au masculin...

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Clothilde092
28 mars 2025 à 21:22
Je suis toujours perplexe lorsque je lis le texte (bien écrit, pourquoi pas) d'un auteur se présentant comme femme, mais écrivant au masculin...
J'ai comme un malaise, même si il s'agit de fantasme.
Cela vous est-il indifférent ou bien êtes vous comme moi vous demandez-vous pourquoi?
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ToutContreToi
12 avril 2025 à 01:07
Je n’ai aucun malaise à lire des récits écrits par des femmes dont le personnage principal est un homme — et l’inverse est vrai aussi.
Pour répondre à la question « Pourquoi y a-t-il des hérétiques ? », je n’ai pas de réponse universelle, mais je peux expliquer mon propre choix narratif dans mon histoire « Fuir ses fantasmes… ou s’y abandonner ? ».

Tout simplement, même s’il s’agit d’un fantasme, l’histoire est inspirée de faits réels, et le personnage principal n’était pas moi, mais une femme. (Eh oui, les femmes… toujours au cœur de toutes les intrigues !)

Quand je décris un fantasme du point de vue d’une femme, ou le plaisir qu’elle ressent, je ne ressens ni le syndrome de l’imposteur, ni la peur de manquer de réalisme. Mon but n’est pas de livrer un documentaire, mais de procurer du plaisir aux lecteurs.

Je me dis que, dans le meilleur des cas, au moins une femme sur terre se dira en me lisant : « Pétard ! C’est exactement ce qui se passe dans ma tête et mon corps ! »
Et dans le pire des cas… elle esquivera un sourire indulgent et m’offrira une critique constructive.
Modifié 12 avril 2025 à 01:10
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sms35
31 mai 2025 à 08:34
Je suis un homme bi et pourtant j'ai écrit deux histoires avec plusieurs chapitres ( histoires de femmes et loisir commun ) ou je mets en scène des femmes et en racontant ces histoires comme si c'était mon histoire. Au bout de quelques temps, je me suis senti en porte à faux, j'avais l'impression de trahir les lecteurs de mes histoires. J'ai donc fait mon mea culpa..
Il faut dire que je me sens parfois tellement femme et que je trouve les sexe entre femmes beaucoup plus sensuel que le sexe entre hommes que c'est pour ça que j'ai écrit ces textes en mettant en scène des femmes.
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Blablablah
31 mai 2025 à 09:25
Très intéressante discussion. Après quelques messages, j'en avais oublié la question originale. On aurait dit que le sujet concernait non pas les personnes se présentant comme femmes qui écrivent au masculin, mais les hommes qui écrivent au féminin, et non plus si on y est indifférent ou si on se demande pourquoi, mais de justifier abondamment le fait pour un homme d'écrire du point de vue d'une femme.

Rappel du message d'origine (copié-collé) :
Je suis toujours perplexe lorsque je lis le texte (bien écrit, pourquoi pas) d'un auteur se présentant comme femme, mais écrivant au masculin...
J'ai comme un malaise, même si il s'agit de fantasme.
Cela vous est-il indifférent ou bien êtes vous comme moi vous demandez-vous pourquoi?

De ce que j'aurais à ajouter, à la lecture de certains échanges ici, on dirait bien que les concours à qui a la plus grosse ne sont pas réservés aux hommes :) . Concernant le sujet, je répondrais que je n'ai pas de malaise mais me demande volontiers pourquoi, parce qu´il y a toujours une curiosité chez moi d'en savoir plus sur le pourquoi du comment. Après, ici (si la question était posée concernant les personnes sur Xstory, pour le coup ce n'etait pas précisé) , s'il faut vraiment répondre au pourquoi, j'aurais tendance à dire qu'il ne faut souvent pas chercher plus loin que le fantasme... l'excitation qu'il y a de se mettre à la place de l'autre sexe... potentiellement assorti (parfois pas du tout) d'une forme de RolePlay, où on s'efforce de se mettre à la place de l'autre, d'essayer de mieux le comprendre en faisant l'exercice de se mettre à sa place.

Après concernant les femmes qui écrivent au masculin, dans le contexte d'une société patriarcale, il peut y avoir il me semble parfois une volonté d'incarner une position dominante qu'on n'ose pas incarner en tant que femme, et dans ce cas là c'est assez malaisant mais surtout, c'est assez triste.

Je parle dans le contexte actuel occidental, hors contextes où la femme est en danger en exprimant sa propre voix, mais bon "de tout temps" ca reste une question politique : vaut-il mieux agir masqué ou à découvert ? Question difficile à trancher si je ne m'abuse.
Modifié 31 mai 2025 à 09:33
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cocolst
31 mai 2025 à 10:56
Je pense qu'il ne faut pas trop se poser de question sur le sujet car il n'y en pas vraiment. Il y a des histoires qui s'écrivent à la première personne (féminin ou masculin) et d'autres à la troisième personne.

Suite à ce sujet, j'ai tenté d'écrire à la troisième personne une ou deux histoires : je n'y arrive pas du tout. Je ne sais pas comment faire ressentir les émotions du personnage principal dans un tel contexte. J'ai besoin de m'identifier au(x) personnage(s), regarder par ses propres yeux, sentir ce qu'il ressent. La troisième personne est plus une vision lointaine qui ne me convient pas. Et si mon personnage principal est une femme, alors j'écris au féminin ; si c'est un homme, j'écris au masculin.

Pour ma part, il n'y a pas de fantasme derrière ou envie de tromper le lecteur.

PS : et si je n'indique pas mon sexe dans mon profil est uniquement car je ne veux pas que les lecteurs qui ne me connaissent pas jugent par rapport à ce que je suis, mais jugent ce que j'écris.
Modifié 31 mai 2025 à 10:58
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Blablablah
1 juin 2025 à 19:20
Suite à ce sujet, j'ai tenté d'écrire à la troisième personne une ou deux histoires : je n'y arrive pas du tout. Je ne sais pas comment faire ressentir les émotions du personnage principal dans un tel contexte. J'ai besoin de m'identifier au(x) personnage(s), regarder par ses propres yeux, sentir ce qu'il ressent. La troisième personne est plus une vision lointaine qui ne me convient pas. Et si mon personnage principal est une femme, alors j'écris au féminin ; si c'est un homme, j'écris au masculin.

J'aime bien utiliser la troisième personne pour ce côté factuel justement qui vient plus naturellement, ce coté qui se rapproche du visionnage de film, mais si tu veux garder le côté intime, le discours indirect libre est vraiment très puissant. Je vais ecrire un exemple en forcant le trait pour montrer un peu l'idée, c'est encore le plus simple :

Quinze ans. Quinze ans qu'il se saignait pour elle, et elle, elle le quittait après tout ce qu'ils avaient vécu ensemble. Salope. Ingrate. Michel n'avait pas de mot pour la décrire elle, ce qu'elle avait fait, ce qu'il ressentait et, de toute façon, tout se mélangeait en une bouillie émotionnelle dans laquelle il était complètement perdu. Quand elle lui avait laissé une chance, quand elle avait fait un pas vers lui, il s'était vexé. Il s'était braqué. Comment osait-elle ? Il enrageait. Il voulait qu'elle paie pour oser remettre leur couple en question comme ça. Pas, lui, se remettre en question. C'était trop injuste. C'était trop dur. Où est-ce qu'il serait allé trouver l'énergie pour toutes ces conneries de bonne femme moderne des années me too, d'abord ? Il se saignait au boulot pour elle ! Et, elle, elle venait encore le faire chier, parce que soit disant il ne prenait pas assez en compte ses désirs à elle, qu'il ne pensait qu'à se soulager en elle. Et merde à la fin ! Qui ramenait l'argent à la maison ? Qui payait la crèche pour les gosses ? Qui veillait à ce que le frigo soit toujours plein, la pelouse toujours tondue et la plomberie toujours en état ? Elle n'avait pas le droit. Non. Elle n'avait pas le droit de le faire chier, quand il venait vers elle pour soulager son besoin, un besoin légitime, un besoin primaire essentiel même, et, elle osait le poursuivre en justice pour viol ? C'était la goutte de trop, ou plutôt, qu'est-ce qu'elle avait à le faire chier à lui, pour quelques gouttes dans le vase quand elle dormait ? Putain de bonnes femmes ingrates, pensait Michel derrière le plaidoir.
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Blablablah
1 juin 2025 à 19:23
Désolé pour l'exemple un peu violent et caricatural. J'ai pas trop réfléchi. C'était plus pour la forme que pour le fond. Apres le choix du discours de "méchant" est pas complètement innocent. C'est des situations où il peut être utile d'avoir le "il" pour prendre de la distance, switcher facilement ensuite avec un autre point de vue, et grâce au discours indirect libre, ne pas perdre pour autant cette plongee dans les pensees de ses personnages si intéressante (parfois malaisante).
Modifié 1 juin 2025 à 19:28
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Exorium
6 juin 2025 à 05:45
J'avoue que je ne m'étais jamais posé la question et que j'ai été "obligé" d'aller consulter la liste des récits à épisodes que j'ai mis ici en ligne pour me rendre compte que, pour la moitié d'entre, c'était une narratrice et, pour l'autre moitié, un narrateur.
À l'exception d'un seul, ils sont tous écrits à la première personne du singulier.

En tant qu'"auteur", je prends ce qui s'impose à moi. J'ai envie d'incarner tel ou tel personnage, masculin ou féminin, de vivre de sa vie, je me lance. Et advienne que pourra. C'est passionnant d'être, par l'écriture, ce qu'on n'est pas dans la réalité. Avec plus ou moins de bonheur. Il n'y a pas UNE femme, mais DES femmes, UN homme, mais DES hommes. Tant de différences entre les individus. C'est une richesse dans laquelle on peut puiser à l'infini.
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Gras
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