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Couverture de Road movie, par Azimuteur
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Road movie — Chapitre 1 · 1/1 far from big apple

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Azimuteur
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Road movie

Chapitre 1 · 1/1 far from big apple

Depuis le début, c'est le pied !
Enfin, ça dépend où on place le début ! Et de quel pied on parle !
Parce que, au début du commencement, et c'est pas pour faire pleurer dans les chaumières, mais naître de père inconnu et d'une mère camée, alcoolo et épileptique, ce n’est pas ce qu'on appelle démarrer dans la vie d'un bon pied !
Surtout avec un pied bot !
Ce putain de pied qui m'a pourri toute ma jeunesse. Une p'tite gueule d'amour et la démarche de Quasimodo. À l'école, vous pensez bien que les mômes ne m'ont jamais fait de cadeaux. Autant dire que ma jeunesse a été très solitaire. Ado, ce n'était pas mieux, les filles me rejetaient. Combien de fois, tranquillement assis au troquet ou en boîte, je ne me suis pas fait draguer par des super gonzesses qui partaient ensuite en courant dès qu'elles m'avaient vu faire trois pas. Et j'en ai rattrapé aucune ! Vingt-trois ans, toutes mes dents et... puceau. Enfin presque, les professionnelles, ça ne compte pas. Non, pas une seule amourette, pas un flirt...
Et puis, tout à coup, alors qu'on n'y croit plus, le miracle !
Lilly !
Lilly, mon petit oiseau, le grand soleil qui m'est monté à la tête. Lilly, une tête de plus que moi, un pruneau en guise de cerveau, mais un cœur gros comme ça ! Oh, pas la classe des beaux quartiers, mais des roploplos comme des pomelos, un cul à damner tous les saints du Paradis, une silhouette de rêve et une frimousse de star. Des cheveux bruns, presque noirs, longs jusqu'aux fesses, des yeux noisette battus par de longs cils, un regard de biche, une bouche sensuelle, la peau mate, un sourire étincelant.
Pocahontas, vous voyez ?
Eh bien, Lilly, elle est encore mieux gaulée ! Le rêve absolu, en chair et en formes.
Ma Lilly, je l'ai trouvée au bord de la route.
Oh ! Doucement !
J'ai dit la route, pas le trottoir ! Gogo girl mais pas putain !
D'accord, vu la façon dont elle était fringuée pour faire du stop, je me suis posé la question tout d'abord. Un mini tee-shirt prêt à craquer au premier soupir et une ras-la-touffe rouge écarlate. Lorsque je me suis garé derrière sa voiture arrêtée au bord de la route, la mignonne était assise sur le coffre, les pieds sur le pare-chocs et les cuisses juste assez écartées pour que je distingue les dentelles de son slip blanc. D'abord je me suis dit que c'était trop beau pour être vrai, qu'il devait y avoir un piège, genre mec de deux mètres de haut, planqué dans les buissons et qui surgirait pour me mettre un coup sur la cafetière. Pendant trois secondes, j'ai hésité, prêt à écraser l'accélérateur, la main droite dans la poche pour défourailler aussi sec en cas de besoin. Mais la petite était seule, en panne, désemparée et tellement jolie que j'ai mis mon mouchoir sur mes appréhensions.
La chance continue, avais-je pensé alors. Le fric et la fille de mes rêves !
Au fait, je crois que je ne vous ai pas encore parlé du joli magot que je balade dans le coffre. Je vous explique :
La veille, Certini, mon boss, avait envoyé Wire en mission en Virginie. Wire, "fil-de-fer" ! Tu parles ! Deux mètres de haut, deux mètres de tour de taille, cent quatre-vingts kilos ! Comme il ne peut pas conduire, vu son périmètre, c'est moi qui le chaperonnais. Charmant voyage ! Wire, homme de confiance de Certini, était du genre muet. Pas un mot pendant le trajet. Tu parles d'une balade ! Qui il était allé voir, je n'en sais rien et ne veux surtout pas le savoir. Toujours est-il qu'après son rendez-vous, il était revenu avec un gros sac de voyage qu’il avait balancé dans le coffre de la Ford.
Sur le chemin du retour, l'énorme biberonnait sa bouteille de bourbon. Plus il faisait chaud, plus il buvait, transpirait, suait, rotait. Au bout de cinquante bornes, il s'était endormi et ronflait comme l'antique Studebaker de ma garce de mère. Tu parles d'un compagnon de route !
On roulait comme ça depuis deux heures quand j'ai réalisé que je ne l'entendais plus respirer. Je lui balance un coup de coude, puis un deuxième, plus fort, aucune réaction. J'arrête la Ford sur un parking tranquille et j'ausculte l'énorme : le mec est cané, mort de chez mort. Alcool plus chaleur, le palpitant a dû mettre les pouces. Le fil de fer a claqué !
Pas vraiment ému par la situation, et avant tout autre chose, je file alors à l'arrière pour ausculter le sac de voyage.
Vert !
Le sac est tout vert !
Pas dehors.
Dedans !
Rien que des liasses de billets verts !
Il m'a fallu dix minutes pour faire les comptes : neuf cent mille dollars ! Et pour peu que j'aie mal compté, il y a le million ! The pactole !
Bingo !
Je ne sais ce que vous auriez fait vous, mais moi, c'était vite réfléchi ! En cinq secs, c'était plié : je file à l'ouest, en Californie, au Mexique, au bout du monde, au Zimbab... (non pas là-bas, je sais même pas comment ça s’écrit !), mais en tous cas, Certini ne verra jamais la couleur de son fric !
Le plus dur ensuite, ç'a été de me débarrasser du gros. J'ai fini par trouver un bosquet tranquille où l'abandonner. Mais virer son corps de la bagnole, pas simple ! J'y suis arrivé, après bien des efforts, en m'installant de travers, côté conducteur, dos appuyé contre ma portière fermée et en poussant de toutes mes forces avec les pieds. L'obèse a fini par rouler dehors. Quand il s'est retrouvé le nez dans la poussière, j'ai connu là un instant de bonheur inouï ! Un véritable orgasme ! Je l'ai soulagé de son flingue et j'ai repris ma route vers le soleil en chantant à tue-tête...
C'est en fin d'après-midi que je suis tombé sur Lilly. Une gonzesse pareille en rade au milieu de nulle part, c'était vraiment un coup de bol pour moi. Et pour elle aussi, parce qu'elle aurait eu le temps de sécher au soleil si je n'étais pas passé sur cette petite route déserte comme il en existe tant par chez nous : long ruban où tu croises une bagnole toutes les demi-heures. Et encore !
Ce qui m'a tout de suite plu en elle, hormis son physique bien sûr, c'est sa franchise et son naturel. Alors que je l'aidais à transvaser ses bagages de sa voiture à la mienne, elle m'avait demandé :
— Tu t'es blessé au pied ?
— Oh, disons que j'étais trop pressé de quitter le ventre de ma garce de mère, que la sage-femme a pas réussi à me rattraper et que je me suis pété la cheville en tombant de la table d'accouchement !
— Merde, la conne, m'a répondu Lilly qui visiblement avait pris mon baratin au pied (sic) de la lettre.
— Mais non, ai-je rectifié, je suis né comme ça ! Point ! Malformation congénitale, parce que ma vieille buvait trop !
— C'est pas de bol, mais ça t'empêche pas d'être mignon. Je vais te dire, quand j'étais gosse, avait alors ajouté Lilly avec une candeur désarmante, le chien que j'aimais le plus, y boitait aussi, vu qu'il avait une patte en moins.
Qu'elle me compare à un clebs ne me réjouissait pas plus que ça mais j'avais compris l'intention. Trente miles plus loin, je connaissais tout de la vie de ma très bavarde passagère : un vrai moulin à paroles la gonze ! Tout, elle a tout déballé : sa jeunesse dans le Missouri, la tannerie familiale dont les odeurs pestilentielles étaient bien pratiques pour masquer les relents de la distillation frauduleuse d'alcool, le soi-disant producteur qui l'avait "enlevée" à dix-sept ans à peine pour la caser comme strip-teaseuse/gogo-girl/entraîneuse dans un bar infâme du Bronx. Et puis, toutes ses galères, ses désillusions et ses espoirs, tout, jusqu'à la panne de sa tire "empruntée" à un micheton. J'ai pas retenu tout ce qu'elle m'a dit ce jour-là mais je me souviens parfaitement de la suite...
— Tu comprends pourquoi je m'en fous de laisser cette bagnole au bord de la route. Tout ce que je veux, c'est rentrer au Missouri, à pied, à cheval, en voiture, en bus, peu importe. Mais bon, si je peux faire un bout de chemin avec toi, ça ne me déplaît vraiment pas...
— Je te l'ai dit, le Missouri, c'est sur ma route, alors te bile plus, tu seras chez toi dans deux ou trois jours.
Bondissant de joie, Lilly me saute au cou et me colle un baiser sonore sur la joue. Surpris par cet élan, je fais une embardée sur la route toujours et heureusement déserte.
— Hey, calmos, t'es gentille mais un peu brutale. Fais gaffe !
— Ok, t'inquiète, je sais me tenir. Et même être très câline, me ronronne-t-elle à l'oreille en se lovant contre moi.
Ses seins rebondis et fermes appuient contre mon bras et ce contact réveille un peu plus Popaul. Un peu plus, car depuis trente bornes que je louche sur ses cuisses dorées, Popaul s'affole un peu. Et je ne vous parle pas des tétons qui tendent le tissu de son boléro (c'est bien comme ça que vous appelez cette sorte de tee-shirt à bretelles fines, tee-shirt qui laisse le ventre nu ? En tout cas, Lilly a dû se tromper de taille, parce que le tissu peine à recouvrir ses seins, et l'arrondi des globes apparaît à chaque mouvement qu'elle fait).
Comme la bougresse vient poser sa main sur ma cuisse, l'affolement gagne ma braguette. Puisqu'elle semble décidée à rester plaquée contre moi, je passe mon bras droit autour de ses épaules et ma main se pose négligemment juste sous sein droit.
Lilly est moins timorée que moi, ses doigts grimpent allègrement sur mon jean, dessinent deux-trois arabesques avant de plonger entre mes cuisses. Sa main englobe mes bourses alors que son pouce frotte mon sexe qui durcit sous le tissu. Je me tortille sur mon siège, pour permettre à Popaul de se déployer sans encombre mais la manœuvre échoue. Lilly comprend immédiatement le problème et vole à mon secours : le zip est rapidement descendu, sa main s'engouffre dans l'ouverture, abaisse mon caleçon et extirpe mon sexe qui s'érige, gonflé d'excitation et de désir. Lilly astique le manche avec douceur tout en me glissant une multitude de bisous affolants dans le cou. Heureusement que la route est parfaitement rectiligne jusqu'à l'horizon !
Impatiente, elle fait sauter le bouton de mon jean et commence à le baisser. Je bloque la vitesse à vingt-cinq miles par heure avec le Cruise Control et soulève les hanches pour faciliter la manœuvre de Lilly qui m'abaisse mon fute et mon slip à mi-cuisses. Puis, m'abandonnant un instant, la tigresse excitée se débarrasse prestement de sa jupe, et de son tee-shirt. S'installant confortablement dans son siège, Lilly m'expose ses seins ronds et fermes, aux tétons déjà tendus et contractés et commence à se caresser très lascivement. Cuisses ouvertes, sa main droite glisse sur les dentelles de son string, en dessine les contours, s'insinue sous les froufrous. Elle se branle méthodiquement sans pour autant oublier ma queue tendue qu'elle caresse à l'unisson de sa main gauche.
La chaleur devient infernale dans l'habitacle, j'ai bien du mal à garder le cap et je voudrais moi aussi la faire profiter de mes caresses. Mais je n'arrive pas à me résoudre à stopper la Ford : cette séance éro-tomobile m'excite trop pour ne pas en profiter jusqu'au bout. Alors, je la laisse faire, me contentant de flatter ses seins de ma main droite. Lilly m'offre un spectacle ahurissant, son string s'abaisse peu à peu, dévoile sa sombre toison en triangle, mais sa main me masque les contours de son sexe qu'elle branle doucement.
Finalement, la petite vicieuse se débarrasse de son dernier vêtement, et cuisses écartées, me dévoile sa petite chatte déjà béante. Mes yeux roulent, entre la route et ce sexe dévoilé, découvrent les reliefs de ses lèvres charnues et imberbes. Trop excité, je veux plonger à mon tour mes doigts impatients dans cette grotte offerte mais Lilly ne m'en laisse pas le temps. Quittant sa position assise, elle grimpe à genoux sur son siège, se met à quatre pattes, cul en l'air à hauteur de la vitre de la portière et plonge une bouche gourmande entre mes cuisses. Cette fille magnifique, à poil dans la tire, ces seins qui ballottent doucement et cette bouche qui s'active avec ferveur sur mon vit, Bon Dieu, quel spectacle, quel traitement, quel ahurissant bonheur ! Alors que sa bouche me pompe, que sa langue s'enroule autour de mon pieu, mes doigts enfin fourragent sa chatte inondée, et je découvre pour la première fois de ma vie la douceur incroyable d'une fille qui mouille, la chaleur confortable d'une chatte excitée. Je réalise combien il est doux de baiser avec une vraie femme qui s'offre par plaisir, par envie, combien les étreintes rapides et impersonnelles des putains sont vides et sans saveur.
Une vague de grand bonheur déferle en moi, je sens que je ne pourrais me contenir très longtemps, que cette bouche est trop experte et trop douce pour que Popaul puisse tenir. Je n'ai guère le temps de regretter cette précipitation que déjà mon plaisir explose. Je sens mon foutre jaillir dans sa bouche chaude, j'ai toutes les peines du monde à garder les yeux ouverts, et en dernier réflexe, je passe la boîte en position neutre et appuie doucement sur le frein. La voiture continue encore sur sa lancée alors que l'orgasme me submerge, que le plaisir m'éblouit, mon sperme jaillissant en longues saccades dans la bouche soumise de Lilly qui avale consciencieusement mon foutre brûlant. Je sens sa glotte qui déglutit à intervalles réguliers, ses doigts crispés sur mes couilles. L'explosion est fabuleuse, un plaisir bouleversant.
Le pied ! Beau !
Bingo !
Imaginez le tableau : la bagnole arrêtée, moteur tournant, au milieu de la route, sur une ligne droite à perte de vue, les champs de blé qui ondulent sous la chaleur de juillet, moi, à moitié désapé et hagard et une fille magnifique, totalement à poil et qui se branle avec fougue pour prendre elle-même le plaisir que je n'ai pas eu le temps de lui donner. Mec, c'est le genre de tableau qu'on n'oublie pas de sitôt !
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Chapitre 2 · 2/1 far from big apple
Al et Lilly roulent depuis deux jours, volant du temps, multipliant les escapades sensuelles au gré des routes secondaires américaines. Ce soir, c'est le dernier soir avant le Missouri : demain, les chemins se séparent. Al sait ce qu'il veut mais ignore ce que Lilly pense vraiment. Au restaurant, une jeune inconnue capte tous les regards. Entre désir et incertitude, cette dernière nuit sur la route pourrait tout changer — ou ne rien changer du tout.
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