Bonjour,
J'aime explorer les territoires de la soumission/domination. Je suis particulièrement intéressé par les mécanismes érotiques et sexuelles qui amènent une femme à se soumettre à un homme.
Il est évident qu'il y a deux formes de soumission. L'une subie ; l'autre revendiquée et assumée. Mais la frontière entre les deux est-elle toujours totalement étanche ?
Pour ce qui relève de la part assumée, la femme recherche sûrement un abandon total, un lâché prise sans réserve, l'exploration par le jeu de ses propres limites, un chemin que sans un "maître" elle n'aurait jamais osé explorer.
Mais pour la part plus ambigüe qui consiste à se laisser entièrement dominer, à s'accepter infériorisée. Cette part dans le jeu qui relève de la docilité et de l'humiliation ? Je sais que les hommes soumis revendiquent beaucoup plus facilement de jouir de telles situations.
Mais les femmes ?
Les femmes doivent déjà se battre contre une société machiste, un système qui très injustement offre le pouvoir et la domination aux hommes. Dans un contexte sociétal aussi inégal, aussi stigmatisant, les femmes ont, s'en doute, plus de mal à vivre, à accepter ce fantasme d’assujettissement.
Qu'en pensez-vous ?
"Le but du dominateur est de libérer sa soumise. De la faire progresser. De faire sauter les verrous qui empoisonnent la sexualité de la soumise. Le dominateur prend le fardeau de la responsabilité pour amener la soumise à ne plus avoir honte. C'est est fait dans un profond respect et énormément de communication. Le dominateur est très à l'écoute de sa soumise, de ses besoins, mais aussi des réponses que le corps de la soumise lui donne. Le dominateur n'a aucun intérêt à avilir ou à compromettre la personnalité de la soumise. En réalité celui qui dirige le jeu n'est pas celui qu'on croit. Et c'est franchement libérateur durant une séance de ne pas avoir la charge mentale de ce qui va se passer. Cela libère le corps et l'esprit de toute retenue.Cela permet un réel abandon de soi."
Bravo JeSuisPoly, vous avez tout résumé et tout compris de la relation dominant/soumise.
je suis d'accord jusqu'à chaque virgule de votre message...un bien beau témoignage sur ce type de relation...
Et oui le dominant est en réalité l'esclave de sa soumise...
Et je suis très content que ce soit une femme qui l'ait écrit...moi on ne m'aurait pas cru ...
le dominant fait sortir la femme de sa condition de soumise à l'ordre moral établi, en lui enjoignant des ordres, il prend sur lui "la responsabilité de la luxure de la femme" qui peut ainsi épanouir sans honte et découvrir son animalité profonde de femme et jouir sans entraves de ses fantasmes...
Un grand merci à vous.
J'espère néanmoins que vous avez réussi à vous sortir de vos problèmes de santé...une grande leçon de courage !
JeSuisPoly
10 janvier 2018 à 14:49
Je vous en prie Antonin Mordore.
Pendant plus d'un an j'ai porté un collier de verrouillage de jour. Et le simple fait de passer mes doigts sur celui-ci me permettait de me rappeler ma liberté face à ma sexualité. Je ne le porte plus puisque la relation D/s n'est plus. Mais je chéris cette expérience de vie chaque jour qui passe.
Cependant, je crois sincèrement que cette pratique n'est pas à la portée de tous, tant elle est exigeante en investissement de soi et en énergie.
P.S. Je prends votre message pour un beau compliment. Un double, la ponctuation n'étant pas mon point fort ;)
modianobleu
10 janvier 2018 à 19:33
Je n'ai pas ignoré ton message modianobleu. J'ai voulu prendre tout le temps nécessaire pour t'apporter ma réflexion. Celle-ci n'engage que moi, je ne saurais répondre pour les autres.
Cette expérience semble en effet porteuse de beaucoup d'émotions et sensations. Elle fut pour toi, à n'en pas douter, épanouissante. Je pense que mêler à la domination, le recours à l'imaginaire, en te faisant écrire puis lire à haute voix tes fantasmes, fut un excellent moyen de démultiplier le trouble.
Cela t'a-t-il permis d'explorer des zones inconnues ? Cela t'a-t-il amené à des pratiques que tu refusais jusque là ?
Cela m'a permis déjà de pouvoir nommer mes fantasmes, sans honte. Avant, quand on me posait la question je répondais que mes fantasmes étaient plutôt gentillets. Je mentais parce que je ne voulais pas que l'on me prenne pour quelqu'un d'autre. Mais en fait ce quelqu'un d'autre, c'est justement moi. Messieurs, ne vous précipitez pas pour me contacter, je ne vous dévoilerais rien. Je parle d'un contexte où il y a une réelle envie de partager un moment de complicité charnelle IRL.
Cela m'a permis aussi de me réconcilier avec le cunnilingus, et de me reconnecter à ma sexualité et mon corps. J'ai eu un cancer féminin quelques années auparavant. À l'époque je vivais à l'étranger. RIEN n'a été facile. J'ai dû me battre pour avoir accès aux soins dont j'avais besoin. J'ai eu une complication qui a failli m'emporter. Mon sexe a été maltraité a plusieurs reprises lors d'examens, ma personne aussi. Et comme je n'avais pas assez de me battre contre la maladie, j'ai dû aussi batailler avec mon employeur qui n'autorisait pas mes absences pour me faire soigner. Mon sexe ne représentait plus de de la douleur pour moi.
Mais tu étais déjà une femme très épanouie sexuellement. N'est-ce pas ?
En effet, épanouie et gourmande, avant le cancer. Mais j'avais quand même des choses pratiques que je ne m'autorisais pas. Non pas parce qu'elles m'étaient tabou, mais plutôt parce que je pensais que je n'étais pas assez bien pour pouvoir y accéder alors ce n'était pas la peine d'en parler.
Mais qu'en est-il du challenge qui consiste à prendre en main une femme soumise dans l'âme mais complexée, qui a beaucoup de tabous ou des idées reçues sur la question, qui, par exemple, confond la soumission sexuelle et la soumission sociale ?
Qu'en est-il de celles qui n'osent pas à cause des préjugés ?
Et je persiste et signe, l'humiliation n'est pas qu'un fantasme masculin. Certaines femmes jouissent sexuellement d'une certaine forme d'avilissement consentie ou en jouiraient si elles n'étaient pas conditionnées par la société (et des femmes qui peuvent avoir une très forte personnalité et ne se laissent pas marcher sur les pieds)
C'est beaucoup plus subtile que cela. Cela ne se résume pas à "Salope à 4 pattes, viens bouffer ma queue" Non ça serait trop simple. Et ça n'importe qui peut le faire ou le dire. En fait ce n'est pas comme cela que cela marche.
Le but du dominateur est de libérer sa soumise. De la faire progresser. De faire sauter les verrous qui empoisonnent la sexualité de la soumise. Le dominateur prend le fardeau de la responsabilité pour amener la soumise à ne plus avoir honte. C'est est fait dans un profond respect et énormément de communication. Le dominateur est très à l'écoute de sa soumise, de ses besoins, mais aussi des réponses que le corps de la soumise lui donne. Le dominateur n'a aucun intérêt à avilir ou à compromettre la personnalité de la soumise. En réalité celui qui dirige le jeu n'est pas celui qu'on croit. Et c'est franchement libérateur durant une séance de ne pas avoir la charge mentale de ce qui va se passer. Cela libère le corps et l'esprit de toute retenue.Cela permet un réel abandon de soi.
Merci pour cette réponse détailler. Cette sincérité m'émeut. Tu as l'air d'être une personne bien. Et ton maître a eu beaucoup de chance. Et tant mieux qu'il ait été à la hauteur de la responsabilité qui lui incombait. Mais si ce n'avait pas été le cas, je suis sûr que tu n'aurais pas toléré de te soumettre à quelqu'un qui n'en valait pas la peine. De toute façon, tu n'aurais pas eu confiance.
Bien sûr que le maître est dépendant de sa soumise. De la même manière, ton collier était le signe de ta liberté sexuelle puisque tu assumais tes penchants, tes pulsions.
Le sexe est émancipateur et tu le prouves de manière magnifique.
Malheureusement, il y a la santé qui parfois nous lâche. Et là, il faut lutter. On n'a plus le choix.
Puisque nous sommes dans la période des voeux : je te souhaite de tout mon coeur d'abord la santé et ensuite d'être heureuse.
Modifié
10 janvier 2018 à 19:39
JeSuisPoly
11 janvier 2018 à 05:10
Merci beaucoup pour tes bons voeux :) Je te souhaite moi aussi une merveilleuse année 2018.
Lilidoo
6 février 2018 à 23:39
Etant un homme, aux penchants dominateurs qui plus est, je risque de ne pas beaucoup faire avancer le sujet. Une femme y serait sûrement plus à même.
Cependant, je trouve ça très intéressant, et je me suis souvent posé cette question également: comment puis-je vouloir soumettre une fille une fois au lit, la rendre inférieure à moi si je puis dire, et vouloir l'égalité des sexes la plus totale (ce qui est aussi mon cas) dans la vie de tous les jours ?
La domination dans ma conception des choses est bizarrement associé à un profond respect de l'autre. La domination charnelle d'une femme ou d'un homme est une recherche profonde de confiance.
C'est une vision toute personnelle, mais du coup ça ne me choque pas que vous puissiez aimer les dominer et en même temps vouloir l'égalité des sexes...
J'aime explorer les territoires de la soumission/domination. Je suis particulièrement intéressé par les mécanismes érotiques et sexuelles qui amènent une femme à se soumettre à un homme.
Il est évident qu'il y a deux formes de soumission. L'une subie ; l'autre revendiquée et assumée. Mais la frontière entre les deux est-elle toujours totalement étanche ?
Pour ce qui relève de la part assumée, la femme recherche sûrement un abandon total, un lâché prise sans réserve, l'exploration par le jeu de ses propres limites, un chemin que sans un "maître" elle n'aurait jamais osé explorer.
Mais pour la part plus ambigüe qui consiste à se laisser entièrement dominer, à s'accepter infériorisée. Cette part dans le jeu qui relève de la docilité et de l'humiliation ? Je sais que les hommes soumis revendiquent beaucoup plus facilement de jouir de telles situations.
Mais les femmes ?
Les femmes doivent déjà se battre contre une société machiste, un système qui très injustement offre le pouvoir et la domination aux hommes. Dans un contexte sociétal aussi inégal, aussi stigmatisant, les femmes ont, s'en doute, plus de mal à vivre, à accepter ce fantasme d’assujettissement.
Qu'en pensez-vous ?