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Sanctus Valentinus

Chapitre 1

Divers

Rome, le 15 février 265.



L’enfant plonge sa main dans une urne, en retire un pugillar qu’il tend au prêtre, puis fait de même avec une autre urne. Le luperque lit à haute voix ce qui est inscrit sur les tablettes enduites de cire :


— Lucius Flaminius Mercator et Licinia Volusenna Aquila.


Les deux jeunes gens – un garçon et une fille – viennent s’incliner devant le prêtre puis, se prenant par la main, vont rejoindre la longue file de couples nouvellement formés qui n’attendent qu’une chose : pouvoir copuler afin de rendre hommage à Faunus, le fils de Saturne, dieu de la fécondité. Comme chaque année, les Lupercales – ces fêtes païennes destinées à libérer les puissances vitales de la nature – donnent lieu à trois jours de débauches les plus effrénées.


Les couples ayant été formés, les luperques presque dénudés font le tour du mont Palatin où se pressent de nombreuses femmes en liesse qui cherchent à se faire flageller par les prêtres avec les lanières de la peau du bouc qui a été sacrifié, ce rite étant supposé leur apporter fertilité et leur éviter les douleurs de l’enfantement.



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Rome, année 268 (trois ans plus tard).



Sur le forum, les accents guerriers des buccins, des cornuas et des tubas annoncent l’arrivée d’un personnage éminent. En effet, derrière les musiciens, les vingt-quatre licteurs qui portent sur l’épaule gauche le faisceau de verges entourant une hache indiquent que c’est l’empereur lui-même qui a pris place dans la litière à porteurs qui fend la foule en direction de la Curie.


Derrière les rideaux qui le masquent aux regards de la plèbe, le magistrat suprême observe la jeune esclave nubienne qui lui rend un hommage buccal. Ses lèvres charnues glissent le long de la verge impériale. Bientôt, grâce à l’habileté des caresses prodiguées par la bouche lippue, l’homme déverse à grands jets sa semence que la Nubienne nubile avale avec délectation.


L’homme pompé n’est pas Pompée, mais Marcus Aurelius Claudius (surnommé « Gothicus » depuis sa toute récente victoire sur les Alamans qui menaient des incursions près du lac de Garde). Les porteurs s’arrêtent et posent la litière sur le sol ; Claude II le Gothique s’en extrait avec grâce et, entouré des licteurs, franchit les quelques pas qui le séparent de l’entrée de la Curie où il pénètre. À son arrivée dans l’immense salle, les sénateurs se lèvent en signe de respect.


— Princeps senatus, patres conscripti, c’est de justesse que j’ai pu vaincre les barbares ; mes valeureux légionnaires n’étant pas assez nombreux, ils ont dû se battre à un contre quatre ! Mais une menace encore plus grande pèse sur notre empire : les Goths sévissent en Mésie et en Thrace ; nous ne pouvons tolérer cela ! C’est pourquoi je prendrai prochainement la tête de nos légions pour aller défendre nos frontières. Comme j’aurai besoin de toutes les forces disponibles, il n’est pas question de laisser des hommes jeunes et vigoureux se délecter de plaisirs sensuels entre les bras de leur épouse tandis que d’autres exposent leur vie pour protéger les limites de ces provinces ; c’est pourquoi je décrète l’interdiction des fiançailles et des mariages tant que cette menace n’aura pas été repoussée.



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Rome, début de l’année 273.



C’est à l’occasion des Lupercales que Sabinus, un séduisant légionnaire, avait fait la connaissance de la belle Serapia ; entre eux, cela avait été un véritable coup de foudre, si bien que les deux jeunes gens ne pouvaient pas se passer l’un de l’autre. Très vite, ils ont désiré se marier, ce qui était encore interdit depuis le décret pris par Claude II le Gothique. En effet, à la mort de ce dernier en 270, Aurélien – le nouvel empereur – n’avait pas abrogé ce décret. Il leur fallait donc trouver quelqu’un pour les unir en secret par les liens du mariage.


Or, Serapia s’était convertie à cette nouvelle religion qui commençait à se répandre : le christianisme. De ce fait, elle connaissait un jeune prêtre, Valentinus, qui bravait les ordres de l’empereur en bénissant les unions. L’affaire est rondement menée ; quelques jours plus tard, dans des catacombes faiblement éclairées par quelques lucernaires disposés de part en part, le prêtre prononce les paroles sacramentelles :


— Sabinus Aponius Faustus, veux-tu prendre Serapia Quirinalis Pulchra pour épouse, l’aimer, la chérir, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans le bonheur comme dans l’adversité, et ce jusqu’à ce que la mort vous sépare ?

— Je le veux.

— Et toi, Serapia Quirinalis Pulchra, veux-tu prendre Sabinus Aponius Faustus pour époux, l’aimer, le chérir, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans le bonheur comme dans l’adversité, et ce jusqu’à ce que la mort vous sépare ?

— Je le veux.

— Par votre consentement mutuel, je vous déclare unis aux yeux de tous par les liens sacrés du mariage.

 


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Dans le palais impérial du mont Palatin, Lucius Domitius Aurelianus écume de rage en ressassant des pensées de ressentiment : « Comment ce moins-que-rien ose-t-il me défier, moi, le maître du monde ? »


— Qu’on m’amène séance tenante le préfet de la Ville !


Peu de temps après, un homme âgé est introduit ; il tend le bras à l’horizontale pour saluer le souverain.


— Ave, Aurelianus imperator. Que puis-je pour toi ?

— Ave præfectus Urbi. La situation est préoccupante : un grand péril menace notre empire. D’une part, on transgresse le décret de mon auguste prédécesseur qui interdit tout mariage ; d’autre part, cette nouvelle religion – le christianisme – sape les fondements de notre société en remettant en cause les dieux que nous vénérons depuis la fondation de la Ville par notre glorieux ancêtre Romulus. Or, il se trouve que ces deux dangers sont personnifiés par un seul et même homme : Valentinus Messor. Tu dois m’en débarrasser car ce prêtre menace l’ordre public. Traduis-le devant ton tribunal, applique la procédure d’inquisition exceptionnelle, prononce la peine suprême à son encontre et fais-le exécuter. Je compte sur toi, Virius Ortifus !


Le préfet s’incline et se retire.


Ensuite, tout va très vite : dès le lendemain, une cohorte arrête Valentinus et l’enferme au Tullianum – la prison creusée au pied du Capitole – dans l’attente de sa comparution devant le tribunal d’exception. Deux jours plus tard, le préfet de la Ville lui demande de renier sa foi ; bien entendu, le jeune prêtre refuse. Virius Ortifus prononce la sentence demandée par l’empereur : la mort ! Dans l’attente de son exécution fixée quelques jours plus tard, il est ramené au Tullianum, dans une cellule obscure où c’est Julia, la fille du geôlier, qui lui apporte ses repas. Surpris, le jeune homme lui demande :


— Comment se fait-il que tu parviennes à te déplacer dans cette totale obscurité ?

— Je suis aveugle ; depuis ma naissance, je n’ai jamais vu le monde. Veux-tu me le décrire tel qu’il est en réalité ?


Rapidement, les deux jeunes gens entretiennent des relations amicales, et Valentinus lui explique comment les voyants perçoivent leur environnement. Cependant, en digne prédécesseur de nombreux ecclésiastiques qui lui succèderont, il n’a jamais respecté son vœu de chasteté, avide qu’il est des plaisirs de la chair. Il entrevoit la possibilité de profiter de la naïveté de l’adolescente.


— Dis-moi, Julia, maintenant que je t’ai décrit le monde, aimerais-tu le voir tel qu’il est ?

— Oh oui ! Mais je sais bien que c’est irréalisable, malheureusement…

— Sais-tu que je suis capable de produire un élixir capable de guérir tous les maux ?

— Même la cécité ?

— Oui, Julia, même la cécité. Il te suffira d’en avaler quelques gouttes et tu recouvreras la vue. Agenouille-toi.


Valentinus se redresse et, relevant sa tunique, il en fait jaillir un sexe long et mince doté d’un gros gland joufflu qu’il dégage en tirant sur son prépuce, puis il place une main sur la nuque de l’adolescente et attire sa tête contre la verge qui tressaute déjà.


— Ouvre la bouche, Julia, et tète, tout comme tu tétais ta mère il n’y a pas très longtemps… L’élixir va bientôt venir ; il te faudra tout avaler, sans en perdre la moindre goutte. Oui, comme ça… C’est bien, continue…


Les lèvres de la jeune fille enserrent la base du gland qui enfle encore plus ; ses joues se creusent tandis qu’elle aspire le gros champignon violacé qui laisse déjà sourdre un filet gluant… Valentinus se crispe, essayant de retarder au maximum son éjaculation pourtant imminente, de manière à savourer le plus longtemps possible ce plaisir divin ; bientôt il ne peut plus résister, et il se laisse aller à grands flots dans cette bouche qui tète et tète encore tout en déglutissant les jets saccadés que la vigoureuse verge déverse.


— Voilà, Valentinus, j’ai avalé tout ton élixir ; ça n’a pas bon goût ! Mais s’il me guérit…


Ceci fait, Julia salue le condamné et se retire ; la lourde porte de bois se referme avec un bruit sinistre. Quelques secondes plus tard, le prisonnier entend une exclamation :


— Je vois ! Oui, je vois… C’est un miracle !


Effet placebo ? Peut-être ; mais qui sait ?



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Rome, le 14 février 273.



Valentinus, enchaîné, est conduit sur la via Flaminia au milieu d’une affluence dense qui s’est rassemblée pour assister au supplice de « celui qui fait des miracles ». Tout le long du parcours, des licteurs le flagellent à coups de verges. Succombant sous les coups, il tombe bientôt à genoux. Un centurion s’approche, dégaine son glaive. La lame de bronze resplendit sous les rayons du soleil lorsqu’il l’élève au-dessus de la nuque du condamné.


La dernière vision qu’emporte Valentinus, c’est Julia, en larmes, au premier rang de la foule, se tordant les mains de désespoir.



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Deux siècles après son martyre, le pape Gélase Ier canonise le « patron des amoureux » en 498 ; c’est en sa mémoire que chaque année, le 14 février, les jeunes filles offrent ce jour-là à leur bien-aimé une fellation exceptionnelle censée les guérir de tous leurs maux.

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