Ce matin, en lisant mon journal (en fait un magazine, mais je trouvais que ça faisait plus stylé de le dire comme ça), je me suis fait une réflexion Ô combien lumineuse : pourquoi se focalise-t-on autant sur les mauvaises nouvelles ? Enfin par "on", je veux surtout dire "vous", moi je suis un optimiste quasiment pathologique. Je sais que c'est un biais bien connu, à tel point qu'il porte un nom (que j'ai oublié, bien entendu). En gros ce serait lié à notre évolution, pour être sûr de retenir les informations liées au danger (se méfier des guêpes, des serpents, des femmes, des crocodiles... ce genre de choses).
Mais bref, là n'est pas la question. Ce qui me chagrine, c'est que les médias font leur beurre de ce biais, à tel point qu'il induit une sinistrose généralisée. La plupart des indicateurs sont au vert, et pourtant la majorité de nos contemporains sont persuadés que "tout fout le camp".
Saviez-vous que, chaque année depuis 25 ans, en moyenne 174 000 personnes sortent de la pauvreté dans le monde ? Les famines ont presque disparu, alors qu'elles étaient un véritable fléau il y a encore vingt ou trente ans. Mieux : même les africains ont des I-Phones maintenant. Ouais ok, ça on s'en fout.
Mais plus près de nous, tout va bien aussi (si si, je vous jure) : il y a infiniment moins de meurtres et d'agressions qu'il y a trente ou quarante ans (n'en déplaise aux boomers), la conscience écologique se développe et des solutions émergent, l'égalité hommes/femmes progresse (ah pardon, on avait dit qu'on s'en tenait aux bonnes nouvelles :lol:) et, depuis peu, il n'y a même presque plus de chômage. Et last but not least : le réchauffement climatique va éradiquer les vieux à court terme et annihiler ainsi le déficit budgétaire de l'état, les viocs relous en voiture qui roulent à trente, et nous épargner les "moi de mon temps"...
Voilà, je voulais me libérer un peu de mon surplus d'optimisme en vous le jetant au visage, comme une vulgaire éjac' faciale de joie de vivre. Plein de bisous et d'arcs en ciel, que vous les vouliez ou non (quoi, comment ça "forcer des gens à accepter des bisous ça s'apparente à une agression sexuelle ?" Pfff, tout fout le camp...)
Tout fout le camp mon pauvre monsieur. Bravo pour ce topic
Utilisateur supprimé
20 août 2022 à 10:49
Parce que ça vend plus. Si je te rabats que des bonnes nouvelles, ça va te faire chier. Donc, moins de bénéfices. Moins de GROSSE THUNASSE DANS LEURS CAISSES.
Les vampires de la presse à scandale attendent le moindre faux pas de la part d'un prince pas plus prince que mon cul pour écrire un article mensonger. Je te lis le gros titre du Progrès de l'Ain trouvé chez mes beaux parents la semaine dernière : "Conflits de voisinage à Neuville-Sur-Ain : trois ans de calvaire". Vraiment ?
Et pareil avec l'actualité internationale, on nous rabâche les même choses. Toujours se méfier de tout. Prévoir l'imprévu.
Encore l'insomnie, sonnerie du matin
Le corps engourdi, toujours endormi, miroir, salle de bain
Triste face à face, angoisse du réveil
Reflet dans la glace, les années qui passent ternissent le soleil
Aux flashs d'infos, les crises, le chômage, la fonte des glaces, les particules fines
Courir après l'hеure, les rames bondéеs, les bastons d'regards, la vie c'est l'usine, hamster dans sa roue
Petit chef, grand bourreau
Faire la queue partout, font la gueule partout, la vie c'est robot.
T'as le souffle court (respire)
Quand rien n'est facile (respire)
Même si tu te perds (respire)
Et si tout empire (espère)
Gaël Faye, "Respire", de l'album Lundi Méchant
Modifié
20 août 2022 à 11:02
Tilia TV
20 août 2022 à 12:01
Autant de positivité, cay violent. Du coup j'ai signalé.
takashi_é
20 août 2022 à 12:03
Merci pour ces quelques bonnes nouvelles, ça fait du bien.
alexptss
20 août 2022 à 12:33
Tin ça me donne envie de contrebalancer tout ça en passant du côté obscur de la force.
Ze Don
20 août 2022 à 12:40
Autant de positivité, cay violent. Du coup j'ai signalé.
Coeur
Utilisateur supprimé
20 août 2022 à 12:48
C'est clair que le journal est moins vendeur avec des sujets plus cool. Je mettrais ma main à couper que certains achètent le journal pour lire la rubrique nécrologique.
- Allo, xxx. Tu savais que xxx est décédé.
- oui je sais xxx, j'ai été aux obsèques.
- Il y a eut du monde ?
- Oui, oui, c'est vrai qu'il était beaucoup aimé.
- J'enverrai une carte...
Humour noir.
Utilisateur supprimé
20 août 2022 à 13:01
Je mettrais ma main à couper que certains achètent le journal pour lire la rubrique nécrologique.
Oui, mais toujours déçue... "Ah bah nan, c'est pas encore pour aujourd'hui..."
Moochette
20 août 2022 à 13:02
Je suis pas complètement d'accord. Les infos sont surtout devenu futiles à présent. Au journal télé combien y'a t'il d'info pertinente à présent. On préfère parler du bébé de telle célébrité qui vient de faire un prout sonore ou de la bimbo youtubeuse qui c'est rentrer son eyeliner dans le nez.
Pour ca que je les regarde plus d'ailleurs.
Et je conseille de regarder le très bon 'don't look up, deni cosmique" sur netflix, satire sur la derive des media, des gouvernements et des milliardaires mégalomane.
A trop vouloir des bonnes nouvelles, on en oubli la dénonciation des faits
Utilisateur supprimé
20 août 2022 à 13:25
Je mettrais ma main à couper que certains achètent le journal pour lire la rubrique nécrologique.
Oui, mais toujours déçue... "Ah bah nan, c'est pas encore pour aujourd'hui..."
Pareil. J'attends le mien mais ça vient pas.
Utilisateur supprimé
20 août 2022 à 13:49
Une pensée positive par jour... n'oublie pas , point trop n en faut. !!😉
Ceci dit , n ecoute pas les mauvaises langues, elles ne te feront pas jouir ! !
antonin mordore
21 août 2022 à 01:07
Ze don , "ils t'ont laissé sortir" !!! je m'inquiétais !
Un post par mois je me disais mais que lui arrive t'il !!!
Salut mon pote ! Depuis quj'sui revnu "j'pete les plombs, putain j'pete les plombs !! j"ai plus rien à perdre, alors..."
Donatien A.F. de Sade
21 août 2022 à 05:42
Ce qui me chagrine, c'est que les médias font leur beurre de ce biais, à tel point qu'ils induisent une sinistrose généralisée.
Pour empêcher la prophétie d'un sinistros de se réaliser, on peut recourir à un pendentif Retourneur de Temps. Ainsi, si on voit que le malheur est sur le point de survenir, on peut y échapper en remontant le temps et en changeant certains aspects précédents pour l'éviter.
Ah mdr, il est question ici de la sinistrose et non du sinistros dans Harry Potter. Oubliez ce qui est écrit ci-haut. Eh bien dans ce cas, il faut de l'optimisme collectif pour balayer le pessimisme collectif excessif.
pourquoi se focalise-t-on autant sur les mauvaises nouvelles ?
Je ne donnerai pas un cours sur le sentiment du schadenfreude et les notions complexes du cerveau mais je tenterai de répondre le plus simple possible, car je ne crois pas que cela intéresserait beaucoup de gens ici une explication très longue et barbante, quoique si ça intéresse je pourrais tenter de faire une parenthèse dans un autre message, ce dont je doute fort pourtant.
Voici : Le cerveau est programmé pour la survie plus que pour le bonheur. Il contient un « biais négatif » destiné à renforcer le système de mémorisation par le stress et l'émotion que nous ressentons en réaction aux mauvaises nouvelles, et la production d'hormones (adrénaline, cortisol, épinéphrine...) qui en découle. C'est pourquoi nous cherchons constamment des informations négatives pour sur-réagir, et puis nous stockons ces réactions dans la structure du cerveau à cet effet. Par ailleurs, nous apprenons plus rapidement des expériences douloureuses que celles qui sont plaisantes, et les interactions négatives ont plus d'impact sur nous. Notre cerveau fonctionne un peu comme du velcro avec les situations où nous éprouvons de la douleur sous différentes formes (sentimental, physique), et de la glace (pour ses propiétées glissantes) avec les situations de joie et de bonheur. Les faits positifs n'ont pas la même utilité pour la survie de l'espèce et c'est pourquoi ils sont vite oubliés
Modifié
21 août 2022 à 05:49
Ze Don
21 août 2022 à 10:37
je ne crois pas que cela intéresserait beaucoup de gens ici une explication très longue et barbante
Moi ça m'intéresse ! :)
C'est un truc dans ce genre-là que j'avais en tête, j'avais du le lire je-ne-sais où.
Shabanou
21 août 2022 à 11:35
Saviez-vous que, chaque année depuis 25 ans, en moyenne 174 000 personnes sortent de la pauvreté dans le monde ?
T'as oublié un zéro je crois. Moi j'ai trouvé ça :
Entre 1990 et 2013, le taux d’extrême pauvreté dans le monde est passé de 36 % à 11 %.
alexptss
21 août 2022 à 11:42
Pour empêcher la prophétie d'un sinistros de se réaliser, on peut recourir à un pendentif Retourneur de Temps. Ainsi, si on voit que le malheur est sur le point de survenir, on peut y échapper en remontant le temps et en changeant certains aspects précédents pour l'éviter.
Ah mdr, il est question ici de la sinistrose et non du sinistros dans Harry Potter.
Oups, j'avais l'image du docteur Strange manipulant la gemme du temps; désolé je ne suis pas un fan de Harry.
Sinon, mmmmmmhhhhhhhhh je réfléchis.....
Je ne sais pas si c'est juste. Il y a des moments de joie et de bonheur que je chéris et dont je me rappelle beaucoup de détails (je serais tenté de dire chaque détail) et je crois que tout le monde (je l'espère) a ce genre de souvenir. Et quand on fouille sa mémoire sur des instants passés très souvent les mauvais souvenirs s'effacent. Pour l'instant, je dirais que ce que tu as écrit est plutôt valable pour la mémoire à court terme.
Par ailleurs, je ne suis pas d'accord pour dire que "nous cherchons constamment des informations négatives pour surréagir." J'aurais plutôt tendance à dire qu'on cherche des informations qui nous intéressent, qui nous touchent et qui nous font plaisir (pour ce dernier, je pense que dans la vie on cherche le plaisir, d'où par exemple l'alcool et les drogues ou le fait de se balader sur x-story)
Je vais prendre l'exemple d'un supporter de foot. Est-ce qu'il va plus se focaliser sur les défaites ou victoires de son équipe ? Préfèrerait-il avoir la nouvelle que son équipe a gagné ou perdu s'il n'a pas pu suivre le match (je pense qu'il veut juste l'information et ne cherche pas spécialement une mauvaise nouvelle) ? Et dans ses souvenirs, va-t-il plus se remémorer les belles victoires et les superbes actions des matchs passés ou les pires défaites et faits de jeu contrariants ?
Donatien A.F. de Sade
22 août 2022 à 08:52
Voici pour vous, Ze Don, l'explication détaillée sur le sentiment de la schadenfreude et de l'attachement aux mauvaises nouvelles plus qu'aux bonnes nouvelles véhiculées par les médias, selon l'analyse qu'en fait notre cerveau (ceux des humains de façon générale), selon la définition qu'en fait la science médicale à l'heure actuelle.
Le Schadenfreude
Que signifie ce mot ? Quel est son origine ? Qu’est-ce que la schadenfreude ?
Ce mot féminin composé tire son origine de l'allemand. «Schaden» signifie "le dommage" et «Freude» signifie "la joie" ou “le malheur des uns fait le bonheur des autres”, selon le dicton.
Ce sont deux termes antinomiques qui définie une émotion qui n’appartient pas à la norme sociale. Le vaste spectre de l'affect humain comprend des émotions contre-empathiques, des états physiologiques et neurocognitifs complexes qui contredisent la vision naïve de l'empathie humaine.
Pourtant, s’agit-il d’un sentiment normal et positif ? Il est vrai que ses connotations peuvent ressembler à de la malveillance, de la jalousie ou de l’infériorité. Cependant, cela n’est pas nécessairement synonyme de mauvaises intentions de la part de la personne qui la ressent.
En effet, si une mésaventure arrive à une personne que nous n’aimons pas ou qui s’est mal comportée avec nous, la sensation serait liée à un sentiment de restauration de l’ordre naturel, rétablissant en quelque sorte l’équilibre psychique.
Par ailleurs, mes confrères et consœurs parlent d’une réaction qu'ils pourraient qualifier de naturelle. Elle résulte du fait que notre corps sécrète de la dopamine, le neurotransmetteur lié à la récompense et au plaisir. Par conséquent, voir “souffrir” “quelqu’un de "désagréable” constitue pour nous (les humains) cette “récompense” qui permet de mener vers un retour à l'équilibre psychique qui pourrait avoir été "débalancée".
En outre, cette sensation fait partie des émotions humaines morales. Autrement dit, elle serait liée à la comparaison sociale vis-à-vis des autres, ainsi qu’au niveau d’appréciation que nous avons des gens. C’est en cela que la schadenfreude diffère de la peur, à titre d'exemple, ou d'autres émotions telle la joie ou la tristesse.
Cependant, la schadenfreude est beaucoup plus complexe que ce qui a été dit ci-haut. Il reste encore quelques notions à y ajouter pour en saisir toute ses subtilités.
Posons-nous cette simple question. Qui n’a pas ri en voyant une personne trébucher par maladresse ? Schadenfreude relève bien du domaine de l'émotion car elle est définie comme étant un état émotionnel caractérisé par le plaisir face au malheur de quelqu'un d'autre. Voir la carrière d’une célébrité s’écrouler, un criminel particulièrement nocif se faire emprisonner ou assister à la défaite d’une équipe sportive rivale, ou encore applaudir lorsqu’un polititien cherche ses mots ayant oublié son texte. Il ne s ‘agit pas de moquerie mais bien d’éprouver une sorte de joie de l’infortune de l’autre. Une émotion socialement indésirable, certe mais qui joue une utilité dans un moment clé. Les malheurs d'une personne la rendent moins enviable, et nous sommes revalorisés par sa perte de statut.
Pour certaines personnes, derrière cette émotion complexe se cache une recherche de justice, pour savoir si la personne qui a échoué méritait son malheur. D’autres encore estiment qu’il s’agit du fait d’envier quelqu’un, ce qui nous pousse à vouloir son malheur. Schadenfreude intéresse, depuis les années 90, bon nombre de scientifiques et, avec le développement de l’imagerie cérébrale qui permet de la déceler, les études se multiplient.
Émotion vue comme étant péjorative depuis longtemps mais qui ne l'est plus désormais.
Les philosophes à travers les âges se sont interrogés sur la nature de schadenfreude. Aristote parlait de «l’epichairekakia», un mot grec qui pourrait être traduit littéralement par "la joie née du mal". Arthur Schopenhauer, un philosophe allemand, a décrit la schadenfreude comme étant une expression des plus obscures de l'émotivité humaine. Richard Chenevix Trench, un poète et archevêque britannique du XIXe siècle, a écrit que le fait d'avoir un mot pour une émotion aussi condamnable était la preuve de la corruption d'une culture.
Mais qu'en dit la science contemporaine ? Les scientifiques qui étudient la schadenfreude ont une vision plus charitable de cette émotion et à juste titre. Aussi méprisable que puisse paraître la schadenfreude, disent-ils entre autre à l'université Adolfo Ibáñez pour ne citer que celle-ci, nous (les humains) sommes programmés pour le ressentir. Comme l'a dit le professeur Smith, le psychologue américain, spécialiste de ce côté obscur des émotions : «c'est la nature humaine». S'inspirant de la biologie évolutionniste et de la psychologie, des chercheurs ont étudié la schadenfreude d’un point de vue clinique pour tenter de comprendre pourquoi les gens ne peuvent s'empêcher de ressentir une émotion pour le désastre et le malheur des autres et reconnue par tous comme comme étant ignoble.
Un grand nombre d’études sont basées sur la théorie de la comparaison sociale et l’importance que l’on accorde à des attributs extrinsèques comme la célébrité, le pouvoir ou l’argent ne fait que la renforcer. Schadenfreude a également été associée à une faible estime de soi. En effet, des chercheurs, dont ceux cités ci-haut, ont constaté que les personnes ayant une faible image d’elles-mêmes sont plus susceptibles d'éprouver ce plaisir du malheur, mais pas seulement celles-ci car tous peuvent la ressentir.
Une équipe de psychologues de l’Université Emory à Atlanta aux Etats-Unis est partie du constat qu’il n’existait pas de définition à proprement parler du terme «schadenfreude» et a donc cherché à le comprendre, à l’expliquer et à l’étudier le mieux possible. Le groupe de scientifiques a donc cherché à réunir toutes ces définitions sous un seul concept. Après l'analyse de diverses études prouvant que la schadenfreude était une émotion intégrée à nos comportements depuis notre petite enfance, elle a été étudié et mise en évidence chez des petits de 2 ans, les chercheurs ont estimé que ce qui était commun à toutes les réactions était la déshumanisation, le fait de considérer une personne comme étant moins humaine que soi. Cette déshumanisation d’une autre personne ou d’un autre groupe permet de ressentir de la joie face à l’échec de cette même personne ou de ce même groupe. L’étude suggère également que plus une personne éprouve de l’empathie envers une autre, moins elle est susceptible de ressentir l’émotion «schadenfreude» lorsque cette personne souffre.
Si une mésaventure arrive à une personne que nous n’aimons pas ou qui s’est mal comportée avec nous, la sensation serait liée à un sentiment de restauration de l’ordre naturel de la psyché, renvoyant au rétablissant de l’équilibre expliquée dans les paragraphes plus haut.
Le ressentiment Le chercheur australien, Norman Feather de l'Université Flinders d'Adélaïde et pour d’autres psychologues travaillant à améliorer la compréhension de cette émotion, la clé de Schadenfreude n'est pas l'envie, mais le ressentiment. Ils ont ainsi fait progresser les études sur le sujet en s'inspirant de ceux réalisés avant eux (des universités cités ci-haut entre autres). Ils fondent leurs travaux sur ce que l’on appelle la théorie de la comparaison sociale. Un domaine basé sur une prémisse simple : les humains ne s’évaluent pas tant par des critères objectifs que par comparaison avec les gens qui les entourent. Si une mésaventure arrive à une personne que nous n’aimons pas ou qui s’est mal comportée avec nous, la sensation serait liée à un sentiment de restauration de sa propre psychologique pour la ramener vers un état dit normal. En réalité, cette réaction est naturelle : le corps sécrétant de la dopamine, un neurotransmetteur lié à la récompense, au plaisir, voir souffrir une personne désagréable, est une récompense pour bien des gens. Bien entendu, on ne peut parler d'une façon de pensée universelle car tous ne pensent pas ainsi mais on parle plus ici d'une majorité entendue.
Il faut comprendre par là que l’être humain est capable à la fois de compassion et de Schadenfreude, celle-ci marquant ainsi simplement la limite, mouvante, qui sépare nos instincts égoïstes de notre moi social, sous contrôle.
Dans quelle circonstance la schadenfreude n'est-elle pas négative et demeure-t-elle naturelle à l'émotion ? Pourquoi se produit-elle ?
Il existe des raisons particulières pour lesquelles cette réjouissance se manifeste face au malheur de quelqu’un d’autre. La schadenfreude n’est en rien négative tant qu’elle reste une réaction naturelle à ce types de situations et qu’il n’existe aucune participation directe afin que ce malheur se perpétue.
Le soulagement Nous pouvons résumé ainsi le soulagement dont nous emplie cette émotion lors de ces situations. Autrement dit, si un malheur arrive à une autre personne, cela signifie que cela ne nous arrive pas à nous, d'où le soulagement généré.
Prenons ces exemples de la schadenfreude menant au soulagement. Si quelque chose arrive à une personne inconnue, comme trébucher ou que de l'eau tombe depuis un balcon sur une autre personne, nous savons que cela aurait pu nous arriver à nous et qu’il en fut autrement. Il est dès lors possible que non seulement nous ressentions du soulagement, mais encore que cela nous fasse rire si nous trouvons quelque chose de drôle dans ce qui s’est passé. Ce n'est pas que nous désirons être méchant, à cet instant, mais le trop plein d'émotions (le soulagement entre autre) peut mener à considérer la situation comme étant comique, à cet instant, puisqu'elle ne nous arrive pas à nous et que cela peut-être frustrant pour l'autre car nous le serions tout autant à sa place.
La jalousie Malheureusement, le soulagement n’est pas la seule raison de ce bien-être passager au ressenti de la schadenfreude. La jalousie l’est également, surtout chez les personnes qui le sont par nature.
Ainsi, le fait qu’une personne ne dispose pas d’une ressource dont elle a besoin et qui, lorsqu’elle en sollicite une d’une autre qui la possède, ou qui pense la posséder , voit sa demande échouer, elle peut constituer une raison plus que suffisante pour que l‘autre se réjouisse de son malheur.
D’autre part, toujours en lien avec la jalousie, il pourrait également se produire la situation dans laquelle une personne jalouse se dirait : “Je ne l’ai pas, mais l’autre non plus ne l'a pas". Dès lors, le manque de possession (matériel le plus souvent) de l’autre atténuerait le sentiment d’infériorité de la personne jalouse qui ressentirait la schadenfreude.
Une faible estime de soi En outre, la faible estime de soi peut motiver l’apparition de ce phénomène. En effet, diverses recherches précisent que cette situation de voir le malheur des autres, qui ne nous concerne pas, peut servir à augmenter la confiance en soi. C'est précisément ce phénomène lié à cette partie de la schadenfreude, combinée au soulagement cité ci-haut, qui amène les gens, la plupart du temps lorsque cette émotion est ressentie, à consulter toujours plus les médias à la recherche des "mauvaises nouvelles" plus que des "bonnes nouvelles".
Maintenant, penchons-nous sur cette question qui turlupine plus d'une personne.
Pourquoi aimons-nous surtout les mauvaises nouvelles ?
Les médias sont régulièrement accusés d'abreuver les masses de nouvelles dramatiques, depuis de nombreuses années. Mais si nous n'étions pas des consommateurs avides des informations qui font peur,qui véhiculent les malheurs d'autrui (pour plusieurs éprouvant de la schadenfreude en consommant ces "nouvelles fraîches" véhiculés par les médias), ils cesseraient de les diffuser, au lieu de pratiquer une surenchère permanente. D'où nous vient cette fascination pour les catastrophes et autres mauvaises nouvelles ? Serions-nous tous des voyeurs morbides ? Plusieurs chercheurs se sont posés les questions et ils en sont venu à cette conclusion. Cette curiosité malsaine, est pourtant indissociable de la nature humaine, pour différentes raisons et ne mettant pas toutes en cause la schadenfreude, mais cette émotion demeure pourtant au centre de la question car elle y joue un grand rôle le plus souvent dans cette énigme depuis l'aube des temps.
Ils ont conclu assez rapidement que les nouvelles catastrophiques dominaient dans les vingt premières minutes des journaux radio et télé. Si les chaînes d'information continue sont connues pour diffuser en boucle les nouvelles les plus angoissantes, la presse écrite n'y échappe pas. Même chose sur les réseaux sociaux, qui relaient dans le monde entier et en un temps record les faits divers les plus sordides.
Ceci se remarque dans les pays de démocraties. Ils favorisent quatre sentiments puissants qui se retrouve à l'échelle du peuple : la colère, la jalousie, la peur, et l'indignation. Parce que ces passions sont les plus faciles et les plus universelles, parce qu'elles animent les pays démocrates au grand jour, elles sont le premier et principal carburant de l'audimat. Ainsi, les chercheurs ont pu constater que les émotions fortes régissent souvent notre vision du monde qui nous entoure (des gens, de notre environnement) et notre perception face à celles-ci.
La peur est un mécanisme très utile à la survie de l'espèce depuis l'aube des temps.
Nous, l'espèce humaine, pouvons nous défendre de cette faiblesse qu'est la peur ou la juger comme excessive chez certains individus, mais nous pouvons aussi essayer de comprendre pourquoi nous en avons besoin quasi instinctivement et pourquoi nous la recherchons souvent par divers biais (nouvelles catastrophiques, films d'épouvantes, jeux d'horreur, etc.). Selon la théorie de l'évolution, tout ce qui favorise la survie et la reproduction est renforcé et se transmet d'une génération à l'autre.
Selon les mécanismes biologiques de la sélection darwinienne, nous savons que les êtres vivants (humains, animaux), qui se souviendront des mauvaises expériences et de la manière d'échapper à toutes sortes de périls (catastrophes naturelles, prédateurs en tous genres, accidents de la vie, etc.), auront de meilleures chances d'échapper à la mort. Ils pourront procréer, assurer le développement de leur famille et donc contribuer à assurer la survie de l'espèce.
C'est pourquoi la peur domine les sentiments positifs en ce qui concerne la suvie de l'espèce.
Les faits positifs
Les faits positifs n'ont pas la même utilité que la peur sur le fait de retenir plus facilement l'information. Il n'est donc pas étonnant que les faits positifs, même lorsqu'ils reçoivent un écho dans le public, soient si vite oubliés : ils n'ont pas la même utilité pour la survie de l'espèce. S'ils suscitent des moments d'émotion parfois intenses, des souvenirs fédérateurs, ils ne causent pas de traumatismes dans la mémoire collective comme le ferait une grande frayeur. L'impact est moins puissant et c'est pourquoi la peur est le catalyseur le plus puissant de l'émotion qui stimule la mémoire.
Des chercheurs ont donné ceci comme exemple. Le récit d'un drame s'abattant sur un autre humain à l'autre bout du monde est plus susceptible de nous toucher parce qu'il s'abat sur l'un de nos semblable. Il est, en d'autres termes, un autre "nous-même", et c'est pourquoi sa mort nous atteint alors de plein fouet. Nous sommes en empathie avec les autres, et c'est évidemment un atout, grâce aux « neurones miroirs » ou « neurones empathiques », ces neurones du cerveau impliquées dans l'apprentissage par imitation et les processus affectifs.
Savoir éviter ou s'extirper des situations potentiellement dangereuses est un avantage, utile certes, mais il faut laisser du champ à la prise de risques, à la création collective. Poussé à l'extrême, cet appétit pour les mauvaises nouvelles risque de nous paralyser, de limiter la prise de risques, de nous faire voir le monde en noir, de donner l'impression de ne pas maîtriser notre destin. C'est aussi ce qui a mené à l'introduction du fameux « principe de précaution » dans la Constitution française. Un principe qui, s'il est appliqué trop systématiquement, risque d'annihiler la créativité et, au-delà, le « désir d'avenir » puisque le futur n'est plus un champ des possibles, mais une terra incognita dominée par la peur de l'inconnu, la peur d'avoir peur... Tout en ce bas monde est question d'équilibre et il faut le trouver là où on le peut.
Cependant, peur et schadenfreude ne sont pas incompatible car bien souvent ils se réunissent, bien que n'ayant pas le même but. Ainsi, l'émotion de la schadenfreude pousse beaucoup de gens à aimer voir (lire, etc.) des drames (et c'est pourquoi les différents médias les véhiculent (les nouvelles journalistiques, les séries télé, les romans, etc) et la peur peut venir s'y ajouter pour pimenter le tout. Ne parle-t-on pas de faire d'une pierre deux coups ? La peur peut jouer un rôle de stimulus émotionnelle agréable pour certains mais elle joue également un rôle pour faciliter la rétention mnémonique. Voila ce qui force les médias d'informations à véhiculer plus les drames qu'autre chose car après tout, ils offrent ce que le public recherche et nous consommons ce que notre nature nous commande.
Notre cerveau est programmé pour la survie plus que pour le bonheur
Paradoxalement, et contrairement aux idées reçues, les nombreuses expériences réalisées par des laboratoires de psychosociologie à travers le monde et de grandes universités tendent à démontrer que c'est le public qui « programme » les médias et les poussent à diffuser des mauvaises nouvelles et non l'inverse. D'après les scientifiques qui ont réalisé ces études, notre cerveau, programmé pour la survie (plus que pour le bonheur) contiendrait un « biais négatif » destiné à renforcer le système de mémorisation par le stress et l'émotion que nous ressentons en réaction aux mauvaises nouvelles, et la production d'hormones (adrénaline, cortisol, épinéphrine...) qui en découle. C'est une question d'offre et de demande. S'il n'y avait pas de demandes concernant les nouvelles véhiculant beaucoup de catastrophes, de malheurs, il n'y aurait pas d'offres présentées.
Selon les travaux du psychologue social Roy Baumeister et du psychologue Rick Hanson de l'université Berkeley, sans oublier la synthèse faite par le thérapeute matrimoniale et familliale Ray Williams dans « Psychology Today » (Is the media negative ? Why we love bad news more than good news ?), ils ont dit :
« Nous cherchons constamment des informations négatives pour sur-réagir, et puis nous stockons ces réactions dans la structure du cerveau. Par exemple, on apprend plus vite de la douleur que du plaisir, et les interactions négatives ont plus d'impact. Notre cerveau fonctionne comme du velcro avec le mal, et du téflon avec le bien ».
Alors, pourquoi les bonnes nouvelles ne sont pas des nouvelles au sens médiatique du terme ?
Grâce à des études réalisées auprès d'une population importante de téléspectateurs, lecteurs de journaux et internautes, Christopher Nass, psychologue de l'université Stanford, a démontré que les personnes qui émettent des avis ou des commentaires négatifs apparaissent généralement « plus intelligentes » que celles qui s'expriment de manière positive ou optimiste. Force est de constater que les commentaires critiques et négatifs sont plus vite relayés par les journalistes et les personnalités politiques que les avis, décisions ou commentaires positifs. Il se crée une sorte de cercle vicieux et un malaise sociétal, notamment lorsque ce sont les « trolls », les extrémistes et les « haters » qui polluent les réseaux sociaux.
Mais comme la peur est utile, qu'elle est accrocheuse, nous la recherchons souvent à travers divers médias et elle va si bien avec la schadenfreude lorsque nous voyons que chaque jour, des millions de gens dans le monde vivent la guerre et autres drames atroces et il y a là matière à exposer la condition humaine sous son angle le plus désespérant. Lorsque ces drames se déroulent près de chez nous, ils nous rappellent à quel point nous sommes chanceux de ne pas être à la place de la « victime ». Mais comment vivre en paix avec l'idée que les malheurs n'arrivent qu'aux autres... puisqu'on s'en nourrit pour se rassurer sur nos propres chances de survie ? C'est là que l'émotion de la schadenfreude joue un rôle rassurant et permet de faire disparaître cette crainte suscité par la peur.
Un autre aspect a été mis en lumière suite à ces recherches fructueuses. Je cite : Étrangement, plus le monde semble au bord du chaos, plus nous avons l'espoir de l'améliorer, donc d'être des acteurs du changement positif. C'est un autre aspect des informations médiatiques portant sur les drames qui joue un rôle inverse sur le cerveau et sur nous-même en définitif.
N.-B. : Voilà Ze Don ! J'espère avoir répondu à vos questions et avoir expliqué clairement mes explications sans avoir engendré d'incompréhensions quelconque. Bon, sur ce, je vais me coucher car il se fait tard.
Je ne sais pas si c'est juste. Il y a des moments de joie et de bonheur que je chéris et dont je me rappelle beaucoup de détails (je serais tenté de dire chaque détail) et je crois que tout le monde (je l'espère) a ce genre de souvenir. Et quand on fouille sa mémoire sur des instants passés très souvent les mauvais souvenirs s'effacent. Pour l'instant, je dirais que ce que tu as écrit est plutôt valable pour la mémoire à court terme.
Par ailleurs, je ne suis pas d'accord pour dire que "nous cherchons constamment des informations négatives pour surréagir." J'aurais plutôt tendance à dire qu'on cherche des informations qui nous intéressent, qui nous touchent et qui nous font plaisir
Je ne sous entendais pas par là que les bons moments étaient oubliés automatiquement mais que le cerveau est programmé pour retenir plus facilement les informations négatives (notamment celles liées à la peur) par le biais de la mémoire transmissible aux générations futurs, bien que cela peut s'appliquer à la mémoire à court terme. Le cerveau ayant une faculté qui oublie, il est naturel qu'il y ait des évènements que nous oublions tous, qu'ils soient positifs ou négatifs, beaucoup même sélectivement pour différentes raisons.
Lorsque j'ai écrit "nous cherchons constamment des informations négatives pour surréagir", je ne parlais pas de tous les consommateurs de nouvelles mais d'une majorité de consommateurs à travers le globe, suite à des études qui ont été faites sur le sujet. Bien entendu, chaque consommateur se renseignent premièrement mais beaucoup on une autre raison combinée pour préférer les nouvelles rapportant des faits négatifs plutôt que positifs, dû à l'une ou plusieurs des émotions suscités décritent ci-haut. S'il n'y avait pas autant de demande de nouvelles rapportant le malheur d'autrui, il y en aurait moins dans les bulletins d'informations. C'est une question d'offre et de demande et c'est ce que je voulais signifier en peu de mots. Après mon post, je me doutais que j'aurais dû expliquer un peu plus mais comme j'allais me coucher, j'ai laissé tombé pour le coup. 😅 Mea culpa moi.
Modifié
22 août 2022 à 08:58
Elisa M
22 août 2022 à 13:35
Saviez-vous que, chaque année depuis 25 ans, en moyenne 174 000 personnes sortent de la pauvreté dans le monde ?
T'as oublié un zéro je crois. Moi j'ai trouvé ça :
Entre 1990 et 2013, le taux d’extrême pauvreté dans le monde est passé de 36 % à 11 %.
À mon avis c'est par jour, ça ferait à peu près 63 millions par an. Il a oublié un morceau de phrase je pense.
Victorya
22 août 2022 à 14:44
je suis un optimiste quasiment pathologique.
les personnes qui émettent des avis ou des commentaires négatifs apparaissent généralement « plus intelligentes » que celles qui s'expriment de manière positive ou optimiste.
Voilà voilà 😼
je voulais me libérer un peu de mon surplus d'optimisme en vous le jetant au visage, comme une vulgaire éjac' faciale de joie de vivre.
Garde les bisous, je me contenterais de l'éjac faciale 😺
Modifié
22 août 2022 à 14:49
Ze Don
22 août 2022 à 16:38
T'as oublié un zéro je crois. Moi j'ai trouvé ça :
Entre 1990 et 2013, le taux d’extrême pauvreté dans le monde est passé de 36 % à 11 %.
À mon avis c'est par jour, ça ferait à peu près 63 millions par an. Il a oublié un morceau de phrase je pense.
Je vous trouve excessivement désagréables toutes les deux :lol:
@lemarquis : merci beaucoup ! Super intéressant en effet.
Mais bref, là n'est pas la question. Ce qui me chagrine, c'est que les médias font leur beurre de ce biais, à tel point qu'il induit une sinistrose généralisée. La plupart des indicateurs sont au vert, et pourtant la majorité de nos contemporains sont persuadés que "tout fout le camp".
Saviez-vous que, chaque année depuis 25 ans, en moyenne 174 000 personnes sortent de la pauvreté dans le monde ? Les famines ont presque disparu, alors qu'elles étaient un véritable fléau il y a encore vingt ou trente ans. Mieux : même les africains ont des I-Phones maintenant. Ouais ok, ça on s'en fout.
Mais plus près de nous, tout va bien aussi (si si, je vous jure) : il y a infiniment moins de meurtres et d'agressions qu'il y a trente ou quarante ans (n'en déplaise aux boomers), la conscience écologique se développe et des solutions émergent, l'égalité hommes/femmes progresse (ah pardon, on avait dit qu'on s'en tenait aux bonnes nouvelles :lol:) et, depuis peu, il n'y a même presque plus de chômage.
Et last but not least : le réchauffement climatique va éradiquer les vieux à court terme et annihiler ainsi le déficit budgétaire de l'état, les viocs relous en voiture qui roulent à trente, et nous épargner les "moi de mon temps"...Voilà, je voulais me libérer un peu de mon surplus d'optimisme en vous le jetant au visage, comme une vulgaire éjac' faciale de joie de vivre. Plein de bisous et d'arcs en ciel, que vous les vouliez ou non (quoi, comment ça "forcer des gens à accepter des bisous ça s'apparente à une agression sexuelle ?" Pfff, tout fout le camp...)