Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Coups fourrés pour l'élection du BDE — Chapitre 2 · Une soirée sulfureuse
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Coups fourrés pour l'élection du BDE
Chapitre 2 · Une soirée sulfureuse
Résumé du chapitre précédent :
Estelle après avoir subi un comportement toxique d'un de ses professeurs et de membres du BDE (bureau des élèves) décide avec l'aide de Natalie de créer une liste pour que le prochain BDE élu aide les femmes au lieu de chercher à abuser d'elles. Lors d'une soirée de précampagne, Estelle se retrouve accidentellement cachée dans un placard et voit deux listeuses, Valérie et Amandine, s'en donner à cœur joie. Et alors que les deux filles sont parties et qu'Estelle quitte son placard, Amandine revient brusquement dans la salle.
Estelle après avoir subi un comportement toxique d'un de ses professeurs et de membres du BDE (bureau des élèves) décide avec l'aide de Natalie de créer une liste pour que le prochain BDE élu aide les femmes au lieu de chercher à abuser d'elles. Lors d'une soirée de précampagne, Estelle se retrouve accidentellement cachée dans un placard et voit deux listeuses, Valérie et Amandine, s'en donner à cœur joie. Et alors que les deux filles sont parties et qu'Estelle quitte son placard, Amandine revient brusquement dans la salle.
« Alors cochonne, on s'est bien rincé l'œil. »
— Amandine ? Qu'est-ce que tu fais ici ? demandais-je en jouant l'innocente.
— Je baisais Valérie. Et tu le sais très bien. »
— Amandine ? Qu'est-ce que tu fais ici ? demandais-je en jouant l'innocente.
— Je baisais Valérie. Et tu le sais très bien. »
Je n'allais pas pouvoir jouer l'innocente longtemps.
« Euh oui... t'inquiètes pas, je ne dirais rien.
— Je suis pas inquiète, en fait tu peux le dire à tout le monde, ça me dérange pas. Par contre, toi, ça te dérange si je dis à tout le monde que tu regardes les autres niquer en te cachant dans les armoires ?
— C'est que... non, mais... c'était pas volontaire, je pouvais pas savoir que tu allais venir... Je suis pas une voyeuse ! C'est pas moi la vicieuse ici.
— Alors c'est moi la vicieuse, parce que je suis lesbienne, c'est ça ?
— C'est pas ce que je voulais dire...
— Au contraire, je crois que c'est tout à fait ce que tu voulais dire.
— Je te jure que non !
— Prouve-le.
— Hein ? Comment ça ?
— Embrasse-moi ; idiote. Je suis sûre que tu dois être bien chaude après nous avoir regardé gouiner.
— Je suis pas lesbienne !
— C'est ce qu'elles disent toutes... »
— Je suis pas inquiète, en fait tu peux le dire à tout le monde, ça me dérange pas. Par contre, toi, ça te dérange si je dis à tout le monde que tu regardes les autres niquer en te cachant dans les armoires ?
— C'est que... non, mais... c'était pas volontaire, je pouvais pas savoir que tu allais venir... Je suis pas une voyeuse ! C'est pas moi la vicieuse ici.
— Alors c'est moi la vicieuse, parce que je suis lesbienne, c'est ça ?
— C'est pas ce que je voulais dire...
— Au contraire, je crois que c'est tout à fait ce que tu voulais dire.
— Je te jure que non !
— Prouve-le.
— Hein ? Comment ça ?
— Embrasse-moi ; idiote. Je suis sûre que tu dois être bien chaude après nous avoir regardé gouiner.
— Je suis pas lesbienne !
— C'est ce qu'elles disent toutes... »
Et alors que j'allais encore protester, elle plaqua sa bouche contre la mienne. Je sentis sa langue entrer en moi, une langue de lesbienne impudente. J'étais tellement surprise que je ne songeai pas à m'opposer à elle. Sa langue avait envahi ma bouche si vite que j'en restais stupéfaite. Jamais je n'aurais pensé embrasser une femme. Je repris mes esprits et la repoussais, elle ne renonça pas pour autant et se rapprocha à nouveau de moi pour m'enlacer. Je la giflais. Puis je crachai par terre, horrifiée d'avoir de la salive de lesbienne dans ma bouche. En se tenant sa joue rouge, Amandine me regarda d'un air incrédule :
« Tu m'as frappée, connasse ! J'y crois pas ! Tu vas regretter ça ! »
Elle partit en claquant la porte derrière elle. J'en étais enfin débarrassée. J'arrivais pas à croire au toupet dont elle avait fait preuve. Voilà que les lesbiennes se croyaient tout permis, c'était n'importe quoi... Je n'ai rien contre ce genre de personne, mais il y a des limites qui ne devraient pas être franchies quand même... J'attendis quelques minutes qu'elle se soit éloignée de la salle de classe et je partis.
***
Le lendemain était une journée chargée. On organisait notre première fête, cela avait deux objectifs : a) Que les futurs votants s'amusent grâce à nous, et b) prouver qu'avec notre liste à la tête du BDE, les étudiants étaient sûrs de passer des soirées pétillantes. On avait posé des affiches dans tout le campus, distribué des flyers, et fait marcher le bouche-à-oreille. On avait loué une discothèque - surtout grâce à l'argent d'un sponsor, et la soirée commençait bien. Les filles et les gars s'égayaient sur la piste de danse, le bar servait des boissons sans discontinuer. Je décidais de me rendre à l'entrée, voir si Anne n'avait pas eu de problème. Anne était la fille la plus costaude de notre liste et elle avait été naturellement choisie pour servir de videuse.
« Alors y a pas eu de client récalcitrant ? demandais-je.
— Non, enfin, un petit groupe de défoncés qui voulaient entrer et qui n'étaient même pas de l'école. J'en ai poussé un, et ça a suffi à faire un effet domino. C'était rigolo.
— Cool. »
— Non, enfin, un petit groupe de défoncés qui voulaient entrer et qui n'étaient même pas de l'école. J'en ai poussé un, et ça a suffi à faire un effet domino. C'était rigolo.
— Cool. »
Je comptais repartir, quand je vis approcher une clique de mecs de la liste "Play Hard." Je me demandais ce qu'ils venaient mijoter ici, et comme je craignais que leur objectif ne soit de pourrir l'ambiance, je fis preuve de virulence quand ils arrivèrent devant nous:
« Qu'est-ce que vous faites là, vous vous êtes perdu ?
— Bah non, on vient faire la fête, évidemment.
— Désolée, la boîte est pleine, et si vous n'avez pas réservé, vous pouvez pas entrer.
— Mais on a réservé... »
— Bah non, on vient faire la fête, évidemment.
— Désolée, la boîte est pleine, et si vous n'avez pas réservé, vous pouvez pas entrer.
— Mais on a réservé... »
Il présenta trois cartons d'invitation.
« Qui vous les a donnés ?
— Une meuf un peu coincée du cul.
— Ouais, » ajouta un second type. « mais ça ne l'empêche pas d'avoir de gros melons... »
— Une meuf un peu coincée du cul.
— Ouais, » ajouta un second type. « mais ça ne l'empêche pas d'avoir de gros melons... »
D'après la description, cela correspondait à Marie. Je devrais lui parler après la soirée, elle était soit trop gentille, soit trop conne, peut-être les deux... Mais elle ne devait pas inviter nos concurrents à nos soirées.
« Vous pouvez pas entrer, déclara fermement Anne.
— Et pourquoi ?
— Parcequ'on veut pas de vous. Et c'est une soirée privée.
— On a payé, on a le droit d'entrée.
— Vous avez pas payé, vous avez été invité, et c'était par erreur, répondis-je.
— Vous avez pas le droit, une fois qu'une invitation est donnée, c'est donné.
— C'est pas possible. »
— Et pourquoi ?
— Parcequ'on veut pas de vous. Et c'est une soirée privée.
— On a payé, on a le droit d'entrée.
— Vous avez pas payé, vous avez été invité, et c'était par erreur, répondis-je.
— Vous avez pas le droit, une fois qu'une invitation est donnée, c'est donné.
— C'est pas possible. »
J'allais demander à Anne de les disperser, mais d'autres groupes d'étudiants arrivaient et assistaient à la scène. L'un d'eux déclara : « Laissez-les entrer quoi, ils ont été invités, ils ont le droit. »
Et les mecs de la liste d'en profiter : « Vous voyez, si elles sont élues au BDE, elles inviteront que leurs amies aux fêtes, c'est ça que vous voulez, être exclus par des bonnes femmes ? »
Et les mecs de la liste d'en profiter : « Vous voyez, si elles sont élues au BDE, elles inviteront que leurs amies aux fêtes, c'est ça que vous voulez, être exclus par des bonnes femmes ? »
J'étais face à un dilemme. Si je les excluais de la fête, ce serait un moyen pour eux d'entacher la réussite notre soirée en criant à l'injustice. Et si je les laissais entrer dans la boîte, ils risquaient de chercher à faire un scandale. N'arrivant pas à me décider, je demandai à Anne de les retenir pendant que j'allais trouver Nathalie pour lui demander conseil. C'était notre tête de liste qui tenait le bar,
« Nathalie, y a trois des mecs de « Play Hard » qui veulent entrer. Ils ont réussi à dégoter des invitations.
— Et alors ?
— Bah, est-ce qu'on les laisse entrer ? »
« Nathalie, y a trois des mecs de « Play Hard » qui veulent entrer. Ils ont réussi à dégoter des invitations.
— Et alors ?
— Bah, est-ce qu'on les laisse entrer ? »
Elle s'arrêta net et me regarda comme si j'étais devenue folle.
« Mais faut les dégager oui ! à coups de pied au cul ! Tu crois qu'ils viennent là pour quoi ? »
Elle se mit à courir vers l'entrée, sans doute pour joindre le geste à la parole, mais elle fut repoussée par dix listeux adverses qui déboulèrent dans l'escalier pendant que Anne derrière eux tentait en vain de les retenir. Nathalie se mit à leur crier dessus : « Foutez le camp ! »
Le groupe rival l'ignora purement et simplement pour se disperser dans la boîte. Je vis notre N° 1 se mordre des lèvres de hargne. Anne arriva près de nous :
« Je suis désolée, ils ont forcé la porte, ils étaient trop nombreux, j'ai rien pu faire.
— C'est pas ta faute, répondit Nathalie. Ils avaient prévu leur coup. Maintenant il va falloir les surveiller. Anne, tu retournes à l'entrée et tu prends ça. »
— C'est pas ta faute, répondit Nathalie. Ils avaient prévu leur coup. Maintenant il va falloir les surveiller. Anne, tu retournes à l'entrée et tu prends ça. »
Nathalie lui tendit une batte de base-ball.
« La prochaine fois qu'on t'emmerde, ou qu'il y a d'autres rigolos de leur liste qui arrivent, t'as l'autorisation de leur péter les rotules. »
Anne prit la batte, un grand sourire illuminant son visage et elle remonta.
Nathalie fit ensuite chercher les filles de notre liste, on était dix dans la boîte, moi, Hélène, Marie, Valérie, Nicole, Juliette, Rose, Amandine, Éveline. Nathalie nous désigna à chacune un des types :
« Surveillez-les, vous les marquez comme si vous étiez à un match de foot, » ordonna-t-elle. « Si vous les voyez faire une connerie, vous les empêchez d'agir ! »
Et Éveline qui était toute menue demanda :
« Mais comment ? ils sont plus forts que nous.
— Vous criiez, vous les tapez, faites ce que vous pouvez, et si c'est pas suffisant, alors un coup de pied dans les couilles ; ça marche toujours. »
— Vous criiez, vous les tapez, faites ce que vous pouvez, et si c'est pas suffisant, alors un coup de pied dans les couilles ; ça marche toujours. »
Je me mis à suivre ma cible, c'était Charles. Un type assez grand, blond plutôt beau gosse dans l'ensemble. Au premier abord il ne paraissait pas vouloir foutre la merde. Au contraire, il semblait bien s'amuser sur le dancefloor. Du coup, je dansais aussi pour rester pas trop loin de lui tout en me faisant passer pour une fêtarde ordinaire. Il dansa avec quelques nanas, et l'une se montra particulièrement réceptive en se collant à lui. Je la reconnus, il s'agissait de Claire. Elle était dans ma classe, en spécialité marketing. J'avais pas tellement d'atomes crochus avec elle, elle semblait prête à tout pour s'intégrer, en fait, elle avait déjà rejoint le club "Pompims", un club de "cheerleading" et s'en montrait fière. J'en avais discuté une fois avec elle, je me souvenais lui avoir dit :
« Claire, je suis désolée, mais je comprends pas. Comment tu peux accepter d'être une pom-pom girl ? c'est craignos. Pendant que les mecs jouent au foot, les filles doivent remuer leur cul pour exciter les spectateurs, c'est d'un autre temps. »
Elle m'avait lancé un regard noir, et répliqué :
« Tu comprends vraiment rien. Le cheerleading, c'est de la danse. Et celles qui râlent, c'est des jalouses. Toi, je suis sûr qu'un mec que tu kiffais au lycée baisait une cheerleadeuse et depuis t'es aigri.
— Mais non !
— Ouais, c'est ça. En attendant, les filles qui critiquent les cheeleaders, c'est celles qui sortent avec des tocards. »
— Mais non !
— Ouais, c'est ça. En attendant, les filles qui critiquent les cheeleaders, c'est celles qui sortent avec des tocards. »
C'était faux bien sûr (je ne sortais avec personne), et puis j'aimais bien danser, alors si le cheerleading c'était de la danse, j'aurais dû être capable d'apprécier. D'ailleurs je commençais à bien m'amuser tout en gardant le couple suspect au coin de l'œil. Le DJ faisait passer du rock vintage et c'était un genre que j'aimais bien. J'avais même passé une chanson sans plus me préoccuper de la tâche confiée par Nathalie, et quand je cherchais Charles et Claire du regard, ils avaient disparu de mon radar. Merde ! J'avais un simple job à faire, et je foirai. Je quittai la piste de la danse, me dirigeai vers le bar en espérant les retrouver quand je les aperçus au loin s'orienter vers les toilettes. Je les poursuivis et entrai dans les w.c. juste quand la porte d'une cabine se refermait derrière eux.
Qu'est-ce que je devais faire ? Il y avait un mec à un urinoir et je détournai le regard un peu gênée de me retrouver dans les toilettes pour hommes. Je me planquai dans une cabine voisine du couple que je surveillai et tendis l'oreille pour écouter ce qui se tramait. Je n'entendis que des faibles bruits inidentifiables. Il se passait quelque chose, mais j'étais incapable de savoir quoi... J'hésitais, devais-je prévenir Nathalie ? les stopper ? ou les laisser faire ?
Soudain j'entendis : « Mais non, elle se doute de rien... »
Merde, ils manigançaient quelque chose, un sale coup. Ou alors, le mec était en couple et il était en train de tromper sa copine avec Claire. En tout cas, je devais absolument savoir ce qui se tramait. Je montais sur la cuvette des toilettes et passai la tête au-dessus de la cloison pour observer ce qu'ils fabriquaient.
Et je dus me retenir pour ne pas crier. J'étais choquée, et je faillis perdre l'équilibre. Claire était en train de sucer le dard de Charles. Purée, c'était bien connu que cela arrivait fréquemment dans les toilettes des boîtes de nuit. Mais en entendre parler est une chose, et le constater de ses propres yeux en était une autre. La nana était à genoux en train de pomper en rythme, je voyais sa tête aller et venir sur le chibre, comme une assoiffée. Quelques mecs avaient souhaité que je leur prodigue ce genre de traitement, et lorsque j'avais bien voulu accepter, je l'avais effectué avec un certain embarras. C'était vraiment pour faire plaisir, et je ne m'y employais que du bord des lèvres. Mais cette fille suçait avec un appétit pantagruélique, elle dévorait la queue qui s'enfonçait en entier dans sa gorge.
Je restais pantoise devant un tel manque d'estime de soi. Elle ne pouvait quand même pas aimer ça ? Pour avoir eu une bite dans la bouche, ça n'avait rien d'extraordinaire, et c'était plutôt dégradant. Mais pour elle, on aurait cru qu'elle y était accro. Moi par exemple, au bout de trente secondes de pipe, j'avais besoin de reprendre mon souffle, et de respirer autre chose que l'odeur un peu écœurante d'une queue. Mais le chibre de Charles n'avait pas quitté la bouche de Claire depuis cinq bonnes minutes. Qu'est-ce qu'elle croyait ? Que c'était une glace ? Puis me vint à l'esprit qu'il allait finir par gicler sa semence. Une envie perverse se fit jour en moi. Je voulais savoir si elle allait avaler ou recracher. Moi, j'avais recraché une fois, et les deux autres fois j'avais pris soin de finir la queue à la main. Jamais je n'avais avalé. Je n'avais jamais abordé la question avec d'autres filles, mais est-ce qu'ingérer le sperme c'était un truc réservé aux actrices pornos et aux putes, ou est-ce qu'une étudiante en école de commerce pouvait être assez délurée pour se soumettre à ce genre d'avilissement ?
Je n'eus pas longtemps à attendre. Je vis les yeux de Charles se mettre à scintiller puis à s'agrandir. Sa bouche s'ouvrit dans une expression de bonheur béat. Il se mit à pousser quelques petits gémissements : « Oh ! Oh ! » Pendant ce temps la bouche de Claire s'était gonflée. Quand elle se dégagea de la queue, et j'observais sa gorge déglutir. Cette salope avait tout avalé !
Je me reprochais immédiatement ce terme, mais merde ! Elle n'avait vraiment honte de rien... Comment pouvait-elle accepter de manger le foutre d'un mec ? C'était un comportement de soumise, de femme n'ayant pas encore compris qu'elle devait se respecter elle-même en refusant ce genre d'humiliation machiste. J'avais tellement honte pour elle et je fus prise d'une bouffée de chaleur. Si c'était moi qui étais à sa place, je n'aurais jamais permis ça ! J'imaginais le bloc de semence me couler dans la trachée, puis dans l'estomac. Le goût du sperme imprégnant ma bouche. Vraiment ! Vraiment ! C'était... j'avais pas de mot pour décrire ça, je sentais ma peau se mettre à suer. De révolte, bien sûr ! Il était impensable que je puisse désirer être sujette à ce genre de déshonneur.
Cependant, cette situation m'avait fait perdre mon appui sur la cuvette et je donnai un coup de pied involontaire dans la paroi mitoyenne. Les deux têtes se tournèrent lentement vers le haut. Je me baissai vivement en espérant qu'ils ne m'aient pas vu. Je craignis qu'ils ne se mettent à frapper à la porte de ma cabine, quand j'entendis un brouhaha général à l'extérieur des w.c. J'ouvris la porte deux minutes plus tard et allais jeter un œil. Tout le monde se pressait vers la sortie. Je fus bousculée par Charles et la fille qui courraient eux aussi à la suite des autres. Je m'avançai et peu à peu je me mis à sentir une odeur bizarre, écœurante, plus j'étais près de la piste de dance, plus l'odeur était insupportable. Nathalie et quelques filles de notre liste s'étaient mis un mouchoir sur le nez.
« Qu'est-ce qui se passe ?
— Ces connards de truc ont jeté des boules puantes partout !
— Les salauds. »
— Ces connards de truc ont jeté des boules puantes partout !
— Les salauds. »
On se mit à chercher les boules et à essuyer le liquide nauséabond qui avait été répandu, mais une heure plus tard c'est à peine si les effluves fétides étaient moins forts. Même les plus patients des fêtards étaient partis, la soirée était fichue, un échec complet.
***
Le matin suivant, on se rassembla sans la salle réservée à notre liste. Marie avait un teint pâle, à peine étais-je entrée qu'elle éructa : « Estelle ! Tu as vu ce qu'il y a sur l'intranet ?
— Euh... non. »
Je consultai immédiatement mon smartphone et lus :
« “#Nousaussi” a organisé une soirée, le résultat est que 30 étudiants ont failli mourir écrasés (il y avait un lien montrant la cohue à l'extérieur de la boîte.) Va-t-on confier l'organisation des fêtes étudiantes à des nullos comme elles ? »
Un autre sujet s'intitulait : « Estelle la perverse. »
« Vous connaissez la vice-présidente de “#Nousaussi” ? Elle aurait soi-disant été victime d'harcèlements, et elle prétend même s'être fait violer en lançant des accusations à tout va et sans preuve. Et bien cette Estelle est en réalité une perverse de premier ordre. Elle aime se rendre aux toilettes pour hommes pour mater les gars qui viennent couler leur bronze. »
Il y avait un lien avec des photos de moi entrant dans les toilettes pour hommes, puis un autre lien vers une vidéo me montrant la tête dépassant d'une cloison de chiotte donnant l'impression que j'étais une voyeuse.
Je compris facilement comment la vidéo avait été tournée. Captivée par la scène de fellation que j'avais sous les yeux, j'avais totalement ignoré le smartphone probablement posé sur la cuvette et qui filmait ce qui se passait en l'air.
« Ces salauds, ils m'ont filmé alors que je les surveillais ! »
Je préférais ne pas m'étendre sur ce que je surveillais. J'avais peut-être maté une pipe, mais c'était pas volontaire, et c'était compliqué à expliquer. D'autant plus qu'Amandine était là, et j'avais peur qu'elle raconte que deux jours plus tôt j'avais déjà assisté à une scène de copulation lesbienne.
En tout cas, tout le groupe était en colère, nous étions furieuses du sale coup qu'ils nous avaient joué. Anne était la plus virulente d'entre nous quant à la réponse à apporter :
« Il faut leur faire payer ! Ce soir, ils organisent une fête, on va leur rendre la pareille ! »
Des exclamations retentirent de toutes parts pour marquer notre accord. Cependant Nathalie prit la parole juste après, nous nous attendions à ce qu'elle nous motive pour mettre la pâtée à ces sales machos, mais l'on fut assez déçue :
« Je suis aussi révolté que vous. Si je tenais un de ces types entre mes mains, je lui foutrais des baffes. Mais il ne faut pas oublier ce que notre liste représente, une éthique de justice. Si l'on réagit comme eux, en étant des fouteuses de merde, on ne vaudrait pas mieux qu'eux.
— Alors on va se laisser marcher sur les pieds, on se fait humilier sans réagir ?! »
— Alors on va se laisser marcher sur les pieds, on se fait humilier sans réagir ?! »
C'était Valérie que le ton apaisant de Nathalie n'avait pas calmée.
« Non, on va leur répliquer, mais avec nos armes. On va expliquer qu'ils ont saboté notre fête sur l'intranet, qu'ils sont indignes de confiance. Que si c'est eux qui remportent l'élection, ils sont capables de faire des sales coups et qu'ils ne méritent pas que quiconque vote pour eux. »
Un murmure d'acquiescement se fit entendre. Après tout, c'était elle la présidente, c'était elle qui savait comment réagir aux provocations sans tomber dans la haine. Sa proposition recueillit tous les suffrages. On se mit à rédiger une réponse aux infamies qu'ils répandaient sur nous.
Puis Hélène m'attira à l'écart. Un groupe s'était formé autour d'elle, constitué d'Anne et Valérie et de Marion.
« T'es d'accord avec Nathalie ? me demanda Valérie.
— C'est la présidente, répondis-je sur la défensive.
— Pas encore, pas si notre liste n'est pas élue. Et si on laisse ces connards se servir de nous comme des serviettes usagées, on ne sera jamais élu.
— D'accord, mais...
— Et puis après les saletés qu'ils ont écrites sur toi, tu veux les laisser s'en tirer comme ça ?
— Non, mais... »
— C'est la présidente, répondis-je sur la défensive.
— Pas encore, pas si notre liste n'est pas élue. Et si on laisse ces connards se servir de nous comme des serviettes usagées, on ne sera jamais élu.
— D'accord, mais...
— Et puis après les saletés qu'ils ont écrites sur toi, tu veux les laisser s'en tirer comme ça ?
— Non, mais... »
C'est vrai que non seulement j'avais été piégée, mais j'étais aussi diffamée quand ils disaient que je prétendais avoir été violée. Je n'avais jamais dit ça, mais je savais qu'ils avaient deux buts en écrivant ça. Me faire passer pour une menteuse auprès des personnes sympathisantes à notre cause. Et faire passer l'idée aux mecs qu'ils pouvaient me violer sans problème, car personne ne me croirait...
« Nous, on n'est pas d'accord avec Nathalie, » reprit Marion. « Faut pas rester sans réagir.
— Mais son plan...
— On va le suivre, on va écrire ce qu'elle veut sur l'intranet. Mais on va aussi saboter leur soirée.
— Mais si on se fait prendre ?
— On se fera pas prendre, on sera discrète. On ne nous verra pas, commença Anne. Nathalie ne sera même pas au courant, elle aura sauvegardé son intégrité et sa précieuse éthique.
— Et quel serait le plan ?
— C'est simple, on déclenche l'alarme incendie.
— Hum... C'est pas très efficace, » protestais-je. « Ça fera sortir la foule, mais ça n'arrêtera pas la soirée longtemps et quand ils comprendront qu'il n'y a pas de feu, la soirée continuera comme avant.
— Mais il y aura un feu.
— Quoi ?!
— T'inquiète pas, ce sera un feu sans risque. On l'allumera après avoir déclenché l'alarme, quand la boîte sera déjà presque vide, il y aura aucun danger. Mais comme ça la soirée sera annulée pour de bon, et on pourra prétendre que ce sont des cinglés qui mettent en jeu la vie des étudiants. »
— Mais son plan...
— On va le suivre, on va écrire ce qu'elle veut sur l'intranet. Mais on va aussi saboter leur soirée.
— Mais si on se fait prendre ?
— On se fera pas prendre, on sera discrète. On ne nous verra pas, commença Anne. Nathalie ne sera même pas au courant, elle aura sauvegardé son intégrité et sa précieuse éthique.
— Et quel serait le plan ?
— C'est simple, on déclenche l'alarme incendie.
— Hum... C'est pas très efficace, » protestais-je. « Ça fera sortir la foule, mais ça n'arrêtera pas la soirée longtemps et quand ils comprendront qu'il n'y a pas de feu, la soirée continuera comme avant.
— Mais il y aura un feu.
— Quoi ?!
— T'inquiète pas, ce sera un feu sans risque. On l'allumera après avoir déclenché l'alarme, quand la boîte sera déjà presque vide, il y aura aucun danger. Mais comme ça la soirée sera annulée pour de bon, et on pourra prétendre que ce sont des cinglés qui mettent en jeu la vie des étudiants. »
J'étais hésitante, ça m'embêtait de trahir Nathalie en agissant derrière son dos... et puis causer un incendie était bien plus grave que de lancer quelques boules puantes... si on se faisait prendre, on risquait gros. Mais je voulais vraiment me venger de la sale réputation de perverse qu'ils essayaient de me coller. Et puis il fallait leur donner une leçon, montrer que ce n'est pas parce qu'on était des filles qu'on pouvait nous rouler dessus.
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