Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
La Vie de Solange, ou les mémoires de la Comtesse de *** — Chapitre 2 · Semaine prénuptiale : vit et enterrement de vie de jeune fille
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
La Vie de Solange, ou les mémoires de la Comtesse de ***
Chapitre 2 · Semaine prénuptiale : vit et enterrement de vie de jeune fille
La date de mon mariage approchait. Je pensais envisager cet événement avec philosophie et indifférence, mais il me fallait bien admettre que le contraire était plus exact. Les jours passant, je devenais angoissée dans l'attente des moments d'intimité avec mon cousin. La mélancolie me saisissait de jour comme de nuit, seules les caresses, la langue, la verge, le corps de mon cher cousin m'apaisaient.
Ma santé soi-disant délicate avait, par chance, retardé longtemps la perspective du mariage, mais il me fallait désormais l'affronter. J'avais joui jusque-là d'une grande liberté pour une fille, même en notre siècle dit « éclairé », grâce à la bienveillance de mes parents. Enfin, de ma mère. Mon père se montrait surtout indifférent à mon sort, je ne savais pourquoi, et me laissait donc agir plus ou moins à ma guise. Un mari, toutefois, ne m'accorderait pas cette indépendance. Je craignais de me trouver prisonnière, dans mon corps tant que dans mon esprit, sans compter qu'un époux âgé et vicieux de réputation n'avait rien pour me rassurer.
Mon cousin finit par comprendre mon désarroi lorsque, au cours d'une promenade, je le suppliai à trois reprises de me sodomiser. La troisième fois, épuisé, il ne put me satisfaire qu'à l'aide de ses doigts, allant jusqu'à m'enfoncer presque toute sa main pour me faire jouir. A peine satisfaite, je lui demandai la permission de le prendre dans ma bouche. Il me regarda alors gravement, me fit asseoir et me demanda ce qui me souciait ainsi. Je m'effondrai en larmes. Il me prit dans ses bras en silence et me berça, attendant que je m'apaisasse.
Je finis par me calmer et lui révéler, d'une voix hachée, mon désespoir. J'aurais tant voulu naître homme, pour être libre…
Il me serra contre lui.
Ma santé soi-disant délicate avait, par chance, retardé longtemps la perspective du mariage, mais il me fallait désormais l'affronter. J'avais joui jusque-là d'une grande liberté pour une fille, même en notre siècle dit « éclairé », grâce à la bienveillance de mes parents. Enfin, de ma mère. Mon père se montrait surtout indifférent à mon sort, je ne savais pourquoi, et me laissait donc agir plus ou moins à ma guise. Un mari, toutefois, ne m'accorderait pas cette indépendance. Je craignais de me trouver prisonnière, dans mon corps tant que dans mon esprit, sans compter qu'un époux âgé et vicieux de réputation n'avait rien pour me rassurer.
Mon cousin finit par comprendre mon désarroi lorsque, au cours d'une promenade, je le suppliai à trois reprises de me sodomiser. La troisième fois, épuisé, il ne put me satisfaire qu'à l'aide de ses doigts, allant jusqu'à m'enfoncer presque toute sa main pour me faire jouir. A peine satisfaite, je lui demandai la permission de le prendre dans ma bouche. Il me regarda alors gravement, me fit asseoir et me demanda ce qui me souciait ainsi. Je m'effondrai en larmes. Il me prit dans ses bras en silence et me berça, attendant que je m'apaisasse.
Je finis par me calmer et lui révéler, d'une voix hachée, mon désespoir. J'aurais tant voulu naître homme, pour être libre…
Il me serra contre lui.
- Ma cousine, ma chère, ma douce cousine… Je vous plains de toute mon âme. Votre esprit libre et joyeux ne devrait pas être soumis aux impératifs de cette société. Malheureusement vous n'avez pas le choix, mais vous avez suffisamment d'intelligence pour… trouver des failles, faire vos… expériences et mener une vie que tout et tous vous interdisent.
Je me blottis contre lui.
- Que voulez-vous dire ?
Il rit.
- Allons cousine, vous êtes encore fille, couvée par madame votre mère, surveillée par votre gouvernante comme l'huile sur le feu, et pourtant je vous ai sodomisée trois fois en une heure et vous êtes une vraie déesse du plaisir lorsque votre langue et vos lèvres se posent sur ma verge. Vous lisez de Voltaire en cachette, vous chapardez des ouvrages d'ingénierie dans la bibliothèque de votre père qui vous rendraient capable bien mieux que lui de diriger ce fameux assainissement des marais et surtout, surtout, surtout, malgré dix années de leçons de musique vous jouez toujours aussi incroyablement faux. Si cela, ce n'est pas une vie rebelle…
J'éclatai de rire et l'embrassai.
- Mon bon, mon tendre cousin, que deviendrai-je sans vous…
Il soupira.
- Moi, que deviendrai-je sans vous, surtout… Vous trouverez d'autres verges à sucer, d'autres vits auxquels offrir votre œillet, d'autres beaux esprits pour exercer votre insatiable désir d'instruction, d'autres autorités à contrarier. Mais moi, où trouverai-je mon idéal, votre âme tendre et ferme à la fois, votre esprit aiguisé, vos lèvres à baiser, votre corps à honorer ?
Je ne sais pourquoi, à cet instant mon cœur et mon corps s'emballèrent. Je m'étais interdit, dès l'adolescence, d'aimer : j'avais compris que l'amour n'était qu'une soumission de plus au monde des hommes. Mais depuis le début de mon commerce avec mon cousin, après tout, je me soumettais à son plaisir, il y avait peu jusqu'à admettre que le désir de mon corps atteignait aussi mon âme…
Je laissai donc céder toute prudence, plaçai sa main entre mes jambes et le regardai dans les yeux.
Je laissai donc céder toute prudence, plaçai sa main entre mes jambes et le regardai dans les yeux.
- Mon cousin. Dans moins de dix jours je serai mariée. Mon futur époux m'est étranger mais c'est lui que les règles destinent à prendre ce que, parait-il, j'ai de plus précieux : ma virginité. C'est lui qui aura ce privilège, lui, le vieil homme, celui auquel je ne sais pourquoi mon père accepte de me livrer, lui qui me fait horreur par avance, tandis que je n'ai qu'affection et désir pour vous. Faites de moi une femme.
Il se figea et pâlit.
- Vous n'y songez pas, sans votre fleur votre époux vous considèrera comme déshonorée, il pourrait vous renvoyer chez vos parents qui vous renieraient…
- Mon cousin, j'ai déjà surpris bien des conversations de filles à ce sujet. Manifestement, la ruse la plus usitée est une vessie quelconque remplie de sang de menstrue à placer dans la matrice au début de la nuit de noces.
- Mon cousin, j'ai déjà surpris bien des conversations de filles à ce sujet. Manifestement, la ruse la plus usitée est une vessie quelconque remplie de sang de menstrue à placer dans la matrice au début de la nuit de noces.
Mon cousin me fixait, effaré.
- Une vessie dans la matrice ? Du sang de menstrue ? En voilà une sorcellerie !
- Allons cousin, ne cédez pas à la petitesse superstitieuse. Une vessie quelconque : un cuir fin, cousu étroitement, de façon à ce que le liquide ne s'en échappe pas. Quant au sang… Si les menstrues sont trop loin pour le garder liquide, il suffit d'y ajouter un peu d'eau, ai-je entendu. Le tout au fond de la matrice, le vit tendu de l'époux appuie dessus, libère le sang et voilà la mariée déflorée.
- Vous êtes folle, ma cousine.
- Oui. De vous. Prenez-moi.
- Allons cousin, ne cédez pas à la petitesse superstitieuse. Une vessie quelconque : un cuir fin, cousu étroitement, de façon à ce que le liquide ne s'en échappe pas. Quant au sang… Si les menstrues sont trop loin pour le garder liquide, il suffit d'y ajouter un peu d'eau, ai-je entendu. Le tout au fond de la matrice, le vit tendu de l'époux appuie dessus, libère le sang et voilà la mariée déflorée.
- Vous êtes folle, ma cousine.
- Oui. De vous. Prenez-moi.
Il me regarda gravement. Je l'avais dit, ce sentiment interdit, je m'étais livrée à lui, bien plus que lorsque j'avais accepté pour la première fois qu'il force mon œillet de sa verge. Le cœur battant, j'attendais.
Il baisa doucement ma bouche, mes yeux, mon front.
Il baisa doucement ma bouche, mes yeux, mon front.
- Ma cousine, je ne saurais dire à quel point je vous admire, tant pour votre résolution que pour votre courage. Vous avez su dire ce que je n'ose m'avouer à moi-même, craignant trop ce sentiment si puissant.
- Mon cousin. S'il vous plait.
- Mon cousin. S'il vous plait.
Il me coucha alors sur le dos, délaça posément mon corsage et ouvrit ma robe. Il releva mes jupons, dévoilant le haut de mes jambes. Fouillant dans les tissus, il se fraya un chemin jusqu'à mon sexe déjà trempé. Il sourit, sortit sa verge et se positionna entre mes jambes. Il murmura :
- Vraiment, ma cousine ?
- Vraiment, mon cousin…
- Vraiment, mon cousin…
Il posa son gland sur les lèvres de mon sexe. Je frémis à ce contact, la douceur intime de sa peau contre la mienne… Il poussa légèrement : son gland écarta mes lèvres et pénétra lentement. Mon sexe trempé l'accueillait, s'écartant pour lui faire passage. Il poussait toujours doucement, en relevant mes genoux et en écartant largement mes cuisses. Je sentis sa hampe coulisser, puis s'arrêter, enfoncée à moitié. Il me fixa.
- Préparez-vous, ma douce cousine, à approfondir vos connaissances…
J'appréhendais cette douleur dont on m'avait parlé à mots couverts, mais la position adoptée et la délicatesse de mon cousin empêchèrent toute souffrance. La sensation de déchirure attendue ne se produisit pas, son vit me pénétra lentement ; un inconfort passager et une pression plus forte m'annoncèrent ma défloration.
Mon cousin s'interrompit.
Mon cousin s'interrompit.
- Comment cela va-t-il ? J'espère ne pas vous faire souffrir.
- Poursuivez, poursuivez, vous ne me faites que du bien en… approfondissant ainsi…
- Poursuivez, poursuivez, vous ne me faites que du bien en… approfondissant ainsi…
Il s'enfonça jusqu'au bout, haletant déjà, et s'immobilisa. Ses bourses palpitaient contre moi, son membre pulsatile annonçait un plaisir inhabituellement intense.
- Pardonnez-moi, ma cousine, il va nous falloir attendre un peu, sans quoi je vais venir bien avant vous…
Il se mit alors à mordiller mon oreille puis descendit lentement le long de mon cou, avant de remonter baiser ma bouche. J'entrouvris mes lèvres ; sa langue darda, pour finalement me pénétrer et s'imposer. Je resserrai ma bouche dessus, comme lorsqu'il y mettait son vit, et bougeai légèrement la tête, mimant sur sa langue la fellation que je lui offrais habituellement. Il gémit et commença à s'activer en moi, harmonisant le mouvement de son vit et de sa langue, me pénétrant doublement.
Je gémissais doucement de plaisir, enserrant sa taille de mes jambes. Mon cousin me possédait avec tendresse, tempérant ses mouvements, me pénétrant lentement en restant attentif à mon souffle, mes soupirs, me baisant délicatement les lèvres, caressant mes seins, effleurant mes tétons de ses doigts. Je ne pensais pas prendre tant de plaisir à l'acte de chair. Je me sentais onduler sous lui, ne parvenant ni ne cherchant à réfréner mon corps qui réclamait davantage.
Je gémissais doucement de plaisir, enserrant sa taille de mes jambes. Mon cousin me possédait avec tendresse, tempérant ses mouvements, me pénétrant lentement en restant attentif à mon souffle, mes soupirs, me baisant délicatement les lèvres, caressant mes seins, effleurant mes tétons de ses doigts. Je ne pensais pas prendre tant de plaisir à l'acte de chair. Je me sentais onduler sous lui, ne parvenant ni ne cherchant à réfréner mon corps qui réclamait davantage.
- Oh mon cousin, foutez-moi, vergez-moi, je suis vôtre, entièrement…
Il accéléra, haletant, me faisant gémir plus fort. De mes talons, je l'incitais à me sabrer plus profondément, agrippant ses épaules. Mon cousin glissa une main entre nous pour caresser mon bouton. J'ahanai, le suppliant de poursuivre. Il continua, me foutant, me travaillant, jusqu'à ce que mon corps m'échappât entièrement. Eperdue, je sentis mes jambes se serrer encore autour de lui, ma gorge se plaquer contre sa poitrine, mes bras l'agripper convulsivement, mon sexe se contracter spasmodiquement, et mon cri… ce cri, puissant, modulé, aigu, mon plaisir hurlé dans un long souffle, au rythme de ma respiration expirante, tandis que le monde s'effaçait autour de moi, tout se réduisant à mon sexe empli, mon corps enflammé, ma bouche embrassant fiévreusement la sienne pour étouffer cette clameur sauvage.
Jamais je n'avais ressenti pareil plaisir, ni sous sa langue, ni sous sa verge me sodomisant. Je m'affaissais sous lui, presque inconsciente, le sentant à peine se tendre, mordre possessivement ma bouche alors qu'il se répandait en moi, m'emplir de foutre chaud, rester allongé sur moi, pantelant.
Je finis par passer mes bras autour de lui. Il me baisa délicatement le visage, le cou, la gorge, léchant mes seins, remontant le long de la clavicule, murmurant son désir pour moi, son plaisir de m'avoir possédée, chuchotant à mon oreille ma beauté, ma grâce, la splendeur de ma jouissance, le bonheur de m'avoir senti jouir, la joie inouïe de pouvoir m'emplir de son plaisir.
Je me laissai faire, savourant la tendresse de ses gestes et de ses mots.
Nous finîmes par nous asseoir, après que je me fus essuyée : un peu de sang perlait au milieu du foutre, nécessairement.
Jamais je n'avais ressenti pareil plaisir, ni sous sa langue, ni sous sa verge me sodomisant. Je m'affaissais sous lui, presque inconsciente, le sentant à peine se tendre, mordre possessivement ma bouche alors qu'il se répandait en moi, m'emplir de foutre chaud, rester allongé sur moi, pantelant.
Je finis par passer mes bras autour de lui. Il me baisa délicatement le visage, le cou, la gorge, léchant mes seins, remontant le long de la clavicule, murmurant son désir pour moi, son plaisir de m'avoir possédée, chuchotant à mon oreille ma beauté, ma grâce, la splendeur de ma jouissance, le bonheur de m'avoir senti jouir, la joie inouïe de pouvoir m'emplir de son plaisir.
Je me laissai faire, savourant la tendresse de ses gestes et de ses mots.
Nous finîmes par nous asseoir, après que je me fus essuyée : un peu de sang perlait au milieu du foutre, nécessairement.
Mon cousin ne se lassait pas de m'embrasser. Quel moment étrange et délicieux… Après des semaines passées à lui offrir ma bouche et mon fondement, à me soumettre à ses assauts souvent sauvages et à aimer me laisser posséder brutalement, voilà que nous découvrions tous deux la tendresse et un plaisir à la fois plus doux et plus intense. Je me blottis contre lui, caressant sa verge qui recommençait à bander, répondant de plus en plus intensément à ses baisers, guidant ses mains sur mes seins, mes épaules, léchant ses lèvres, gémissant lorsqu'il léchait les miennes ou laissait sa langue effleurer mes seins…
Je finis par me rallonger, jambes écartées. J'entrouvris mes lèvres et pressai mes seins gonflés de plaisir.
Je finis par me rallonger, jambes écartées. J'entrouvris mes lèvres et pressai mes seins gonflés de plaisir.
- Mon cousin, reprenez-moi, je vous en prie, je vous en supplie, je n'aime rien tant que m'offrir à vous…
Il se replaça au-dessus de moi, sans rien dire. Sa pénétration me fit soupirer.
- Merci… merci…. Encore, encore…
Il s'activa silencieusement et lentement : il me pénétrait profondément, avant de se retirer en plaquant mon bassin au sol ; ensuite il promenait sa bouche sur ma gorge, m'immobilisant de ses mains, délicieuse torture de sa langue sur moi tandis que mon sexe réclamait son membre. Puis il remontait, sa verge érigée glissant à l'intérieur de mes cuisses, pour me pénétrer à nouveau.
Il me soumit à cet exquis supplice un long moment, avant de me tourner sur le ventre. Il m'écarta les jambes et recommença alors à me posséder, mais plus puissamment.
Il me soumit à cet exquis supplice un long moment, avant de me tourner sur le ventre. Il m'écarta les jambes et recommença alors à me posséder, mais plus puissamment.
- Êtes-vous vraiment mienne, ma cousine ?
- Oui… entièrement… oh, vôtre, encore, encore… Par pitié, mon cousin, prenez-moi bien !
- Oui… entièrement… oh, vôtre, encore, encore… Par pitié, mon cousin, prenez-moi bien !
Il accélérait, m'enconnant plus fort.
- Dites-le, encore, ma cousine, pendant que je vous possède, que je vous fous, que je vous verge…
- Je suis à vous, soumise à votre virilité, oh mon cousin prenez-moi, entièrement, faites de moi votre catin, encore, prenez mon corps pour votre plaisir, encore, encore, encore !
- Je suis à vous, soumise à votre virilité, oh mon cousin prenez-moi, entièrement, faites de moi votre catin, encore, prenez mon corps pour votre plaisir, encore, encore, encore !
Je recommençais à gémir. Il me prit ainsi longuement, jusqu'à ce que mes poings martèlent le sol et mon corps se convulse de plaisir dans un cri. Il se retira alors, me retourna et enfourna son dard dans ma bouche. Il m'emplit aussitôt de foutre, que j'aspirai et suçai de mon mieux, jouant de ma langue sur son vit. J'avalai tout et continuai à le sucer, jusqu'à ce que va verge commençât à débander.
C'est alors qu'un ricanement me pétrifia, suivi d'une voix contrefaisant la mienne.
C'est alors qu'un ricanement me pétrifia, suivi d'une voix contrefaisant la mienne.
- « Je suis à vous, soumise à votre virilité, oh mon cousin prenez-moi » Et bien ma sœur, en voilà un langage !
Nous nous relevâmes précipitamment. Ma robe retomba sur ma nudité ; je cachai de mes mains ma gorge libérée du corsage.
Mon frère, qui manifestement nous observait depuis un moment, me souffleta violemment.
Mon frère, qui manifestement nous observait depuis un moment, me souffleta violemment.
- Voilà bien le signe d'un sang bâtard, catin que vous êtes !
Ahurie, je le regardai, sans comprendre. Mon cousin, enragé, se rua sur lui.
- Je vous interdis de lui parler ainsi, sale foutriquet ! Verge molle ! Chatron !
Mon frère l'évita et le mit aisément à terre : mon cousin, hors de lui, n'avait pas su éviter le coup de poing. Il ricana.
- Allons donc, mon père avait fait semblant de rien pour maintenir l'apparence de l'honneur, mais tout idiot sachant compter jusqu'à neuf sait bien que cette engeance dégénérée a été conçue lorsqu'il était en voyage en Prusse et que mon oncle veillait à la « bonne conduite » du domaine en son absence. Ma mère a fauté, se comportant en catin, elle a accouché d'une catin, voilà tout. La preuve est faite.
Tremblante, je n'osai rien répliquer. J'avais déjà senti des regards équivoques à mon égard, quelques rumeurs au sujet du frère de mon père, que j'avais tâché d'ignorer. Je savais aussi que mon père avait peiné à me trouver un époux et me donnait une dot ridicule. Une bâtarde, voilà donc la raison. Qui voudrait introduire dans sa lignée une bâtarde ? Si ce n'est ce vieux Comte, auquel même les pères intransigeants avaient rechigné à donner leur fille, tant sa réputation de perversité était faite. Je songeais aussi à la résignation de ma mère, coupable, renonçant à me défendre, moi, le fruit de sa faute.
Mon frère raillait désormais.
Mon frère raillait désormais.
- Pleurez donc, ma sœur, pleurez, pleurez même davantage, en prévision de ce qui vous attend. Je doute que nos parents apprécient votre engagement charnel avant le mariage…
Je me jetai à ses genoux.
- Pitié, mon frère, car vous êtes toujours mon frère, malgré tout, la même mère nous a engendrés ; celle même que vous traitez de catin vous a donné la vie ! Pitié, épargnez-moi, songez que je n'ai fait qu'imiter l'exemple que vous m'avez donné lors de vos commerces avec les servantes et filles de ferme (mon frère blêmit). Ô, pitié, ne me punissez pas de ce que vous accomplissez vous-même ! Ce que le monde vous pardonne car vous êtes un homme, il me le reprocherait car je suis femme, au point de causer ma perte, pour ne pas dire ma mort en m'abandonnant sans défense ni argent ni famille !
Je serrais ses genoux de mes deux bras, sanglotant de détresse. Mon cousin restait à l'écart, impuissant. J'étais à la merci de mon frère, cet être orgueilleux, manipulateur, égoïste, qui manifestement me méprisait depuis ma naissance.
- Relevez-vous, ma sœur.
Tremblante, je n'osai m'exécuter. Mon frère saisit brutalement mon bras et me tira.
- Allons, debout, vous dis-je ! Vous n'êtes qu'une catin, mais ce cuistre de Comte ne mérite pas mieux. Il vous épousera donc, mais d'ici-là vous m'êtes redevable.
- Oh mon frère, merci, je ne sais…
- Taisez-vous, garce ! Redevable, dis-je.
- Oh mon frère, merci, je ne sais…
- Taisez-vous, garce ! Redevable, dis-je.
Je ne pus m'empêcher de frémir. Le regard de convoitise que mon frère posait sur moi m'inquiétait, presque autant que la perspective précédente de savoir mon commerce avec mon cousin et ma défloraison révélés.
- Comme vous le savez, je fus malheureux au jeu dernièrement et notre, enfin mon père refuse de couvrir mes dettes. Vous allez donc m'aider, ma gentille et noble sœur ; puisque vous m'avez vu agir avec les filles du peuple et que vous-même avez consciencieusement imité mon exemple, vous saurez que faire pour me permettre de rembourser ce que je dois.
J'interrompis du geste mon cousin, qui s'apprêtait vraisemblablement à étrangler mon frère. Je m'étais montrée extrêmement imprudente ; dans ce monde qui ne pardonnait rien aux femmes je n'aurais jamais dû m'exposer ainsi. Il m'en fallait désormais payer le prix, d'une manière ou d'une autre.
Je soupirai.
Je soupirai.
- Bien, comme vous le voudrez…
Mon frère me toisa avec suffisance et partit. Mon cousin, désemparé, m'aida à me rajuster et me laissa me blottir longuement contre lui. Je voyais qu'il n'osait rien dire : il n'avait sans doute que trop conscience de son impossibilité à m'aider, tant les hypocrites convenances sociales me donnaient tort et me laissaient à la merci de mon frère.
J'eusse voulu avoir le courage, l'audace, de mépriser cet ordre moral injuste et tant opposé aux progrès que connaissait notre siècle, mais quel prix eussè-je dû payer ? Le couvent pour éternelle punition ? Le reniement de mon père et la misère pour moi ? La prison voire pire pour mon cousin, puisque le commerce charnel avant le mariage était considéré comme un crime passible de mort pour l'homme pervertissant la fille déshonorée ? Mon pauvre cousin, que j'aurais tant préféré comme époux à celui que l'on me destinait… Quand je songeais que Diderot, ce philosophe que j'admirais tant, avait été emprisonné sur ordre de son propre père pour avoir osé faire sans son consentement un mariage d'amour, je n'osais envisager aucune de ces possibilités, tant elles m'effrayaient. Il me fallait donc accepter les conséquences de mon imprudence et veiller à me montrer, à l'avenir, plus avisée : car je ne renoncerais pas à ma liberté.
J'eusse voulu avoir le courage, l'audace, de mépriser cet ordre moral injuste et tant opposé aux progrès que connaissait notre siècle, mais quel prix eussè-je dû payer ? Le couvent pour éternelle punition ? Le reniement de mon père et la misère pour moi ? La prison voire pire pour mon cousin, puisque le commerce charnel avant le mariage était considéré comme un crime passible de mort pour l'homme pervertissant la fille déshonorée ? Mon pauvre cousin, que j'aurais tant préféré comme époux à celui que l'on me destinait… Quand je songeais que Diderot, ce philosophe que j'admirais tant, avait été emprisonné sur ordre de son propre père pour avoir osé faire sans son consentement un mariage d'amour, je n'osais envisager aucune de ces possibilités, tant elles m'effrayaient. Il me fallait donc accepter les conséquences de mon imprudence et veiller à me montrer, à l'avenir, plus avisée : car je ne renoncerais pas à ma liberté.
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Commentaires ()
chloe23: hum, cette chère Solange idéalise un peu le moment, je crois ^^ (ou alors son hymen était tout petit) Je ne pense pas que tu aies à regretter ;) La suite sera plus musclée, on va dire. Avec d'autres découvertes, mais moins volontaires.
Le récit de cette défloraison fait presque regretter de ne plus être vierge ;-)
En un mot : superbe.
Félicitations.