Je crée ce topic pour parler de quelque chose qui me tiens à coeur.
Cela fait une semaine que ma grand-mère est morte. Pour ceux qui ont lu mes histoires, vous savez probablement que j'ai une relation incestueuse avec ma soeur jumelle et ma cousine.
Lorsque nous l'avons annoncé et assumé à notre famille, elle a fait partie des personnes qui nous ont traité de monstres possédés par le démon, et qui ont coupé les ponts avec nous.
Seulement elle se bat contre un cancer depuis 3 ans, et son combat s'est terminé il y a une semaine. Et dans son état critique, elle a demandé à ce qu'on vienne, nous trois en premier, pour la voir.
Elle nous a donné son pardon, demandé pardon, et nous avons eu pour la première fois depuis 6 ans une discussion, une simple discussion.
Nous étions présent quand elle nous a quitté.
Alors maintenant voici ma question, pensez vous que la religion et le sexe libéré puisse cohabiter dans une vie ?
C'est une question assez compliquée, mais je pense qu'il n'y a pas de réponse vraiment tranchée. Tout dépend de la religion, et de la manière de la pratiquer. La plupart des religions réprouvent le sexe "libéré", mais la manière dont les croyants vivent leur foi ne regarde qu'eux.
Donc à mon avis (mais ce n'est que mon avis), je dirais que oui c'est possible, mais c'est certainement très rarement le cas.
emeline44
27 mai 2018 à 20:55
perso je suis athée et je pense que la religion à tendance à enfermer l'Homme (l'humain) dans des croyances qui mène à une vie de retenue des plaisirs, surtout les plaisirs du corps, mais je respect totalement ceux qui croient en n'importe quelle religion ;)
Utilisateur supprimé
27 mai 2018 à 22:15
Bonsoir. :)
La question est pertinente. Je me posais la question ces derniers mois pour une nouvelle histoire, celle qui m'occupe vraiment, parce que l'un des mes personnages pourrait être une catholique pratiquante. Mais effectivement, je pense que ça dépend de chaque individu, de sa façon de pratiquer, comme l'a dit donico. On sait par exemple que certains pratiquants sont opposés au mariage pour tous, à l'avortement (même en cas de viol), et ce forum nous a montré que certaines personnes pouvaient avoir des préjugés quant à certaines pratiques. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Certains arrivent sûrement à concilier les deux.
Au final, je pense que la religion n'est qu'un paramètre, et qu'on peut avoir une vie sexuelle libérée tout en étant croyant. Tout dépend de nos convictions.
Lyon Libertin
27 mai 2018 à 23:08
Bonsoir.
Tout d'abord, il ne faut pas mélanger tous les interdits, ni appeler si légèrement l'inceste "du sexe libéré".
L'interdit de l'inceste n'est pas de nature spécialement religieuse - il est d'ailleurs présent dans le règne animal : la chatte finit par rejeter ses enfants mâles instinctivement, car l'évolution a favorisé ce comportement qui limite la consanguinité.
Il en est de même pour l'humain, qui rejette l'inceste pour la même raison "technique".
L'interdit de l'inceste, dans nos sociétés modernes, se double de la méfiance liée au risque de défaut de consentement : s'il y a lien de parenté, le risque de rapport de consentement faussé est exponentiel (et j'ai un bon exemple dans mon entourage - une femme dont la vie sexuelle a été perturbée pendant des décennies en raison d'un rapport frère /soeur, pourtant non violent "apparemment").
Cet interdit n'est donc pas une lubie bigote, mais une barrière de bon sens.
Loin de moi l'idée de porter un jugement désapprobateur si tout le monde est réellement consentant (vu mes propres pratiques), et surtout s'il n'y a pas de procréation, mais il faut appeler un chat un chat.
Maintenant, concernant le rapport religion / sexe plaisir plus généralement...
Les religions, pour la quasi-totalité d'entre elles, et tout particulièrement les religions monothéistes abrahamiques (christiannisme, judaisme, islam) ont toutes été bâties dans une logique politique, et conçues de manière à pérenniser le modèle en place à leur création. Et dans le cas de ces religions monothéistes, le modèle était à 100% patriarcal. Les religions abrahamiques sont fondées sur la culpabilité et le pêché originel, attribué avant tout à Eve. Le plaisir de la femme est donc par essence "le mal", et le contrôle du plaisir de la population, la clef du pouvoir. Le sexe "libéré", c'est la prise de pouvoir de l'individu sur le modèle traditionnel : c'est pourquoi les religions ont toujours combattu, autant que possible, toute véléité de contrôler son plaisir - via la contraception par exemple, outil de liberté par excellence.
Pour qu'un croyant pratique un sexe "libéré", il faut en tout cas qu'il soit lui-même libéré ou critique vis à vis de ce qui est censé organiser sa croyance : la religion. Même en admettant que Dieu existe (chacun voit midi à sa porte, moi c'est le démon que je vois à midi, haha), les religions sont toutes des inventions humaines, strictement humaines.
Will pas-sage
28 mai 2018 à 04:55
Vos réponses sont très pertinentes, merci d'avoir répondu.
Je pense pour ma part qu'il y a "quelque chose" au dessus de nous, qu'on ne peut pas percevoir. Ce ne serait pas forcément quelque chose d'omnipotent, omniscient et omniprésent (cela voudrait dire qu'il a assisté à toutes les parties de jambes en l'air depuis l'appartion de la reproduction animale sexuée).
Après la mort de ma grand-mère, j'ai beaucoup réfléchi, et je me suis demandé pourquoi s'il y a un Dieu, et qu'il nous a crée à son image, mais qu'il réprouve le plaisir lié au sexe.... C'est un peu paradoxal. De plus, par le passé, le viol était quasiment
autorisé à la guerre lors des pillages, et même au moyen-age; pourtant les chevaliers étaient censés être des hommes de Dieu.
Encore un exemple, plus actuel, au Vatican qui est l'un des pays où la sodomie est très pratiquée, ainsi que son "lobby gay".
Cela me rend perplexe, et je dois dire que j'ai des doutes quant à la religion que je pratique. Si certains sont dans le même cas que moi, j'aimerais que vous m'expliquiez votre façon de penser, parce que moi je suis perdu
celestin999
28 mai 2018 à 11:55
moi je ne suis pas perdu , tout ce qui fraye avec les curetons ça vaut rien ,
les grenouilles de bénitier qui vont à confesse tous les dimanches sont les pires de toutes et les plus salopes.
Ang3l
28 mai 2018 à 12:33
Même si j'aime beaucoup l'argumentaire de @lyon Libertin, dans son fond comme dans sa forme, je ne peux pas être tout à fait d'accord avec sa position sur l'inceste.
Le risque de "consentement faussé", si on exclu la pédophilie, ne me semble pas ... ou plutôt ... plus "plus grand" dans la relation incestueuse/familiale que dans la vie de tous les jours.
Du moins dans nos sociétés où la soumission à l'autorité, de manière automatique et inconditionnelle, laisse de plus en plus la place à des degrés divers d'auto-détermination. Dès lors, une personne qui a été dressée (je n'appelle pas ça "éduquer") à se soumettre à l'autorité, se soumettra quelque soit l'autorité, et le risque de consentement faussé sera le même que l'autorité soit familiale ou extérieure.
Et il me semble plus logique et rationnel de considérer les conséquences psychologiques de ce genre de situation comme étant le résultat d'un conflit interne d'autorité que la personne ne peut trancher. Avec d'un coté l'autorité sociale qui en fait un tabou absolu et d'un autre coté, l'autorité familiale avec qui il y a eu relation qui en fait quelque chose de (peu ou prou) acceptable ou même désirable.
C'est ce qui m'amène, personnellement, à considérer que si justement, actuellement et dans une société où le contrôle sur la reproduction peut se faire librement et facilement de A à Z (inclus donc l'avortement), l'interdit n'est soit, qu'une lubie bigote, soit qu'une "habitude" ancrée tellement profondément qu'on a du mal à s'en départir.
Et pour préciser le contexte, je n'ai, jusqu'à présent jamais eu de désir pour une relation incestueuse. Mais, imaginons qu'il me "tombe du ciel" un frère ou une sœur avec qui il y aurait un désir réciproque, je n'exclu pas d'explorer cette relation potentielle.
Lioubov
28 mai 2018 à 17:12
Comment concilier sexe et religion ? Il faudrait poser la question à nos ecclésiastiques de rite catholique romain ; en effet, il me semble que beaucoup de curés sont impliqués dans des relations pédophiles, surtout avec de jeunes garçons.
Utilisateur supprimé
28 mai 2018 à 18:01
Je suis particulièrement d'accord avec Lyon Libertin sur un point : quelle que soit nos croyances sur l'existence (ou non) de Dieu, les religions restent strictement humaines.
Pour répondre de manière plus personnelle à ta question Will : je suis pour ma part agnostique (donc potentiellement croyant), mais je m'identifie plus à une spiritualité qu'à une religion. Je suis donc assez proche de ton cas je pense.
En l’occurrence, je crois en la pertinence du message du Christ (le pardon et l'amour comme valeurs cardinales), mais je n'ai aucune attache d'aucune sorte avec les diverses religions qui prétendent depuis s'accaparer ce message. Or je ne vois rien dans le Nouveau Testament (je ne parle pas de l'ancien, qui n'est par définition pas Christique) qui s'opposerait fondamentalement à "l'amour libéré" (à l'exception effectivement de l'inceste, mais c'est autre chose).
A mon sens, si on est croyant, le plus important est de ne pas confondre Dieu et la religion ! (si on n'est pas croyant c'est beaucoup plus simple, on se tamponne des deux :lol:)
Modifié
28 mai 2018 à 18:02
Appat
28 mai 2018 à 18:34
Il ne faut pas confondre la religion et les religions (comme la politique et les partis politiques). La religion, à l'instar de la politique, est omniprésente (même les athées croient).
Puisqu'il existe une Eglise de Satan et une doctrine Luciférienne, on peut affirmer que certaines religions encouragent la dépravation et d'autre non.
Ang3l
28 mai 2018 à 19:39
[...] (même les athées croient) [...]
Ha bon??? Vraiment? Vous pouvez développer?
Et de quelle "dépravation" parlez-vous donc?
Utilisateur supprimé
28 mai 2018 à 19:46
Au fait, pour répondre à l'autre partie de ta question, je suis assez d'accord avec ang3l : l'inceste est moralement interdite dans à peu près toutes les cultures (bien que très pratiquée chez la plupart des mammifères, contrairement à ce qui a été dit) pour des raisons évidentes de qualité de la reproduction.
Maintenant que la sexualité n'est plus qu'accessoirement procréative, l'interdit qui demeure n'est dû à mon avis qu'à des restes de normes sociales dépassées.
Mais là encore, ce n'est qu'un avis...
Bref, dans le cas qui t'occupe, j'aurais tendance à te dire : éclate-toi et fais ce que tu veux avec qui tu veux, tant que c'est librement consenti par toutes les personnes concernées. Si tu crois en Dieu, dis-toi qu'il t'a donné un coeur pour juger de ce qui est bon ou pas. Or tant que tu ne fais de mal à personne... je ne vois pas ce qu'il y a de mal !
Lioubov
28 mai 2018 à 20:18
J'approuve ta position, Donico.
Tu me sembles particulièrement éclairé.
Appat
28 mai 2018 à 20:43
Ha bon??? Vraiment? Vous pouvez développer?
L'athée croit qu'il n'y a pas de principe supérieur dont dépend sa destinée.
Concernant la dépravation, je te laisse toi-même étudier le dico.
Ang3l
28 mai 2018 à 21:04
L'athée croit qu'il n'y a pas de principe supérieur dont dépend sa destinée.
Non, faire le lien entre ne pas croire en l'existence de quelque chose et croire en l'inexistence de cette chose est un raccourci erroné.
Entre les deux, il y a au moins l'ignorance reconnue et le scepticisme qui mène à la suspension du jugement.
Et ce n'est pas non plus nécessairement liés à l'agnosticisme qui est une position sur l'inaccessibilité de l'absolu pour l'intelligence humaine. :)
Quand à "dépravation" ... c'est "Attitude et comportement habituellement dénué de sens moral en particulier dans le domaine de la vie sexuelle" (source CNRTL)
Cependant la morale et donc le sens moral sont relatifs à un système de règles lui-même relatif à la perspective des individus qui s'y reconnaissent. Ce qui est "moral" pour les uns ne l'est pas nécessairement pour les autres.
Et vice versa.
D'où ma question ... qui a donc du sens si on "connait" le dico. :P
Modifié
28 mai 2018 à 21:09
Appat
28 mai 2018 à 22:58
Non, faire le lien entre ne pas croire en l'existence de quelque chose et croire en l'inexistence de cette chose est un raccourci erroné.
En quoi est-ce erroné (et un raccourci) ? Un exemple ? J'ai beau retourner le truc dans tous les sens, je ne vois pas.
Je te répondrai seulement ensuite pour la dépravation.
Ang3l
29 mai 2018 à 18:29
Mais enfin! C'est juste logique.
Prenons les choses autrement, ce sera peut-être plus clair.
"Je ne dit pas qu'il pleut" n'implique pas automatiquement que "je dis qu'il ne pleut pas", parce qu'il y a d'autres possibilité qui explique que je ne dise pas qu'il pleut: je peux ne rien dire du tout (ex: je suis muet), je peux parler d'autres choses, etc.
Peut-être est-il aussi nécessaire de préciser que "croire" c'est "attacher une valeur de vérité; tenir pour véritable".
Il devient donc évident que dès qu'il y a doute ou ignorance, on ne croit simplement pas ... que la chose existe, qu'elle n'existe pas, qu'elle soit comme ceci ou comme cela.
megalosex
29 mai 2018 à 20:42
Dans les Evangiles, on peut lire ces paroles mises dans la bouche du Christ : " Tout homme est une créature de Dieu". Pour un athée, ça peut signifier que "chaque individu est respectable" .
Pour le reste ... ne peut-on pas faire l'amour ... religieusement ?
Appat
29 mai 2018 à 21:26
Mais enfin! C'est juste logique.
Prenons les choses autrement, ce sera peut-être plus clair.
"Je ne dit pas qu'il pleut" n'implique pas automatiquement que "je dis qu'il ne pleut pas", parce qu'il y a d'autres possibilité qui explique que je ne dise pas qu'il pleut: je peux ne rien dire du tout (ex: je suis muet), je peux parler d'autres choses, etc.
Peut-être est-il aussi nécessaire de préciser que "croire" c'est "attacher une valeur de vérité; tenir pour véritable".
Il devient donc évident que dès qu'il y a doute ou ignorance, on ne croit simplement pas ... que la chose existe, qu'elle n'existe pas, qu'elle soit comme ceci ou comme cela.
Si tu permets je vais resituer ton exemple dans le bon contexte.
Imagine-toi dans un sas hermétique et explique-moi la différence entre "je ne crois pas qu'il pleuve" et "je crois qu'il ne pleut pas" (en réponse à quelqu'un qui dit "je crois qu'il pleut", comme l'athéisme est relatif à la religion).
Tu peux alors croire qu'il fait beau (ou qu'il neige), mais si c'est le cas tu es forcément en accord avec les 2 premières propositions.
Ne pas croire est croire, c'est ça qui est juste logique.
Cependant, nous n'avons visiblement pas la même définition de "croire" puisque pour moi ce n'est pas "attacher une valeur de vérité; tenir pour véritable". La croyance est liée à quelque chose qu'on ne peut pas prouver.
Quant à la dépravation dont je parlais, c'est simple elle est liée à la morale environnante, en l'occurrence celle de la société dans laquelle évolue l'individu.
Modifié
29 mai 2018 à 21:31
Utilisateur supprimé
29 mai 2018 à 22:12
Pour le coup Ang3l je ne suis pas d'accord avec toi. Je ne voudrais pas chipoter sur les mots et leur signification exacte mais, sauf à vouloir micro-compartimenter les concepts à l'excès en les déclinant en une foule de variations, on peut, il me semble, considérer 3 approches :
- Je SAIS que Dieu existe : je suis croyant ;
- Je SAIS que Dieu n'existe pas : je suis athée ;
- Je ne SAIS pas : je suis agnostique.
J'aurais donc tendance à dire comme Appat sur ce point : l'athéisme est une croyance.
D'ailleurs, l’agnosticisme n'est pas nécessairement "une position sur l’inaccessibilité de l'absolu pour l'esprit humain", puisqu'on parle parfois "d'agnosticisme temporaire" pour désigner ceux qui ne veulent pas se prononcer sur cette question en l'état actuel de nos connaissances... mais qui ne renoncent pas forcément à le faire plus tard.
M'enfin je chipote un peu, je te le concède, je pense qu'on dit à peu près la même chose avec des mots différents =D Après tout dépend ce qu'on met exactement derrière chaque concept...
Cela fait une semaine que ma grand-mère est morte. Pour ceux qui ont lu mes histoires, vous savez probablement que j'ai une relation incestueuse avec ma soeur jumelle et ma cousine.
Lorsque nous l'avons annoncé et assumé à notre famille, elle a fait partie des personnes qui nous ont traité de monstres possédés par le démon, et qui ont coupé les ponts avec nous.
Seulement elle se bat contre un cancer depuis 3 ans, et son combat s'est terminé il y a une semaine. Et dans son état critique, elle a demandé à ce qu'on vienne, nous trois en premier, pour la voir.
Elle nous a donné son pardon, demandé pardon, et nous avons eu pour la première fois depuis 6 ans une discussion, une simple discussion.
Nous étions présent quand elle nous a quitté.
Alors maintenant voici ma question, pensez vous que la religion et le sexe libéré puisse cohabiter dans une vie ?