Je suis bien d'accord avec toi - désolé, j'ai du mal à vouvoyer lorsqu'il s'agit d'internet, les écrans interposés créant déjà une distance, je trouve qu'il est nullement besoin d'en rajouter. C'est d'ailleurs ce qu'il manque souvent aux récits publiés .
Je vouvoie quand on me vouvoie. Par respect en général.
Mais ne sois pas désolé. Je tutoie avec aisance.
Et oui, mille fois oui ! C'est tellement mieux de jouer des mots... L'esprit va beaucoup plus loin !
La vie est une dure lutte pour moi dès que j'essaie de faire passer des sentiments par mon écriture
C'est encore autre chose ! Les sentiments c'est une subtilité absolue et une complexité à toute épreuve.
Le désir est simple à créer par des mots car primaire et hors des affaires du cœur. Par contre les affaires de cœur.... L'écriture me fait souvent défaut dans ces circonstances, je vous rassure !
Se mettre à nu émotionnellement est beaucoup moins aisé que de se déshabiller...
Enfin... Tout est relatif !
cocolst
30 mars 2018 à 14:28
Se mettre à nu émotionnellement est beaucoup moins aisé que de se déshabiller...
Enfin... Tout est relatif !
Relatif... ça dépend des personnes. Je préfère largement me foutre à poil que de dire ce que j'ai sur le coeur. Je me sentirais bien trop nu sinon.
Lilidoo
30 mars 2018 à 15:07
C'est encore autre chose...
Je pourrais écrire ce que mon corps espère très aisément !
Je pourrais le dire aisément.
Je pourrais me déshabiller relativement facilement.
Je ne pourrais écrire mes sentiments que très difficilement.
Je serais incapable de les verbaliser.
C'est étrange tout de même :/
cocolst
30 mars 2018 à 15:22
Etrange, effectivement. Encore faut-il trouver quelqu'un qui serait capable de verbaliser ses sentiments. Le simple "je t'aime" me semble bien trop facile à mon goût.
Lilidoo
30 mars 2018 à 15:25
Pour ma part, je dis je t'aime... A ma tablette de chocolat elle ne me déçoit jamais
cocolst
30 mars 2018 à 15:37
Moi à mon chat. Enfin, plus maintenant : il est mort il y a 3 mois.
Lilidoo
30 mars 2018 à 15:55
C'est pas bien... Mais ça m'a donné un fou rire absolument énorme...
Je suis affreusement désolée... Du fou rire et de la perte du chat.
Lilidoo
30 mars 2018 à 16:11
Lettre de Debussy à Lilly Texier
Lundi. 24 Av/99.
Ma chère petite Lili.
Claude n’est pas encore guéri des morsures de ta chère petite bouche ! et il ne peut guère faire autre chose que de penser à cette soirée où tant de bonheur inespéré lui fut donné par toi, cela de la façon la plus jolie, et avec l’abandon le plus complet qui soit au monde.
Vois-tu, Lili jolie ; il y avait en nous, presque malgré nous, quelque chose d’ardemment passionné qui brûlait secrètement et n’attendait qu’une occasion de se manifester.
Et tu as ressenti une joie, aussi folle, aussi aiguë que la mienne, avoue qu’il eût été dommage que cette soirée n’arrive pas, pour nous prouver ce que nous pensions l’un de l’autre.
Reçois mon infini remerciement de tout ce que j’ai d’amour pour toi. Tâche de ton côté de m’en donner le plus possible…
Crois aussi que ce Samedi où je dois te revoir me paraît affreusement lointain…
Impatient de ta bouche, de ton corps et de t’aimer.
Ton
Claude
cocolst
30 mars 2018 à 16:39
C'est pas bien... Mais ça m'a donné un fou rire absolument énorme...
Je suis affreusement désolée... Du fou rire et de la perte du chat.
Ne soit pas désolée pour si peu. Il m'en faut bien plus pour me contrarier. Et puis femme qui rit, femme qui rit quoi.
Vieuxmec
30 mars 2018 à 17:11
C'est encore autre chose ! Les sentiments c'est une subtilité absolue et une complexité à toute épreuve.
Le désir est simple à créer par des mots car primaire et hors des affaires du cœur. Par contre les affaires de cœur.... L'écriture me fait souvent défaut dans ces circonstances, je vous rassure !
Se mettre à nu émotionnellement est beaucoup moins aisé que de se déshabiller...
Enfin... Tout est relatif !
Merci Lilidoo votre réponse me réconforte :)
Lilidoo
30 mars 2018 à 17:53
Merci Lilidoo votre réponse me réconforte
Je vous en prie !
Lioubov
30 mars 2018 à 18:04
Lettre de Debussy à Lilly Texier
[...] Impatient de ta bouche, de ton corps et de t’aimer.
Et c'est après lui avoir fait un cunnilingus qu'il a composé L'amère.
Lilidoo
30 mars 2018 à 18:44
Lettre de Debussy à Lilly Texier
[...] Impatient de ta bouche, de ton corps et de t’aimer.
Et c'est après lui avoir fait un cunnilingus qu'il a composé L'amère.
:lol:
Ce fut la mer a boire semble t il... 2 ans pour la composer, pensez donc !
Il a du plonger a plusieurs reprise...
Lilidoo
31 mars 2018 à 23:23
Lettre de Maupassant à Gisèle d’Estoc
Janvier 1881
Madame,
Savez-vous que j’ai été bien sage. Car enfin aucun valet ne pouvait venir, et cette dentelle même que vous gardiez par précaution aurait fait un excellent bâillon pour vous empêcher de crier. Non, vous n’auriez guère pu crier avec cela sur la bouche et ça aurait été une juste punition de cette mesure de pudeur exagérée. Seulement je viens aujourd’hui vous demander un certificat. Avec les mauvais bruits qu’on fait courir sur mon compte, je ne serais pas fâché de porter dans le monde, en ma poche, un bon papier contresigné par les deux concierges, homme et femme, comme quoi j’ai passé trois heures en tête-à-tête avec une femme charmante, et comme quoi l’ordre le plus régulier, le plus honnête n’a cessé de régner dans l’appartement et dans tous les objets qu’il contenait. On pourrait également citer cet exemple comme force de ma volonté.
Et maintenant, Madame, quand on parlera de moi devant vous et qu’on dira : « Lui ! Oh ! Un ouragan ! », vous aurez un léger sourire et vous répondrez : « Mais non, mais non, on m’a parlé de lui, au contraire, une tourterelle, un mouton, un lapin blanc. »
Et je passerai maintenant pour un lapin blanc !!! Oh !
Maintenant, Madame, que vous avez constaté que cet ours est en carton et que vous ne redoutez point sa caverne, quand vous reverrai-je ? On ne se connaît point du tout quand on a causé trois heures, à travers des voiles encore. Nous nous sommes rencontrés, voilà tout. Nous connaissons le son de nos voix, j’ai vu en outre deux beaux yeux, des gants, rien de plus. J’ai de très vagues données sur vos goûts, votre caractère, vos curiosités. Je demande à en savoir davantage.
Donc, je vous attends, mais quand ? Dites le jour. J’excepterai vendredi, devant sortir ce soir-là. Si cependant vous ne pouviez venir que vendredi, je ne sortirai pas. Tâchez que ce soit plus tôt. Je puis rester chez moi lundi, mardi, mercredi, jeudi.
Choisissez, j’attends un mot.
Permettez-moi de baiser vos deux mains, mais dégantées.
Guy de Maupassant
Une prière — venez avec la même robe. Pourquoi ? Ah cela ne vous regarde point.
Lilidoo
10 avril 2018 à 21:07
Les bijoux
Charles Baudelaire
La très-chère était nue, et, connaissant mon coeur,
Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur
Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures.
Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j’aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.
Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d’aise
A mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.
Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D’un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;
Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l’huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,
S’avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s’était assise.
Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l’Antiope au buste d’un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe !
Et la lampe s’étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu’il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d’ambre !
Charles Baudelaire, Les fleurs du mal
Sin-A-Moon
11 avril 2018 à 03:18
Les Fleurs du Mal de Baudelaire... Le classique de chez classique de ma bibliothèque.
Maintes fois lues, maintes fois soupirées.
Quelle est la correspondance coquine ou le texte littéraire qui vous vient à l'esprit ?
Bonaparte, Sand, Mozart, Mitterand....