Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Vacances torrides en Grèce — Chapitre 1 · Arrivée à l'hôtel
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Vacances torrides en Grèce
Chapitre 1 · Arrivée à l'hôtel
C'étaient nos premières véritables vacances depuis des années.
Je laissai échapper un long soupir en regardant par la baie vitrée de notre suite les eaux calmes du golfe scintiller sous le soleil du matin. Après sept années de mariage, deux enfants et une vie rythmée par le travail, les obligations et la fatigue, nous avions enfin réussi à nous offrir une semaine, rien qu'à nous. Nous avions choisi la Grèce presque par hasard. En réalité, nous cherchions surtout le calme. Quitter l'hiver gris que nous venions de traverser, oublier le quotidien et retrouver ce qui nous avait rapprochés autrefois.
Je me retournai vers le lit. Corinne dormait encore, roulée dans les draps blancs de l'hôtel. À bientôt trente ans, elle conservait ce visage étonnamment jeune qui lui faisait souvent paraître dix ans de moins. Elle n'était pas mannequin, mais elle possédait cette beauté chaleureuse qui attire naturellement les regards. Ses formes avaient changé depuis la naissance de nos enfants. Ses hanches étaient plus généreuses, sa poitrine plus pleine, et ses courbes lui donnaient une féminité qui me troublait encore davantage qu'à nos débuts. Je restai quelques secondes à l'observer. Le drap glissait juste assez pour laisser apparaître une épaule nue et la naissance de sa poitrine. Ses cheveux bruns étaient éparpillés sur l'oreiller, et sa respiration régulière faisait doucement monter et descendre le tissu qui recouvrait son corps. Je souris malgré moi. Même après toutes ces années, il suffisait que je la regarde ainsi pour sentir le désir revenir.
— Tu me fixes depuis combien de temps ? demanda-t-elle sans ouvrir les yeux.
Je sursautai.
— Tu étais réveillée ?
Elle esquissa un sourire.
— Depuis au moins une minute.
— Je n'y peux rien... Tu es magnifique.
— Je n'y peux rien... Tu es magnifique.
Elle ouvrit enfin les yeux.
— Tu resteras toujours un pervers.
Elle attrapa un oreiller et me le lança mollement. Il tomba à mes pieds avant même de m'atteindre. Je montai sur le lit en riant. Quelques secondes plus tard, elle venait déjà chercher mes lèvres. Nos baisers avaient quelque chose de différent ce matin-là. Plus lents. Plus patients. Comme si le temps s'était arrêté avec notre arrivée dans cet hôtel. Nous avions tellement couru ces dernières années que nous avions oublié ce simple plaisir : rester enlacés sans regarder l'heure. Ses mains glissèrent dans mon dos tandis que les miennes caressaient sa taille.
Elle murmura contre ma bouche :
Elle murmura contre ma bouche :
— On dirait qu'on a vingt ans.
— Tant mieux.
— Tant mieux.
Elle sourit.
— Tu crois que ça va durer toute la semaine ?
— J'espère bien.
— J'espère bien.
Elle approcha son visage du mien.
— Alors, profitons-en.
Après notre petit-déjeuner, nous découvrîmes le complexe hôtelier. Tout semblait pensé pour donner l'impression que le monde extérieur n'existait plus. Une immense piscine à débordement surplombait la mer, des jardins méditerranéens entouraient les bâtiments de pierre claire, et plusieurs restaurants se succédaient le long de la plage privée. Nous marchions main dans la main comme un jeune couple. À plusieurs reprises, je surpris des hommes tourner la tête sur le passage de Corinne. Elle n'y prêtait aucune attention. Ou du moins, elle faisait semblant. Moi, en revanche, je les remarquais tous. Et, contre toute attente, cela ne m'agaçait pas. Au contraire. Voir leurs regards glisser sur elle provoquait une sensation étrange. Une légère pointe de jalousie, mêlée à une forme de fierté difficile à expliquer. Elle était ma femme. Et pourtant, le simple fait de constater qu'elle suscitait encore le désir des autres réveillait quelque chose en moi.
Une pensée fugace traversa mon esprit : si seulement elle savait l'effet qu'elle produit...
Je la regardai rire en repoussant une mèche de cheveux derrière son oreille. Puis je chassai cette idée. Ce n'était qu'un fantasme. Du moins, c'est ce que je croyais encore.
Le premier soir de vacances nous laissait une impression étrange, presque irréelle. Nous avions dîné sur une terrasse ouverte sur la mer, bercés par une musique discrète et le bruit des vagues qui venaient mourir contre les rochers. Le personnel semblait avoir appris l'art de disparaître au bon moment, laissant aux couples l'illusion d'être seuls au monde. Corinne, vêtue d'une robe noire qu'elle n'avait plus portée depuis plusieurs années, retrouvait une légèreté que je ne lui connaissais plus. Elle riait facilement, racontait des anecdotes oubliées, et je redécouvrais cette jeune femme dont j'étais tombé amoureux bien avant que les responsabilités du quotidien ne prennent toute la place.
Après le repas, nous décidions de prolonger la soirée au grand bar du hall. L'endroit était élégant sans être prétentieux : de hauts plafonds, des fauteuils en cuir clair et une immense baie vitrée donnant sur les jardins illuminés. Les conversations se mélangeaient aux verres qui s'entrechoquaient et à un piano discret installé dans un coin de la salle. Nous commandâmes deux verres de vin et nous installâmes près d'une fenêtre. Pour la première fois depuis longtemps, nous n'avions rien à faire le lendemain, aucune contrainte, aucun horaire. Cette simple idée suffisait à nous détendre.
Au fil de la soirée, une conversation s'engagea naturellement avec un homme assis à la table voisine. Il s'appelait Didier et se trouvait dans la région pour superviser un chantier. Son métier n'était pas très éloigné du mien, ce qui facilita immédiatement les échanges. Nous parlâmes d'abord de travail, puis de voyages, de cuisine locale et des différences entre nos régions respectives. C'était le genre de discussion anodine qui naît facilement lorsque des inconnus partagent un même lieu de vacances.
Lorsque Corinne se joignit à la conversation, je remarquai un détail qui, sur le moment, me surprit davantage que je ne voulais bien l'admettre. Elle semblait particulièrement à l'aise. Sans chercher à attirer l'attention, elle parlait avec naturel, ponctuant ses phrases de sourires sincères et d'un humour léger que je ne lui avais plus vus depuis longtemps. Didier, de son côté, l'écoutait avec beaucoup d'intérêt. Rien d'inapproprié, rien qui dépasse les limites de la politesse, mais une qualité d'attention qui n'échappa ni à elle ni à moi.
Je me surpris alors à observer la scène plutôt qu'à y participer. Pendant quelques secondes, je regardai simplement ma femme raconter une histoire avec enthousiasme, tandis que notre interlocuteur hochait la tête et riait au bon moment. Ce qui aurait pu provoquer chez moi une pointe de jalousie produisit au contraire une sensation difficile à définir. J'étais fier qu'elle dégage cette présence, fier qu'elle puisse encore captiver quelqu'un par sa seule manière de parler.
En remontant vers notre chambre, Corinne me demanda avec amusement :
— Il est sympathique, tu ne trouves pas ?
Je répondis sans réfléchir :
— Oui, il a l'air de quelqu'un de simple.
Elle acquiesça avant d'ajouter :
— Et puis, ça fait du bien de discuter avec des gens qu'on ne connaît pas. On oublie un peu la routine.
Je me contentai d'un sourire. Pourtant, sa remarque continua de résonner dans mon esprit. La routine. C'était exactement ce que nous étions venus fuir.
Le lendemain matin, le soleil baignait déjà la terrasse de notre suite lorsque nous descendîmes prendre le petit-déjeuner. L'hôtel s'animait lentement. Des familles rejoignaient la piscine, des couples partaient vers la plage et quelques habitués lisaient tranquillement leur journal devant un café. Corinne semblait de bonne humeur. Elle avait retrouvé cette spontanéité qui me rappelait nos premiers voyages ensemble. Elle s'arrêtait pour admirer une vue, plaisantait avec le personnel et semblait profiter de chaque instant.
Nous passâmes une grande partie de la journée à marcher le long du littoral. Le vent faisait danser ses cheveux et elle retirait régulièrement ses sandales pour marcher pieds nus dans le sable. Plusieurs fois, je remarquai que des passants tournaient discrètement la tête sur son passage. Peut-être étais-je simplement plus attentif qu'à l'habitude, mais ce constat éveilla en moi une réflexion inattendue. Le regard des autres révélait parfois ce que l'habitude finit par masquer. À force de partager le quotidien de quelqu'un, on oublie parfois la manière dont il apparaît aux inconnus.
Alors que nous nous installions enfin sur deux transats face à la mer, Corinne ferma les yeux pour profiter du soleil et murmura :
— Tu sais, j'avais oublié ce que ça faisait de n'avoir absolument rien à penser.
Je tournai la tête vers elle.
— Moi aussi.
Le silence s'installa entre nous, paisible, tandis que les vagues se succédaient sur le rivage. Aucun de nous ne pouvait encore imaginer que ces vacances, commencées sous le signe du repos, allaient peu à peu nous amener à nous découvrir sous un jour totalement inattendu.
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