Le compartiment sentait encore le tissu chaud et l'odeur fade des sièges de seconde classe. J'avais ouvert mon roman policier à la page où l'inspecteur se retrouvait coincé dans un ascenseur avec une suspecte trop décolletée. Les phrases étaient sèches, efficaces, et pourtant elles collaient à la peau.
La famille s'était installée sans un mot de trop. Le père, large et un peu voûté, avait pris la place d'en face. Les trois enfants s'étaient dispersés : le plus jeune collé à la vitre, les deux autres déjà absorbés par un écran partagé. La mère s'était assise à ma droite. Quarante-cinq ans, les hanches larges, les cuisses pleines qui remplissaient la jupe gris clair jusqu'à mi-cuisse. Rien de spectaculaire dans le visage — traits ordinaires, cheveux châtains tirés en arrière —, mais tout dans la façon dont elle s'asseyait, dont elle posait les mains, dont elle existait dans l'espace exultait sa féminité, sa sensualité. J'appris son nom plus tard : Coralie.
Quinze minutes. Le train avait pris sa vitesse de croisière. J'avais senti d'abord le contact discret de sa cuisse contre la mienne. Un frottement presque accidentel. Puis, plus net. Sa main s'était posée sur sa propre cuisse, doigts détendus. Un seul d'entre eux, le majeur, avait glissé jusqu'à effleurer le tissu de mon pantalon, juste à l'extérieur de ma jambe. Un mouvement si léger qu'on aurait pu le confondre avec un ajustement de jupe.
Le roman parlait d'une femme qui passait sa main sous la chemise d'un homme dans un parking sombre. Ma propre main serrait le livre un peu trop fort. Le sang battait déjà bas, lourd, et le tissu de mon pantalon devenait trop juste. Je n'osais pas bouger.
Le père leva les yeux. Un regard bref, puis plus long. Il ne disait rien. Il observait simplement la distance trop petite entre nos genoux, la position de la main de sa femme. Sa mâchoire se contracta à peine.
Elle tourna la tête vers moi.
Ce n'était pas un sourire. C'était quelque chose de plus trouble : les pupilles un peu dilatées, les lèvres entrouvertes, une rougeur discrète qui montait le long de son cou. Une femme excitée et déjà un peu perdue dans ce qu'elle faisait. Ses doigts bougèrent encore, un centimètre à peine, caressant le côté de ma cuisse avec une lenteur calculée. Le contact était à travers le tissu, mais il était précis. Comme si elle testait jusqu'où je laisserais aller.
Je sentais mon sexe durcir complètement, pressé contre la couture. La page du livre n'avait plus aucun sens. Je restais immobile, le souffle un peu trop court, le regard accroché au sien.
Elle ne retira pas sa main.
Et le père, en face, n'avait toujours pas détourné les yeux.
Le compartiment vibrait doucement au rythme des rails. Dehors, les champs défilaient en bandes floues sous la lumière de fin d'après-midi. L'air conditionné soufflait un courant tiède qui sentait le plastique et le tissu usé. Les enfants parlaient bas, absorbés par leur écran. Le père, en face, tenait toujours son journal, mais ses yeux ne quittaient presque plus nos genoux.
Sa main n'avait pas cessé. Les doigts glissaient maintenant avec plus d'assurance, suivant la courbe intérieure de ma cuisse, appuyant juste assez pour que je sente chaque phalange à travers le pantalon. Le contact était chaud, précis, presque intime. Mon sexe durcissait complètement, lourd, coincé contre la couture. Chaque passage de ses doigts envoyait une onde plus nette. Je serrais le livre sans le lire.
Elle se pencha très légèrement vers moi. Sa voix n'était qu'un souffle, presque inaudible sous le bruit du train :
— Les toilettes... dans cinq minutes. Tu viens ?
Le cœur me battit plus fort. Je tournai à peine la tête. Son visage était tout près, les joues légèrement rosées, les lèvres entrouvertes. Elle avait l'air troublée et déterminée à la fois. Sa main, pendant qu'elle parlait, remontait un peu plus haut, effleurant presque l'endroit où mon érection tendait le tissu.
J'hésitai. Les mots me restèrent un instant dans la gorge. Le père était là. Les enfants aussi. Tout pouvait basculer. Je sentais mon sexe battre, trop dur, trop visible si je bougeais mal.
— Je... je sais pas si...
Elle n'attendit pas la suite. Ses doigts s'arrêtèrent pile sur le côté de mon sexe, à travers le pantalon, et appuyèrent une seconde, juste assez pour que je retienne mon souffle. Puis elle murmura encore plus bas, les yeux dans les miens :
— Je te veux. Maintenant. Tu viens ou pas ?
Le père n'avait pas bougé. Il regardait toujours. La mâchoire serrée, les sourcils froncés, mais il restait assis, figé, comme s'il ne savait pas s'il devait intervenir ou s'il préférait continuer à regarder. Sa femme, elle, ne retirait toujours pas sa main. Elle caressait maintenant plus ouvertement la longueur de mon érection à travers le tissu, un va-et-vient lent, discret, mais terriblement efficace. Je bandais à en avoir mal.
Le train ralentit légèrement dans une courbe. Le compartiment pencha un instant. Sa cuisse s'appuya plus fort contre la mienne. Ses doigts serrèrent un peu plus.
J'ouvris la bouche, encore hésitant, le sang battant trop fort pour réfléchir clairement.
Le compartiment était devenu trop étroit. Chaque mouvement de ses doigts sur mon sexe à travers le pantalon envoyait une décharge nette, chaude, qui me faisait serrer les dents. Elle appuyait maintenant avec plus d'assurance, suivant toute la longueur de mon érection, remontant jusqu'à la base, redescendant jusqu'à la tête. Le tissu était déjà un peu humide à l'intérieur. Mon cœur battait trop fort. Ses cuisses, lourdes et chaudes, restaient collées contre les miennes. Je sentais la chaleur de sa peau à travers la jupe. Elle respirait un peu plus vite. Ses seins se soulevaient sous le pull. Quand elle se pencha encore pour murmurer, je perçus l'odeur discrète de son parfum mélangée à quelque chose de plus animal, plus chaud.
— Vas-y... je te suis.
Ma voix était rauque. J'hésitai encore une seconde, le regard accroché au sien. Puis je refermai le livre, le glissai dans mon sac, et me levai. Mon pantalon était trop tendu. Je dus ajuster discrètement. Le père nous regarda partir sans un mot. Sa mâchoire était toujours crispée, mais il ne bougea pas.
Le couloir du wagon était étroit, mal éclairé. Le train cahotait. Elle me suivait de près. Je sentais sa présence juste derrière moi, sa respiration, la chaleur de son corps. Une fois devant la porte des toilettes, j'ouvris, entrai, et elle se glissa aussitôt derrière moi. La porte se referma avec un clic. Le verrou tourna.
L'espace était minuscule. Un lavabo, un miroir taché, des parois en plastique gris. L'odeur de désinfectant et de métal. Dès que la porte fut verrouillée, elle se colla contre moi. Ses seins lourds s'écrasèrent contre mon torse. Sa bouche chercha la mienne. Le baiser fut immédiat, profond, un peu désordonné. Sa langue s'enroula autour de la mienne. Ses mains glissèrent dans mon dos, puis descendirent, agrippèrent mes fesses et me tirèrent contre elle. Je sentis le bas de son ventre presser mon sexe dur. Elle gémit bas dans ma bouche.
Je la poussai doucement contre le lavabo. Mes mains remontèrent sous sa jupe. Les cuisses étaient encore plus chaudes, plus douces que je ne l'avais imaginé. La peau était lisse, ferme malgré les années et les grossesses. Je caressai l'intérieur de ses cuisses en remontant lentement. Elle écarta un peu les jambes. Mes doigts rencontrèrent la dentelle de sa culotte, déjà humide. Je la caressai à travers le tissu. Elle poussa un soupir plus long, plus grave, et fit basculer ses hanches vers ma main.
— Plus fort..., murmura-t-elle contre ma bouche.
Je glissai les doigts sous la dentelle. Elle était chaude, gonflée, déjà très mouillée. Je séparai les lèvres et trouvai son clitoris. Je le caressai en cercles lents, puis plus rapides. Elle se cambra, agrippa mon épaule d'une main et mon poignet de l'autre pour me guider. Ses hanches bougeaient maintenant en rythme avec mes doigts. Le train secouait légèrement la cabine. Chaque cahot faisait bouger nos corps l'un contre l'autre.
Je m'agenouillai. Le sol était froid. Je soulevai sa jupe jusqu'à sa taille et tirai la culotte sur le côté. L'odeur de son sexe me monta à la tête, chaude, forte. Je posai ma bouche dessus. Elle poussa un gémissement plus net, étouffé par sa main. Ma langue traça la longueur de ses lèvres, s'attarda sur son clitoris, le suça doucement. Elle écartait encore plus les cuisses, une main dans mes cheveux, l'autre agrippée au lavabo. Ses cuisses tremblaient légèrement contre mes joues. Je léchai plus profondément, enfonçant la langue, la retirant, revenant sur le point sensible. Elle gémissait de plus en plus fort, les hanches roulant contre ma bouche.
Après un moment elle me tira vers le haut. Ses mains débouclèrent ma ceinture, ouvrirent mon pantalon, sortirent mon sexe. Il était douloureux de dureté, la tête déjà luisante. Elle le serra dans sa main, le caressa de la base à la tête avec une pression ferme, puis s'accroupit à son tour. Sa bouche m'engloutit d'un coup. Chaude, humide, glissante. Elle prit presque toute la longueur, recula, revint, en utilisant sa main en même temps. Sa langue tournait autour de la tête à chaque mouvement. Je posai une main contre la paroi pour me stabiliser. Le plaisir montait trop vite.
Elle se releva, se retourna, s'appuya sur le lavabo, le regard dans le miroir. Elle releva sa jupe jusqu'à la taille et écarta les jambes. Je m'approchai derrière elle. Mon sexe glissa d'abord entre ses cuisses, frottant contre sa vulve mouillée. Puis je m'enfonçai d'un seul mouvement lent et profond. Elle était étroite, brûlante, et elle serra autour de moi en poussant un long gémissement. Je restai immobile une seconde, entièrement en elle, sentant chaque contraction. Puis je commençai à bouger.
Les va-et-vient étaient profonds, réguliers au début. Mes mains tenaient ses hanches larges. À chaque poussée je la regardais dans le miroir : le visage ordinaire transformé par le plaisir, la bouche ouverte, les yeux mi-clos. Ses seins se balançaient sous le pull à chaque mouvement. Je glissai une main sous le vêtement, trouvai un sein lourd, le pétris, pinçai le mamelon. Elle poussa plus fort contre moi. J'accélérai. Le bruit de nos peaux qui s'entrechoquaient se mélangeait au grincement du train et à ses gémissements étouffés.
Elle tendit une main en arrière, agrippa ma cuisse, me força à aller encore plus profond. Je sentais le plaisir monter en elle, les contractions de plus en plus fortes autour de mon sexe. Ses cuisses tremblaient. Elle se mordit la lèvre pour ne pas crier. Je glissai une main entre ses jambes et caressai son clitoris pendant que je la prenais. Elle se tendit d'un coup, le dos cambré, et jouit en silence, par secousses longues et profondes, en me serrant si fort que j'eus du mal à continuer.
Je ne tins plus longtemps. Quelques poussées encore, plus brusques, et je me retins à peine. Je sortis juste à temps et éjaculai sur le bas de son dos et le haut de ses fesses, en longs jets chauds. Elle resta penchée, respirant fort, le visage encore appuyé contre le miroir.
Pendant de longues secondes nous ne bougeâmes pas. Le train continuait sa course. Dehors, dans le couloir, des pas passèrent. Personne ne s'arrêta.
Elle se redressa lentement, tira sa jupe, rajusta sa culotte. Son visage était encore marqué par le plaisir, les joues rouges, les lèvres gonflées. Elle me regarda dans le miroir, un sourire trouble au coin des lèvres.
— On devrait rentrer... avant qu'il se demande trop de choses.
Je rajustai mon pantalon, encore un peu tremblant. Mon sexe était sensible, encore mi-dur. Elle se tourna, posa une dernière main sur mon entrejambe à travers le tissu, pressa une seconde, puis ouvrit le verrou.
La porte s'ouvrit sur le couloir bruyant et anonyme du train.
La porte des toilettes s'ouvrit sur le couloir. Une femme d'une quarantaine d'années attendait juste à côté, le dos contre la paroi, les bras croisés. Elle nous regarda sortir. Un sourire lent, presque amusé, se dessina sur ses lèvres. Elle avait remarqué l'état de nos vêtements, la rougeur encore visible sur le visage de Coralie, mon propre air un peu défait.
Elle s'adressa directement à elle, d'une voix calme et claire :
— Une bonne façon de passer le temps, n'est-ce pas ?
Coralie répondit sans gêne apparente, un sourire poli mais sincère aux lèvres. Sa voix était redevenue posée, presque chaleureuse :
— Tout à fait. Le voyage est long... autant le rendre intéressant.
La femme inclina légèrement la tête, puis posa les yeux sur moi. Son regard glissa une seconde trop bas, s'attarda, puis remonta. Il y avait de l'envie là-dedans, nette, sans fard. Elle se pencha un peu et chuchota, juste assez fort pour que je l'entende :
— Si ça te dit... pourquoi pas.
Elle me dévisagea encore une seconde, le sourire toujours présent, puis entra dans les toilettes en refermant la porte derrière elle. Le verrou claqua.
Coralie et moi restâmes un instant immobiles dans le couloir étroit. Le train continuait sa course régulière. Elle me jeta un regard de côté, un mélange de satisfaction et d'amusement discret, puis murmura :
— On dirait que tu plais.
Nous repartîmes vers le compartiment.
Coralie repartit la première vers le compartiment. Je la regardai s'éloigner dans le couloir étroit, la jupe encore un peu froissée dans le dos, la démarche un peu moins assurée qu'à l'aller. Elle tourna la tête une dernière fois avant de disparaître derrière la porte coulissante, me lançant un regard qui disait clairement : « Ne tarde pas trop. »
Je restai un moment appuyé contre la paroi, le souffle encore un peu court. Mon pantalon était rajusté, mais mon sexe restait sensible, à peine retombé. C'est à ce moment-là que la porte des toilettes s'ouvrit à nouveau. La femme en sortit. Elle referma derrière elle, s'essuya discrètement les mains sur sa jupe, puis s'arrêta juste en face de moi. Le sourire qu'elle avait eu tout à l'heure était toujours là, plus marqué maintenant.
Elle s'approcha d'un pas. Le couloir était désert pour l'instant. Le train roulait à bonne allure, le bruit des rails couvrant nos voix.
— Elle a l'air de bien s'amuser, ta Coralie... murmura-t-elle. Vous n'avez pas l'air de vous être ennuyés.
Je ne répondis rien tout de suite. Elle avait une façon de me regarder qui était directe, presque appuyée. Ses yeux descendirent une seconde sur mon entrejambe, s'attardèrent, puis remontèrent.
— Tu sais, continua-t-elle d'une voix plus basse, les toilettes de ce train sont plutôt correctement isolées. Et le verrou tient bien. Si jamais tu as encore un peu de temps avant de rentrer... on pourrait en profiter autrement.
Elle fit un pas de plus. Sa poitrine frôla presque mon bras. Je sentis son parfum, plus sucré que celui de Coralie, et la chaleur de son corps tout près.
— Je t'ai vu sortir. Tu avais l'air... satisfait. Mais pas complètement vidé, non ? Elle sourit plus largement. Moi, j'aime bien quand un homme est encore un peu dur. Ça veut dire qu'il reste de la place pour autre chose.
Ses mots étaient précis, sans être vulgaires. Chaque phrase était une suggestion claire. Elle pencha légèrement la tête, les yeux fixés sur les miens.
— On pourrait y retourner maintenant. Toi contre la paroi, moi à genoux... ou l'inverse. Ou alors je te prends comme elle t'a pris, mais plus lentement. J'aime bien sentir un homme trembler un peu. Et si tu préfères, on peut juste... parler un moment, et voir où ça mène. Mais je crois que tu bandes déjà rien qu'en m'écoutant.
Elle avait raison. Pendant qu'elle parlait, mon sexe s'était remis à durcir, lentement, lourdement, sous le tissu. Le contact de sa voix, le souvenir encore chaud de Coralie, et maintenant ces propositions directes... tout se mélangeait. Je sentais la tension revenir, plus nette, plus insistante. Elle le vit. Son regard s'attarda de nouveau plus bas, et elle sourit comme si elle venait de confirmer quelque chose.
— Tu n'as pas besoin de répondre tout de suite, ajouta-t-elle. Mais si tu changes d'avis... je reste dans le wagon. Et les toilettes ne sont jamais bien loin.
Elle passa une main légère sur mon bras en partant, un simple frôlement, puis s'éloigna vers l'autre extrémité du couloir. Je restai immobile quelques secondes de plus, le sang battant à nouveau trop fort entre mes jambes. Mon érection était revenue, bien présente, difficile à cacher.
Je repris enfin le chemin du compartiment.
Quand j'ouvris la porte, Coralie était déjà rassise à sa place, à côté de la mienne. Elle avait repris une attitude presque normale, les mains posées sur ses genoux, le visage redevenu ordinaire. Mais ses joues gardaient encore une légère rougeur, et quand elle leva les yeux vers moi, il y avait toujours ce fond de trouble et de satisfaction. Le père, en face, nous regarda tous les deux. Son expression était difficile à lire : un mélange de suspicion, de malaise, et peut-être autre chose. Les enfants, eux, n'avaient rien remarqué.
Je m'assis lentement. Mon pantalon était trop tendu. La cuisse de Coralie se reposa immédiatement contre la mienne, comme si de rien n'était. Sous le prétexte d'ajuster sa jupe, sa main glissa une seconde sur le côté de ma jambe, juste assez pour sentir que j'étais de nouveau dur.
Elle ne dit rien. Elle n'en avait pas besoin.
Le train continuait sa route. Dehors, le paysage défilait. Dedans, le silence du compartiment était plus lourd qu'avant.
À peine assis, le contraste me frappa de plein fouet.
La femme des toilettes m'avait excité, c'était indéniable. Plus fine que Coralie, plus anguleuse, le corps plus sec, la voix plus directe. Ses suggestions avaient été claires, presque cliniques, et mon sexe avait répondu immédiatement. Mais ce n'était rien, absolument rien, à côté de ce que Coralie provoquait en moi. Ce corps plantureux, ces cuisses lourdes encore chaudes du souvenir de tout à l'heure, ces seins généreux qui s'étaient balancés sous le pull pendant que je la prenais, et surtout ce regard. Ce regard qui n'avait rien de timide, rien de passager. Un regard de femme mûre qui savait exactement ce qu'elle voulait et qui en voulait encore. Plus. Tout de suite. Même ici, sous les yeux de son mari.
Mon inquiétude, pourtant, restait accrochée au père.
Il nous fixait. Pas un coup d'œil furtif. Un regard franc, posé, parfaitement conscient. Il avait vu sa femme partir, il m'avait vu revenir quelques minutes plus tard, il avait forcément remarqué l'état de nos vêtements, la rougeur persistante sur le visage de Coralie, mon propre air encore un peu défait. Et maintenant il observait. La mâchoire serrée, les sourcils légèrement froncés, mais sans un mot, sans un geste. Il laissait faire. Comme s'il avait décidé de regarder jusqu'au bout, ou comme s'il ne savait plus comment intervenir. Ou peut-être, plus troublant encore, comme s'il tirait quelque chose de ce spectacle.
Coralie, elle, n'attendit même pas que je sois complètement installé.
Sa cuisse se colla immédiatement contre la mienne, plus lourde, plus insistante qu'avant. Sous le prétexte d'arranger le pan de sa jupe, sa main glissa le long de ma jambe. Les doigts trouvèrent d'abord le côté de ma cuisse, puis remontèrent avec une précision lente, presque possessive. Elle caressa à travers le pantalon, suivant la ligne de mon sexe déjà redevenu dur, appuyant juste assez pour que je sente chaque mouvement. Un va-et-vient discret, mais nettement plus appuyé que dans le couloir. Elle savait que son mari regardait. Elle le savait et elle continuait.
Je restai immobile, le livre rouvert sur mes genoux sans que j'en lise une seule ligne. Mon cœur battait trop fort. L'érection que la femme des toilettes avait réveillée était maintenant entièrement tendue, coincée, sensible à chaque passage des doigts de Coralie. Elle traçait des cercles lents juste sous la tête, puis redescendait jusqu'à la base, pressait, relâchait, recommençait. Le tissu de mon pantalon était déjà un peu trop chaud, un peu trop tendu.
Le père n'avait toujours pas détourné les yeux.
Coralie se pencha très légèrement vers moi, comme pour regarder mon livre. Sa voix n'était qu'un souffle :
— Tu es encore dur... J'aime ça.
Sa main serra un peu plus fort, juste une seconde, assez pour me faire retenir mon souffle. Puis elle reprit sa caresse lente, presque nonchalante, sous le regard fixe de son mari. Ses seins frôlaient mon bras à chaque mouvement du train. Je sentais la chaleur de son corps, l'odeur encore mêlée de sexe et de parfum qui montait d'elle. Ce corps plein, plantureux, que j'avais eu sous les mains et dans la bouche quelques minutes plus tôt, me rendait dingue. Plus que la femme fine des toilettes. Plus que n'importe quelle suggestion. C'était ce regard-là, ce corps-là, cette façon de continuer sous les yeux de son mari, qui me faisaient bander à en avoir mal.
Le père resta silencieux. Il nous regardait. Et il laissait faire.
Le père ne détournait plus les yeux.
Il avait abandonné tout prétexte de lire son journal. Celui-ci restait ouvert sur ses genoux, oublié. Son regard était posé, fixe, presque clinique, sur la main de sa femme qui continuait à caresser mon sexe à travers le pantalon. Il voyait chaque mouvement. La façon dont ses doigts suivaient la longueur, appuyaient sur la tête déjà trop sensible, redescendaient jusqu'à la base. Il voyait aussi mon propre état : le tissu tendu, la bosse nette, impossible à dissimuler. Et il ne disait rien. Il regardait. Comme un homme qui assiste à quelque chose qu'il n'aurait jamais dû voir, et qui pourtant ne peut plus s'en détacher. Il y avait de la colère dans ses yeux, oui, mais aussi autre chose. Une fascination trouble. Un voyeurisme forcé, peut-être, ou accepté. Ses mains étaient crispées sur les accoudoirs. Sa respiration, un peu plus courte. Il laissait faire. Et en laissant faire, il participait.
Moi, je n'avais plus qu'une seule envie : Coralie. Encore. Tout de suite. Son corps plantureux, ses cuisses lourdes, ce regard qui en demandait plus... tout ça me rendait dingue. Je bandais à en avoir mal, le sexe battant contre la paume de sa main. Et je sentais qu'elle s'excitait aussi. Sa respiration avait changé. Plus rapide, plus profonde. Une légère rougeur était remontée le long de son cou. Sous le pull, ses seins se soulevaient plus nettement. Elle n'était plus seulement en train de me toucher. Elle jouissait déjà de la situation.
Puis elle fit quelque chose de plus clair.
Sans un mot, elle écarta les cuisses.
Lentement. Délibérément. La jupe gris clair se tendit, puis glissa un peu plus haut sur ses genoux. L'espace entre ses cuisses s'ouvrit. Assez pour que je voie l'ombre de sa culotte. Assez pour que son mari, en face, voie exactement la même chose. Elle ne regardait ni l'un ni l'autre en faisant ça. Elle regardait droit devant elle, comme si le geste était naturel. Mais il ne l'était pas. C'était une invitation. Une offre. Et la question restait suspendue dans l'air du compartiment : pour qui écartait-elle les cuisses ? Pour moi, qui venais de la prendre dans les toilettes et qui bandais encore pour elle ? Ou pour son mari, qui la regardait faire et qui, peut-être, durcissait lui aussi sous le journal ?
Sa main, pendant ce temps, n'avait pas cessé. Elle serrait maintenant mon sexe avec plus d'assurance, le caressant de la base à la tête en un rythme régulier, presque obscène dans sa discrétion. Je sentais le tissu de mon pantalon devenir légèrement humide à l'endroit où la tête frottait. Mon envie d'elle était devenue physique, urgente. Je voulais glisser la main sous sa jupe, sentir à nouveau cette chaleur, cette humidité que j'avais goûtée tout à l'heure. Je voulais la prendre ici, maintenant, sous les yeux de son mari. Et elle le savait. Elle l'avait compris. C'est pour ça qu'elle écartait encore un peu plus les cuisses, assez pour que le bord de sa culotte devienne visible, assez pour que l'on devine qu'elle était déjà mouillée.
Le père respirait par la bouche maintenant. Son regard allait de la main de sa femme sur mon sexe à l'espace ouvert entre ses cuisses. Il ne bougeait toujours pas. Il laissait faire. Et dans ce laisser-faire, il y avait quelque chose de plus trouble encore : une forme de consentement silencieux. Ou de désir refoulé. Ou les deux.
Coralie tourna enfin la tête vers moi. Ses yeux étaient sombres, brillants. Elle murmura, si bas que seul moi pouvais l'entendre :
— Tu le vois... comme il regarde. Et moi... je suis déjà trempée.
Sa main serra plus fort. Ses cuisses restèrent ouvertes. Et le père, en face, continua de regarder.
La nuit était tombée, les enfants dormaient que me réservait la suite de ce voyage ?
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