Réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Piscine dominicale — Chapitre 1
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Piscine dominicale
Chapitre 1
La piscine n'est pas loin : c'était un argument quand nous avons emménagé ici, mais la crise sanitaire a quelque peu modifié nos plans. Après un an et demi de Covid, je n'en ai évidemment pas profité autant que j'aurais voulu, mais j'ai bien l'intention de me rattraper cet été — à commencer par ce dimanche soir ensoleillé et tardif ; une heure où seuls quelques adultes profitent encore de la fraîcheur de l'eau, une heure sans cris d'enfants ni batailles d'eau intempestives.
Dimanche, et peu d'affluence ; peu de motivation aussi, il faut bien le dire, mais c'est l'occasion de profiter de l'espace loisirs plutôt que d'enchaîner les longueurs, et particulièrement des espaces à bulles. Je croise le regard d'une jeune femme, en fin de vingtaine, mon âge également. Elle le soutient une fraction de seconde, juste assez pour que je la remarque. Je m'installe sur un transat immergé dans un tumulte de fines bulles, et elle s'installe à un transat d'écart. Nos regards se croisent plusieurs fois, ce qui m'irrite légèrement, sans que je comprenne pourquoi. Peu importe. Les bulles éclatent contre ma peau, comme un million de légères caresses. Je suis immergée jusqu'aux épaules. Le temps s'étire.
L'eau cesse de bouillonner. Déconcertée, je me relève et constate que d'autres zones de la piscine ont commencé à buller. Je migre en maugréant à voix basse vers la zone la plus proche, suivie de près par ma nageuse. La configuration n'est pas la même : c'est un banc sur lequel on s'assoit directement au contact de petits jets qui créent une impression de bain de bulles. Je m'installe sur le banc et je comprends que l'expérience va être largement différente : le jet est au contact de mon sexe, et les bulles stimulent doucement mon clitoris. La caresse est légère, mais excellente, mes lèvres légèrement enflées chauffent et je sens la chaleur d'une légère excitation m'envahir. Je me demande fugacement si la puissance du jet pourrait suffire à me faire jouir discrètement, au milieu de la piscine, sans que personne ne le remarque. Toute à ma rêverie, je croise à nouveau le regard de ma nageuse, également assise sur le banc. Elle me sourit.
Je détourne le regard en me demandant si elle fait le même constat que moi. Les bulles entretiennent, aiguisent mon excitation — je pourrais peut-être jouir, après tout. J'incline mon sexe pour le mettre autant que possible au contact du jet, je travaille en parallèle l'impassibilité de mon visage.
Le jet s'arrête.
Une autre zone de la piscine commence à bouillonner. Je commence à comprendre le système : pour éviter que les gens ne monopolisent une zone, les zones alternent entre calme et bouillonnement. Voilà qui n'arrange pas mes affaires : je constate en me déplaçant que mon excitation est bien installée, et que mes cuisses stimulent mon sexe lorsque je nage. Je suis partagée entre la frustration de l'interruption, et l'envie d'aller chercher un orgasme que je crois désormais possible. Je migre à nouveau sur les transats. Les bulles qui tout à l'heure me détendaient viennent désormais éclater contre mon clitoris enflé, sensibilisé par le jet. Elles sont bien moins intenses, mais elles font perdurer mon excitation. J'ai enfin réussi à m'éloigner de ma nageuse. Les bulles s'arrêtent.
Je ne peux pas partir sans jouir — c'est du moins ce que je me formule en silence lors de ma troisième migration —, car le banc bouillonne à nouveau. Mais atteindre l'orgasme dans ces conditions est compliqué : je n'ai pas de prise sur l'intensité du jet, et il me semble légèrement trop faible pour me faire partir. Mon sexe retrouve pourtant avec bonheur ces bulles plus grosses et plus nombreuses — et je retrouve ma nageuse. Sa présence me déconcentre plus qu'elle ne m'excite — je suis désormais certaine qu'elle cherche la même chose que moi, et ses sourires en disent long sur le fait qu'elle a compris dans quel état je suis. Je l'ignore et essaie de maintenir en parallèle un visage neutre et une exposition optimale au jet. La sensation est chaude, excellente, je me stimule en convoquant des images mentales d'orgasme dévastateur, incontrôlable, public.
Le jet s'arrête.
Quel système à la con ! Je suis furieuse. Mon sexe réclame cet orgasme et le retour au transat est une torture. Les bulles cachent tout mouvement et je caresse doucement mon clitoris qui palpite d'excitation. Impossible de jouir comme cela, mais caresses et petites bulles suffisent à me maintenir dans un état suffisant pour envisager un orgasme au prochain déplacement. Je pars en avance me mettre sur le banc encore calme pour profiter des bulles dès la première seconde.
Le contact des bulles est une bénédiction — je ne laisserai pas échapper l'orgasme cette fois. Ma nageuse est à côté de moi et je lui souris enfin, car je vais jouir, et nous sommes désormais camarades dans notre commune recherche du plaisir. J'incline complètement mon bassin pour laisser le flux de bulles passer des deux côtés de mon clitoris et je la sens, enfin. Cette sensation inimitable. La sensibilité de mon clitoris s'accroît, et je sens cette montée si caractéristique de l'orgasme qui vient. Je calcule mentalement : je suis sur le banc depuis moins d'une minute, le jet ne s'arrêtera pas, je vais jouir, je me sens partir, je ferme malgré moi les yeux, car mon plaisir me submerge, et emporte tout. J'ai gardé le contrôle sur mon visage.
L'orgasme redescend ; le jet est désormais douloureux et je m'extirpe du banc en deux brasses. Ma nageuse a l'œil goguenard ; elle n'a pas encore joui et elle me voit partir. L'eau rafraîchit mon sexe gonflé. Je sors de la piscine avec la conscience douloureuse de mon clitoris démesurément enflé et d'une chaude lubrification entre mes lèvres.
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