Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Jouir, c’est ma cam ! — Chapitre 2 · Ma première diffusion
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
Jouir, c’est ma cam !
Chapitre 2 · Ma première diffusion
Je suis sociophobe. Je crains les interactions sociales comme un photosensible craint les rayons du soleil, et pourtant j'ai osé ! Grâce à elle, à ses conseils et à sa bienveillance, j'ai osé comme elle dévoiler virtuellement mon corps et en faire un objet de désirs, pour des internautes voyeurs, au travers d'une plateforme de cam.
Au fur et à mesure de mes exhibitions, j'ai pris conscience que cette démarche devenait thérapeutique, même si à la base, je ne le faisais pas dans cet objectif. Car dans un premier temps, c'est mon appétit sexuel qui m'a poussée à franchir le pas, un appétit sexuel me demandant autre chose que de la simple masturbation en position de consommatrice de contenu. Oui, mes exhibitions en cam ont produit sur moi des effets thérapeutiques, car même si mes nombreuses interactions avec mes voyeurs restaient virtuelles, elles n'en étaient pas moins réelles dans leur expression. Ces interactions m'ont indirectement aidée à prendre confiance en moi et surtout à apprendre à supporter l'insupportable, c'est-à-dire l'échange, la discussion, la confrontation d'idées, etc. Tout cet ensemble de choses normalement innées qui font en général de chaque individu un être social, ouvert aux autres et plus ou moins intégré à la société.
Moi qui me suis toujours sentie plutôt désintégrée par la société, j'ai trouvé en ces nouvelles interactions de quoi nourrir ma libido, mais également une façon de sélectionner mes interactions, de choisir celles qui, parmi tant d'autres, me plaisaient le plus et m'abîmaient le moins. Car, passés les premiers jours, je n'ai pas tardé à avoir un petit groupe de fidèles voyeurs qui me suivaient tous les soirs, toujours à la même heure, car je diffusais de 21h à minuit maximum. Ce petit noyau de fidèles m'a beaucoup aidée à installer, sur ma room, un cadre et une atmosphère très sécurisants pour moi.
Dans mon chapitre précédent, j'ai mentionné à un moment "mon premier profil" sans vraiment donner d'explication, et bien la voilà : pour diffuser, j'ai créé un nouveau profil, avec lequel je ne faisais que de la diffusion et dont ma complice camgirl était la seule informée du doublon. J'ai conservé mon premier profil pour mon activité de visiteuse, mais je ne voulais pas mélanger les deux, allez savoir pourquoi ? Je crois que j'étais plus rassurée ainsi.
Lors de ma première connexion en tant que diffuseuse, inutile de vous dire que j'étais très stressée. Je m'étais volontairement habillée en jogging, suivant les conseils de mon inspiratrice, afin d'utiliser à mon avantage le fait que je sois nouvelle. Car selon ma conseillère, rapidement devenue ma modératrice de room, beaucoup d'hommes se révélaient plus attirés par l'authenticité d'une nouvelle camgirl un peu maladroite que par une habituée des rooms, plus rodée mais souvent moins accessible.
Et elle ne s'y est pas trompée, car dès mes premières connexions, j'ai vu arriver pas mal d’opportunistes me disant par exemple : "Salut toi, Mmmm... Tu peux nous en montrer plus ?" ou alors : "MP STP !". Tu parles Charles ! J'ai vite compris que ces hommes-là ne cherchaient pas du tout la réciprocité du jeu et que même si beaucoup d'entre eux étaient sympas, au final ce n'était pas avec eux que j'allais le plus m'amuser.
Car oui, le désir naît de l'échange, et le plaisir qui naît du désir dépend donc de l'échange également. Et en cam, comme dans la vie d’ailleurs, l'échange passe par la réciprocité des interactions et par une certaine forme de continuité issue d’une phase de séduction.
Je m'excuse par avance pour tous ces détails, mais je les crois nécessaires à la bonne compréhension de ce que j'ai pu ressentir en cam. Car oui, j'ai pris beaucoup de plaisir à m'y exhiber au fil du temps et, même si au début je ne gérais pas très bien mes interactions, ma modératrice et conseillère m'y a été d'un grand secours en gérant pour moi certains individus, en les bannissant même de ma room parfois s'ils étaient trop lourdingues, et en la dynamisant par de petits jeux très excitants censés motiver mes voyeurs à jouer avec moi.
Ma première diffusion n'a certainement pas été la meilleure, c'est certain et c'est normal, car j'étais tendue et stressée. Mais j'y ai tout de même pris du plaisir, c'était un passage obligé en fait, telle une perte de virginité dont je me souviendrais toujours.
Déjà, je n'étais pas détendue, car j'avais toujours peur que l'on voit mon visage si je bougeais trop, détail auquel j'ai rapidement remédié en investissant dans des accessoires dont une cagoule. Mais en ce premier soir, j'ai tout de même gagné des fidèles qui m'ont suivie jusqu'à la fin, jusqu'à mon dernier jour de diffusion où j'avais justement réservé à ces plus fidèles une petite surprise, mais nous y reviendrons plus tard.
Ce premier soir donc, ma modératrice m'avait conseillé de me présenter vêtue le plus simplement possible, alors comme chez moi j'étais toujours habillée en jogging, j'en avais choisi un tout blanc afin de contraster avec mon canapé gris foncé. En dessous par contre, elle m'avait conseillé de porter une belle lingerie, pas forcément hyper-sexy non plus, mais belle et raffinée, j'avais donc opté pour un bel ensemble string et soutien-gorge corbeille blanc en dentelle assez sobre, mais élégant.
Pour l'occasion, je m'étais intégralement épilée, pas un poil n'était donc visible sur mon corps, ce qui a rapidement incité mes voyeurs à jouer avec moi afin de m’exciter et de me motiver à me dévêtir.
J'ai eu de nombreuses demandes pour de la diffusion privée qui représente, par définition, un moment partagé exclusivement avec un seul voyeur, ce qui voulait dire la possibilité de vivre un échange avec lui plus intime. J'ai par la suite adoré ces moments où je me retrouvais en tête à tête avec un hommes, mais sans jamais le voir, juste en le lisant, ce qui personnellement me rassurait beaucoup. Dans ces moments là j’osais toujours plus de choses que sur ma room publique, car je me sentais toujours plus en confiance avec un voyeur que je choisissais plutôt qu’en compagnie de plusieurs dizaines voir de centaines d’autres même parfois.
Ces moments-là étaient donc de loin les plus excitants pour moi, car je pouvais ressentir au travers des mots de mes désormais partenaires exclusifs de jeu leur grande excitation et leurs désirs brûlants d'en arriver à jouir conjointement avec moi. Durant ces moments d’échanges, alors que par exemple j’utilisais un sextoy, je le manipulais souvent en fonction des désirs de mon partenaire, en nous donnant de ce fait à tous les deux l’impression de faire l’amour ensemble, ce qui était particulièrement excitant sans pour autant être réel.
Mais ce premier soir donc, pas de shows privés. L'idée étant plutôt de rester sur ma room afin de fidéliser mon premier public. J'ai cependant été tentée de me caresser devant tous ces hommes, pour la plupart très excités de fait, et qui m'y encourageaient vivement.
Ce soir-là, je me rappelle m'être retrouvée submergée par les messages sur le tchat, tellement qu'il me devenait impossible d'en suivre l'intégralité du fil tout en me caressant puisque l’envie en était devenue trop forte. Les messages que j'y décelais traduisaient tous l'excitation extrême de mes voyeurs qui fantasmaient que mes doigts soient leurs sexes et qu'ils se soulagent en moi comme s'ils venaient de me baiser longuement et profondément.
Ce soir-là donc, mon stress du début s'est peu à peu mué en excitation, au fur et à mesure de mon effeuillage en fait, jusqu'à jouir réellement de plusieurs orgasmes successifs face à plus d'une centaine de voyeurs simultanés au final. Ils me disaient jouir, à tour de rôle eux aussi, m'expliquaient dans les moindres détails pour certains là où ils avaient imaginé déverser leur sperme, sur ou en moi, et ce moment-là s'est révélé être pour moi particulièrement enivrant.
Quand les échanges ont fini par se taire, j'ai eu besoin de redescendre seule et j'ai donc salué ma room avant de me déconnecter jusqu'au lendemain. Ce moment de solitude, je l'ai pour la première fois de ma vie vécu de façon déroutante, véritablement comme si j'avais organisé ma première fête chez moi et que tous mes invités en soient partis simultanément. Ce n'était pas vraiment de la solitude que j'ai ressentie alors, car j'aime la solitude, c'était plutôt un sentiment de vide. Je me suis donc reconnectée avec mon profil « visiteuse » pour recontacter ma modératrice qui déjà diffusait à son tour sur sa room.
Tout en faisant vivre sa propre diffusion, elle a pu m'aider à débriefer cette première fois, à en reprendre les points forts et les points faibles tels que nous les avions vécus elle et moi. Elle m'a énormément rassurée, et c'est véritablement grâce à elle que j'ai progressé rapidement pour au final la libérer de son rôle de modératrice et gérer seule ma room comme une grande. Elle n'en est pas moins demeurée ma complice jusqu'à mon dernier jour de diffusion, et même si aujourd'hui je ne diffuse plus, nous restons en contact, car elle est devenue mon amie...
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Commentaires ()
Le chapitre 3 est en ligne
Le voilà enfin ce chapitre deux qui vous aura donné tant de fil à detordre.
Comme le premier.
Il est empli de vérité, de sincérité et de courage. Car il en faut pour oser se mettre à nue ici comme vous le faites.
Donc encore une fois. Félicitations. Et vivement la suite.!!!!
Merci pour ce témoignage @Anaïs.
Connaissant un peu le fonctionnement de ce genre de site, j’imagine ce qui a pu bloquer au niveau de la validation, mais il y a mille et une façons d’arriver au plaisir et l’important est de trouver celle qui nous correspond le mieux…
Nous avons tous nos maux, et une thérapie propre à nous!
Au plaisir de vous suivre dans vos récits.
Merci