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Couverture de Live and let die, par Mlle_Helened
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Trans & QIA+ Orientation principale dans ce chapitre

Live and let die — Chapitre 6 · Au nom de l’honneur

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Mlle_Helened
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Live and let die

Chapitre 6 · Au nom de l’honneur

Franck rentra dépité. La confrontation à laquelle il avait espéré n'avait pas eu lieu. Pire : Elizabeth n'avait même pas été surprise. C'était ça qui l'avait le plus vexé. D'un autre côté, elle lui avait assuré que rien de ce qui s'était passé n'avait été prémédité. Juste un concours malheureux de circonstances. Malgré tout, il s'interrogeait sur son avenir. Devait-il continuer et faire comme si de rien n'était, comme si tout ça n'avait jamais eu lieu ? Pourtant sa valise encore ouverte sur ses vêtements de femme confirmait qu'il n'avait pas rêvé. Pas plus qu'il n'avait rêvé d'avoir couché avec sa chef ou sucé la queue du PDG de la BCI et de son assistant.
Il se sentait incapable d'enfouir au fond de sa mémoire tous ces souvenirs qui, finalement, n'étaient même pas heureux. Comment pourrait-il continuer à travailler avec Elizabeth en sachant qu'elle était un transsexuel et qu'ils avaient couché ensemble ? Et qu'est-ce qui lui garantissait qu'on ne lui demanderait pas de se travestir à nouveau pour faciliter une future négociation ?
Non, tout ça n'était plus possible. C'était décidé : il quittait son poste. Le mieux aurait été avec un chèque, mais ça, il n'y croyait pas trop. Prétendre au chômage serait déjà une bonne chose.
Franck descendit de son appartement pour aller faire un tour. L'air frais de cette fin d'après-midi lui changerait les idées. Du moins l'espérait-il. Ses parents l'avaient aussi éduqué dans l'esprit de ne pas prendre de décisions sur un coup de tête. Chose qui lui avait valu quelques désagréments à l'adolescence. Comme celui d'aller faire du rugby parce que son pote en faisait. Conscient qu'il n'avait pas le physique, il avait insisté et sa soudaine vocation fut réduite à néant dès la première mêlée. Fracture de la clavicule.
Ses pas l'amenèrent dans une rue commerçante. Les boutiques de vêtements et de chaussures lui rappelèrent ses journées en femme et la soirée avec d'Augustin et Juan-Carlos. Le dégoût lui monta à la bouche. Il rentra encore plus en colère. De rage, il fourra toute sa garde-robe féminine dans un sac poubelle qu'il se promettait de jeter le lendemain.
Il s'endormit difficilement, réfléchissant à sa plus que probable démission. La bataille du pour et du contre s'acheva avec la victoire du pour. Il se leva de bonne heure et rédigea la lettre.
Il arriva en milieu de matinée à son bureau. Elizabeth l'accueillit froidement.
— Où tu étais ? Tu as oublié de mettre ton réveil ou quoi ? Bon pas grave. On a une nouvelle affaire. En Espagne encore.
— Ça sera sans moi, annonça Franck, la voix qu'il espérait ferme même si elle tremblotait.
Il posa l'enveloppe contenant sa lettre de démission. Elizabeth la décacheta et déplia la feuille.
— Ah, je vois, dit-elle, sans marquer la moindre surprise. Assieds-toi.
Cette sérénité devant les événements, quels qu'ils furent, décontenançait Franck. Elle ne s'énervait jamais, et s'il lui arrivait de crier, c'était juste pour le secouer ou pour remettre en place un collègue qui avait mal fait son boulot. Il se demandait ce qui avait pu lui forger un tel caractère et façonner cette carapace. Sa transition peut-être, car changer de sexe n'était pas une partie de plaisir.
Elizabeth relut la lettre une troisième fois. Il était évident que les événements de Barcelone en étaient la raison. Surtout la soirée avec le patron de la BCI. Si Franck avait accepté de se travestir pour la (bonne) cause, coucher avec deux hommes était la goutte qui avait fait déborder le vase. Elle en était consciente et ne pouvait pas lui en vouloir.
— Je comprends. Tu es sûr de toi ? De ta décision ?
Les certitudes de Franck vacillèrent un court instant.
— Oui. Je ne peux plus travailler ici, dans ces conditions, après tout ce qu'il s'est passé.
— Bien. Si c'est ton choix. Mais sache que je ne peux pas l'accepter. On a besoin de toi. J'ai, et elle insista sur le je, besoin de toi. Le fait que tu parles couramment espagnol est un atout dont je peux difficilement me passer. Surtout avec les perspectives à venir. Je n'irai pas contre ta décision. Ça serait contre-productif. Mais je vais faire un compromis. Je vais garder cette lettre pendant un an. Un an pour que tu trouves un nouveau travail. Je te ferai une lettre de recommandation. Je verrai avec la paye pour que tu sois payé pendant les prochains trois mois, pour compenser le délai de carence des Assedic. Si au bout d'un an, tu n'as rien trouvé ou si ton travail ne te plaît pas, je te reprends à mon service. Dans les mêmes conditions. Ou presque.
Franck n'en revenait pas. Les mots d'Elizabeth se bousculaient dans sa tête. Elle ne le retenait pas même s'il était clair qu'elle aurait préféré qu'il reste. Et elle lui donnait toutes les chances pour que la suite se passe du mieux possible. Mais surtout, c'était l'idée qu'il pouvait reprendre son poste si ses projets n'aboutissaient pas. Il faisait un grand saut dans le vide, mais avec un parachute.
— Merci, dit Franck. Je suis désolé que ça se termine comme ça.
— Pas autant que moi, répliqua sèchement Elizabeth.
Franck se leva pour prendre congé.
— Ah j'oubliais, dit Elizabeth.
Elle ouvrit un tiroir et lui tendit une enveloppe.
— Pour ton travail à Barcelone. Bon courage. A bientôt.
Franck prit l'enveloppe et quitta le bureau de sa chef. Il passa par le sien pour récupérer ses quelques effets personnels.
Ce ne fut que lorsqu'il se retrouva dans la rue que Franck réalisa ce qu'il se passait. Il était au chômage. Et même si sa patronne lui avait assuré qu'il continuerait d'être payé pendant trois mois, ce n'était pas une raison pour s'endormir sur ses lauriers. Il avait conservé son ordinateur professionnel, mais les accès à l'entreprise seraient très vite coupés.
Il rentra chez lui et s'attela à la rédaction de son CV qui déposerait ensuite sur les sites de recrutement spécialisés.
Il décida aussi de ne rien dire à ses parents tant qu'il ne trouverait pas un nouveau travail. Ils avaient tendance à s'inquiéter pour un rien et savoir leur fils au chômage les rendrait encore plus angoissés qu'ils n'étaient.
Au début de l'après-midi, il avisa le sac poubelle dans lequel il avait mis sa garde-robe de femme. Un sentiment nauséeux l'envahit. Si sa première idée avait été de tout jeter à la benne, il se ravisa et décida de tout amener à Mélody. Ses tenues rejoindraient celles qu'elle avait déjà dans son atelier transformiste. Il l'appela pour lui proposer de passer dans l'après-midi. Franck fut surpris que sa demande n'étonnât pas Mélody.
— Alors, comme ça tu as quitté ton boulot, annonça Mélody.
— Ça n'a pas l'air de t'étonner, répliqua Franck.
— Je l'ai été, quand Elizabeth m'a téléphoné pour me le dire. Et me dire aussi que tu risquais de passer.
— Oui. Je te ramène mes tenues. Je voulais les jeter. Mais je me suis dit qu'elles pouvaient te servir.
— C'est sûr. D'ailleurs, j'ai un rendez-vous demain pour une transformation.
— Oh très bien. Bon je vais y aller. Merci pour ce que tu as fait pour moi.
— De rien. J'y ai pris beaucoup de plaisir. On reste en contact ?
— Si tu veux, répondit Franck, sans conviction.
Il quitta la maison dont les travaux lui semblaient au même point que lors de sa première visite. Et contrairement à ce qu'il avait dit, il était plus qu'improbable qu'il rappelle Mélody. Il voulait laisser derrière lui cette aventure et Mélody en faisait partie.
Le lendemain, Franck publia son CV sur internet et en envoya une dizaine à des cabinets juridiques pour lesquels il aimerait beaucoup travailler. Et en attendant les réponses, il décida de passer quelques jours de congé chez ses parents.
En rangeant ses affaires, il retrouva l'enveloppe que lui avait donnée Elizabeth le jour de son départ. Enveloppe qu'il avait rangée dans son sac et qu'il avait complètement oubliée. Lorsqu'il l'ouvrit, il découvrit une carte sur laquelle il était écrit « Merci pour tout ce que tu as fait ». L'écriture n'était pas celle d'Elizabeth. Et un chèque. Enorme. A cinq chiffres. Quasiment six mois de son salaire. Franck n'en revenait pas. Ses efforts et ses sacrifices avaient été récompensés bien au-delà de ce qu'il aurait pu imaginer. Il ressentit soudain une gêne, celle de s'être mal conduit et d'avoir réagi comme un enfant gâté qui se mettait en colère pour une broutille qu'on lui aurait refusée. Mais après quelques instants de réflexion, Franck convint que son choix était le bon. Certes il avait fait des choses inimaginables, presque contre nature. Mais qui sait comment cela aurait évolué s'il était resté ? Il se posa la question de savoir s'il devait l'encaisser ou pas.
Là aussi, ses réflexions l'amenèrent à répondre par l'affirmative. S'ils avaient décidé de lui donner le chèque, c'était en toute connaissance de cause. Elizabeth ne pouvait pas ne pas être au courant et elle ne le lui aurait pas donné si elle avait décidé qu'il ne le méritait plus après avoir annoncé sa démission.
Il alla donc déposer son chèque sur son assurance-vie. Au moins, il pourrait toujours rembourser si on le lui demandait.
Il passa la semaine chez ses parents, une semaine qui lui changea les idées. Franck joua la comédie, passant sous silence sa démission et son statut de chômeur. Ses parents ne cachaient pas leur fierté d'avoir un fils qui avait une bonne situation, qui voyageait et surtout renouait des liens avec son pays d'origine.
— Et quand est-ce que tu te maries ? demanda Gisèle, sa mère, en plein milieu du repas dominical.
Franck manqua de s'étouffer.
— C'est vrai ça ! renchérit Anthony, son frère. Pas de copine en ce moment ? De copain peut-être.
Il éclata de rire, un rire gras. Franck le foudroya du regard.
— Et alors, ça serait si grave que ça ? demanda Carole sa belle-sœur.
— Je ne suis pas homo, répliqua Franck d'un ton glacial.
— Bon, je vois que le sujet est sensible, reprit Gisèle.
— C'est juste qu'avec mon travail, je n'ai pas le temps de m'occuper des filles.
— Y a pas que le boulot dans la vie, railla une nouvelle fois Anthony.
Une nouvelle fois, Franck le fusilla du regard. Il était mal placé de parler de travail, lui qui était au chômage depuis pas mal de temps. Certes, il s'occupait des enfants pendant que Carole ne comptait pas ses heures à l'hôpital où elle était infirmière.
— Fais attention, dit Gisèle. Un jour, tu vas te réveiller et il sera trop tard. Tu n'as pas de nouvelles de la copine que tu avais en fac ? Ça marchait bien non ?
— On s'est perdu de vue quand on a eu nos diplômes. Oui ça a marché. Au début...
— Dommage, conclut Gisèle.
Elle n'avait vu sa copine de fac une fois, le temps d'un week-end et elle lui avait fait bonne impression.
Franck ne répondit pas. La discussion changea de sujet.
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Photo de profil de pacoouzo
pacoouzo
19 mai 2020 à 19:40
J'aime bien cette suite.Pourvu que Franck reste sur sa décision....Même si c'est la fin de l'histoire
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kasy
19 mai 2020 à 08:50
Un seul reproche a te faire....tes histoires se lisent trop vite on a besoin d'une suite :)
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julien66000
19 mai 2020 à 05:54
Finalement c'est le contraire moi qui croyais qu'il avait pris goût à se travestir et bien non en fait et le fait qu'il est couché avec Élizabeth puis ses deux clients de la société espagnol l'on fortement dégoûter se qui la pousser à démissionner car il ne peut pas lui refaire confiance. et continuer à travailler avec elle.

Vivement la suite pour voir ce que va devenir Frank.
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Photo de profil de OlivX
OlivX
19 mai 2020 à 00:20
Voilà un chapitre de transition, on découvre le mal de vivre de Franck après son retour de Barcelone et de ce qu'il y a vécu et découvert, ce sentiment de dégoût qui l'habite depuis son retour. Il a donc donné sa démission jugeant qu'il ne se voyait pas pouvoir refaire confiance à Elizabeth et retravailler avec elle.
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Letrans
18 mai 2020 à 23:32
Superbe histoire
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Utilisateur supprimé
18 mai 2020 à 23:00
Chapitre très intéressant! J'ai l'impression que la honte ou le dégout est un thème récurrent au sein des histoires travesti...
Dans tout les cas, j'ai hâte de connaitre la suite!!
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galwenne
18 mai 2020 à 22:22
j'adore ! vite la suite
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