mettre un visage sur un nom, je vois. J'ai aussi un peu surfé, je suis... inopinément tombé sur ton insta, je suis content de voir qu'au moins quelqu'un a lu mon dossier sur le lin.
— Bien documenté, j'ai persuadé ma mère d'y consacrer cinq hectares, c'est assez prometteur. Plus beau en vrai, aussi, puis reposant. Pas comme cette réunion à la con, je m'emmerde. Rien de personnel, hein ! Juste que je préférerais être chez moi. Je vais me tirer à midi.
— Je valide tout ce que tu as dit, moi aussi, et ça me tente, mais à cette heure, sur la nationale, pour me taper une heure de bouchons...
— Vers l'ouest, le trafic est fluide, si ça te dit, ce serait un détour de quinze bornes, tu pourrais voir ta théorie en pratique.
Demain, mon patron va me remonter les bretelles pour ma désertion, mais je m'en fous, lui aussi, il m'emmerde, comme mon job dont j'ai fait le tour, là. J'ai suivi Hugo jusqu'à l'exploitation familiale.
— Salut m'man, je suis rentré, voici Jérémie...
— Bonjour, jeune homme, m'a-t-elle dit, avec un sourire avenant.
— Il bosse pour la coopérative, les dossiers d'info sur les cultures.
— Oh, c'est professionnel, alors.
J'ai rêvé, ou elle avait l'air d'être déçue ?
Allongés au bord du champ de lin, peut-être à l'endroit où il a pris la photo postée sur Instagram, j'ai murmuré :
— Ta mère ne semblait pas étonnée, tu ramènes souvent des mecs pour leur montrer ceci ? C'est pas ça, c'est romantique, mais bon...
— Il n'y en a pas eu tellement, aucun très sensible à tout ça. Puis elle veut que je sois heureux, alors ils ne lui plaisaient pas trop. Du coup, toi, potentiellement...
— Je me demande tout de même un truc, vu ta corpulence, puis ce que tu as là... ai-je suggéré avec un regard sur le relief dans son pantalon. Dans ton profil sur l'appli... Passif, sérieux ? Moi oui, et je suis peut-être un peu trop dans le cliché, mais...
— Juste un choix par dépit, Jérémie, au début, je... fais mal aux garçons qui me plaisent, et quand ils s'habituent à l'épaisseur, je n'ai pas... C'est juste que la plupart des mecs veulent se la prendre profond, pour l'orgasme anal et... je ne suis pas très long, voilà. Mais j'aime les garçons, toucher leur peau, serrer leur corps, alors, quitte à... me faire prendre, c'est déjà ça.
— Profond... ouais, sauf que non, le plaisir prostatique, ça existe aussi, hein ! Je... je peux oser ?
— Je n'ai jamais forcé aucun garçon, a-t-il soufflé en détachant juste le bouton de son pantalon.
— Tu fais ce que tu veux... ne sois pas cruel, s'il te plaît.
J'ai descendu la tirette, et il a soulevé le bassin pour me permettre d'abaisser ses vêtements à mi-cuisse, pour exposer la bite la plus épaisse que j'aie jamais vue, même encore mi-molle. Lisse, un prépuce lourd qui exposait le bout d'un gland un peu conique.
— Je peux toujours ? ai-je répété, avant de prendre son sexe en main, les extrémités de mon pouce et de mon majeur se touchant à peine, puis en bouche, sans attendre sa réponse. Il a doucement gémi, alors qu'il grossissait entre mes lèvres et que je repoussais le capuchon de peau pour dégager son fruit mûr, qui a libéré un filet de pré-sperme douçâtre et un peu salé. Quelques minutes de la caresse tiède et humide que je lui ai prodiguée ont suffi.
— Arr... arrête, je vais... je vais jouir !
J'ai raffermi la prise de mes mains sur son bassin, pour accueillir sur ma langue trois projections de sa semence, que j'ai avalée, avant de relever le visage avec un sourire gourmand. Et libérer son sexe de quatorze centimètres max, luisant de ma salive.
Je me suis redressé et j'ai lentement viré mes vêtements.
— Ce que tu disais au sujet des garçons qui te plaisent, Hugo... Tu penses que... moi, peut-être ?
— Je n'osais pas en rêver, tu es parfait, a-t-il murmuré, en attaquant les boutons de sa chemise.
Je me suis agenouillé entre ses jambes, pour les soulever, lui retirer sneakers et chaussettes, puis libérer des jambes musclées de son jean. J'ai ensuite délicatement pris sa cheville gauche pour lever son pied devant mon visage, et langoureusement sucer l'un après l'autre, ses longs orteils, sans lâcher son regard.
— Tu ne dois pas... On m'a dit... j'ai des pieds de gorille, c'est moche.
— Pas du tout, et c'est mon petit kiff à moi... Tu es beau, Hugo, beau de partout, ai-je soufflé, avant de remonter de la pointe de la langue la peau douce de l'intérieur de sa jambe, pour ensuite lécher ses couilles étonnamment petites, puis sa courte hampe dont j'ai gobé le gland toujours décalotté.
— Mon truc, c'est l'andromaque, ai-je ajouté en me positionnant à sa verticale, avant de commencer à m'y empaler.
— Et la stimula... Aaah... tion prostati... Oooh... tique...
Le souffle court, la bouche grande ouverte à la recherche d'air, les yeux probablement hallucinés fixés dans les siens, en... comment estimer ? Peut-être deux bonnes minutes et une dizaine de mouvements... mon scrotum resserré s'est retrouvé posé sur le nid de poils doux de son pubis.
Figuré, il a murmuré :
— Ça va ? Si tu as mal, je comprendrais...
J'ai lentement remonté son mât de mon corps frêle en comparaison, pour redescendre sur lui, mon sexe raidi a frappé son ventre et mon gland spontanément émergé y a déposé un filet de fluide pré-éjaculatoire.
— Ça va même... Aaah... putain de bien ! Tu le vois...
— J'en reviens pas, mais... fais-toi plaisir, Jérémie, a-t-il gémi, en entamant des mouvements doux de bassin sous moi, la pénétration désormais facilitée par la lubrification de mon mucus anal émis par une possession inédite de mon intimité.
Après quatre ou cinq minutes, une dizaine de passages de ma main sur ma hampe m'a fait jeter cinq traits de ma semence nacrée qui ont zébré son torse.
— Retire-toi, Jérémie, ou je vais jouir en toi...
— Non, vieeeeens ! ai-je gémi, alors qu'il provoquait de ses gestes maintenant moins retenus les répliques de mon plaisir.
Sans promesse de plus, nous nous sommes rhabillés, nous avons échangé nos 06, il m'a raccompagné à ma voiture, et après un baiser léger, je suis reparti.
Deux jours plus tard, j'ai reçu un texto de Hugo.
[Je ne sais pas si tu veux encore me parler, j'étais sûrement juste un épisode dans ta vie, mais je voulais te dire que tu as été bien plus dans la mienne]
J'ai souri et tapoté une réponse sur l'écran.
[Te parler, oui, pour te dire que tu as été plus que ça, toi aussi. Et puis qu'il ne faudra plus compter sur mes dossiers d'info, j'ai démissionné de la coopérative. Et puis aussi que c'est mort avec mon mec, j'aurais pas dû raconter que j'ai rencontré le garçon le plus tendre et attentionné du monde, et que j'ai eu un plaisir inédit à chevaucher la meilleure bite que j'aie connue, mais tu ne veux sûrement pas entendre ça...]
[C'est de la musique à mes oreilles, Jérémie. Je suis désolé, si je peux faire quelque chose...]
[Je cherche un coin pour y poser ma tente, un champ de lin, ce serait bien]
Deux minutes plus tard, mon téléphone a sonné.
— Je suis sorti, ma mère dit que je souris comme un niais devant mon écran. Je lui ai lu une partie de tes messages, pas tout, bien sûr, hein ! Et elle dit qu'on a de la place, en bordure du champ, ou même dans la maison, tu aurais ta chambre.
— Oooh ! Séparée, tu veux dire ?
— Ou tu partagerais la mienne... au cas où je te plairais un peu, disons la moitié de ce que tu me plais.
— On voit le champ de lin de ta fenêtre ?
***
Ce soir, le champ récolté depuis longtemps est couvert d'une fine couche de neige, ce n'est pas moins beau. J'en ai pourtant détaché le regard pour le porter sur Hugo, qui dort, le visage apaisé garni d'un coin de sourire. Il le peut bien, ce soir, il a jeté sa timidité aux orties et s'est imposé, avec délicatesse, bien sûr. Il a pris l'initiative de me déshabiller, en déposant des baisers doux sur chaque parcelle de ma peau qu'il dévoilait, avant de reproduire le rituel de notre première fois, porter mes pieds à son visage, détailler mes orteils — qu'il dit délicats — des lèvres et de la langue, qu'il a ensuite promenée sur mon corps, avant d'offrir le sien à mon plaisir, à grand renfort de gel lubrifiant, toujours nécessaire, jusqu'à mon éjaculation modeste, signe qu'il peut alors hardiment m'envahir et évacuer sa jouissance.
J'ai distraitement étalé sur l'intérieur de ma cuisse sa semence qui y coule doucement, pour reporter le regard par la fenêtre.
Simplement heureux.
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