Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Le libertinage se raconte — Chapitre 4 · Les inconnus
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Le libertinage se raconte
Chapitre 4 · Les inconnus
Pour ne pas être déçu par une sortie en club libertin, ne vous attendez pas à y trouver autre chose que ce que vous y apportez.
J'écris la formule entre guillemets, mais je ne me souviens pas de l'avoir entendue ou lue de la part de personne d'autre. Je crois donc l'avoir inventée, ce qui flatte mon ego car je la trouve pertinente et intelligente.
J'écris la formule entre guillemets, mais je ne me souviens pas de l'avoir entendue ou lue de la part de personne d'autre. Je crois donc l'avoir inventée, ce qui flatte mon ego car je la trouve pertinente et intelligente.
Lorsqu'on découvre le libertinage en couple, on réfléchit forcément à l'opportunité de fréquenter un club échangiste, on peut appréhender ou idéaliser la façon dont peut se dérouler une soirée. Bref, la découverte de l'ambiance club pour deux débutants, c'est une expérience de l'inconnu un peu impressionnante.
Faut-il découvrir cette ambiance juste en couple ? Avec des amis ou des connaissances déjà expérimentés ? Faut-il y prévoir une rencontre avec des complices croisés sur Internet ? Et si jamais j'y rencontre mon chef ? Ou de la famille ? Je me garderais bien en fait de donner des conseils, aucune réponse n'est fondamentalement mauvaise, et c'est sans doute par essai-erreur qu'il est le plus pertinent de se forger une opinion. Chaque club est différent, et chaque club a une réputation, et pour chaque club, chaque soirée est différente, et pour chaque soirée, la réputation s'infirme ou se confirme sans qu'on y puisse grand-chose.
C'est par ce propos introductif légèrement décousu que je ressens le besoin de démarrer le récit à suivre.
Marie et moi étions d'humeur coquine, disponibles pour sortir ce samedi soir sans avoir aucun programme en tête, ni contrainte, ni rendez-vous. Nous sommes allés au Korosko. Pour les lecteurs un peu loin de la Bretagne, il s'agit d'un club sauna-hammam-balnéo ouvert à tout public coquin : gay, mixte, couple et femmes seules, avec des créneaux dédiés.
Nous étions complices l'un avec l'autre, un peu dans notre bulle. Marie n'avait exprimé comme seul souhait que de pouvoir se laisser porter. Il survint peu après l'entrée un événement que tout libertin peut craindre d'expérimenter en club : j'aperçus une collègue de travail. Elle exerce ses missions dans un autre service et nous sommes qu'occasionnellement amenés à collaborer mais on se connaît. Elle ne portait pas ses lunettes, elle était accompagnée et tous les deux se dirigeaient vers le spa. Elle ne m'a pas prêté attention et ne m'a pas reconnu. Marie supporte assez mal le spa (le traitement au chlore plus précisément) et on évite donc. Ça me va très bien, surtout dans ces circonstances.
C'est au sauna que nous nous dirigions, il est dimensionné pour y accueillir sans doute une dizaine de personnes jusqu'à six pour y être confortable, et peu importe, nous y étions seuls. Marie a eu tout le loisir de s'allonger sur le banc, ses cheveux frôlant ma cuisse. Elle s'est installée sur le dos, sa poitrine exhibée et ses tétons auraient dominé son corps si ses genoux n'avaient été légèrement relevés. Bref, elle était détendue, souriante, les yeux fermés, et les gouttes de sueur qui perlaient progressivement n'ont fait qu'ajouter à la sensualité de la pose.
Les silhouettes d'un couple se sont présentées à l'entrée du sauna... et ce n'était pas ma collègue de travail. C'était un couple charmant, lui un peu plus âgé, la silhouette assez sèche et le visage fin, un sourire en retenue qui inspire confiance et sympathie, elle davantage dans nos âges, avec quelques rondeurs mais sans excès et tout en sensualité. Son regard clair et pétillant, son sourire avenant m'ont charmé immédiatement. Ils se sont installés en face de nous, assis tous les deux, Marie releva à peine leur présence, un léger hochement de tête et elle referma les yeux. De mon côté, je ne cachais pas que leur présence m'émoustillait, je les dévisageais franchement, et je les voyais eux aussi alterner leur regard entre moi et Marie. De ma main droite et du bout des doigts, je taquinais le cou de Marie, ses épaules, ses seins et ses tétons, le bras tendu j'atteignais tout juste son nombril, et je continuais de la caresser ainsi sur ce qui m'était accessible. De ma main gauche, je me suis caressé le torse dans un mouvement que j'espérais viril évacuant lentement des gouttes de sueur qui se reformaient immédiatement. Marie gémissait en douceur. Je me suis masturbé. Je n'aurais pas pu prolonger une exhibition aussi franche si les spectateurs en face n'avaient pas été aussi captivés par ce que je donnais à voir. Leur regard sur moi et sur Marie m'encourageait. Je finis par m'agiter, à changer de position pour embrasser Marie, elle se redressa et sortit de sa somnolence en écartant les bras. Elle vit nos voisins, elle vit surtout mon érection et sourit. Je me suis mis à genoux devant elle et je lui ai léché la chatte. Elle s'est exhibée, écartant les jambes et bombant sa poitrine. Je me suis redressé, assis sur le banc et enjoint Marie à s'installer sur moi, dos à moi, à faire face à ce couple qui ne détournait pas le regard, et dont on ne voulait surtout pas qu'il le détourne. J'ai pénétré Marie devant eux, elle n'a pas retenu ses gémissements. Nos spectateurs se caressaient et se masturbaient mutuellement, mais ils sont restés focalisés sur nous, pour ma plus grande satisfaction.
Cette magie s'est interrompue brutalement, un troisième couple est entré dans le sauna et cette irruption a mis fin à ce jeu d'exhibition et de voyeurisme. Marie et moi avons décidé de sortir du sauna et nous l'avons fait sans un mot pour nos spectateurs mais en partageant avec eux un regard de déception.
Après une douche, nous avons déambulé un moment dans le club, visitant les différents coins câlins, nous restaurant et nous désaltérant à l'espace bar. C'est vers le hammam que nous nous sommes ensuite orientés. À l'intérieur, deux couples étaient déjà présents dont... nos spectateurs du sauna. La femme était semi-allongée sur le banc, le dos reposant sur le torse de son conjoint. Dans le prolongement, il y avait suffisamment de place pour nous installer Marie et moi dans la même position en miroir. Le jeu d'exhibition et de voyeurisme a repris : dans une sorte de mimétisme, chaque caresse de l'un sur le corps de sa compagne était reproduite, amplifiée et modifiée. La vapeur d'eau ambiante donnait à deviner davantage qu'à voir, les chattes de nos compagnes demeurant invisibles malgré les jambes écartées. Je voulais pénétrer Marie, et une petite alcôve un peu plus tempérée était attenante à la partie la plus chaude du hammam. Je sollicitais Marie pour nous y rendre et elle prit les devants passant juste à côté de nos spectateurs. Je la suivis et dans un geste audacieux je caressais nettement le mollet et la cuisse de cette femme dont le sourire me charmait tant. Elle et son compagnon interprétèrent ce geste comme une invitation à nous suivre. C'était le cas.
L'alcôve était libre et ne pouvait nous accueillir que nous quatre. Marie s'est installée sur le rebord du plateau, plaçant ainsi son sexe à hauteur du mien, je l'ai pénétrée sans attendre, et nos complices sont arrivés alors que mon sexe avait déjà disparu à l'intérieur de celui de Marie. Ils s'installèrent à nos côtés, la femme sur le plateau, et son compagnon debout à côté de moi, ils se caressaient mutuellement d'une main et de l'autre caressaient Marie. Je les encourageais à cela « je veux l'offrir ». J'ai cessé un court moment ma pénétration, me suis baissé pour lui aspirer le clitoris dans ma bouche. Ma langue a parcouru son sexe, et est descendue encore davantage pour faire le tour de son anus. Je me suis redressé, le regard tourné vers Marie dans une interrogation muette... elle approuva. J'ai sodomisé Marie devant nos complices sur ce plateau dans une position qu'on pourrait qualifier du missionnaire, sa chatte entièrement disponible et offerte n'a pas tardé à être recouverte et pénétrée par des doigts qui n'étaient pas les miens. C'était intense, mais la chaleur ambiante du lieu n'a pas permis de maintenir une telle intensité très longtemps. Ce fut un moment explosif. Nous nous sommes souris tous les quatre, nous remerciant mutuellement de cette explosion des sens et nous souhaitant une belle continuation de soirée.
Nous sommes sortis ensemble du hammam, avons pris une douche ensemble, puis nous sommes partis chacun de notre côté déambuler en fonction de nos envies. Marie et moi avons passé un moment calme et de repos à l'espace bar, puis un nouveau passage au sauna où nous sommes restés sages. Nous sommes repassés devant les alcôves où j'avoue que j'espérais recroiser nos complices en pleine action dans une alcôve ouverte. J'ai aperçu de nouveau ma collègue de travail mais de dos et j'ai fait demi-tour pour ne pas me faire remarquer. Elle se dirigeait de nouveau vers le spa où j'imagine qu'elle avait passé l'essentiel de la soirée.
L'envie de faire une dernière fois l'amour à Marie était présente et l'excitation de l'exhibition toujours vivace. Nous sommes entrés dans un petit coin câlin sans aucun décor, un matelas recouvrant l'intégralité du sol de la pièce. Après quelques préliminaires, je pénétrai Marie en levrette face à la porte que nous avions laissée grande ouverte. Il y eut du passage dans le couloir, et pas une seule personne n'est passée sans ralentir puis s'arrêter et nous regarder, avant de repartir pour ne pas bloquer le passage à ceux qui suivaient. Notre couple (spectateurs du sauna et complices du hammam) était là et comme les autres, ils ont ralenti, se sont arrêtés et nous ont regardés et étaient sur le point de repartir comme les autres pour ne pas bloquer le passage à ceux qui suivaient. Je n'ai pas laissé faire et leur ai fait signe de nous rejoindre à l'intérieur. Ils se sont installés fébriles à nos côtés dans une position identique à la nôtre, eux aussi face à la porte bien que légèrement en décalé. L'excitation était forte pour l'homme qui préférait ne pas jouir et renonça à pénétrer sa partenaire. Il s'est occupé d'elle avec passion de sa bouche et de ses doigts. J'ai interpellé Marie par ces mots : « Si nos voisins sont d'accord, j'ai envie que tu suces monsieur ! ». Marie approuva, les voisins après un rapide regard approuvèrent eux aussi et se déplacèrent, respectivement vers le visage de Marie et à mes côtés. Je n'ai pas cessé ma pénétration pendant la fellation de Marie mais mes mains quittèrent ses fesses pour saisir le corps de ma toute proche voisine. Je l'ai embrassée et j'ai caressé son sexe, mes doigts n'ont pas tardé à pénétrer son vagin trempé. Précédemment stimulée par son compagnon, elle était chaude et toute prête à défaillir. Dans le couloir, les passages se succédaient, un couple a ralenti s'est arrêté et a regardé. C'est ainsi que ma collègue de travail m'a reconnu : à genoux en train de baiser une femme en levrette elle-même en train de tailler une pipe, et une autre femme la tête sur mon épaule en train de prendre son pied avec mes doigts dans sa chatte. Nos regards se sont croisés sans qu'aucune ambiguïté sur notre reconnaissance mutuelle ne puisse subsister. J'ignore ce qu'elle a vu dans mon regard, dans le sien il m'a semblé voir un premier mouvement de gêne puis la lucidité qu'il n'y avait rien de grave dès lors que chaque chose restait à sa place. Elle glissa un mot à l'oreille de son compagnon et ils repartirent. Ils furent les seuls à le faire alors qu'ils ne bloquaient le passage de personne.
Le paroxysme sexuel atteint, nous nous déliâmes, et rejoignîmes les douches puis les vestiaires. Nous sommes restés ensemble presque en silence, ce n'était pas un silence malaisant mais plutôt l'expression d'une sérénité. Marie et moi étions prêts avant eux et sommes sortis du club.
C'est finalement à l'extérieur du club, les idées sans doute un peu éclaircies par la fraîcheur de la nuit, que nous nous sommes dit que nous pourrions tout de même échanger quelques mots avec ce couple avec lequel nous avions partagé intensément cette soirée. Ils sortirent à leur tour une minute après nous, nous avons ressenti leur soulagement que nous les ayons attendus. On se donna enfin nos prénoms et nos numéros de téléphone, qui nous étions et où nous vivions. Les inconnus ne l'étaient plus.
J'ai recroisé ma collègue à plusieurs reprises au travail, ni plus, ni moins souvent qu'auparavant. Il n'y a jamais eu aucune allusion, d'aucune sorte, ni de ma part, ni de la sienne, même dans les moments où nous pouvions discuter sans témoin. Les connaissances sont restées anonymes.
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