Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Une journée comme les autres ? — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Une journée comme les autres ?
Chapitre 1
La sonnerie du réveil met fin à un rêve que j'ai déjà oublié. Il est 6 heures. La lueur de l'aube commence imperceptiblement à éclairer la chambre à travers le fin voile blanc qui fait office de rideau. Je me lève, entre dans le dressing dont je ferme doucement la porte avant d'allumer la lumière. Mon cher et tendre, à qui il reste une petite heure de sommeil, est déjà réveillé. Même s'il n'a pas bougé, je sais qu'il ouvre toujours les yeux avant moi. Il se contente de somnoler en attendant son tour. Face à la porte de la chambre, la seconde porte du dressing ouvre sur la salle de bain. Je la franchit, nue, après avoir déposé ma chemise de nuit sur un tabouret. La douche me remets les idées en place, et l'agenda de ma journée commence à défiler dans ma tête. Une grosse réunion de projet durant laquelle j'interviens à deux reprises.
La peau et l'esprit enfin frais, je regagne le dressing. Sur le dessus de mon tiroir à sous-vêtements, la guêpière noire que je portais hier soir lorsque nous avons fait l'amour est négligemment posée, telle que je l'ai abandonnée à la hâte avant de me coucher. Je souris. Je ne la porte que pour nos jeux intimes, mais pourquoi pas. Un frisson me parcourt le corps tout entier lorsque je l'enfile. J'ajuste et attache mes bas, fiévreuse comme une petite coquine qui prépare un mauvais coup. Mon coeur bat plus fort, ma respiration est plus rapide. Chemisier blanc, tailleur jupe noir. Ca, c'était prévu. Les points de ma présentation regagnent toute mon attention. Je remets ma coiffure en ordre, le carré de mes cheveux blonds, ma frange.
Je trouve cette personne dans le miroir très élégante. Elégante. Comme c'est ironique. Dès que j'aurai quitté l'appartement, je sais qu'il se jettera sur sa tablette pour surfer sur le net à la recherche de clips et de photos, de femmes d'affaire aux tenues impeccables et à la perversion sans limites, de strictes jeunes filles aux uniformes parfaitement ajustés et aux moeurs déviantes... Sous le tailleur bien sévère de cette personne dans le miroir, qui imaginerait, c'est si indécent, une paire de seins gonflés aux tétons dressés et une chatte détrempée ? Ces pensées, crues et vulgaires, me font rougir. Et m'émoustillent. Car, plus que tout, répondre à ses fantasmes et l'amener à la jouissance suffisent à assurer la mienne. Je ne suis pas un simple objet de plaisir. Non, j'aime moi aussi jouer, et plus que tout m'immiscer dans son propre jeu et en prendre la direction.
Ca tombe bien, j'ai tout l'air d'une directrice, si j'en crois mon reflet... Manque un détail. Un peu de couleur et une touche d'autorité. Je quitte ma veste et change de chemise, pour en prendre une tout aussi blanche mais au col plus rigide, plus lisse, plus à même de mettre en valeur le noeud de la cravate unie bordeaux que j'emprunte à monsieur. Je reviens dans la chambre, laissant pénétrer par la porte entrouverte un filet de lumière qui suffit à éclairer la scène que le faux endormi observe les yeux mi-clos. Je boutonne ma chemise sur ma guêpière, et laisse le col relevé le temps de proprement nouer, serrer et ajuster la cravate qu'il n'imaginait pas me voir porter ce matin. Je devine sa main sur son sexe durci sous la couette qui tressaute, alors que je fais glisser ma jupe sur mes jambes gainées de noir. Je l'agrafe, remonte la fermeture éclair, puis fixe mes boutons de manchettes avant de regagner la salle de bain.
J'en ressort fin prête, escarpins et veste complétant la tenue. Les talons claquent sur le plancher. Je me penche sur mon cher et tendre pour l'embrasser, comme tous les matins, non sans un brin de malice et de satisfaction cette fois. Un dernier soubresaut de la couette trahit l'explosion finale. Il doit y en avoir plein le lit, mais qu'importe, cela ajoute à mon plaisir.
Je claque la porte en lançant un entraînant "bonne journée", pleine d'une assurance mutine des plus plaisantes...
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Commentaires ()
C'est un choix, l'histoire est découpée en quatre petites tranches... Mais je prends le fait que tu n'en aies pas eu assez comme un compliment, Julie !
Merci à tous les deux !