Fiction
Bi
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Road movie — Chapitre 2 · 2/1 far from big apple
Auteur
Road movie
Chapitre 2 · 2/1 far from big apple
Pour être honnête, je dois reconnaître que je n'ai rien vu des paysages que nous avons traversés ensuite. Le seul panorama qui m'intéressait, c'était Lilly, ses cuisses, ses seins, sa gentille frimousse. Lilly qui a parfaitement admis, sans poser de questions, que je préfère les petites routes vu que moi aussi j'ai "emprunté" le carrosse qui nous transporte. Nous en avons d'ailleurs changé le lendemain contre un modèle d'occasion passe-partout et payé cash à un casseur qui a compressé la Ford sous nos yeux.
Affaire réglée. Ni vu, ni connu.
Voilà deux jours qu'on voyage ensemble. Demain midi, Lilly sera chez elle. Je sais, on a mis le temps pour rejoindre son Missouri. Faut dire qu'on en a perdu pas mal, du temps en multipliant les pauses câlins ! En plus de nos nuits agitées, on s'est envoyé en l'air dans des champs, au bord d'une rivière avec en face de nous, sur l'autre berge, un groupe de campeurs qui vociféraient contre nous, dans un tunnel de lavage, et même dans une petite chapelle perdue dans la campagne et où flottaient quelques relents d'encens, de fleurs fanées et de bougies consumées : s'envoyer en l'air, totalement à poil sur l'épais plateau en bois de l'autel, sous le regard de l'acrobate sur sa croix avait été sacrilège... divin ! D'autant que nos ébats s'étaient conclus par une levrette sodomite ! Des folies accumulées dans la joie et la bonne humeur. Faut dire que j'ai du retard à rattraper ! Je suis vraiment sur un petit nuage : une nana, aussi mignonne, bien gaulée et experte, qui cherche à satisfaire tous mes petits désirs, c'était un rêve que je n'aurais jamais osé faire. Alors, vous imaginez si j'en profite !
Sans doute aussi parce que je sais que ça ne durera pas ! Je sais bien qu'arrivée chez elle, la petite me dira "Tchao, merci, bye-bye, so long" et le poor lonesome cow-boy n'aura plus qu'à poursuivre sa longue chevauchée solitaire, sans amazone. L'idée de cette séparation me rend malade, mais je n'imagine pas un instant que la playmate puisse s'attacher à mes pas. Pour éviter cela, j'ai bien pensé lui parler de mon magot, me disant que je préférais vivre avec une femme canon mais vénale que ... rien du tout. Alors oui, c'est décidé, ce soir, ce dernier soir, après le petit resto où nous cassons la graine, je lui raconterai tout.
Parce qu'elle est trop, trop craquante, trop jolie, trop gentille. Parce que je veux la garder. Parce que tout à l’heure encore, alors qu’elle s’était penchée en avant pour fouiller dans son sac, une mèche lui était tombée sur l’œil. Dans un geste qui lui est automatique, elle avait ramené ce brin derrière l’oreille. Un geste que je trouve d’une grâce infinie, tellement féminine .... Oh oui, je voudrais la garder ma louloute ... parce que je l'aime.
Voilà ! C'est con, mais c'est comme ça !
Dieu qu'elle est jolie ! Et sexy avec son petit chemisier et son soutien-gorge noir absolument affolant. Un de ces petits remonte-nénés qui laissent les tétons à l'air. Et vu que son chemisier est presque transparent, tout le monde profite du spectacle depuis qu'elle a enlevé sa veste. Quand je dis tout le monde, ça ne fait pas lourd ; dans le resto, il n'y a qu'un couple de jeunots, qui dîne juste à côté de nous, de l'autre côté de l'allée. À part cela, la patronne, derrière son comptoir, et le serveur. Celui-là ne se prive pas de profiter du spectacle. Il passe son temps à tourner autour de notre table, visiblement très satisfait de ce qu'il voit.
Une qui est moins enthousiaste, c'est notre petite voisine. Depuis que Lilly avait enlevé sa veste, son copain était visiblement hypnotisé par le spectacle et ne lui parlait plus que par onomatopées. Mais pas folle la guêpe ! Il y a cinq minutes, elle est partie aux toilettes, et lorsqu'elle est revenue, il sautait aux yeux qu'elle avait viré son soutif. Ses petits seins mignons sont désormais bien visibles dans l'échancrure désormais très profonde de son chemisier. Du coup, son petit ami a recentré ses regards sur elle. Je ne sais pas si ces deux-là ont déjà croqué la pomme, mais si ce n'est pas le cas, ça ne tardera pas ! Il est tout émoustillé le branleur tout à coup ! Et s'il se rend compte que la gamine a également viré sa culotte, m'est avis qu'il n’y aura plus rien pour le retenir...
Moi, en tous cas, j'ai un point d'avance sur lui, je profite du spectacle ravissant de cette foufoune juvénile. Gonflée la blonde, elle m'écarte assez largement ses cuisses et a parfaitement capté que je profite du point de vue ! L’air de rien, impassible, sans quitter le regard de son mec, la jeunette se doigte tranquillou. Pour moi ! Et merde, elle ne fait pas semblant : sa conque est toute emperlée !
Exciting ! Mais bon, faut que je fasse gaffe, Lilly vient de me lancer un regard bizarre, juste après s'être tournée vers elle justement ! Elle a compris le manège !
Et puis bon, elle bien silencieuse ce soir. Trop ! En fait, je trouve qu'elle est trop calme. Elle qui n'arrête pas de causer tout le temps n'a pas dit trois mots depuis qu'on est entré dans la pizzeria.
Je tends mon bras et pose doucement ma main sur la sienne.
— Ça ne va pas Lilly, quelque chose te turlupine ? Tu es bien silencieuse !
Affichant un pauvre sourire, elle lâche un grand soupir :
— Si j'ai bien compris, demain, tu files vers le Sud, le Mexique ? Qu'est-ce que tu vas glander là-bas ?
— Ce que je vais … Mais rien, je vais m'installer là-bas, point barre ! J'ai quelques petites économies (j'insiste sur "petites"), de quoi monter un p'tit business et je verrai ensuite...
— Et si ... enfin ...
Embarrassée, Lilly se tortille sur son siège, et timide, plonge son regard dans son assiette. D'une toute petite voix et sans relever les yeux, elle demande :
— Tu ... tu veux pas m'emmener avec toi ?
— T'emmener avec moi ? Pour le voyage ou ... ?
— Ben, sûr que le voyage est tentant, mais ... y a pas que ça. Je ... je pourrais peut-être t'aider dans ton bizness...
Comme j'écarquille les yeux sans répondre, elle plante son regard dans le mien :
— Oh merde, y a ... que j'ai pas envie de te quitter. Tu veux pas me garder Loulou ? Je sais bien que je suis qu'une grande bécasse pas très futée, mais on est bien tous les deux, non ? Tu sais, avec moi, tu seras comme un coq en pâte ! Je te mitonnerai des petits plats, je tiendrai ta maison, j't'embêterai pas, j' prendrai pas de place ! Tu pourras faire ce que tu veux, mais garde-moi !
Là, je n'en crois pas mes oreilles : j'étais prêt à ramper à ses pieds et voilà que c'était elle qui supplie. Elle qui se rabaisse, prétend ne pas me mériter ! Le monde à l'envers !
— Non mais Bébé, c'est ... c'est une déclaration que tu me fais là !
— Ouais, je sais que c'est con, on se connaît à peine mais je crois bien que ... enfin ... ben oui, voila, je suis amoureuse !
Bingo !
Si je m'écoutais, je lui sauterais au cou, je grimperais aux rideaux (s'il y en avait ici), je me taperais un cent mètres d'anthologie (enfin, disons que je prendrai au moins le départ), je ferais n'importe quoi, je hurlerais ma joie ! Mais bon, calme garçon, keep cool man, faut peut-être pas trop en montrer, pour l'instant.
Je me contente de serrer très fort la main de la pauvrette :
— Dis-moi Baby, tu ne serais pas en train d'essayer de te caser. Tu vas quand même pas me demander de te passer la bague au doigt ?
— Non, proteste-t-elle vivement, avant d'ajouter, timidement : Sauf si ...
Récupérant ma main, je fouille mes poches, y trouve un calepin, en détache une feuille et commence à écrire sous le regard médusé de Lilly :
— Mais qu'est-ce que tu fais ?
— Écoute Bébé, j'avais pas prévu le coup, j'ai rien sur moi. Alors je te fais un ... (j'annone au fur et à mesure que j'écris) Bon — pour — une — bague — au — doigt — Je T'aime … et je signe !
Stupéfaite, Lilly reste un instant sans réaction, puis se redressant par-dessus la table, elle m'attrape par le cou et m'embrasse fougueusement. Ses lèvres palpitantes écrasent ma bouche, nos souffles se mêlent, nos langues s'enroulent, je sens tout son corps palpiter sous mes mains... Notre baiser se prolonge, s'éternise. Et lorsque nos lèvres s'abandonnent, Lilly se lève, quitte sa banquette et contourne la table. J'ai juste le temps de me lever à mon tour qu'elle se jette sur moi, s'accrochant à mon cou, passant ses jambes autour de ma taille. Je titube, manque de m'étaler avec elle. Ses yeux pétillent de bonheur, nous nous embrassons à pleine bouche, dansons, virevoltant entre les tables.
Quand enfin nous nous calmons, le petit couple voisin nous regarde avec des yeux attendris et lève leurs verres à notre bonheur.
J'appelle le serveur :
— Champagne ! Tournée générale !
En fait de champagne, la maison n'a que du Spumente à nous proposer. Va pour le Mousseux. Vai, andiamo !
Nous trinquons tous ensemble, avec le serveur et la patronne, les femmes s'embrassent, les hommes me félicitent et je lis dans le regard du loufiat gominé une petite pointe de jalousie qui me ravit. Lilly est redevenue elle-même et discute sans reprendre son souffle avec la petite jeunette. En trois minutes, elle a tout raconté, notre rencontre, notre voyage, nos projets.
La patronne et le serveur s'étant éloignés, elle en vient même à des détails un peu trop précis à mon goût. Mais comme tout cela se fait sur le ton de la plaisanterie, les rires fusent.
Ooo000ooO
Les jeunots se révélèrent moins innocents qu'il n'y parait : en fait, ils se connaissent depuis cinq ans, vivent ensemble depuis un an, ont la vingtaine passée, à peine plus jeune que moi donc. Comme quoi, faut se fier aux apparences !
Au resto, nous nous sommes regroupés à la même table et nous avons terminé le repas en nous amusant beaucoup. À la fin, j'avais payé pour tout le monde, ce qui avait un peu embarrassé nos invités :
— Si au moins, on pouvait vous inviter à venir boire un coup à la maison ... Mais je suppose que vous préférez vous retrouver seuls maintenant pour fêter l'événement, a glissé John-John.
Me jetant un petit coup d'œil coquin, Lilly avait répondu :
— Nous, ce qu'on veut, c'est passer une bonne soirée, un bon moment ...
— Alors en route, avait claironné Sarah en l'attrapant par le bras.
Dans la voiture alors que nous suivions le couple, Lilly s'était pelotonnée contre moi :
— Dis, tu m'en veux pas d'avoir accepté leur invitation.
— Mais non, Chérie-Chérie, au contraire, on risque de bien s'amuser tous les quatre.
— Tu crois vraiment ?
— Attends, ça fait une demi-heure qu'on ne parle plus que de cul en fait. Et avec Sarah qui se promène sans slip, les choses sont assez claires.
— Ah donc Sarah se promène bien sans slip ? C'est ce qui me semblait mais j'en étais pas sûre...
— J'étais mieux placé que toi ... Suffisamment pour pouvoir t'affirmer que c'est une vraie blonde, ou alors, qu'elle décolore également son buisson. Et lorsqu'elle était assise à côté de moi, au dessert, je ne sais pas si tu as remarqué, mais un moment, elle s'est tournée à demi vers moi, elle a replié une jambe sur la banquette : alors là, je peux te dire, j'avais plein phare sur sa foufoune. Même qu'un moment, l'air de rien, cette petite garce a commencé à se caresser.
— Ah la salope ! Mais tu crois que John-John le savait ? Parce que, de l'autre côté de la table, nous, on ne voyait rien !
— Bien sûr qu'il était au courant ! Lui et moi, on a échangé quelques regards tout à fait explicites ! Non vraiment, à mon avis, je sais ce qu'ils cherchent : il ne faudra pas plus de cinq minutes pour qu'on se retrouve tous à poil dans leur salon ou dans leur piaule !
Émoustillée par les perspectives ouvertes, Lilly vient de glisser sa main entre mes cuisses et me caresse doucement.
— Et ça ne te gêne pas de ...
— Non, sauf si ça te gêne toi !
— Moi, mais tu plaisantes ! J'en ai vu d'autres, t'imagine ! Et il est plutôt mignon John-John. Mais tout de même, un soir de "fiançailles" (elle insiste sur ce dernier mot, m'observe pour voir si je tique), tu préférerais peut-être que je m'occupe de toi plutôt que de m'envoyer en l'air avec un inconnu !
— Franchement, c'est vrai que le moment n'est peut-être pas idéal. On ne peut pas parler de romantisme échevelé ! Mais une occasion de s'amuser comme ça ne se présente pas tous les jours. Et puis, j'aurai TOUTE la vie pour m'occuper de toi, ... si tu le veux bien ...
— Oh bien sûr que je le veux ! Je t'aime, Al !
Très câline, Lilly me glisse une série de bisous dans le cou alors que sa main experte dessine le relief de ma verge tendue sous le tissu.
— Dis voir, tu crois que je dois faire comme Sarah ?
— C'est-à-dire ?
— J'enlève mon string ?
— Ben ma foi, ce n'est pas une mauvaise idée ...
Aussitôt dit, aussitôt fait ! Le petit vêtement glisse le long de ses interminables jambes avant de disparaître dans le sac à main. Et pour faire bonne mesure, la coquine se défait un instant de son chemisier pour enlever son soutien-gorge.
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