Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Jouir, c’est ma cam ! — Chapitre 3 · Mon visiteur mystérieux
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteurs
Jouir, c’est ma cam !
Chapitre 3 · Mon visiteur mystérieux
Le monde des cams est finalement une microsociété très particulière. On y vient évidemment pour le sexe, quel que soit le côté de la cam que l'on choisisse d'occuper, mais il s'y joue aussi d'autres rapports humains, plus intimes, plus vrais.
C'est, paradoxalement peut-être, avec ces rapports-là que je me suis sentie le moins à l'aise au début, mais grâce auxquels j'ai véritablement pu travailler sur mes troubles sociophobes. Le processus a été long avant que je permette à certains d'entrer dans mon intimité non sexuelle, car au final, il était moins compliqué pour moi de mettre à nu mon image corporelle et l'expression de mon plaisir physique que mes sentiments, mes valeurs ou mes opinions. Tous ces facteurs qui faisaient de moi un être pensant et donc vivant me posaient problème jusqu'à ce que, peu à peu, j'apprenne à surmonter mes difficultés et à m'ouvrir réellement.
Ce long processus passait bien évidemment par le jeu, et plus exactement par le jeu sexuel avec mes visiteurs. Comme mon inspiratrice, j'ai rapidement investi dans l'achat de divers sex-toys dont un lush qui a la particularité d'être un jouet interactif connecté vibrant de façon différente en fonction des choix de mes voyeurs qui en prenaient le contrôle.
Le port du lush était très apprécié de mon public qui, en jouant le jeu, avait donc la sensation réelle et très excitante de me toucher, de prendre d'une certaine façon le contrôle de mon corps et de mon plaisir. Je me rappelle par exemple d'un soir, plutôt calme, où subitement j'ai été secouée par une énorme vibration qui m'a véritablement débordée sensuellement et sexuellement au point de m'arracher en quelques secondes un micro orgasme. Son auteur, inconnu jusqu'alors, ne m'avait même pas saluée, n'interagissait pas jusque-là avec moi et, plusieurs minutes après « l'impact », restait muet face à mon trouble et à ma sidération de m'être ainsi sentie jouir sans avoir pu le pressentir.
C'est moi qui l'ai contacté en MP. Moi qui ai fait le premier pas avec cette question prédominante dans ma tête : Pourquoi ?
Réponse de mon mystérieux donateur : « Parce que vous le méritez ».
J'ai dans un premier temps été surprise par le vouvoiement et même un peu gênée, encore un paradoxe, me direz-vous par rapport à un détail sensé mettre une distance rassurante entre moi et mon interlocuteur, et bien, figurez-vous qu'il n'en a pas été ainsi au départ. Puis ce vouvoiement est rapidement devenu un véritable support de séduction, associé au fait que mon interlocuteur se révèle être un homme mûr, un quinqua pour être plus précise, expérimenté sexuellement et désirant faire de moi sa « soumise » lors de séances très particulières. Il m'a rassurée en m'assurant que j'aurais toujours le droit de refuser certaines demandes, mais que l'idée était vraiment que j'ai envie d'explorer un pan nouveau de ma sexualité et peut-être des pratiques plus extrêmes sortant de mes habitudes.
Ce soir-là, j'étais tellement obnubilée par cet homme que j'en ai délaissé ma room, perdant au fil des minutes la majorité de mes visiteurs lassés que je ne leur réponde plus. Car en privé, je correspondais avec lui, tentant à chaque mot, à chaque phrase, de percer son mystère. Son attaque ravageuse avait eu raison momentanément de mon corps, mais avait simultanément mis en éveil tous mes sens. Car j'avais bien conscience que ce qui s'était produit une fois pouvait se reproduire et que mon lush, qui n'était jusque-là qu'un doux objet de plaisir diffus, pouvait devenir en l'espace de quelques secondes une arme de jouissance massive.
Il n'a plus fait feu ce soir-là et, alors que j'imaginais que nous allions partager un moment coquin après cette discussion, il m'a simplement saluée en me donnant ses directives quant à sa venue prochaine. Il s'annoncerait à moi de la même façon, et suite à ça, je devrais immédiatement passer en mode privé avec lui, sans aucun voyeur, mais après avoir glissé, devant tout le monde en revanche, mon lush de mon vagin à mon anus.
Tous les soirs, j'ai pressenti sa venue, et tous les soirs durant les premiers jours, il ne s'est jamais manifesté. Je consultais pourtant régulièrement ma liste de visiteurs, afin d'essayer d'anticiper « l'impact » inéluctable, mais c'était peine perdue, car en véritable sniper isolé, son approche furtive fut redoutable.
Il m'a secouée d'un orgasme cette fois dévastateur à un moment précis où je ne m'y attendais absolument pas et où j'étais déjà moi-même aux portes du plaisir, vibrant depuis plusieurs minutes de petites vibrations répétées. J'ai simultanément repensé à mon engagement alors, encore sonnée par « l'impact », j'ai glissé devant tous mes voyeurs mon lush au bon endroit avant de leur annoncer que je les quittais pour un temps.
Le cerveau humain a des capacités formidables de mises en situation fantasmatiques, j'en ai fait l'expérience à ce moment-là, car, seule avec lui, j'ai eu l'impression d'avoir changé de lieu, de n'être plus chez moi, dans mon canapé, mais d'avoir été téléportée chez lui, dans son antre ou son monde à lui, et conjointement à une grande excitation de ce qui allait suivre, je me suis également sentie plus vulnérable que jamais, comme une proie livrée au prédateur.
Alors qu'il ne disait rien, c'est moi qui ai rompu le « silence » en lui demandant ce qu'il voulait. Question à laquelle il a répondu par une vibration soudaine dans mon anus qui m'a immédiatement remise à ma place, celle de sa « soumise », de sa chose suspendue à sa volonté, car trop curieuse de savoir ce qui se cachait derrière ses promesses de découverte d'une sexualité nouvelle.
J'avais testé le lush en anal avant nos retrouvailles. J'aimais moins, mais c'était sans compter sur l'excitation du moment, de la situation particulière en soi. Là, je me sentais à sa merci, et j'en ai même presque ressenti de la peur. Peur par exemple qu'il dégaine son énorme vibration, mais dans mon cul cette fois. J'avais pourtant tous les moyens de me protéger de cette éventualité, il suffisait que je retire mon lush, ou que je le déconnecte, mais je ne l'ai pas fait, expérimentant de fait la confiance que j'avais en cet homme et par prolongement ma soumission à sa volonté et à ses désirs.
Les vibrations ont repris progressivement, sans mots, elles étaient faibles, de petites séries qui insufflaient à ma zone périnéale une douce chaleur. Il m'a alors demandé de zoomer sur ma chatte et de l'ouvrir de mes doigts, il voulait voir ma mouille. Puis il m'a demandé d'y plonger mes doigts et de me masturber avant d'y glisser l'un de mes dildos de l'autre main pendant que celle souillée de cyprine viendrait stimuler mon clitoris. Et durant ce temps, entre silences et injonctions laconiques, il continuait de s'occuper de mon cul par de petits impacts adaptés et toujours très bien sentis, comme s'il était réellement en phase avec mes ressentis à moi. Je lui ai alors demandé si je pouvais fermer les yeux, me coupant de fait du seul canal de communication qui nous reliait, mais il m'a dit oui.
J'ai alors continué mes caresses, tout en le sentant entre mes fesses, et j'ai alors fantasmé qu'il soit là, avec moi, plus vrai que nature, et qu'il me prenne pour de vrai, qu'il soit le premier à me prendre et qu'il me fasse jouir comme jamais encore je n'avais joui de ma vie.
J'ai eu un orgasme très intense ce soir-là, j'ai senti mon corps réellement secoué de spasmes incontrôlables et je n'ai pas pu résister à hurler de plaisir alors que de son côté, il avait, avec tact et bienveillance, stoppé ses vibrations pour me permettre de me remettre de mes émotions.
Il m'a ensuite demandé si ça allait, si ça m'avait plu, si j'avais des demandes à lui adresser, des suggestions... Je lui ai juste répondu que mes sensations avaient totalement dépassé mes espérances et que je me languissais déjà de notre prochain rendez-vous.
Alors, avant de nous quitter, il m'a avoué qu'il avait un fantasme me concernant et qu'il adorerait le réaliser un jour, en m'assurant par avance qu'il ne s'agissait que de virtuel, mais en s'empressant de préciser que parfois le virtuel pouvait s'avérer plus vrai que nature...
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