Fantasme
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'inconnue de l'Eurostar — Chapitre 1 · Chapitre 1 — Ce que je devine
Auteur
L'inconnue de l'Eurostar
Chapitre 1 · Chapitre 1 — Ce que je devine
Et si l'autre côté de la rencontre révélait une tout autre vérité ?
Après L'Inconnu de l'Eurostar, découvrez L'InconnuE de l'Eurostar, le récit opposé d'une même rencontre. Cette fois, le regard change : celui d'un homme, ses fantasmes, ses pulsions et cette bestialité qui sommeille parfois derrière les apparences les plus ordinaires.
Deux récits, une même rencontre, mais deux visions radicalement différentes du désir. Car derrière les gestes et les silences, ce que chacun imagine n'est pas toujours ce que l'autre perçoit.
Chapitre 1 — Ce que je devine
Le train filait dans la campagne française, un ronronnement profond et régulier qui berçait les corps et les esprits. Je regardais par la fenêtre sans voir les champs qui défilaient, mon attention entièrement captée par la femme assise en diagonale face à moi, de l'autre côté de l'allée centrale.
Elle était le genre de femme qu'on remarque sans avoir l'air de la regarder. L'élégance n'était pas chez elle une parade, mais une seconde peau. Des cheveux châtain cuivré, légèrement ondulés, tombant juste en dessous des épaules. Un visage ovale aux traits fins, un teint clair réchauffé par un discret maquillage qui soulignait ses yeux noisette et dessinait ses lèvres. Elle devait avoir une quarantaine d'années, peut-être un peu plus. L'âge où la féminité est pleine, assurée, sans avoir besoin de le crier.
Elle portait un chemisier ivoire en soie, le premier bouton ouvert sur un décolleté discret. Une jupe de tweed brun, courte mais pas impudique, moulant des hanches harmonieuses et s'arrêtant à mi-cuisses. Des bottes en cuir brun montant jusqu'aux mollets. Un manteau camel était plié sur le siège à côté d'elle. Elle travaillait sur un ordinateur portable, les doigts tapant avec une assurance calme.
Mais ce qui avait accroché mon regard, puis m'avait retenu, c'étaient ses jambes.
Elles étaient croisées, une botte légèrement balancée dans l'air. Et dans le mouvement, quand la jupe remontait d'un centimètre, j'avais cru voir, puis j'étais sûr d'avoir vu, la ligne sombre en dentelle d'un bas noir fumé. Pas un collant. Un bas. L'idée seule fit naître en moi une curiosité immédiate, charnelle. Portait-elle un porte-jarretelles ? Cette élégance si contrôlée cachait-elle ce détail de lingerie, cet accessoire d'un autre temps, si délicieusement incongru dans un train de voyageurs pressés ?
Je détournai les yeux, feignis de consulter mon téléphone. Mais mon regard revenait. Je la regardai à nouveau, par à-coups, à la dérobée. Elle était absorbée par son écran, un léger froncement entre les sourcils. Puis elle décroisa les jambes. La jupe glissa, dévoilant un autre fragment de cuisse, lisse, galbée. Elle la rabattit d'un geste machinal — mais pendant une fraction de seconde, avant ce geste, je crus voir ses doigts hésiter. Ou était-ce moi qui voulais le croire ?
Et puis, en se repositionnant sur son siège, elle écarta légèrement les genoux. Juste un instant. Assez.
Je vis la lisière sombre de la dentelle. Noire. Sous le tweed brun, il y avait du noir. Un éclair de dentelle noire à l'entrejambe. Ce ne fut pas un soupçon, ce fut une certitude visuelle qui frappa mon bas-ventre avant mon cerveau. Mon sexe durcit brutalement, l'étroitesse de mon pantalon devenant soudain inconfortable.
Putain… Et si cette bourgeoise irréprochable était une vraie salope, cachée derrière ses airs de femme respectable ? Malgré moi, je l'imaginais allongée, offerte, la jupe relevée jusqu'aux hanches, la dentelle noire tirée sur le côté par des doigts impatients — les siens ou ceux d'un autre, peu importait — pendant qu'elle gardait ce même visage calme, cette même légère arrogance dans le regard. Ce dernier rempart de tissu arraché, et cette image sage effondrée d'un seul coup.
J'inspirai profondément, m'efforçant de garder un visage neutre. Le ronronnement du train emplissait le silence de la voiture. J'étais un homme d'une cinquantaine d'années, au physique ordinaire. Rien ne me distinguait des autres voyageurs. Rien, sauf cette attention brûlante, cette fascination que je tentais de dissimuler.
Quand je levai finalement les yeux, elle me regardait déjà.
Son regard à elle ne fuyait pas. Il descendit, rapide, précis, vers mon entrejambe où le tissu tendu trahissait mon état. Puis il remonta jusqu'à mes yeux. Il n'y avait ni reproche, ni surprise outrée. Il y avait… une connaissance. Une reconnaissance. Et aux commissures de ses lèvres, un sourire se forma. Infime. Juste un pli de la peau, un éclat fugace dans le regard noisette. Ce n'était pas un sourire de séduction appuyée. C'était un sourire d'intelligence partagée. Je sais. Et tu sais que je sais.
Elle détourna les yeux la première, retournant à son écran comme si de rien n'était.
Mon cœur battait à coups sourds. J'étais suspendu dans cet interstice étrange entre le fantasme et la possibilité réelle. Je me mis à imaginer, avec une vivacité coupable, ce qui se cachait sous ce chemisier. Le soutien-gorge assorti à la culotte noire. La forme de ses seins dans la dentelle.
Elle bougea. Ses doigts effleurèrent son cou, puis le bord de son col. Un geste qui pouvait traduire un simple inconfort. Elle joue, pensai-je, une onde brûlante me parcourant l'échine. Elle sait.
Puis, sans hâte, sans me regarder, elle porta les doigts au premier bouton de son chemisier. Elle le défit. Le tissu glissa, s'écarta — et je cessai de respirer.
Contre la pâleur de sa peau, la dentelle noire apparut. Un triangle ouvragé, précis, moulant la courbe basse de ses seins avec une netteté presque cruelle. Je la regardai, incapable de détourner les yeux, enregistrant chaque détail — le contraste du noir sur la peau claire, le dessin du bord dentelé, la légère pression du tissu sur la chair. Ce n'était pas un accident. C'était une révélation. Une offre posée dans le silence du compartiment, sous le ronronnement indifférent du train.
Putain, pensai-je, le souffle coupé. Elle l'a fait. Elle me le montre. La preuve était là, plus belle et plus crue que dans mes fantasmes. La promesse était tenue. Et dans mon ventre, le désir se noua, dur et impérieux, tandis que je regardais cette femme sage me dévoiler, en pleine lumière, la noirceur de sa lingerie.
Un mouvement de ma main sur le clavier me ramena à la réalité.
Elle était toujours là, devant son ordinateur, avec son chemisier entrouvert et sa jupe brune. Elle croisa encore les jambes, puis les décroisa, me faisant de nouveau profiter de la vue de ses cuisses. Sa jupe se releva légèrement. Puis, d'un geste délibéré, elle posa les doigts à plat sur le tissu et le remit en place — très lentement. Elle leva les yeux vers moi. Le même petit sourire, mais cette fois il durait une seconde de plus. Une seconde qui ressemblait à une décision.
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