Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L’étreinte de l’hiver — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L’étreinte de l’hiver
Chapitre 1
Cette histoire remonte à la fin du lycée. Je venais d’avoir dix-neuf ans en janvier, et elle en avait dix-huit. C’était un vendredi de février, un de ces jours où l’air froid mord la peau, mais où le soleil couchant teinte la neige d’une orange douce. Nous venions de finir les cours, et comme un rituel immuable depuis la seconde, nous nous dirigions vers notre bar favori, un petit antre tenu par des Belges, au cœur de la station.
— Ahhh, comment ils vont, les amoureux ? Vous voulez quoi, mes tourtereaux ? lança le patron avec son accent rocailleux, un sourire malicieux aux lèvres.
Je commandai un café allongé, elle un chocolat chaud. Le bar grouillait de touristes en tenue de ski, leurs combinaisons colorées formant une palette vive et bigarrée. Les effluves de friture et de pain perdu se mêlaient aux rires et au brouhaha des après-ski.
Nous étions lovés dans notre banquette, un îlot de tendresse au milieu du tumulte. Nous échangions des câlins furtifs, des mots doux murmurés à l’oreille, et des baisers volés, aussi légers que les flocons qui tombaient dehors. Puis, au creux d’une de ces caresses, elle approcha ses lèvres de mon oreille et souffla, sa voix chaude comme une braise : « J’ai envie de te faire une fellation. »
Un frisson, différent de celui du froid, parcourut mon échine. Je la regardai, surpris, un sourire gêné aux lèvres. « Pas ici, il y a trop de monde, et les toilettes ne sont vraiment pas faites pour ça... Finissons nos boissons, et je t’emmène quelque part. »
Nous vidâmes nos tasses en silence, chargé d’une attente électrique. À peine dehors, l’air vif me frappa, mais déjà, une chaleur sourde montait en moi. La simple évocation de ce qui allait suivre suffisait à tendre mon corps tout entier. Nous arpentâmes les deux rues principales, bordées de boutiques aux vitrines illuminées, jusqu’à l’ombre massive de l’église. Sur son flanc, des toilettes publiques se dissimulaient, et plus précisément, un urinoir à l’abri des regards par une porte battante.
Elle me glissa, l’œil pétillant : « Entre le premier, je te rejoins dans une minute. »
Je pénétrai dans l’espace exigu, le cœur battant. Une minute s’écoula, une éternité. Elle apparut. Le temps sembla suspendu. Nos bouches se cherchèrent, se dévorèrent avec une fougue qui fit rugir le sang dans mes veines. Ses doigts s’aventurèrent, libérant mon sexe déjà dur, le caressant avec une lenteur experte.
Puis elle s’agenouilla. Sa bouche s’approcha, chaude et humide, enveloppant mon gland d’une langue habile. Un gémissement sourd m’échappa. Ses mains guidaient mon bassin, tandis qu’elle accueillait ma longueur avec une gourmandise qui la faisait gémir elle aussi. Je sentis ses cordes vocales vibrer contre ma chair. Je lui pris la tête, ses cheveux glissant entre mes doigts. La sensation était si intense qu’elle en devenait presque douloureuse.
Elle s’interrompit, se releva, le souffle court, et prit ma main pour la guider vers son pantalon. « Touche-moi, » murmura-t-elle, sa voix voilée par le désir. Ma main glissa sous le tissu, là où la toison naissante était déjà humide, où les lèvres de sa vulve, gonflées, s’offraient, brûlantes. Un vertige me saisit.
Soudain, elle jeta un coup d’œil à sa montre. « 17 h 10... Nos bus sont à 17 h 30 ! Dépêche-toi, on finit vite. » Elle se remit à genoux, plus déterminée que jamais, sa bouche retrouvant son rythme endiablé. Je sentis la pression monter, inéluctable. « Je vais... je vais jouir... » haletai-je. Elle redoubla d’ardeur, mes cris étouffés résonnèrent dans le petit espace. L’orgasme explosa, violent, généreux, et elle accueillit tout, sans faillir.
Elle se releva, le regard brillant. Nous nous embrassâmes longuement, un goût salé et sucré sur nos lèvres. Sans un mot, nous sortîmes, main dans la main. Le chemin vers la gare routière fut silencieux, nos doigts entrelacés, perdus dans l’écho de ce que nous venions de partager.
À la gare, nos bus respectifs arrivèrent en même temps. Nous échangeâmes un dernier baiser, puis je montai à bord. Je m’assis, le cœur encore palpitant, et bavardai machinalement avec des amis. Le bus démarra. Je pris mon téléphone. Un message d’elle brillait sur l’écran :
— Merci pour cette belle après-midi, mon chéri. <3
Je souris, un sourire plein de secrets, et posai mon front contre la vitre froide, regardant les lumières de la ville danser sur la neige.
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