France, ta langue fout le camp !

28 2.9k
Lioubov
30 juin 2017 à 11:17
Ma modeste fonction de validateur m’offre chaque jour l’occasion de lire des textes étonnants, non pas par leur qualité (ils sont rares, ceux-là…) mais par le massacre de notre langue. Comment sommes-nous arrivés si bas ?

Nous sommes de plus en plus souvent confrontés à des dérives, que ce soit dans le langage parlé ou écrit. Depuis une dizaine d’années, il est rare de trouver des livres exempts de fautes d’orthographe ; peut-être est-ce dû aux entreprises d’édition qui, pour accroître leurs bénéfices, hésitent à salarier des correcteurs. C’est ainsi que la faute devient acceptable, et même la norme depuis qu’elle est répandue dans les media (sans accent ni « s ») par les journalistes – qu’ils soient de la presse écrite, radiophonique ou télévisée –, ceux-là mêmes qui ont une grande audience et contribuent de ce fait à légitimer la faute en la répandant.

Mais, comme l’a dit Gandhi, « Ce n’est pas parce que l’erreur est répandue qu’elle devient vérité. » !

Commençons par les homonymes. Ce n’est pas parce qu’ils ont la même prononciation qu’ils ont la même signification.

– Sur Xstory, les « auteurs » (les guillemets sont volontaires) écrivent souvent « sex » au lieu de « sexe ». Pourquoi ? La flemme d’appuyer sur une touche supplémentaire ? L’influence de la langue anglaise ?

– Et puis il y a aussi ce célèbre « Au temps pour moi » que l’on voit trop souvent orthographié « Autant pour moi ». Énervant…

Continuons avec l’orthographe et l’expression « battre son plein » (la festivité bat son plein), que l’on voit souvent mise au pluriel ainsi : « les festivités battent leur plein ». Son origine remonte aux tambours des armées royales qui battaient son plein au moment de l’attaque. En conséquence, le pluriel correct est « les festivités battent son plein ».

Terminons avec les expressions galvaudées (si vous ne connaissez pas ce terme, je vous conseille de faire une recherche sur Google). Voici un exemple de « glissement sémantique » : décimer. Ce verbe trouve son origine dans une sanction concernant les armées romaines qui avaient fait preuve de lâcheté sur le champ de bataille : un soldat sur dix était mis à mort. De nos jours, il est employé à tort à la place d’exterminer, d’anéantir. Donc, lorsqu’on entend dire qu’une armée a été décimée, il faut comprendre qu’elle n’a perdu que 10% de ses effectifs.

Voilà, c’était mon coup de gueule !
Modifié 30 juin 2017 à 11:18
Soyez respectueux
Répondre

Réponses

Passer les 28 commentaires
Photo de profil de markie
markie
2 juillet 2017 à 16:01
Très étonnante, cette traduction... Selon moi, ça devrait donner quelque chose de ce genre : "Les ânes bâtés sont nombreux."

En fait il existe une association qui lutte pour la protection des animaux de trait.
Grâce à elle les ânes bâtés sont plaints...
Modifié 2 juillet 2017 à 16:05
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de matchless
matchless
2 juillet 2017 à 19:14
Rebonjour,

je me suis intéressé à l'étymologie, évoquée plus haut dans le sujet, concernant les tambours et le bruit qu'ils faisaient. En fait l'expression est beaucoup plus récente.

Au départ, il s'agit d'un article paru dans la presse britannique qui rendait compte d'une fête équine. Le journaliste notait la présence de nombreux animaux de travail, notamment des baudets. Il écrivait:
" The loaded donkeys are numerous".

Cet article fut repris dans la "Gazette du Poitou" par un correspondant local qui malheureusement ignorait l'anglais. Il s'en remit donc à Google.

Et la traduction automatique donna: "Les ânes battaient son plein"

Tu t'es vraiment intéressé à l'étymologie ? Alors comment expliques-tu le fait de confondre une anecdote et les origines d'une expression ? Google est un moteur de recherche fonctionnant à l'aide d'une base de données, pas un créateur d'expression. S'il l'a sortit, alors l'expression existait déjà bien avant.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de markie
markie
2 juillet 2017 à 19:20
Les gars, on va se calmer un peu. Rien à voir avec l'intime au logis ou Google ou la gazelle du Poitou; c'est une blague, point!
Modifié 2 juillet 2017 à 19:23
Soyez respectueux
Répondre
Lioubov
2 juillet 2017 à 19:30
Les gars, on va se calmer un peu. Rien à voir avec l'intime au logis ou Google ou la gazelle du Poitou; c'est une blague, point!

No problem.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de shadockjaune
shadockjaune
2 juillet 2017 à 22:52
Voici un avis de lecteur fort pertinent.

Tellement pertinent qu'entre le pseudo et le fait que, toi "l'ayatollah de la charte et des us et coutumes" ne le pries pas de se présenter avant ce premier message sorti de nulle part, on sait naturellement que c'est toi.

Il est vrai que je ne me suis pas présenté, ne connaissant pas les usages du forum.

Je ne sais donc pas quoi dire, sinon que je ne suis pas Lioubov.

Une cinquantaine, marié, un enfant et une vie, hélas, sans histoire.

Mon plaisir, lire ! Tout et n'importe quoi, y compris des histoires érotiques, du moment qu'il y a du style, que ça ne me tombe pas des mains, ou que ça ne me donne pas envie de jeter le livre par la fenêtre.

La suite plus tard, quand je me déciderai à publier ma nouvelle...

Merci
Soyez respectueux
Répondre
Lioubov
3 juillet 2017 à 06:33
Je ne suis pas moi. Je est un autre.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Emma31
Emma31
3 juillet 2017 à 09:26
C'est klair, malgrés que ce sont des histoires erotiques, y'en a qui croives que tout et permis, wesh wesh !!!!!

Aïe Aïe, je crois que j'en ai rendu quelques uns aveugles, et j'avoue ça m'a fait mal d'écrire ça !!

Je suis entièrement d'accord avec vous, on voit de plus en plus de fautes abérrantes, et pas qu'ici !!!. Mais soyons sympa aussi, l'oubli ponctuel de la marque du pluriel peut être acceptable, ou un participe passé mal accordé (certains sont assez compliqués)
On se relit, on se corrigé, mais parfois dans l'élan de notre histoire on remarque pas la petite faute... Ça m'est arrivé d'écrire une histoire, de la relire plusieurs fois pour corriger les fautes, de l'envoyer, qu'elle soit publier, et là je la relis et j'en trouve encore. Ce sont surtout des fautes d'inattention...
Modifié 3 juillet 2017 à 09:27
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de matchless
matchless
3 juillet 2017 à 21:48
Mais soyons sympa aussi, l'oubli ponctuel de la marque du pluriel peut être acceptable, ou un participe passé mal accordé (certains sont assez compliqués)

D'accord pour les participes, certains sont complexes (notamment les verbes pronominaux, ce sont un enfer à accorder). En revanche, les pluriels, ce n'est pas acceptable (sauf quelques rares exceptions, notamment les adjectifs de couleur).

Ça m'est arrivé d'écrire une histoire, de la relire plusieurs fois pour corriger les fautes, de l'envoyer, qu'elle soit publier, et là je la relis et j'en trouve encore. Ce sont surtout des fautes d'inattention...

Ah, les fautes d'inattention ! Je les connais bien, celles-là. Je ne pense pas avoir écrit la moindre nouvelle sans qu'il n'y en ait aucune.
Soyez respectueux
Répondre
Discussion fermée (l'auteur de ce topic est suspendu)